C. R.. 1898, ," Semestre. (T. CXXVI, N
( 7o4 ) la réunion des faisceaux que vers leur sommet, au voisinage du limbe, est, ce qui n'est pas sans importance au point de vue de la généralisation de l'unité du faisceau dans les feuilles pennées, chose maintenant acquise. C'est même là le point capital mis en lumière par la présente étude. Il est ressorti clairement de mes observations sur l'Ortie blanche (Bœhmerin nivea), le Chciiopodium amhrosioides et le Ficus e/^/x/ica, Urticées ; sur les Croton hortensis eiEuphorbia splendens, Euphorbiacées; sur divers C^e^io/jodium (ambrosioides . . . , etc.), toutes plantes à nervation pennée.
» C'est ainsi que cette nervation pennée, que j'avais signalée comme commandée (et elle l'est toujours) par le pétiole unitaire, la disjonction faisant suite voulue à la conjonction, est encore commandée, en général, par la nervure dorsale unitaire, la nervation pennée sans conjonction préalable du faisceau du pétiole regardée d'abord comme un écart, rentrant ainsi dans la règle « que disjonction est conséquence générale de » conjonction ».
» L'exception que j'avais signalée en disant : à pétiole unitaire correspond toujours une nervation pennée, mais il est des nervations pennées avec pétiole plurifasculaire s'atténue beaucoup. La seule différence est que la conjonction des faisceaux est plus retardée dans un cas que dans l'autre.
» Des observations plus haut rapportées, et sous toutes réserves d'observations ultérieures, qui ne seraient sans doute que des exceptions, il ressort que, dans les Monochlamidées, les pétioles unitaires ne se trouvent que chez les espèces ligneuses (Laurinées, Daphnacées, Monimiées, Éléagnées, Ficus elastica, Buxiis, Bétulinées, Ulmacées, etc.).
» Quelques Monochlamidées herbacées (^Bœhmeria nivea et B. macrophylla, Chenopodium amhrosioides) se rapprochent, dans une cerlaine mesure, par la jonction des faisceaux dans la nervure dorsale ; une Urticée ligneuse, mais à faisceaux du pétiole très nombreux, le Ficus elastica, n'unit ses fiiisceaux, comme ses congénères herbacés, que dans la nervure dorsale.
» Un rapport qui se présente de lui-même, c'est que des Monochlamidées ligneuses, comme certaines Dialypctalespérigynes (Légumineuses, Polygalées, Rosacées) ont des pétioles unitaires, à l'exclusion des espèces herbacées.
» Ici donc encore, les faits analomiques sont favorables à la classification de Tournefort.
» Dans beaucoup de Monochlamidées à nombre de faisceaux, on
( -03 ) peut dire, indéfini, il n'y a jamais réuninn des faisceaux, pas plus dans la nervure doi'sale que dans le pétiole.
» Cette pluralité, toujours maintenue, des faisceaux, plus commune ici que chez les autres classes de Dicotylédones, comme par un acheminement aux iMouocotylédones est en rapjiort :
» Soit avec l'engainance des écailles ou feuilles : Brugmansia, Lophophytiim, Orobanchées, Polygonées;
» Soit avec la grande dimension de celles-ci ; Beta, Polygonwn orientale et P. Petiolatuni , Rheum et Bicinus divers;
» Soit avec l'enroulement même des tiges : Boussingaidtia, Eumuhis.
» Les rapports, déjà signalés, entre la nervation des feuilles et le nombre des faisceaux du pétiole se confirment dans les ^lonochlamidées quant aux feuilles palmatinerves et parallélinerves; ils se complètent pour les feuilles penninerves, où la disjonction pennée est commandée, non plus seulement par le pétiole à un faisceau, mais aussi par la nervure dorsale rendue à son tour unitaire par la conjonction des faisceaux montant du pétiole.
» Au nombre des feuilles à nervation pennée et à faisceaux ne se con- , juguanL ni dans le pétiole ni dans le limbe, comptent les belles et longues feuilles de Clavyja.
» Des affinités entre divers groupes de plantes sont affirmées ou infirmées par la considération du nombre de faisceaux pétioiaires.
» Le rapprochement, parfois opéré, des Laurinées et des Daphnacées sous un titre commun est en plein accord avec leur pétiole unitaire, caractère que partage la petite famille, très voisine, des Eléagnées.
» A noter que le Ciissytha dans les Laurinées, le Passerina dans les Daphnées, espèces herbacées plurifasculaires, ne sont pas plus dissidentes dans leurs familles que les Rosacées et Légumineuses herbacées ne le sont par rapport aux espèces ligneuses de leurs groupes respectifs.
» Au contraire, les Euphorbiacées et les Malvacées, rapprochées |)ar quelques botanistes en raison de leurs fruits à coques, etc., diffèrent beaucoup par les faisceaux, entraînant toujours dans celles-ci la nervation palmée, laquelle n'est qu'une exception ÇAcalypha, Bicinus, Jatropha Manihot ) dans les premières.
» Notons encore qu'une importante famille de Monochlamidées à pétioles engainants toujours multifasculaires, les Polvejonées, correspond, par ce signe d'abaissement, aux Renonculacées parmi les Dialypétales hypogynes, et aux Ombellifères chez les Dialypétales périgynes; rien de
pareil, il est superflu d ■ le dire, ne se présente dans la classe plus élevée des Corolliflores.
» Le rapport existant entre la multiplicité des faisceaux du [^étiole et la grande dimension des feuilles a été constaté plus fréquemment chez les Monochlamidées que dans les autres classes de Dicotylédones. En effet, ce i-apport, général pour les Uheum, Ricinus, Heta et Phytolacca, se retrouve chez les Polygonum (P. orientale, P. peliola/am) et les Rurncx (/?. Hydiolapathum et R. pecùnalum), derniers genres où, faits qui montrent bien la réalité des rapports entre le grand nombre des faisceaux et la grande dimension des feuilles, les faisceaux ne sont plus que de trois à sept chez les Polygonum Hydropiper et Fagopynim, les Rwnex Acetusclla et R. scutatus, toutes espèces à petites feuilles. »
PHYSIQUE DU GLOBE. — Sur les résultats donnés par un sismographe avertisseur (Kilian et Paulin), installé à Grenoble. Note de M. Michei. Lêvv.
« Samedi matin, je recevais de M. Kilian, professeur de Géologie à la Faculté des Sciences de Grenoble, un télégramme m'indiquant que la veille, 4 mars, à g*" 17'° 55* du soir (temps moyen de Paris), le sismographe avertisseur Kilian et Paulin avait donné le signal d'alarme et mis en marche le chronomètre annexé à l'appareil. Les vérifications nécessaires furent faites immédiatement et l'heure de la secousse déterminée à une seconde près. Un sismographe Angot montrait d'ailleurs la trace très nette d'ondulations dirigées nord-sud.
» M. Kilian me demandait de signaler cette observation à l'Académie, si elle coïuoidait avec un tremblement de terre, observé dans une région lointaine.
» Or les journaux du soir du 5 mars ont relaté un tremblement de terre, survenu dans la vallée du Pô, dans la nuit du 4 au 5 mars; les dépêches, très succinctes, semblent situer la secousse sur la rive droite de ce fleuve entre Plaisance et Reggio ; son contre-coup a été observé au sud-est jusqu'à Ischia, au sud-ouest jusqu'à Chiavari, à l'est jusqu'à Padoue. On voit qu'à l'ouest l'ondulation sismique s'est propagée nettement jusqu'à Grenoble.
» Plusieurs fois déjà, la station sismique de Grenoble a fidèlement enregistré des tremblements de terre lointains, notamment ceux du 12 juin 1897
et (le Laibach. Il serait à désirer que des stations aussi efficacement outillées fussent installées dans plusieurs centres scientifiques en France. »
PHYSIQUE . — Sur le pouvoir absorbant du noir de fumée pour la chaleui rayonnante. Note de MM. Crova et Cosipas.
« La mesure du pouvoir absorbant du noir de fumée pour un flux d'énergie radiante est une donnée fondamentale indispensable aux déterminations actinométriques; on admet généralement qu'il est égal à l'unité ; en réalité, il varie dans des limites assez restreintes avecla natuie du noir et son mode d'application.
1) L'un de nous ( ' ) a montré que la partie non absorbée du flux incident est en partie diffusée, en partie spéculairement réfléchie par la surface noircie, sous des incidences très obliques ; il a indiqué le moyen d'obtenir une absorption plus complète, par un dépôt électrolvtiquede noir de jilaline que 1 on enfume légèrement.
M De la Provostaye et Desains (- ) ont trouvé que le noir de fumée ne réfléchit pas plus de jj- de la chaleur incidente. Christianssen (^) donne 0,911 pour la valeur du pouvoir absorbant du noir de fumée. ]\L Rniet Angslrom 1^'' ) a montré que tous les noirs n'absorbent pas également; dans les meilleures conditions, il a trouvé 0,976 pour la valeur du pouvoir absorbant. M. Chwolson(^) a trouvé que la correction de M. AngslKim, 2,4 pour joo, s'élève à 2,6 pour 100 pour la boule sphérique d'un thermomètre, en raison de la perte sous les incidences rasantes; il préconise l'emploi d'une laque noire, à la place de noir de fumée. M. Langley (") trouve le même coefficient 2,6 pour la perte par réflexion sur la boule noircie d'un thermomètre, mais en admettant que sous l'incidence normale le pouvoir absorbant est égal à l'unité.
» Nous avons d'abord cherché à nous rendre compte de la constitution d'une couche de noir de fumée déposée sur une glace.
(') A. Crova, Comptes rendus, t. LXXl, p. i2o5; 1S75. — Annales de Chimie et de Physique, 5" série, t. XI, p. 443.
(°) Comptes rendus, t. XXVI, p. 212.
(') Wiedemann's Annalen, t. XIX, p. 277. (') Wiedemann's Annalen, t. XXV'I, p. 276. (') Die Gegemvàrlige Zustand der Aktinometrie. p. i5. (') Researclies on solar heat, elc, j). 108.
» Au microscope, elle apparaît sous la forme de granules ovoïdes de il^ à ol^,5 de diamètre, les plus petits sensiblement sphériques; les flammes de plus haute température (gaz de l'éclairage) nous ont donné une abondance relative de granules de oS^-jS; la couche, transparente quand elle est mince, exerce une absorption sélective sur les courtes longueurs d'onde, les plus longues étant transmises.
» Si la couche est un peu plus épaisse, sa mise au point est difficile; mais son aspect change complètement si on la lave à l'alcool absolu pour enlever les produits pyrogénés ; elle apparaît alors sous l'aspect d'un tissu réticulaire très délié. L'alcool paraît agir, pendant la dessiccation, par la pression capillaire des ménisques infiniment petits, qui produisent un effet analogue à celui d'une compression.
» Si l'on dépose successivement des couches de noir en lavant à l'alcool chacune d'elles, les éléments transparents du tissu diminuent au point de disparaître; la couche de noir est très adhérente, la pression capillaire des ménisques pendant la dessiccation coinçant les granules de la couche dans les interstices de la couche précédente.
» Incidemment, nous avons observé les anneaux, d'interférence de diamètre croissant avec l'obliquité, observés par M. Stark ('); ils sont très beaux, quand on examine au soleil des taches légères de noir de fumée, déposées par le sommet d'une flamme sur métal des miroirs; le lavage à l'alcool en diminue l'éclat.
» Le noir de platine, préparé par la réduction par le zinc et l'acide chlorhydrique du chloroplatinate d'ammonium, est composé de granules de dimensions supérieures à celles du noir de fumée, mais de formes très irrégulières.
» Nous nous sommes bornés, pour une première étude, à chercher l'absorption exercée sur un flux calorifique émanant d'une source à ioo°.
» Le pouvoir absorbant égal à l'unité ne peut être théoriquement obtenu qu'en recevant le flux sur un orifice pratiqué dans une enceinte noircie intérieurement, dont la surface est négligeable en présence de celle de
l'enceinte; le rapport ^ des pouvoirs absorbant et émissif étant constant,
nous prendrons pour unité de pouvoir émissif celui d'un orifice pratiqué dans une enceinte noircie chauffée à ioo°. La recherche du pouvoir absorbant se réduit ainsi à celle du pouvoir émissif.
» Une étuve en cuivre rouge, remplie d'eau portée à ioo°, contient une sphère creuse en cuivre mince de 70™'" de diamètre, noircie intérieurement, et se vissant intérieurement sur l'une des parois, sur laquelle elle débouche par un orifice de aa™™ de diamètre. Le flux qui émane d'une surface égale de la paroi de l'étuve adjacente à l'orifice et noircie est comparé à celui qui émane de l'orifice lui-même. Ces flux sont reçus sur une pile thermo-électrique, reliée à un galvanomètre à cadre mobile; la pile est mise à l'abri de tout rayonnement étranger par des systèmes d'écrans métalliques très minces, parallèles entre eux et percés de trous de iS""" de diamètre, en face de la
(') Wiedemann's Annalen, Neue Folge, Band 62, Heft 2, p. 353 et 358; 1897.
pile; celle-ci elles systèmes d'écrans qui l'enlourent sont portés sur un chariot que Ton peut déplacer devant l'éluve fixe, afin de recevoir le (lux de l'orilice ou celui de la face noircie.
» On mesure d'abord la déviation due à l'orifice, puis celle qui est due à la face noircie, et de nouveau celle qui est due à l'orifice. Les trois observations se font en régime constant, à intervalles de temps égaux et en renversant le courant à chaque observation.
» La concordance de la première et de la troisième lecture est une preuve de la constance du flux; soient d sa \aieur et cl' celle qui correspond à la face enfumée,
— -j — représente la perte d'absorption pour 100.
» Des études préalables nous avaient assuré de l'uniformité du champ du galvanoinèlre et de la proportionnalité des déviations aux intensités. Pour la surface du cuivre de l'étuve, cette perte a varié de 0,322 à o,65o; pour cette même surface recouverte d'une couche de noir de bougie, de 0,068 à o, 1260.
» Nous avons ensuite recouvert celte même face de plusieurs couches de noir, lavées à l'alcool et appliquées dans des directions rectangulaires. Pour une couche lavée à l'alcool, le coefficient de perle a été 0,817; pour un nombre de couches variant de i à 10, après lavage de chaque CQ.uche, la perte a régulièrement diminué jusqu'à o,o2o3. Une couche de plus non lavée augmente la perle, qui reprend sa valeur primitive o,2o3 après le lavage.
» Pour la laque enfumée de M. Clnvolson, la perte a été 0,0280.
» Le noir de platine, recouvert de six légères couches de noir successivement lavées, a donné des pertes diminuant de 0,05^ à 0,020.
M De ce qui précède, on peut conclure :
» 1° Qu'une couche de noir, appliquée par l;i méthode ordinaire, peut donner des pertes d'absorption atteignant 0,1 ;
» 1° Que des couches légères, lavées successivement à Talcool, donnent un enduit assez résistant et une absorption de plus en plus complète; la perte d'absorption ne peut s'abaisser au-dessous de 0,02 ; si les couches ne sont pas laAées, l'absorption est moins complète lorsque le nombre de couches augmente; si, au contraire, elles sont lavées, on ne gagne plus au delà de dix couches, le lavage à l'alcool entraînant le noir, qui reste en suspension dans le liquide;
» 3° Le noir de platine, enfumé et lavé à l'alcool, permet d'arriver à la même limite avec un nombre moindre de couches; quand les poussières atmosphériques, en adhérant au noir, ont diminué son pouvoir absorbant, il suffit de frotter légèrement la couche avec une peau de daim, et de la recouvrir ensuite de quelques couches légères de noir lavées successivement à l'alcool, pour retrouver le même pouvoir absorbant maximum.
» Le noir, appliqué sur une épaisseur de dix couches lavées, donne la
( 7IO ) même absorption m;ixima, mais la couche est moins solide, el, en cas d'altération, il faut la renouveler complètement.
i )> Il est difficile d'évaluer la masse de cette couche, en rnisoii de l'hyi^i'oscopicité ijien connue du noir de fumée; nous citerons seulement le résultat suivant : préparée à dix couches lavées et séchées successivement, elle contient o™^', 291 de noir par centimètre carré. »
RAPPORTS
Rapport sur un Mémoire de M. Gonnessiat, intitulé : « Recherches sur la lui des variations de latitude » .
(Renvoi à la Section d'Astronomie; M. Radau, rapporteur)
« La question de la variabilité des latitudes a tenu une certaine place dans les préoccupations des astronomes depuis la publication des recherches de Peters, qui remontent à i844» ^t qui reposent sur des observations faites au cercle vertical de Poulkovo; elles furent plus tard reprises par M. Nyrèn ; mais c'est surtout depuis dix ans que, grâce à l'intervention de l'Association géodésique internationale, les études relatives à cette question se sont multipliées. On a vu des observatoires se concerter pour entreprendre des séries de déterminations simultanées de la latitude par la méthode de Talcott. Divers astronomes se sont attachés à discuter, de ce point de vue nouveau, les matériaux d'observation, de date plus ou moins ancienne, entassés par leurs devanciers. On n'a point négligé, non plus, d'examiner les conditions théoriques du problème. Mais il faut avouer que l'on commence à peine à en entrevoir la solution, et que les astronomes sont loin de s'accorder sur l'interprétation des résultats que fournissent les mesures. Il reste évidemment beaucoup à faire.
» Dans ces conditions, nous devons savoir gré à M. Gonnessiat des efforts qu'il a faits pour élucider cette difficile question. Dans un IMémoire qui a été présenté, l'année dernière, au jugement de l'Académie, il a, d'une part, soumis à une discussion ajijjrofondie les mesures de distances zénithales, faites pendant douze ans au cercle méridien de l'observatoire de Lyon, sous la direction de M. Cli. André, et dont la précision ne laisse rien à désirer : ces observations l'ont conduit à des résultats curieux el inattendus. Il a, d'autre pari, vérifié ses formules empiriques en les appliquant à l'ensemble des données qui peuvent être empruntées auxobser-
( 7'i ) valions étrangères. Des Tableaux graphiques inonlrent l'accord 1res satisfaisant du calcul avec l'observation.
» Les mesures effectuées à Lyon, de mars i885 à novembre 1896, ont porté sur les étoiles fondamentales situées aux abords du pôle; elles ont servi à déterminer, en même temps que la latitude, un système de déclinaisons absolues. Il faut dire toutefois que, jusqu'au commencement de l'année 1898, il s'agit seulement de mesures qui font partie des matériaux recueillis dans le service courant, sans attention spéciale; ce n'est qu'à partir de 1898 qu'ayant constaté l'utilité de ces observations on résolut de prendre pour objet presque exclusif la détermination de la latitude. On a, dès lors, pendant quatre ans, multiplié les pointés à chaque passage, changé fréquemment l'origine de la graduation, et associé chaque fois à la visée directe la visée par réflexion.
j> La discussion de ces matériaux, d'où les erreurs systématiques ont été éliminées avec soin , semble prouver que le cercle méridien , en même temps qu'il fournit les positions absolues, si nécessaires aux besoins de l'Astronomie de précision, peut déceler les variations de latitude avec, peut-être, autant de sûreté que la méthode différentielle deTalcott. Si le cercle méridien comporte, en effet, des sources d'erreur plus nombreuses (erreurs de graduation, flexion, réfraction, etc.), il ne faut pas oublier que l'emploi de la lunette zénithale a aussi ses inconvénients, parmi lesquels les plus graves sont le choix trop limité des étoiles et la nécessité du rattachement des groupes, qui entraîne tant de divergences inexplicables. On peut encore dire que les observateurs au cercle méridien qui se livrent à des déterminations fondamentales se résoudront difficilement à emprunter les variations de latitude, dont ils ont besoin pour leurs réductions, aux mesures faites par la méthode de Talcott, et préféreront les déduire de leurs propres mesures. Il est donc à prévoir que l'exemple donné par l'observatoire de Lyon sera suivi.
» Les recherches de M. Gonnessiat, en ce qui concerne la latitude, avaient pour objet de vérifier et de compléter la loi établie par M. Chandler, d'après laquelle les variations de latitude sont composées de deux oscillations, dont l'une a une période de quatorze mois, l'autre une période annuelle : la phase de ces oscillations dépend de la longitude du lieu d'observation; elles impliquent une révolution du pôle terrestre, s'accomplissant de l'ouest à l'est. Les calculs de l'auteur confirment la réalité de ces deux termes, auxquels il assigne des coefficients à peu près égaux (o",i4 et o", i55); mais il ajoute à la formule de Chandler deux termes nouveaux