‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 223 sur 425 · C. K., 1898, 1" Semestre. (T. CWVI. N- 11.) I · texte numérisé non relu

C. K., 1898, 1" Semestre. (T. CWVI. N- 11.) I

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» Mais ce n'est pas dans ces caraclères d'ensemble que réside le principal inlérêl présenté par cette dernière partie de la courbe. Il gît dans les détails, qui sont des plus remarquables. L'ascension, en effet, n'est pas régulière. Elle procède par bonds considérables, généralement suivis de courtes chutes. Or. ces chutes appartiennent aux séries-graisse et les ascensions aux séries-sucre. C'est donc le sucre qui, dans la circonstance, a été le facteur essentiel de l'accroissement de l'incorporation des albuminoïdes de la ration fondamentale. Nouvel ai,'antcge acquis à la valeur nutritive du sucre, comparée à savaleur thermique ou dynamique. Cet avantage pouvait être prévu, étant donné un certain nombre de faits connus. 11 est aussi très explicable. Mais ce n'est pas le moment de faire intervenir aucune considération théorique. L'attention ne doit pas être détournée de la constatation purement empirique de la grande différence qui est introduite alors dans les valeurs nutritives des deux aliments simples représentés par le sucre et la graisse. Cette différence se traduit merveilleusement à l'œil dans les courbes. La voici exprimée en chiffres :

» De la série 9 à la série 24, l'animal a augmenté de i53o5'' (plus du douzième de son poids). Les parts des huit séries-sucre dans cet accroissement ont été -i- i35, H- 90, -H 195, -i- 25o, -h 3o5, -(- 3o5, + 1^5, -h 325, total : H- 1780»''. Celles des huit sériesgraisse ont été -t- 25, — 95, — 60, — 65, — 76, — 75, -1- 75, -H 20, total: — 25oS'', c'est-à-dire que le gain dû au sucre a été diminué de 25oS'', du fait de l'intercalation des séries-graisse dans les séries-sucre.

» Telle est l'expérience. Les chiures et le graphique qui en expriment les résultats sont des plus éloquents.

» Une seconde fois, il est démontré par ces résultats qu'à V encontre de la théorie des poids et des substitutions isodvnamiques deux rations de valeur énergétique très différente sont capables d'entretenir à peu prés également bien un sujet qui travaille. Bien plus, il peut arriver que l'entretien soit incomparablement plus avantageux avec la ration la moins favorisée au point de vue de la valeur énergétique. Considérons, en effet, ces deux rations yraZr suffisantes pour entretenir l'animal dans les conditions physiologiques ordinaires de la vie normale, considérons-les lorsque ces conditions physiologiques ont été modifiées dans un sens qui comporte ensuite un croît nécessaire. Alors, sans qu'il soit rien ajouté aux apports nutritifs, ni rien retranché au travail journalier qui les dépense, le potentiel alimentaire fournit les cléments de ce croît. Mais les deux rations n'interviennent pas au même degré. Il n'y en a qu'une agissante, celle qui contient du sucre. Elle seule jouit de la propriété d'acquérir alors, en apparence spontanément, un surcroît d'aptitude nutritive.

» Il V a là une nouvelle démonstration, considérablement grossie, de l'inexactitude du théorème en vertu duquel la valeur nutritive des aliments dépendrait de leur pouvoir thermo gène.

» D'autre part, l'aptitude du sucre à remplir le rôle d'un excellent aliment se révèle dans tous ces faits avec une très grande netteté.

» On peut donner à ces faits une signification plus décisive en les enchaînant les uns aux autres d'une manière méthodique, comme on l'a fait dans les propositions suivantes :

» 1° Les quantités de sucre ou de graisse qu'il faut ajouter à une même ration fondamentale de viande, pour entretenir également bien le sujet qui travaille, ne sont pas des quantités isodynames. La valeur énergétique 0,756 en sucre agit généralement aussi bien, sinon mieux, que la valeur énergétique I en graisse. Cette différence, déjà si notable, à l'avantage du sucre, est même susceptible de s'accentuer d'une remarquable manière.

» 2° En effet, en ce qui concerne le sucre, le rapport de la valeur nutritive à la valeur énergétique n'est pas constant. Dans certaines conditions physiologiques, comportant l' édification de tissus nouveaux ou la reconstitution des éléments anatomiques d'un organisme épuisé, ce rapport peut être accru considérablement, tandis que, pour la graisse, il Teste à peu près au même chiffre ou s'élève à peine.

» 3" L'augmentation qu'éprouve alors le pouvoir nutritif du sucre tient à ce que, dans lesdites conditions physiologiques, cet aliment favorise l'assimilation en nature des albuminotdes et aussi à ce qu il modère le travail de désassimilation .

» 4" Donc, s'il est erroné de mesurer la valeur nutritive d'un aliment de force à sa valeur thermique, il ne le serait pas moins de déduire cette, valeur nutritive exclusivement de la faculté que possède l'aliment de se transformer plus ou moins économiquement en glycogène musculaire. '

» 5° En réalité, tout élément doit être jugé, au point de vue de sa valeur nutritive, à l'aide de deux critères : 1° son aptitude à fournir le potentiel directement et immédiatement employé à la dépense énergétique qu enti ainenl les travaux physiologiques; 2" l'influence indirecte que cet aliment est capable d'exercer sur les dépenses et les restitutions spéciales attachées au renouvellement et à la formation des éléments ariatomiques de l'organisme.

» 6" A ce double point de vue, la supériorité des sucres sur les graisses est de toute évidence. Elle se traduit toujours en toute circonstance, surtout dans les cas où s'active la fonction rénovatrice et formatrice des tissus animaux.

» Ceci indique l'importance de la place que le sucre peut tenir dans V ali mentation.

» Les très nombreuses constatations que j'ai déjà faites sur les animaux au repos, soumis à une simple ration d'entretien, et dont quelques-unes ont été publiées par Contejean, me laissent penser que les propositions précédentes s'appliquent aussi bien à ces animaux qu'à ceux qui travaillent. On comprend aisément qu il en soit ainsi, quand on réfléchit au

rôle considérable que, même à l'éLat de repos, le travail physiologique des muscles joue dans la vie de l'animal.

M Mais je ne me prononcerai définitivement qu'après avoir terminé une série expérimentale qui m'aidera à montrer que mes propositions ne sont nullement en désaccord avec celles que Lawes et Gilbert ont tirées de leurs très belles recherches sur le croît chez les animaux à l'engrais.

« Je tiens à taire remarquer, en terminant, que les études expérimentales sur la valeur nutritive du sucre soulèvent, à côté des plus délicats problèmes de la Physiologie pure, d'importantes questions d'intérêt général, touchant à la t'ois à l'hygiène alimentaire et à l'économie politique. Les pouvoirs publics ont-ils raison de traiter le sucre comme un aliment de luxe imposable à merci? Ne conviendrait-il pas, au contraire, de le mettre à portée de toutes les bourses et d'en étendre ainsi considérablement l'usage? Producteurs et consommateurs, sans compter l'Etat lui-même, n'y trouveraient-ils pas également leur compte? Il serait à désirer que ceux à qui incombe le soin de résoudre ces questions fussent tout à fait familiarisés avec les indications fournies sur elles par la Science. Peut-être sentiraient-ils alors ce qu'il y a d'irrationnel dans les mesures fiscales tendant à restreindre la consommation du sucre. »

ZOOLOGIE. — Les larves des Spongiaires et l'homologation des feuillets. Note de M. Edmoxd Perrier.

« Ma Note du 21 février (' )se termine par des considérations destinées, non pas à exposer l'embrvogénie actuelle des Eponges, mais à expliquer comment on peut rendre compte des formes larvaires de ces animaux et de leurs transformations premières, sans avoir recours aux interprétations qui ont conduit M. Yves Delage à voir, chez les Spongiaires, des phénomènes lie développement qu'ils présenteraient seuls parmi tous les êtres. J'en ai averti en disanL : « // ne s'agit ici, bien entendu, dans chaque série, que des formes larvaires ijnmilives et non de celles que la tachy genèse a modifiées (p. 582) ». De cette partie de ma Note, qui commence par ces mots : « Les choses se présentent sous un tout autre aspect.. . », JM. Delage détache trois propositions qu'il déclare inexactes et auxquelles il oppose d'autres propositions, non plus de théorie, mais ùq fait. Ce sont ces dernières qui sont inexactes :

(') \"oir les Notes précéileiiles de MM. Delage et Perrier dans les numéros des i4, 1 février et 7 mars.

» 1° Il existe, dit IM. Delage, deux types de lan'es chez les Éponges.

» Il n'v a pas deux tvpes de larves chez les Éponges, mais une série conlinue de formes entre lesquelles existent toutes les transitions possibles, comme je l'ai exposé dans mon Traité.de Zoologie (p. 568), à l'aide des faits connus en 1892. La forme initiale est une blastula, la forme terminale est solide; la blastula i^ remplit souvent, au moins en partie, au cours du développement.

» 2° Les lanes, qui sont des blastula vraies (à quoi les di.stiugue-t-on des fausses?^, nont pas les cils plus développés m pha actifs en avant que dans les autres points.

)) Beaucoup de blastula commencent effectivement ainsi ; mais M. Delage a bien tort de le rappeler, car chez elles disparait le caractère hislologique sur lequel il s'appuie pour soutenir que l'exoderme et l'entoderme des Éponges sont renversés.

» Contrairement à la proposition de 'SI. Delage, il est, d'autre part, bien connu que, chez les blastula à cellules d'abord toutes semblables des Ascetta, Oscarella, Isodictyon, Desmacidon, Halicnondria, les cellules de la région postérieure se modîGent peu à peu, au cours du développement, et que leurs cils se raccourcissent ou disparaissent conformément à ce que j'ai dit, quand ils ne manquent pas dès le début. M. Delage lui-même s'appuie sur le contraste des cellules antérieures et des cellules postérieures des Sycandra pour établir sa théorie et ici le contraste est réalisé d'emblée. Dans quelques cas les cils peuvent manquer au pôle antérieur (Desmacidon), mais le pôle n'est pas la région antérieure tout entière.

» 3° Les lar\es des Éponges qui traversent la phase blastula se fixent au stade gastrula après l' invagination, jamais au stade blastula.

)) Il est justement contesté que les Éponges traversent un stade gastrula.

» Dans le traité français d'Embryogénie le plus récent, celui de M. Roule ( 1894), on lit, en effet, p. 89 : « En admettant qu'il s'agisse ici de larves gastrulaires, ces larves » diffèrent beaucoup de leurs similaires des autres animaux. Les dissemblances ne por- 1) tent pas seulement sur les procédés génétiques, mais aussi sur la structure gé- » nérale ».

» On sait que chez les Sycandra, en elTet, l'hémisphère cilié s'invagine sous les moindres influences à l'intérieur de l'autre et se dévagine de même. Il est bien évident d'ailleurs, comme Je le dis dans ma Note, qu'une fois la fixation accomplie l'hémisphère cilié recouvert par l'autre ne peut plus se dévaginer; mais ce n'est pas une raison pour faire de la larve ainsi fixée une gastrula comparable à celle des Séphridiés, par exemple.

» C'est parce que M. Delage se résout arbitrairement pour l'affirmative qu'il a été conduit à la singulière interprétation que je combats.

» Son exposé du mode de fixation des Eponges n'est d'ailleurs que la répétition de ce que j'ai écrit moi-même sur ce sujet en 1892, d'après ce que l'on savait à ce moment ( Traité de Zoologie, p. 070).

» Il dit, en effet : « La gastrula des Eponges se fixe par le blastopore », comme j'ai dit ; « Quand il y a invagination, c'est te blastopore plus ou moins rétréci qui s'applique sur les corps solides (f'ycandra raphanus, Oscarella lobularis) ».

» Seulement, qu'est-ce que le blastopore dans le cas actuel? Quand on se borne à prendre les choses telles quelles sont, on répond : le blastopore, c'est la ligne de séparation entre la région antérieure de Ja larve et sa région postérieure. Qu'est-ce que la région antérieure de la larve? La région antérieure est, par définition, celle que la larve porte en avant quand elle se meut; c'est-à-dire sa région ciliée, et c'est bien cette région ciliée antérieure, circonscrite par le blastopore, que les larves dont il s'agit ici tournent contre l'obstacle, ainsi que je l'ai indiqué. Tout cela est très simple et très clair. Mais M. Delage nous dit : « Le blastopore est un point correspondant à la partie postérieure de la gastnûa ». Postérieure, pourquoi? La gastrula des Éponges, si l'on veut qu'elles aient une gastrula, est par essence immobile, puisqu'elle a invaginé ses cils; elle n'a ni avant, ni arrière.

» La théorie de M. Delage, qui, au départ, appelait entoderme et exoderme deux parties également externes d'une même sphère, nous conduit maintenant à ne plus savoir ce qui est l'avant et ce qui est l'arrière d'un animal; c'est plus que je ne voulais démontrer et cela clôt la discussion.

» Les faits relatifs aux larves pleines ou larves tachygénétiques sont hors de cause; je les ai exposés moi-même, en 1892, comme M. Delage, et dans toute leur variété, mais en m'efforcant de les relier entre eux et de les coordonner dans l'Ouvrage déjà visé.

» Qu'il me soit permis en terminant de rappeler que c'est moins l'embryogénie des Éponges qui est en cause qu'une question de méthode scientifique avec laquelle n'ont rien à voir les propositions opposées aux miennes par M. Delage. Geoffroy Saiut-Hilaire a défini les organes homologues par leurs connexions, expressément pour éliminer de leur définition tout ce qui touche à leur structure et permettre de les reconnaître toujours quelque iransjonnation qu'ils aient subie; c'est par l'application de ce principe des connexions que M. de Lacaze-Dulhiers a fait ses plus belles découvertes. En s'appuyant sur la structure des teuillels pour établir leur homo-

logie, M. Delage prend exactement le conlre-pied de Geoffroy. C'est en altérant ainsi le sens des mots qu'on a suscité dans la Science tant d'inextricables confusions et c'est pourquoi j'ai relevé cette altération.

» Au surplus, la théorie de l'évolution a précisé le sens du mot homologue de manière à le mettre à l'abri de toute définition nouvelle. En définissant les organes homologues comme il l'a fait, Geoffroy admeltait que le même organe était susceptible de présenter les modifications les plus diverses de forme, de structure et de fonction; ses connexions étaient le moyen de le reconnaître malgré ses déguisements. On reste absolument dans sa définition en considérant comme homologues les organes qui, dans une même série généalogique, ne sont que les transformations diverses d'un même organe de l'ancêtre commun; en dehors de cette définition, le mot homologue n'a plus qu'un sens métaphysique et, par conséquent, obscur. Du moment que, de l'aveu même de M. Delage, les Éponges ne se sont pas transformées en d'autres animaux et sont demeurées à la base du règne animal, en dehors de l'évolution organique, ce que démontre sur.ibondamment leur organisation, il n'y a même pas à poser le problème de l'homologie de leurs feuillets embryonnaires; par définition, cette homologie n'existe pas. Essayer de s'en servir pour démontrer que les Eponges sont isolées dans le règne animal, c'est faire une pétition de principe. »

PHYSIQUE DU GLOBE. — V expédition au Groenland de la Société de Géographie de Berlin. Note de M. Makcel Bertrand.

« Les résultats importants de cette expédition, proposée et dirigée par M. Erich de Drygalski, viennent de paraître dans les deux Volumes que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie (' ).

» M. de Drvgalski, dans ses premiers travaux, avait mis en lumière la relation probable de la submersion postglaciaire avec le phénomène même de l'extension glaciaire et du refroidissement qu'elle a dû amener. Plus tard il s'est demandé si cette extension était compatible avec les lois du mouvement des glaciers et avec les formes actuelles du terrain. M. Stapff avait déjà répondu négativement à cette question (^). M. de Drygalski, disposé plutôt à y répondre affirmativement, a essayé de traiter la question

(') Grônland-Expedition der Gesellschaft fiir Erdkunde zu Berlin, 1891-1893. unler leitung von Eiich von Drygalski, 2 vol. Berlin, W. H. Rilhl; 1897. (-) Jahrbuch der k. preussischen geologischen Landesanstalt. Berlin, 1889.

par le calcul (' ), puis, reconnaissant rinsuffisance des données, il est parti pour les vérifier au Groenland. La Société de Géographie de Berlin et la libéralité de l'empereur lui en ont fourni les movens.

1) L'expédition, préparée par un premier voyage (189 1), a séjourné pendant un an (i5 juillet 1892-11 juin iSgS) sur le nunalak de Rarajak, au nord de Disko. Sans parler ici des observations zoologiques, botaniques, météorologiques et même astronomiques (■), qui sont exposées dans un second Volume, je voudrais seulement appeler l'attention sur les conclusions relatives à la nature et au mouvement de la glace : elles modifient souvent, elles précisent toujours les idées admises; les nombreuses observations sur lesquelles elles s'appuient semblent faites avec soin et sévèrement critiquées; les détails du texte permettent toujours de discuter sérieusement les conditions dans lesquelles elles ont été faites.

)) Structure de la glace. — Pendant longtemps on a cru que la structure en grains était caractéristique de la glace des glaciers. Emden a déjà montré que toutes les glaces, dans des conditions de fusion convenables, se divisent en grains ou individus isolés. M. de Drygalski non seulement confirme le fait, mais montre la relation des grains avec les cristaux primitifs.

» Dans la glace de ruisseaux ou de lacs, la cristallisation se fait par réunion de cristaux hexagonaux qtn'. contrairement à l'opinion admise, sont, sauf dans les cas de calme absolu, différemment orientés. Un des côtés du cristal seulement suit la surface, et Taxe optique est plus ou moins incliné. Au-dessous de la surface, tous les cristaux sont parallèles, et l'axe est vertical. La raison en serait que la couche de glace superficielle forme une couverture continue, et cpi'au-dessous d'elle, grâce à la dilatation qui accompagne la solidification, les cristaux se forment sous pression.

» Dans la glace de fjords, la nappe superficielle ne forme pas couverture continue, et, quoique la cristallisation soit souvent plus obscure, presque tous les axes optiques sont dans le plan de la surface.

» Dans la glace de glaciers, les cristaux de neige qui l'ont formée étaient naturellement orientés dans tous les sens.

» Pour toutes ces espèces de glaces, les cristaux primitifs perdent leurs contours et se transforment en grains arrondis, quand une niasse de glace

(*) Neues Jahrbuch fur Minéralogie, vol. II, p. i63; 1890.

(^) La pesanteur a été trouvée de )„gn^ intérieure à ia valeur calculée; c'est un écart du même sens qu'on avait trouvé au Spilzberg, tandis qu'à Jan Mayen (île volcanique) on a trouvé un excès notable.

{ «07 ) libre est soumise dans l'air à un échauffement modéré. Le fait se protluit naturellement dans les glaciers, où toutes ces conditions sont réalisées; il est facile de le produire artificiellement dans les autres glaces. Dans tous les cas, le grain formé conserve l'orientation du cristal primitif; l'axe optique reste vertical pour la glace de lacs, horizontal pour la glace de fjords, indifféremment orienté pour la glace de glaciers.

» Une seule exception est signalée, c'est pour la glace des parties profondes du glacier, qui prend la structure veinée et s'ordonne en couches parallèles à la surface. Là, d'une part, les grains deviennent plus gros, ils sont nourris; et, d'autre part, ils montrent une orientation dominante : l'axe optique est perpendiculaire aux couches. La conséquence naturelle, c'est que là il v a eu recristallisation, et, de plus, d'après l'analogie avec la glace des lacs, que celte recristallisation s'est faite sous pression. Cette conséquence concorde avec toutes les autres conclusions relatives à la marche des glaciers.

» Moinemenl des glaciers — Ce mouvement n'est pas dû à la |)Pnte du sol. qui doit v aider, mais probablement dans une faible mesure; il se produirait également sur un fond horizontal; il est dû aux différences d'épaisseur et de pression, et aux changements moléculaires qu'elles entraînent dans la glace voisine du point de fusion.

)) Je cite seidement l'argument le plus frappant. La côte ouest du Groenland alimente, à côté de la grande cAoiie {Inlaadeis), des glaciers locaux; la pente en est souvent plus forte, et la vitesse toujours beaucoup moindre, que dans les glaciers qui servent de débouchés à la grande nappe centrale, même quand, au nord et au sud du Groenland, les glaces se soudent à la surface (vitesse de o™,i5 au plus })ar jour, même seulement de i"" par mois, pour les glaciers locaux; 20'" et So"" par jour pour les glaciers du bord de la grande nappe). Pour les uns et pour les autres, les différences de vitesse n'ont aucun rapport avec la pente et sont en relation directe avec l'épaisseur.

» Le mécanisme suivant peut expliquer jusque dans le détail tous les faits observés.

» Dans le fond ilu glacier, même dans les régions les plus hautes, le froid de la surface ne descend que très atténué, et, la pression aidant (surtout, comme l'a montré INL Le Chatelier, si l'eau formée peut s'écouler), on peut admettre qu'on est au voisinage de la température de fusion. L'eau formée est chassée vers les points où la pression, c'est-à-dire où l'épaisseur est moindre; déchargée d'une jiartie de sa pression, elle se

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