GH
ployées :
Alcool 1 5o
Potasse 20
lodure d'isoaravle 5o
Naphtol 3 ■ 36
L'opération a donné 5i?'' d'un corps liquide coloré en rouge brun par des matières étrangères.
)) Ce corps a été rectifié plusieurs fois. Finalement il passait entre 3ij° et 3i6°. C'était un liquide incolore à la température ordinaire. Pour le solidifier, je l'ai dissous dans l'alcool, puis refroidi par un mélange de neige carbonique et d'éther. L'isoamylp-naphtol s'est précipité sous forme de lamelles blanches qui, purifiées par expression, fondaient facilement à 26°, 5.
» L'analvse conduit à la formule C'"H" — O — C'H".
» Avec l'acide picrique, ce corps (') donne un dérivé cristallisé en longues aiguilles jaunes, fusibles à 90°,5-9i°. »
CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Sur le produit d'oxydalion de la glycérine par la bactérie du sorbose. Note de M. Gabriel Bertrand (-), présentée par M. Duclaux.
« M. Grimaux(') a montré qu'en abandonnant un mélange de glycérine et de noir de platine au contact de l'air il se produisait un corps sirupeux, présentant les principaux caractères du glucose : notamment, ce corps réduisait la liqueur de Fehling et subissait la fermentation alcoolique sous l'influence de la levure.
» Quelque temps après, MM. Fischer et Tafel arrivèrent au même résultat en faisant réagir la vapeur de brome sur le glycérinate de plomb. Ils donnèrent au corps ainsi obtenu le nom de glycérose, mais reconnurent bientôt que c'était un mélange, formé vraisemblablement d'aldéhyde glycérique et de dioxyacétone (*).
» C'est ce dernier corps, dont la place est si importante dans l'histoire des sucres, que M. Piloty vient d'obtenir tout récemment à l'état de pureté parfaite, grâce à une série de transformations chimiques, d'ailleurs fort compliquées (^). C'est également lui qui prend naissance, comme je vais l'établir, dans l'action de la bactérie du sorbose sur la glycérine.
» Quand on cultive ce microbe sur un liquide nutritif contenant de la glycérine, on constate que le liquide acquiert rapidement la propriété de réduire à froid la liqueur de Fehling.
» Pour déterminer plus facilement la nature du corps réducteur qui apparaît dans ces circonstances, sans être gêné par un trop grand excès de substances étrangères, j'ai ensemencé la bactérie du sorbose sur une décoction de levure ne contenant pas plus de ^ pour loo d'extrait et addi-
(') M. Costa a signalé l'éther isoaravliquedu p-naphtol comme un liquide bouillant entre 323° et 326° {Gazzetta chimica ilaliana, t. XIX, p. 496)-
(^) Travail du laboratoire de Chimie du Muséum.
(') Bull. Soc. chim., 2° série, t. XLV, p. 48 j; 1886, et Comptes rendus, t. CIV, p. 1276; 1887.
(') Berichte der chern. Ges., t. XX, p. 2634; 1887.
(') Id., t. XXX, p. 3i6i; 1898.
( 843) tionnée de 2 à 5 centièmes de glycérine. I.a culture très prospère se faisait à -I- 3o°, en matras stérilisés, sons une épaisseur de liquide de S*^" environ.
» Après une vingtaine de jours, le pouvoir réducteur du bouillon correspondait à 60^ de glucose par litre, soit, à cause de l'évaporation, à la moitié du poids de la glycérine mise en expérience.
» J'ai d'abord soumis ce bouillon réducteur à l'action de la phénvlhydrazine.
)i Pour cela, 120'^ ont été, après filtration, additionnés de iSs"" de phénvlhvdrazine pure et de lâs^ d'acide acétique à ôopour 100. Le mélange, abandonné à lui-même à la température ambiante, a laissé déposer peu à peu un précipité cristallin qui, recueilli après quatre jours et desséché, pesait i^s'. Dissous à chaud dans le benzène, il a donné, par refroidissement, de belles lamelles cristallines jaunes, brillantes, ayant le point de fusion (i^:>° au bloc Maquenne) et les autres propriétés de la" glycérosazone (' ).
» Son analyse élémentaire a fourni les résultats suivants :
Trouvé.
C 66,95 pour 100
Az 20,89 "
» Cette expérience prouve que le corps réducteur contenu dans le bouillon de culture est de l'aldéhvde glvcérique CH-OH. CHOH.COH ou de la dioxvacétone CH-OH-CO-CH-OH (ou bien encore un mélange des deux) ; mais elle ne permet pas de décider entre les deux substances, toutes deux engendrant la même osazone. Pour résoudre la question, j'ai dii recourir à l'emploi de l'hydroxylamine.
» Un demi-litre de bouillon a été réduit à Se'" par distillation, dans le vide, à la plus basse température possible. On a repris le résidu par 3'^°' d'alcool absolu et 6'°' d'éther et, après repos et décantation, la liqueur limpide a été additionnée d'un léger excès d'hydroxylamine en solution alcoolique, suivant la méthode indiquée par Pilot}'. Le produit de la réaction, desséché dans le vide, a été broyé à plusieurs reprises avec de l'acide acétique, pour dissoudre Foxime, et la solution évaporée vers 3o°. Il est resté une masse cristalline qu'on a essorée, lavée avec de l'éther acétique, puis recris-
(') Obtenue à partir de la glycérine oxvdée par le brome en présence de carbonate de sodium.
pour
C'H'KKz'
, 16 pour
tallisée clans un peu d'alcool absolu. Le corps ainsi préparé, fondant à 83°-84'>, était identique à Toxime obtenue par Piloty à Taide de la diowacétone de sjnthèse (').
Calculé Trouvé. (CH:OH)=C.AzOH.
Azote i3,43 i3,33
)) Ainsi, la bactérie du sorbose a£;it sur la glvcérine comme sur la sorbite et la mannite. Conformément à la règle générale que j'ai énoncée dans une Note antérieure (^), elle lui enlève deux atomes d'hydrogène et la transforme en un véritable sucre cétonique en C, la dioxyacétone. »
ÇYGIÈNE. — Sur la stérilisation des liquides par filtrat ion. Note de M. J. Hacsser, présentée par M. Friedel.
(c On a fait de nombreuses tentatives pour obtenir, par filtration, la stérilisation des liquides. Les filtres Chamberland et surtout ceux de Garros peuvent stériliser complètement en porcelaine d'amiante; mais les rendements en sont minimes et le nettoyage difficile. Dans ces filtres, ce sont des terres agglomérées par fusion partielle qui constituent la paroi stérilisante. Cette fusion partielle, en unissant trop intimement les particules, diminue considérablement la porosité de la matière an bénéfice de la solidité de la paroi, d'oîi le faible débit de ces appareils.
)> J'ai songé à utiliser des terres cuites au-dessous de leur température de fusion. L'expérience m'a montré qu'un grand nombre de matières minérales, calcinées au-dessous de leur point de fusion et réduites en poudres fines, peuvent, par agglomération mécanique, former d'excellentes parois filtrantes et stérilisantes. Mais, de toutes celles que j'ai étudiées, la terre d'infusoires, connue aussi sous les noms à^ farine fossile et kieselguhr, est celle qui m'a donné les meilleurs résultats.
» Voici comment il convient de préparer cette matière : on la tamise pour en séparer les grains de sable et les autres impuretés grossières qu'elle peut contenir. On la porte ensuite à une température comprise entre 800° et iooo° environ. .\près refroidissement, on la pulvérise et, s'il est nécessaire de l'avoir en poudre impalpable, on la traite par lévigation. Cette dernière condition n'est exigible que pour la filtration de
C) Berichte d. ch. Ges., t. XXX, p. i656; 1897. (2) Comptes rendus, t. CXXVI, p. 76^; 1898.
cerlains liquides spéciaux, que l'expérience seule peut indiquer. La poudre, obtenue par simple calcination et pulvérisation subséquente, peut servir directement pour stériliser la plupart des liquides, notamment l'eau et la bière. Pour le vin, il est nécessaire, en raison de l'acidité de ce liquide, d'en compléter la purification par un lavage avec un acide minéral ou organique. La matière obtenue à la suite de ces traitements successifs est insoluble dans la plupart des liquides et ne leur communique aucun goût.
» Pour l'employer, on la délaie dans le liquide à filtrer et l'on verse cette dilution sur un filtre-support quelconque. Le liquide s'écoule, et la poudre, en raison de sa grande légèreté, se dépose, par entraînement, en une couche parfaitement régulière. Cette couche constitue une paroi filtrante très compacte et à pores d'une extrême finesse. Elle est capable de retenir les moindres particules et les plus petits micro-organismes en suspension. Comme il n'y a pas eu de fusion, il ne saurait v avoir ici, de ce fait, aucune perte de débit. Ces parois filtrantes, toutes choses égales d'ailleurs, débitent en effet couramment de quinze à vingt fois plus que les. filtres Chamberland, par exemple. L'absence de rigidité de ces parois n'est, du reste, qu'un avantage de plus en leur faveur, car elle en permet très facilement le renouvellement et le nettoyage. Quand le pouvoir filtrant d'une pareille paroi est épuisé, il suffit, en effet, de l'entraîner par un courant d'eau et de la remplacer par de la nouvelle masse. Quant à la poudre encrassée, on lui rend ses propriétés primitives en la lavant avec un acide très étendu, la séchant et la calcinant à nouveau.
» 11 va sans dire que les premières portions de liquide filtré, n'étant pas stériles, doivent être repassées sur le filtre. D'autre part il est important, si l'on tient à la stérilisation continue, de ne pas interrompre la filtration sans motif.
» Une épaisseur de ï~ à -j^ de millimètre est, sur un support rigide, suffisante pour stériliser.
•> Un fait remarquable, c'est le pouvoir absorbant que la calcination sans fusion donne à la matière. Non seulement elle est devenue capable d'absorber les gaz, mais aussi de retenir jusqu'à certaines matières organiques en dissolution. Voici quelques faits démonstratifs à cet égard.
» Dans 100'^'= d'eau on a trouvé, en matière oxydable par le permanganate, les proportions ci-apr«ès :
Seine. Biévre.
Avant filtration 4j8 36,0
( Couche filtrante de 0™™, 4 d'épaisseur. . 4)3 29,2
Après filtration. » o™™,8 » .. 3,65 28,2
» Tous les liquides fdtrés de ces exemples étaient stériles. Il est donc probable que la matière organique entraînée était en dissolution. Or le
( 846 ) Tableau montre qu'elle diminue considérablement avec l'augmentation de l'épaisseur de la couche fdlrante ( ' ). »
PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Des différents modes d' élimination de la chaux chez les rachitiques et des diverses périodes du rachitisme. jNole de M. J. Babeac, présentée par M. Armand Gautier. (Extrait.)
« Depuis deux années nous nous appliquons à l'examen du mode d'élimination de la cbaux dans le rachitisme. Nous avons systématiquement étudié l'urine et les fèces de tous les rachitiques présentés à la consultation externe ou hospitalisés à la clinique infantile de l'Hôpital général de Montpellier. Le mouvement annuel des malades est de 3 5oo à 4ooo malades.
» La dissemblance des résultats obtenus a d'abord attiré notre attention. Chez certains rachitiques, aucune excrétion (urines, fèces) ne traduisait de déperdition asormale de chaux. Chez d'autres, l'urine contenait une quantité de chaux égale à celle qui existe dans les urines d'un enfant sain de même âge et vivant dans des conditions identiques; mais les fèces révélaient une quantité de chaux supérieure à la normale. Enfin, dans d'autres cas, les urines étaient très riches en chaux, les fèces normales.
» Nous citerons ici seulement trois cas types, pris chez des enfants rachitiques, comparés à des enfants normaux de même âge :
i'^"' Cas. — Augment de cliaux urinaire; fèces normales. Enfants
rachitiques. normaux,
gr cr
Urines (Chaux 0,288 0,062
(par litre). ( Magnésie. .. . 0,270 0,112
Fèces. Chaux 8,60 pour 100 de cendres 9,0 pour 100 de cendres
(') Dans une Note ultérieure, je me propose de donner des renseignements plus étendus sur les applications de cette masse filtrante. J'indiquerai, notamment, les résultats très encourageants que nous avons obtenus, M. Lozé et moi, par l'emploi d'un support imaginé par lui en vue même de l'utilisation de la masse.
2' Cas. — Augment de cliaux dans les fèces; urines normales.
Enfants
racliiliques. normaux.
gr gr
Urines (Chaux. 0,090 0,070
(par litre). ( Magnésie. .. . 0,112 0,090
Fèces. Chaux 3.5 pour 100 de cendres ■ 9, .5 pour 100 de cendres
3= C.is. — Rachitiq Lies plus âgés revenus à l'état normal.
er er
Urines (Chaux o,23o 0,119
(par litre). / Magnésie. .. . 0,116 0,112
Fèces. Chaux 16 pour 100 de cendres i5 pour 100 de cendres
» La comparaison des résultats numériques, obtenus par des analyses nombreuses, que nous publierons dans un autre Recueil, nous conduit à formuler les conclusions suivantes :
)) I. Les déformations rachitiques peuvent, dans la majorité des cas, être rapportées à deux modes d'élimination différents de la chaux:
» 1° Elimination de la chaux en excès par les urines, correspondant à une désassimilation de la chaux qui entre dans la constitution de la charpente osseuse;
» 2.° Elimination de la chaux en excès par les fèces, correspondant à un défaut d'absorption de la chaux, la quantité de chaux éliminée par les urines pouvant, dans ces cas, être normale ou inférieure à la normale.
» Ces données permettent d'expliquer les résultats, en apparence contradictoires, qui ont été publiés jusqu'ici, relativement à la quantité de chaux des urines rachitiques.
» II. On peut, dans le rachitisme, distinguer trois périodes :
» Une période rachitissante, au cours de laquelle l'enfant élimine de la chaux en excès, soit par ses urines (rachitisme par désassimilation), soit par ses fèces (rachitisme par défaut d'absorption).
» Cette déperdition en chaux aboutit au stade des déformations et des fractures spontanées des os : c'est la période de rachitisme constitué ou de rachitisme proprement dit (seconde période).
» A une troisième période, ni les fèces ni les urines ne traduisent de déperdition anormale de chaux ; les déformations seules restent, comme
G. R., 189S, I" Semestre. (T. CXWI, N» 11.) I09
indices d'une jiériode rachiti(]ne antérieure, chez le sujet dont la nutrition est redevenue normale.
» m. Certaines déformations rachitiques reconnaissent, sans doute, un processus jîalhogénique particulier : celui qui aboutit aux nouures et aux malformations par augmentation de volume de l'os. Nous en recherchons actuellement la nature et la cause (' ). »
ZOOLOGIE. — Embryogénie de la larve double des Diplosomidés (Ascidies composées'). Note de M. Antoine Pizon, présentée par M. Edmond Perrier.
« J'avais commencé depuis longtemps l'étude de l'embryogénie de la larve double des Diplosomidés, afin d'établir si elle provient d'un embrvon double issu de l'œuf ou si elle est le résultat du bourgeonnement précoce d'un embrvon ordinaire.
)) Je résume ici mes observations sur cette question, à laquelle Salensky a consacré assez récemment un Mémoire très important (*). Mes résultats confirment ceux du naturaliste russe en ce qui concerne le développement de l'appareil braiichio-intestinal. J'établis de plus le rôle des tubes épicardiqueset l'origine des jeunes bourgeons, qui apparaissent déjà avant l'éclosion sur chacun des deux individus de la larve double.
» I. La segmentation de l'œuf aljoutil à la formation d'une cavité entérique qui prend rapidement la forme d'un U couché sur Je vilellus et dont le milieu de l'anse est situé juste au-dessous de la vésicule nerveuse en voie de développement.
>) a. La branche latérale de gauche de cette cavité primitive formera l'intestin terminal de chacun des deux individus, elle s'isole peu à peu en même temps qu'elle s'étrangle progressivement en deux tronçons dont le plus inférieur, celui qui est situé à l'extrémité libre de la branche, deviendra l'intestin terminal de l'individu ventral, et l'autre formera l'intestin terminal de l'individu dorsal, appelé encore Voozoïde lequel porte la vésicule sensorielle, les papilles adhésives et la chorde.
» p. La branche latérale droite subit une évolution beaucoup plus complexe; elle se transforme en deux sacs à peu près parallèles : l'un qui est le sac branchial primitif, l'autre le sac stomacal primitif. Le premier de ces deux sacs s'étrangle progressivement dans la suite pour produire le sac branchial de l'individu dorsal et celui de l'individu ventral, qui restent longtemps reliés l'un à l'autre par un canal étroit.
(') Laboratoire de l'Hôpital général de Montpellier.
C-) Sai.E-Nsky, Mittiieilungen zool. Slat. Neapel, t. XI; 1894.
Le sac stomacal iJiimitif s'ùlraiigle de son côté en deux autres qui deviennent respectivement l'estomac de Tindividii dorsal et celui de l'individu ventral.
» Chaque individu se constitue par la soudure ultérieure de ses trois tronçons primitifs, brancliie, estomac et intestin terminal. Les deux, estomacs restent longtemps reliés l'un à l'autre par un canal étroit qui n'est même pas complètement disparu au moment de l'éclosion.
» Ces résultats confirment ceux de Salensky sur la formation de la cavité branchio-intestinale.
» Il me reste à signaler, à propos de cette cavité, un diverticule qu'elle envoie dans la profondeur du vitellus jusqu'à l'origine de la chorde dorsale, sous laquelle il se termine. Ce diverticule ne disparaît que très tard et forme encore un petit cordon cellulaire étroit chez la larve prête à éclore. Son apparition est bien plus précoce que Salenky ne l'a dit, et il ne représente pas un diverticule secondaire du sac stomacal primitif, mais bien une portion de la cavité enlérique primordiale ; il possède, par suite, une grande importance phylogénélique, et je le considère comme un reste du tube digestif de la forme ascidienne primitive, chez laquelle ce tube aurait eu une forme allongée, parallèle à la chorde, que la fixation a, dans la suite, profondément modifiée.
» IL Chaque sac branchial envoie deux tubes épicardiques qui s'étendent le long de l'estomac et se comportent comme chez les Ascidiozoïdes des colonies plus âgées, pour engendrer le péricarde et le cœur; leurs deux extrémités libres se soudent et forment une sorte d'U dont la portion médiane s'isole pour donner le sac péricardique, lequel s'invagine pour engendrer à son tour la cavité cardiaque.
» Les stades où ces processus sont visibles ont échappé à Salenskj-, d'après lequel le cœur se constituerait aux dépens d'un amas de cellules mésenchymateuses et ne présenterait jamais de relations avec les tubes épicardiques.
» III. Tandis que chez certaines Ascidies composées, telles que les Botryllidés et les Pyrosomes, roozoïde n'a qu'une existence éphémère ou n'arrive même pas à se constituer complètement par suite d'une extrême accélération dans le développement des bourgeons ; l'oozo'ide des Diplosoniidés ne fait que perdre certains organes larvaires (organes sensoriels et chorde) et persiste, avec l'individu qui l'accompagne, pour prendre part à la formation de la nouvelle colonie; je m'en suis assuré sur des larves que j'ai réussi à faire vivre une dizaine de jours fixées sur des lames de verre.
» De plus, les rudiments d'un nouvel Ascidiozoïde s'ébauchent sur chacun des individus de la larve double bien longtemps avant l'éclosion, et par les processus ordinaires du bourgeonnement que nous ont fait connaître Ganin, Délia Valle, Jourdain et Caullery. Ces rudiments consistent, au moment où les premières fentes branchiales apparaissent chez les Ascidiozoïdes larvaires, en deux parties, savoir :
» 1° Un diverticule pyriforme, à parois épaisses, qui s'est détaché des tubes épicardiques, soudés préalablement l'un à l'autre par leurs extrémités, et qui, au moment que nous considérons, est encore adjacent à la fente du cœur, issu de ces mêmes tubes épicardiques.
» Il donnera la brancliie et l'œsophage.
» 2° Un autre diverticule voisin du précédent et renflé comme lui est envoyé par
l'œsophage du parent avec lequel il est encore en communication; il représente l'ébauche du bourgeon abdominal (estomac, intestin et glande intestinale) ('). La troisième partie du jeune Ascidiozoïde, c'est-à-dire l'ébauche du rectum, ne paraît pas encore à ce moment.
» Ces résultats, qui montrent que les deux individus larvaires bourgeonnent par les mêmes processus que ceux d'une colonie plus âgée, ne me permettent pas d'accepter sur ce point ceux de Salenskj, qui prétend que chaque nouvel Ascidiozoïde consiste seulement en un di^-erticule œsophagien s'élargissant en deux grands sacs aveugles et inégaux, qui représentent les rudiments de tout le nouvel appareil branchio-inleslinal.
)> Les faiLs qui précèdent ont une grande importance pour déterminer la signification de cette singulière larve des Diplosomidés. On ne peut le faire sans tenir compte de ce que les deux individus sont également développés au moment de l'éclosion, qu'ils persistent tons les deux pour former la nouvelle colonie et qu'ils bourgeonnent tous les deux, par des processus identiques, tandis que ces deux premiers individus paraissent résulter plutôt d'une bipartition de la cavité entérique primitive. A ces éléments de discussion, il faut ajouter aussi l'origine du svstème nerveux de l'individu ventral, qui, d'après Salenskv, serait un prolongement de celui de l'oozoïde.
» Je continue mes recherches pour étudier ce dernier point, qui est indispensable pour l'interprétation précise de la larve double. »
ZOOLOGIE. — Sur le clivage de la cuticule, en tant que processus temporaire ou permanent. Note du P. Pautel, présentée par IM. Edmond Perrier.
« La cuticule des Arthropodes est toujours décomposable en une zone externe, constituée de strates anciennes, oii l'activité physiologique décroît successivement de dedans en dehors, et une zone interne jeune, pleinement active, zone de transition dont les caractères passent d'un côté à ceux des formations chitineuses et de l'autre à ceux du protoplasme. La première ne parait point suscei)tible d'un changement quelconque de direction dans l'aclivilé dont elle est encore le siège, l^ar contre, la zone interne peut, à un moment donné, manifester une activité néoformatrice plus ou moins caractérisée et produire des accidents ou annexes tout différents de
(') Ce sont ces ébauches que j'ai signalées dans une Communication déjà ancienne {Comptes rendus, janvier 1891) chez l'individu ventral de la larve, mais j'avais négligé d'étudier l'oozoïde lui-même à ce point de vue.
( 85i) ceux qui ornaient la vieille cuticule. Alors éclate entre les deux zones une rupture que nous étudions sommairement dans cette Note sous le nom de clivage de la cuticule.
n I. L'existence de ce clivage, en tant que processus temporaire, périodiquement généralisé sur le tégument tout entier aussi bien que sur le svstème trachéen, est mise hors de doute par le phénomène bien connu de la mue ou ecdyse. Comment se produit-il?
» D'après nos observations sur la larve de Thrixion nous croyons pouvoir V distinguer deux périodes : l'une lente, préparatoire, durant laquelle il se développe, par un procédé difficile à préciser, au-dessous de la cuticule ancienne, une couche d'épaisseur uniforme, hvaline, semi-liquide, mais adhérente toutefois et probablement non dépourvue de toute structure; l'autre rapide, n'intervenant qu'au moment même de la mue, pour le décollement de la dépouille. Ce qu'on peut dire, en général, de la période préparatoire, c'est qu'à un moment donné, lorsque doit s'organiser la cuticule de remplacement, le siège du travail cuticulogène se transporte plus profondément: la nouvelle couche cuticulaire ne se formant pas immédiatement au-dessous des anciennes mais à une certaine distance, tandis que la couche protoplasmatique interposée aux deux feuillets ainsi séparés devient brillante, molle et homogène, comme si les trabécules du réticulum s'y résorbaient progressivement. Cette couche constitue une sorte de magma de remplissage dans lequel la cuticule nouvelle peut librement développer des tubercules ou des piquants, la cuticule ancienne étant simplement jetée à la manière d'un pont sur les parties saillantes.
» A l'égard de la période rapide, nous possédons des données plus catégoriques, avant pu la suivre en entier sur la larve au deuxième stade.
y> Rappelons d'abord qu'aux époques très voisines de la mue les cellules hypodermiques sont turgescentes, hautes, mais peu étalées parallèlement à la surface générale du corps, par suite de la faible extensibilité de la vieille cuticule. Les préliminaires de la mue elle-même consistent dans la production de vacuoles qui se montrent subitement çà et là dans la couche hyaline, grandissent presque à vue d'œil, à mesure qu'elles reçoivent de l'hvpoderme, à travers la cuticule jeune et encore perméable, l'excès de liquide enchylémateux dont il était gorgé, et s'étalent bientôt sous la forme d'une fissure tangentielle qui se propage jusqu'à la rencontre des fissures voisines. Le décollement se généralise avec rapidité partout où le système cuticulaire ne repose que sur les cellules hypodermiques. Au niveau des insertions musculaires, l'adhérence est plus grande, mais ces points d'attache
finissent par céder au même mécanisme et la larve n'a plus, pour se libérer, qu'à faire éclater sa dépouille. Le décollement de la vieille cuticule, préparé lentement, à la fin de chaque stade larvaire, par la formation d'une couche molle intercuticulaire, est donc réalisé hydrauliqueraent par la pression d'un liquide particidier, sécrété en temps opportun par les cellules hypodermiques.
» Cette conclusion diffère de celle que Verson et Bisson(')ont adoptée dans leurs études sur le Ver à soie. Ces observateurs attribuent comme nous le décollement à l'infiltration d'un liquide sécrété, mais la sécrétion est reportée par eux sur des cellules spéciales, localisées métamériquement, qu'ils appellent cellules hypostigmaliques. Nous devons faire observer que les cellules dont il s'agit ne sont probablement que les onocytes (-); dès lors elles ne sauraient se trouver partout où se montrent la sécrétion et le clivage; elles n'existent pas, entre autres, dans l'organe antenniforme, où nous avons à signaler un clivage très net, ni sur les trachées, où la mue cuticulaire ne comporte pourtant pas un autre mécanisme que siu- le tégument.
» II. Ce qui se produit temporairement à fin de chaque stade, pour l'ensemble du revêtement cuticulaire, se produit, durant toute la durée d'un même stade, dans l'armature chitineuse de l'organe antenniforme.
» Chez une très jeune larve de Thrixion au deuxième stade, immédiatement après la première mue, l'organe antenniforme se montre comme un lobe obtus, coiffé d'une cupule évasée, dont la coupe optique est un rebord hyalin en forme de croissant à cornes très prolongées sur les côtés du lobe et toujours incomparablement plus épais que la cuticule générale. Ce rebord est anhiste, traversé çà et là par des bâtonnets sensoriels qui émergent du massif neuro-hypodermique sous-jacent et viennent se terminer au-dessous de petites élevures externes, très semblables à celles signalées chez d'autres larves de Brachycères. Cependant, plusieurs circonstances nous renseignent sur la véritable nature de cette formation.
» Pour diverses larves de même âge et normales, l'ourlet est tantt)t très large, tantôt très étroit, et pour une même larve maintenue quelques heures en observation, sa largeur augmente ou diminue, probablement
(') E. Verson et E. Bisson, Cellule glandidari ipostigmatiche nel Bombyx Mort, in Piiblicaz. d. R. Slazzione bacologica di Padova, 1891.
(-) ^'.GRABER, IJeber die embryonale Anlage der Blut-und Fettgcivehes derlnsekteii, in Biol. CenlralblaLt, 1891.
au ^ré de 1 animal ; d'où il faut conclure qu'il exisle là, interposée enLre deux feuillets cuticulaires dont elle se distino;ue à jjeine optiquement, une couche de liquide tour à tour sécrétée ou réabsorbée par les cellules hypodermiques et dans laquelle baignent librement les bâtonnets sensoriels destinés à recueillir les ébranlements qu'elle leur transmettra. Cette interprétation est confirmée par ce fait que lorsque la petite larve meurt, le plasma jaune du sang filtre à travers les cellules hvpodermiqiies et colore le rebord hyalin, tandis que la cuticule générale reste parlaitement incolore. Inutile d'ajouter que ce clivage spécial ne reconnaît pas, au fond, une autre cause que la mue; la seule différence réside en ce qu'il s'agit ici d'un phénomène localisé et persistant, comme il convenait à une disposition sensorielle.
» Au cours du deuxième stade, la forme de l'organe se modifie, et durant sa dernière période, le feuillet cuticulaire interne subit un nouveau clivage, en sorte qu'il existe à cette époque trois feuillets cuticulaires distincts, séparés par deux poches à liquide: l'un externe qui sera exuvié, les deux autres internes qui formeront la nouvelle armature de l'organe et resteront jusqu'à la nymphose. Cette armature est fort différente de celle décrite au stade précédent. Le clivage s'étend sur une surface discontinue, limitée extérieurement par un contour ovalaire et intérieurement par deux cercles, correspondant aux extrémités des bulbes sensoriels, qui se touchent entre eux sans toucher ce contour, et tandis que le feuillet externe reste en place, le feuillet interne s'invagine très profondément autour des bulbes et se chitinise pour leur former une gaine protectrice individuelle. Il se constitue par là une structure assez inattendue et compliquée, difficile à interpréter sans les données fournies par le stade précédent. Aussi pensons-nous qu'elle est mal traduite dans les figures qui ont été publiées de l'oroane antenniforme des Brachvcères. »
BOTANIQUE AGRICOLE. — Essai de cidture du Tricholoma nudum. Note de MM. J. CosTAXTix et L. Matrlciiot, présentée par M. Gaston Bonnier.
« Dans une Communication à la Société de Biologie ('), nous avons déjà fait connaître la germination des spores du Tricholoma nudum, et
(') CosTAMiN et Matruchot, Sur la production du mycélium des Champignons supérieurs {Comptes rendus des séancesde la Société de Biologie, 1 1 janvier 1896).
( «54 ) donné très succinctement les caractères du mycélium obtenu. Nous revenons aujourd'hui sur cette question pour compléter les notions acquises sur le développement du mycélium, el pour faire connaître le développement, récemment obtenu par nous, des fructijîcalions complètes de ce Champignon basidiomycète.
» I. Mycélium. — La spore de Tricholoma mtdum germe assez rapidement et donne un mycélium qui, cultivé sur divers milieux, prend des caractères extérieurs variant avec la nature du substratum.
» Sur des substratums compacts, comme une tranche de pomme de terre stérilisée, par exemple, le développement est lent el peu abondant. Le mycélium, couché en forme de gazon aplati à la surface du milieu nutritif, présente d'ailleurs très nettement la nuance lilas pâle si caractéristique de cette espèce.
» Sur des feuilles mortes de diverses sortes d'arbres (hêtre, peuplier, etc.), le mycélium pousse aussi assez lentement; mais il prend un aspect plus florissant, et forme des touffes épaisses, d'abord hémisphériques, qui, à la longue, au bout de trois mois environ à une température moyenne de i5°, ont totalement envahi les tubes de culture.
)i II semble toutefois que ce soit sur les milieux de consistance terreuse que le développement du mycélium se fasse le plus régulièrement el le plus abondamment. Dans ce cas, à une température de aS" environ, il suffit de trois semaines pour que les tubes de culture soient entièrement envahis par le mycélium.
» La nuance du mycélium n'est pas toujours violacée. Souvent elle est d'un blanc très pur : il en est ainsi, par exemple, dans les cordons que forme le mycélium en s'agrégeant. Ces cordons n'ont d'ailleurs ni la longueur, ni souvent la netteté de contour des cordons du Champignon de couche.
» Sur ce mycélium nous avons observé des boucles d'anastomose assez rares, mais particulièrement développées, atteignant parfois en diamètre la dimension même du filament qui les porte'; Ajoutons enfin que jamais nos cultures ne nous ont présenté de formes conidiennes.
» II. Développement des fructifications complètes. — Jusqu'ici on n'a pu obtenir le développement normal et complet, par une méthode certaine ('), d'aucune espèce de Tricholoma. M. Brefeld (') a fait germer les spores de
(') M. Huyot, il est vrai, a récolté un certain nombre de fructifications de Tricholoma nuduin en transportant dans une cave le sol même sur lequel étaient attachés des filaments de celle espèce. D'ailleurs, celte pratique, qui consiste à transplanter le substratum, a déjà été employée par certains gardes forestiers pour installer des mousseronnières. M. Boudier a obtenu, en 1870, de la même façon, un développement du mycélium de Cantharellus cibarius; mais l'expérience a été interrompue par la guerre. Ces essais isolés n'ont pas été repris, à notre connaissance, et ne nous semblent pas constituer de véritables méthodes de culture.
(') Brefeld, Untersuchungen ans dem Gesamintgebiete der Mvkologie, t. VIII, p. 54.
Tricholoma sordidum, mais le mycélium obtenu est toujours resté stérile. M. Voglino ('), pour le T. terreum, est allé plus loin : il a fait germer les spores, étudié le mycélium, vu se former les sclérotes et une forme conidienne, et enfin obtenu des chapeaux rudimentaires ; mais ceux-ci sont toujours restés à l'état d'ébauches, atteignant à peine 2""" de hauteur.
» Pour le Tricholoma iiudiim, au point de vue de l'appareil basidiosporé, nous avons obtenu des résultats plus complets.
» Nous avons cultivé le mycélium en serre, soit dans des pots à fleurs recouvert d'une cloche, soit dans des meules découvertes. Dans l'un et l'autre cas, un mvcélium abondant vient s'effleurir à la surface, parfois en touffes épaisses et floconneuses, parfois en couches denses et crustacées (-), et, un à deux mois après l'introduction des mises, se développent les chapeaux fructifères.
« Dans les cultures en pots, les fructifications sont très nombreuses, leur nombre dépassant une centaine pour un seul pot de culture; mais ces fructifications restent le plus souvent à l'état d'ébauches. Nous avons obtenu dans le nombre, il est vrai, des chapeaux portant des lames et des basldes, mais les plus grands ne dépassaient pas j5min (jg diamètre, avec un long pied de o"\o3 de hauteur. En somme, la plupart des fructifications obtenues dans ces conditions sont comme atrophiées. Elles présentent toutefois les couleurs si caractéristiques des individus de Tricholoma nuduni qu'on trouve dans la nature : les unes sont entièrement lilas pâle, d'autres entièrement lilas foncé, d'autres enfin présentent deux nuances différentes, le pied étant lilas et le chapeau brun foncé. Chez toutes, le pied, d'abord renflé à la base, s'allonge en s'amincissant vers le haut; puis elles se flétrissent et prennent toutes une teinte uniforme ocracée. Il est à noter enfin que certaines fructifications se forment (comme c'est aussi le cas pour le Champignon de couche) hors du substratum, ici sur les parois mêmes des pots de culture.
» Dans les cultures en meule, le développement des chapeaux fructifères est plus complet et plus normal. Le premier chapeau que nous venons d'obtenir dans ces conditions nous a paru être très comparable, comme aspect et comme dimensions, à un Tricholoma nudurn naturel. Ce chapeau, charnu et brun, porte des lames bien développées, et le pied, trapu , renflé à la base, est d'une belle couleur lilas. Bien qu'encore très jeune, cet échantillon présente les dimensions suivantes : diamètre du chapeau, 4'^™; diamètre du pied, à la base, 3"", en haut, i'^"',5; hauteur du pied, S'"", 5. Ce sont là, on le voit, les dimensions presque normales de l'espèce considérée.
» Il résulte de ce qui précède que nous avons réussi à cultiver le Tricholoma nudiim. Ce résultat offre un certain intérêt théorique, car il ajoute
( ' ) ^'oGLl^■o, Morfologia e sviluppo cli unfungo agaricino ( Tricholoma terreum Scliaefler) [yV«oio Gioniale bolanico ilaliano (Nuova série), Vol. II, p. 272; iSgS]. ( - ) Nous n'avons pas jusqu'ici observé de sclérotes analogues à ceux du T. terreum. C. R., 189S, I" Semestre. (T. C.WVI, N° 11.) ^ I"
une espèce et même un genre de plus à la très courte liste des Basidiomycètes qu'on sait cultiver. Il offre aussi un réel intérêt agricole, car le Champignon dont il s'agit est une espèce comestible très estimée. Nous allons poursuivre nos recherches pour essayer de rendre pratique cette culture. )) Il est d'ailleurs à remarquer qu'au point de vue utilitaire le Tric/ioloma niidum présente sur le Champignon de couche divers avantages. En premier lieu, c'est une espèce d'aspect très caractéristique, qu'on ne saurait confondre avec aucune autre, et pour laquelle l'inspection de la vente, aux Halles et sur les marchés publics, serait des plus faciles ( ' ). En second lieu, et c'est là un point important, ce Champignon est une espèce d'hiver, très rustique, se développant et fructifiant même au froid (- ). Sa culture pourrait donc, sans doute, se faire en plein air, presque à toute saison de l'année, tandis que le Champignon de couche exige, comme l'on sait, des conditions de température souvent difficiles à réaliser au dehors. «
PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Action (les différents sels sur la structure des plantes. Note de M. Charles Dassosville, présentée par M. Gaston Bonnier.
(1 J'ai étudié l'action de divers sels minéraux sur le développement et la structure de différentes espèces végétales (Ricin, Chanvre, Maïs, Blé, Avoine, Tomate, Pomme de terre. Lupin, Fève, Courge, Ipomée, Pin, Sarrasin, etc.).
» Les principaux résultats que j'ai obtenus peuvent être résumés ainsi :
» Le sulfate de magnésie retarde la croissance au début de la végétation ; plus tard, il l'active et se montre indispensable aux besoins de la plante. Son effet avantageux varie avec la dose de sel employé, qui passe par un optimum. Ce sel nuit au développement des faisceaux primaires de la racine, ce qui paraît être la cause du retard que la végétation subit au début. Plus tard, il active le développement des formations secondaires et celui des racines adventives qui, dès lors, suppléent à l'insuffisance des vaisseaux primaires et modifient l'allure de la végétation. Il favorise aussi la différenciation des fibres péricycliques et des faisceaux libéro-ligneux de la tige.
(') Le Triclioloina nucliim est vendu, sous le nom de Petit-pied-bleu, sur divers marchés provinciaux (Poitiers, etc.). A Paris, on n'autorise la vente que de cinq espèces seulement : Champignon de couche. Chanterelle, Cèpe, Morille et Truffe.
(-) Nous avons récolté des fructifications de cette espèce dans une partie légùrcniciiL alirilée d'un jardiu, en plein mois de jan\ier.
)) Le phosphate de potaase est en tout temps indispensable. Quand le milieu en est totalement dépourvu, les racines restent atrophiées et prennent une forme spéciale, caractéristique. Il active très fortement la diOférenciation : ainsi, par exemple, il sclérifie le péricvcle de l'axe liypocotylé du Lupin et lignifie très fortement la base de la lige du Blé.
» Le silicate de potasse donne aux feuilles une couleur vert foncé et un brillant très particulier. Son action sur la structure porte exclusivement sur le sommet de la tige et sur la feuille. Elle se traduit : dans le premier cas, par une lignification très intense des éléments de la périphérie ; dans le second, par la formation de bandes lignifiées qui relient les nervures de la feuille à l'épiderme.
» Les i}itrates ont une action très différente selon les espèces, suivant l'époque de la végétation et suivant les doses auxquelles ils sont employés. Quelle que soit leur base, ils donnent aux feuilles une teinte verte spéciale qu'il convient d'attribuer à l'influence de Tacide azotique.
)' \.a potasse favorise la croissance et augmente la quantité d'eau contenue dans la plante; mais elle retarde la différenciation des éléments de soutien. Ce retard peut nuire à la rigidité de la plante et l'exposer à se plojer sous l'influence du vent.
» La soude favorise moins la croissance que la potasse; elle hâte la lignification de la base de la tige des Graminées et cutinise l'épiderme. Par suite, elle augmente la rigidité de la plante.
» L'ensemble de ces résultats montre que la striiclUTe des plantes varie beaucoup suivant la composition chimique du milieu dans lequel elles vivent. On pressent donc que l'anatomie des végétaux de la flore naturelle peut être très différente pour une même espèce, même dans des contrées très rapprochées, puisque le sol dans lequel croissent ces végétaux peut renfermer beaucoup de chaux, de silice, de magnésie, de potasse, etc., ou être, au contraire, très pauvre en ces éléments.
)i D une façon générale, on peut dire que les solutions minérales qui se montrent les plus favorables au développement de la plante sont aussi celles qui provoquent en elle une plus grande dijférenciation.
« Cette conclusion pourrait paraître en contradiction avec ce que nous avons annoncé dans de précédentes Communications. Nous avons montré, en effet, que lorsque l'on compare des plantes en voie de croissance et de même âge, cultivées les unes dans l'eau distillée, les autres dans la solution de Knop, on constate que la culinisalion, la sclérification, la lignification sont plus accentuées dans le premier cas que dans le second.
)' Cette contradiction n'est qu'apparente. Si, en effet, on poursuit l'étude du développement, on voit que, dans l'eau distillée, on a affaire à des plantes qui différencient rapidement leurs éléments dans une structure plus simple que celle des plantes vivant dauî un milieu salin.
» Dans la solution nutritive, au contraire, la structure ne reste pas au degré de simplicité qu'elle a dans l'eau distillée; elle se complique parce que le protoplasma utilise les matériaux de la solution saline pour s'accroître et produire de nouveaux éléments qui restent plus longtemps jeunes en conservant leurs parois minces. Ce n'est que très lard qu'ils se différencient; mais alors, le degré de différenciation peut être aussi grand et même plus grand que dans l'eau distillée.
» En6n, lorsque le milieu est très favorable au développement de la plante, on voit apparaître de bonne heure certaines différenciations; mais ce sont des différenciations spéciales, qui se localisent dans des tissus particuliers, destinés à jouer un rôle déterminé. Ce sont, par exemple, les fibres péricvcliques qui deviennent abondantes, les faisceaux libéroligneux qui prennent une grande importance. A côté de ces différenciations, l'assise génératrice conserve très longtemps la propriété de se diviser.
» Par suite, dans des recherches du genre de celles dont nous nous occupons, il faut éviter de confondre deux faits semblables en apparence, mais fort différents en réalité : d'une part, une sclérose générale qui immobilise la plante dans une structure simple et constitue un véritable arrêt de développement; d'autre part, une sclérose localisée qui augmente la différenciation des tissus et qui est l'indice d'un perfectionnement organique de l'être vivant. »
BOTANIQUE. — Sur un nouveau type générique des Sc/iizomy cèles, le Chatinella. Note de M. E. Roze.
« Il s'agit ici d'un Champignon saprophyte qui vit dans les tissus mortifiés des végétaux, et dont j'ai déjà constaté la présence dans les débris de paille de fumier et de crottin, dans le parenchyme pâteux des Pommes de terre tuées par le Phytophtora et dans le tissu foliaire de Tulipes ramolli après mortification par le Pseudocommis.
» Ce Sapropliyle se présente d'abord sous la forme de sphérules plasmatiques nues, dont le diamètre peut varier de \2V- à 27^-, en raison du milieu nutritif plus ou moins favorable : le plasma qui les constitue est incolore, granuleux, assez rarement vacuolaire, restant fixe et immobile. Ces sphérules nues se montrent ensuite comme avant très légèrement augmenté de volume et présentent alors une sorte de ligne équatoriale due, non à une membrane de séparation, mais à la seule condensation rétractive du plasma, qui se divise ainsi en deux moitiés égales, lesquelles se détachent peu à peu l'une de l'autre pour former deux sphérules-iilles. Cette propagation par scissiparité
est la seule que j'aie pu constater. Les sphéniles nues s'entourent ensuite d'une membrane enveloppante (') qui n'a pas, au début, i!^ d'épaisseur, mais qui, plus tard, peut être épaisse d'environ 3."-. Dès lors, le plasma interne paraît se contracter légèrement et se trouve libre et séparé de la sphère à peine réfringente qui l'enveloppe. Il arrive même que le plasma interne s'entoure successivement d'autres membranes, car j'ai observé des cas où ce plasma se trouvait enfermé dans deu\ et même trois sphères concentriques.
» La reprise de la période végétative s'efl'ectue par la dissolution de ces sphères enveloppantes, et cela m'a paru coïncider avec une bipartition du plasma interne, que j'ai vu libre alors dans l'enveloppe protectrice à demi dissoute sous la forme de deux sphérules nues.
» Ces sphères enveloppantes ne m'ont pas semblé être constituées par de la cellulose, car elles résistent à l'action du chloro-iodure de zinc qui colore seulement en brun rougeàtre le plasma interne. Elles subissent, en somme, la même réaction que des spores de Mucédinées avec lesquelles je les comparais.
» Ce Champignon saproplivte n'a pas été encore signalé. Je suis heureux de pouvoir le dédier à mon vénéré Maître M. Ad. Chatin. Je le désignerai donc sous le nom Chatinella scissipaia, pour rappeler en mêine temps son mode unique et spécial de propagation.
» La fixité et l'immobilité de son plasma, ainsi que l'absence de tout mycélium, mais surtout cette division par scissiparité, me portent à croire qu'il s'agitd'un type primordial, d'organisation des plus simples, auquel on peut assigner une place à part parmi les Schizomycètes. «
M. Darget adresse une Note relative à diverses reproductions photographiques.
La séance est levée à 4 heures un quart. J. B.
(') Leur plasma est généralement sphérique; mais il se présente parfois aussi sous une forme ovoïde et, dans ce cas, la membrane enveloppante a cette même forme.
BULLETIN BIBLIOr.RAPniQUi:.
OrVRAGES REÇUS DANS LA SÉA\CE DU 7 MARS I^^gS.
Annales de Chimie et de Physique, par MM. Berthelot, Friedel, Mascakt. MoissAN. Septième série. Mars 1898. Tome XIII. Paris, Masson el C'*, 1898; I fasc. in-8°.
Btdlelin de la Société d' Encouragement pour l'Industrie nationale, jiiiblié sous la direction des secrétaires de la Société, MM. Collignon cl Aimé Girard. Février 1898. Paris, i vol. in-l".
Bulletin mensuel du Bureau central météorologique de France, public par E. Mascart, Directeur du Bureau central météorologique. Année 1897. N° 12. Décembre 1897. Paris, Gauthier-Villars et fils; i fasc. in-4°.
Les Annélides des côtes de France (Manche et Océanj, par M. le baron DE Saint-Joseph. Paris, Masson et C'^, 1 vol. in-8°. (Présenté par M. Milnc- Edwards.)
Sur rellipsoide de Jacohi, par le D'' S. Kruger, S. I. i brocli. in-8'\ (Présentée par M. Wolf.)
La Photograpliie et l'étude des nuages, par Jacques Boyer. Paris, Cli. Mcndel, 1898; i vol. in- 12.
Dérivation des sources de la Vigne et de Verncuil. Profil géologique de l'aqueduc, coupes géologiques de l'aqueduc, dressés par G. Ramond. Mars 1897, 2 Atlas in-4''. (Hommage de l'auteur.)
Lectures on Physiology. First séries on animal electricity. I>y Augustus D. Waller m. d. F. R. S. New York and Bombay, 189;; i broch. in-S*-. (Hommage de l'auteur.)
La Viabilidad légal y la Fisiologica, por el Doclor D. Antonio de Gordon Y DE AcosTA. Ilabana, 1897; i brocli. in-8".
OuVSAGr.S REÇUS DANS LA SÉANCE DU \ [\ MARS 1898.
Revue de Mécanique, publiée sous le patronage et la direction technique d'un Comité de rédaction. M. Haton de la Goupillière, Membre de l'Institut, Inspecteur général des Mines, Président. Tome II. N° 2. Fé vrier 1898. Paris, Vicq-Dunod, 1898; i fasc. in-'j".
L' Analomie comparée des animaux basée sur l'Embryologie, par Louis RoiLE, professeur à l'Université de Toulouse. Paris, Masson et C'*, 1898; ■2 vol. grand in-S". (Présentés par M. Milne-Edwards. )
Guide-manuel du Patron-pêcheur, par Georges Roche, Eugè>'e C.vn>' et S. Maxgon de la La>-de. Paris, Aug. Challamel, 1898; i vol. in-i8. (Présenté par M. Milne-Edwards.)
Journal de bord du Patron-pêcheur. Paris, Aug. Challamel, i broch. in-4". (Présentée par M. Milne-Edwards.)
Grônland-Expedition der Gesellschafl fur Erdkunde zu Berlin, 1 89 1 - 1 893 . unter Leitung von Erich von Drygalski. Berlin, W.-H. K.ïild, 1897; 2 vol. in-4''. (Présentés par M. 3Iarcel Bertrand.)
L' Aérophile, revue mensuelle illustrée de l'Aéronautique et des Sciences qui s'y rattachent. Directeurs : Georges Besançon et Wilfrid de Fonvielle. 1897. Paris, 1897; { vol. grand in-S".
Annuaire de Vlnslruction publique cl des Beaux- Arts pour l'année 1898, rédigé et publié par MM. Delalain, imprimeurs de l'Université. Paris, Delalain frères; i vol. in-8".
Annales des Ponts et Chaussées, V^ Partie : Mémoires et documents relatifs à Vart des constructions et au service de l'ingénieur. 1897, 4*^ trimestre. Paris, Vicq-Dunod et G'®; i vol. in-8°.
Lehrbuch der Algebra von Heinrich Weber, Professor der Mathematik an der Universitàt Strassburg. Braunschweig, 1898; i vol. in-8°.
An index to the transactions of the clinical Society of London. Vol. I-XXX. London, Longmans, Green and G", 1808; i vol. in-8°.
ERRATA
(Séance du 7 mars 1898.)
Note de M. A. Chalin, Du nombre et de la symétrie des faisceaux, etc.
Page 700, lignes 3o et 36, au lieu de ('), lisez (^).
Page 701, lignes 5, 12 et i4, au lieu de ('), lisez {'').
Même page, ligne 26, au lieu de Irisine latior, lisez liesine elatior.
Même page, ligne 27, au lieu c?e ('), lisez (^).
Page 702, ligne 2, au lieu de (-), lisez (a).
Même page, ligne 6, au lieu de ('), lisez (^).
Même page, lignes 32 et 33, supprimez les denx premiers renvois.
Page 7o3, ligne 17, au lieu de CoroUyflores, lisez CoioUiflores.
COMPTES RENDUS
DES SÉAiVCES
DE L'ACADÉMIE DES SCIENCES
PRÉSIDENCE DE M. WOLF
MEMOIRES ET COMMUi\ICATïOI\S
DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE
ARITHMÉTIQUE. — So/iitions algébriques de diverses questions concernant les équations indéterminées du second degré à trois termes. Note rie !M. oe
JOSQUIÈRES.
« L'emploi absolu des notations algébriques dans les questions de cette nature, lorsqu'il y est possible (ce qui est assez rare), a l'avantage de conduire à des solutions et à des formules générales,' qui dispensent de recommencer toute une série laborieuse de calculs, chaque fois que viennent à changer les données numériques d'un problème concernant l'infinité des nombres d'une même famille. J'en ai donné, il v a quelques années, un exemple s'appHquant au procédé de Lagrange pour le développement en fraction continue de la racine carrée d'un nombre entier ('),
(') Comptes rendus, séance du 2G mars i883 et suivantes.
G. R., 189S, 1" Semestre. (T. CXXVI. N- 12.) ' ' I
sujet qui, au fond, a des liens inlinies avec le sujet de la présente Communication. Je vais de nouveau m'en servir pour résoudre, avec la même généralité, divers problèmes concernant certaines équations indéterminées du second degré à trois termes.
» Théorème I. — V équation (a^ — !i') ar — ^y- = i (ou — i) n'est pas résoluble en nombres entiers, sauf le cas de a = 3.
» Les indications fournies a priori par les congruences sont insuffisantes pour trancher la question; il faut donc recourir à une autre méthode. J'ai choisi celle qui est indiquée (au point de vue numérique) dans le n" 205 des Disquisitiones. On y voit que, un nombre M étant donné (celui que Gauss désigne par N est nul dans le cas présent, où M = i), on doit s'assurer d'abord si la forme proposée /"= | («- — 4)» o, — 4 | (dont le déterminant positif est D = 4«^— i6) est, ou n'est t^as proprement équivalente à la forme ç = | ± i, o, zp (4 a- — i6) |; car si cette équivalence n'existe pas, ni l'une, ni l'autre des équations en x"-, y^, qui s'y rapportent, n'est résoluble. Pour décider ce point, il faut (Disq., n" 195) écrire la période de la forme y, d'après le procédé du n° 188 et dans les conditions requises par le n° 183, § 1^'', et constater si l'une ou l'autre des deux formes ç fait partie, ou non, des formes réduites contiguès dont cette période se compose.
M Appliquant ce procédé au nombre indéterminé à- — 4, dont la valeur numérique dépend de celle qu'on attribuera à la lettre a, et remarquant que si l'équation proposée est résoluble, elle ne peut l'être que pour des valeurs impaires de a, on obtient aisément ces trois premiers termes de la période de/":
\à- — 4. o. — 4 j — 4» 2(a — i), 2a — 5 I ia — 5, 2(a — 4)» ■ — i(J |>
qui conviennent à toutes les valeurs de a, sauf a = 3 et a = Z), ainsi qu'on le verra ci-après.
» Arrivé à ce point, on rencontre une difficulté, née de l'apparition, dans le troisième terme de la troisième réduite, du terme numérique iG, sans aucune adjonction de l'indéterminée a. Pour la lever, il faut avoir égard à la qualité du nombre impair a, selon qu'il est de l'une des formes [\n — I, ou 4" -f- I- Ces deux cas veulent être examinés séparément.
» Premier cas : a=^l\n — i. — Pour déterminer la valeur :; du terme moyen de la quatrième réduite, il faut poser
car, d'après la règle du n° 183, la somme ilc ce terme : et du terme moyen
2(r/ — 4) de la réduite précédente doit être un certain multiple / du troisième terme i6 de celle-ci, ce terme étant pris en valeur absolue, sans éo;ard à son signe. Si l'on y écrit ^n — i nu lieu de a, l'équation ci-dessus
devient
; = 16/ — (Sn — 2) + S
et l'on satisfait aux conditions requises, savoir que ^ soit positif et compris entre \/D et \'D — 16, dosquertest plus grand que 2, en prenant/ =n— i, d'oîi l'on tire
et, pour le dernier terme de cette quatrième réduite,
La période se continue alors ainsi
I — 16, 2 (a - i), a — 2 |a — 2, 2(rt — 2), — 16 | — 16, 2(a — 4\ 2a — i\ I 2« — 5, 2[^a — i), — 4 I — 4' o, a- — 4 I-
» Elle commence donc à revenir sur ses pas après la quatrième réduite et se reproduit de nouveau, à la neuvième, en débutant parla forme initiale
I a- — 4> o> ~ 4|> sans qu'aucune des deux formes ] zt i, o, zjz(4a- — 4)| se soit présentée. On en conclut que la représeniation du nombre -h 1 , ou du nombre — i, par l'une ou l'autre des deux formes
est impossible, et que l'équation en x- et y- l'est elle-même pour les valeurs impaires de a qui ont la forme \n — i .
» Toutefois, il y a exception pour a = 3; car la deuxième réduite devenant alors I — 4, 4» I |. Is troisième est | i, o, — 20 |, où 20 est le déterminant D (le la forme | 5, o, — 4 |- L'équation proposée est, dans ce cas particulier, Oit- — 4j'' = I . du tvpe (a -+- i),r- — a y- — i, toujours résoluble, comme je le montrerai ci-après.
» Deuxième cas : a = ^n -h i . — Les trois premières réduites de la période sont identiques à celles du premier cas; mais il n'en est pas de même des suivantes, ni comme nombre, ni comme valeur.
» Raisonnant comme plus haut, il faut, pour trouver le* terme moyen z de la quatrième réduite, poser
( 8(56 ) cl V remplacer, celle fois-ci, a par /|/? + i, ce qui donne z = \Ql —^n -^ G.
On salisfail à loiiles les conditions requises en prenanl encore t -- n — \ , d'où l'on lire
et de là, pour le dernier terme de la quatrième réduite,
D — 2f« — 6)'' ., ^ = JCl -- lO.
La période se continue alors sans nouvel incident, avec deux réduites de plus que dans le premier cas, comme il suit
I — 1 6, 2 ( c/ — (")), 3 « — I o I 3 rt — I o , a H- 2 , — (fl + 2 ) I (rt + 2), a + 2, 3rt — 10 [ 3fl — 10, i{a — 6~), — 16 1 — iG, i{a — 4). 2^ — 5 | I 2 a — .7 , 2 ('« — r ), — '\\ — '\, o, a'- — '\\
et elle recommence par la réduite initiale \a- — l\, o, — 4 |, sans qu'on y ait rencontré l'une des formes | ± i, o, rp (4«' — iG) j. La conclusion est donc la même que dans le premier cas, pour ce qui concerne l'impossibilité de résoudre l'équation donnée du second degré.
» Il faut remartpier que la présence du terme 2 (a — G), au centre de la quatrième léduite, indique que les formules ne conviennent qu'aux valeurs de a ]> 6, puisque le terme central d'une réduite ne peut jamais être nul, ni négatif. Ainsi le cas de a = 5 doit être considéré à part, ainsi que je l'ai annoncé plus haut ; d'ailleurs, il ne fait pas exception à la conclusion, comme le prouve la périotle ])articulière qui lui convient.
» En l'ésumé, le théorème ne comporte que l'unique exception de
» ÏHÉORisME I[. — L équation (^a- — i^x- — 4.X" = ^ i (où a ne poiwrait qu'être pair) n'csl pas résoluble en nombres entiers.
» Ce théorème, beaucoup plus simple que le précédent, et qui peut se démontrer par de simples considérations de congruences, mériterait à peine d'être mentionné ici, s'il ne fournissait pas, dès la deuxième réduite de la période, le sujet d'une remarque intéressante, dont le caractère est général. La période des réduites est
|«- — 1 , o, — 4 I — 'I. -{(' — ' j. -(« — ' jl 2(rt — i), i{a — i), — \ I
I — 4) o. «■ — I Ik-f' — ') o. — 4 !• • ••
» La remarque dont il s'agit consiste dans l'égalité entre le terme moyen et le troisième terme de la deuxième réduite. La conséquence à en tirer, et qui sérail la même si le terme moyen était un multiple du troisième, ou encore si les deux termes extrêmes étaient identiques, c'est que la troisième réduite sera l'associée (') de la seconde, et ainsi de suite, en sorte qu'aucune des deux rétluites | zt i, o, — D | ne peut plus se présenter dans la période, et qu'ainsi l'impossibilité de l'équation proposée se manifeste dès lors, sans qu'il soit besoin de pousser le calcul au delà de la réduite où se produit l'un quelconque de ces trois incidents.
» Passant à la solution de quelques équations quadratiques ayant pour second membre + i ou — i, je commencerai par rappeler les formules du n" '203 des Disquisitiones, en les accommodant au cas où l'équation proposée n'a pas de terme en .ry. Les valeurs générales de x et y sont alors
(i) x ^= y.t — -'Cw, r = -'/+7.A«.
La forme donnée étant | A, o, — C | et D = -(- AC, a et y sont respectivement le premier et le troisième des quatre coefficients de substitution a, p, y, S qui, à l'aide des binômes x = ctx' -+- 3 y', y = ya?' -f- Sy', font passer de la forme | A, o, ■ — C | à la forme | ± r , o, — V)\\ t eX. u sont les racines qui satisfont indéfiniment à l'équation t'- — Du'^ = i, toujours résoluble ; leurs moindres valeurs t,,Uf (après z := i , « = o), d'où découlent, par des formules connues, leurs valeurs générales, sont ( n° 198) égales à ^(3t„ + â„)
et ^, respectivement, x„, -■„ et (\ étant fournies par le Tableau des substitutions du n° 188 ; l'indice n est le numéro d'ordre de la n -f- i "^"^ réduite, en affectant l'indice i à la réduite /, qui suit immédiatement la forme initiale /.
» Ces préliminaires étant rappelés, j'aborde les problèmes ci-après, en commençant par le plus simple de tous et réservant pour lui les explications de détail, afin de moins compliquer Fécriture.
» Problème L — Résoudre algébriquement l'équation (a -+- i )x^ — ay- = i (a étant un entier positif).
» Il faut, d'après ce qui a été dit plus baut, établir (par l'algorithme du n" 188 des Disq.), le Tableau de la première période de la forme
C) Gauss appelle réduites associées celles qui se composent des mêmes termes rangés dans un ordre inverse.
|a + i, o, — a| et, en regard, celui des coefficients de transformation a. p, y, S. Le résultat est le suivant :
Coefficients des substitutions
Réduites. Valeurs de h. et. p. ■'. 5.
/=ff + l, O, — a I O O I
/■,r= 1, o, —((7-+ (7) /(2= = (7 — I — (l — I — (rt + I )
/3=— (a^+rt)i o, 1 /î3=o —a I — (rt+i) I
^4=1, a, — a li.^^z =« I 2« I la -Y
Ih
f-^:^ — a, o, «4-1 /;5= = — a an — (arï+t) (2«-i-i) —2(^ + 1)
/„=/— (fl+l), o, —a /(g— o — (2rt-l-l) — 2« — 2((7-t-l) — (2n+i)
» La période se compose de six termes, nombre irnpa'u-ement pair, et la forme (i, o, — D), qui occupe toujours le dernier rang de la première demi-période quand elle apparaît, s'y trouve au troisième rang impair, donc avec son signe; ce qui prouve que l'équation proposée est résoluble. Les coefficients transformateurs a, y, qui occupent le même rang que cette forme, ayant ici les valeurs — i et — i, les équations (i) deviennent, en y changeant tous les signes (ce qui est|)ermis dans la question présente) :
(3) .r = t -h au, y = t -\- {a -h 1)11.
» Les coefficients a,,, (5„ sont égaux entre eux; on a donc, pour les moindres valeurs /,, //, des racines de l'éqnalion i'- — (a- -h ci)tr= i, les deux nombres
- (yf,-!- ^,1) = 2rt -f- I, ll,— -^—.
a -h i et, par suite, les moindres valeurs a,, y, de l'équation proposée sont
a-, :r= /\a + i, Ji ^ i^i ■+- ^■
» Problème IL — Résoudre re/jiia/ùni {ma- + i)x'- — mr'- = i, dont le déterminant D = m- a- + m.
» En opérant de lu même façon que pour le problème précédent, on
( 869 ) trouve que la forme (i, o, — D) se présente au troisième rang de la période des réduites contiguës, composée de six formes; l'équation est donc résoluble. Les valeurs de a et y, dans la troisième substitution, étant X = — I, y = — a, les formules (i) deviennent
a; = / 4- mau, y = al +- (ma'- + i ) m.
Les coefficients ■/., S, y de la septième substitution donnent
/, = ima- + I , "i =^ '^a,
d'où l'on conclut que les moindres valeurs de a; et y sont
.r, ^ '\Tna- + t , Vi = \jna^ + 3a.
)> Problème IIL — Résoudre l'équation (ma- — i).r^ — my'-:= — i, où D —■ m-a^ — /?i.
0 Dans ce cas, la période des réduites contiguës est la suivante :
I ma- — 1, o, — m\, ] — /?i, m(a — i), :>am — /« — i!, \'3.am — m — i, ani — i, — i |, | — i, o, m- a- — m], \(m-a- — m), o, — i |, | — i. ma — \ , lam — m — i [, \iam, — m — i, m(a — \), — m[, [ — m., o, ma- — i |,
et la seconde période recommence par la réduite \m(a- — i ), o, — m\.
)) Ici, ce n'est plus la réduite (i, o, — ni- a- — m) qui apparaît dans le cours de la période, mais son associée (— i, o, nra- —ni), et celle-ci apparaît au quatrième rang de la période qui se compose de huit réduites, xvoxî^YQ, pairement pair. Il s'ensuit que la valeur du second terme de l'équation proposée ne peut être -f- i, mais est — i, comme le dit l'énoncé du problème. Les calculs, conduits comme précédemment, donnent les résultats suivants :
/, = 27nà- — I , ;/, = 2a,
07, = f\md- — I , V| = [\mà' — 3a,
c'est-à-dire les mêmes que ci-dessus, sauf le changement de signe du second terme dans les membres qui en ont deux. » Problème IV. — Résoudre l'équation
(ma- ~- ^)x- — my- ^ i (D = w^a^ -î- 4 '« ; « et m impairs).
)) Dans ce cas, la période se compose de quatorze formes contiguës, et la réduite (i, o, — D) s'y présente au septième rang impair ; ce qui prouve
( «7" ) que l'équation est résoluble. Lesvaleurs des coefficients a,, y, de la septième substitution sont, d'après des calculs analogues aux précédents,
y. ^ — ^ — , y =- ^ \a{ma' + J )J ;
les formules (i) deviennent
a; = '-[(ma- -t- i)^ -f- ma( ma'- -+- 3)«],
V = ^a(ma- H- 3)/ + (//icr -+- i) (ma- + /()« |.
IjCs coefficients x, .,, S,^ sont égaux entre eux et donnent
<, = '.^\ rna'- (m- a' + (]mir + <) j + 2 |.
et le terme -^ = h, = -\m-a'' + 4"2a' -H 3''' ) ; d'où l'on déduit
œ^ — ':,\m-a'' (nra' -+- 'jma'- + i5) + \oma- + i] et
y, = ',[m-a'' ( «i-a ' + ijimi' j- 270) + 3o/na'' + 9^ |.
Un calcul, que j'omets ici et qui n'a de pénible que sa longueur, vérifie que ces valeurs de a*, et y, satisfont identiquement à la proposée. » Problème V. — Résoudre l' équation
(ma'' — l\)x- - my- = — 1 (m et a impairs; D = m- a- — ^m).
» La période se compose de seize réduites, et la forme | — i, o, D| apparaît au huitième rang; ce qui prouve que l'équation proposée est résoluble, et ne le serait pas si le second membre était + i au lieu de — i.
» Les valeurs de /,, w,, 00,, y, sont composées des mêmes termes que celles correspondantes du problème IV, mais avec un changement de signe aux termes de rang pair, savoir :
t, = -.:[ma- (m- a' — Ci m a- -h <)) — 2J,
u, = ^[m'-a^ — !\ma^ + 3«],
x^ = r\m- a'' (m- a'' — 'jma'- + i5) — loma- -f- i],
y, ■= ^m-a^(m-a'' — c)ma^ + 27^) — 3o/;?a'' + 9(2].
I) Quant aux valeurs générales de x et y en fonction de t et //, elles sont
X = !i[^(ma- — i)^ + ma(j)ia- — 3)w]. y =^ T,[a(ma- — 3)/ + (ma- --1) (ma- — 4)"J- I La période présente cette particularité digne de remarque : La qua-
( «71 ) trième réduite étant [ — 4- ma — 2, m(r/ — i) — i | et la sixième
il s'ensuit que. pour a = 3, leurs derniers termes deviennent égaux- à 2m — I. Le calcul numérique fait donc sauter de la quatrième réduite h la septième, et la période, qui se rapporte alors à l'équation
(gm — 4).r- — m y- = — i ,
n'est plus composée que de douze réduites au lieu de seize, sans que d'ailleurs cette dernière équation cesse d'être résoluble. Ce cas particulier ne déroge donc pas à la conclusion générale. »
CHIMIE. — Action de quelques réactifs sur l'oxyde de carbone, en vue de son dosage dans l'air des villes; par ]\I. Armaxd Gautier.
« Des analyses publiées par de nombreux auteurs il résulte que l'oxvde de carbone existe dans les gaz de nos foyers, industriels ou domestiques, en proportions pouvant varier de o'^°',oi à 16 volumes pour 100 et plus. En général, nos cheminées d'appartement ou d'usines, à houille ou à coke, déversent dans l'atmosphère de 6 à 7 volumes d'oxyde de carbone par 100 volumes d'acide carbonique produits. Si l'on calcule qu'à Paris seulement on brûle, chaque année, sans tenir compte du chauffage au bois, 3 millions de combustible minéral, produisant tous les jours, par mètre carré de surface, iiS litres d'acide carbonique, on voit que, par chaque mètre carré du sol de la ville, il est versé dans l'atmosphère un peu plus de 8 litres d'oxyde de carbone par vingt-quatre heures.
» Sans doute, ce gaz, aussi bien que l'acide carbonique qui l'accompagne, est bientôt diffusé dans l'air ou balayé vers les hautes régions; mais sur l'énorme superficie de Paris (8000 hectares; environ 10 kilomètres de l'est à l'ouest) par temps calmes, les légers souffles du vent ne font que déplacer lentement, d'un quartier à l'autre, l'air qui baigne la ville, et, la production de l'oxvde de carbone se renouvelant sans cesse, il semble que ce gaz doive se retrouver dans l'air que nous respirons, passer dans le sang et contribuer peut-être, au moins dans les quartiers les plus industriels, à l'anémie de la population ( ' ).
(') D'après des expériences préliminaires faites dans l'hiver de 1893, j'ai trouvé dans C. R., 1S98, 1" Semestre. (T. CXXVI, N° 12.) 112
» Si l'on admettait qne les 8 litres d'oxyde de carbone dégagés au minimum par mètre carré se diffusent ou se mélangent dans la colonne de 3oo" de hauteur d'air qui baigne immédiatement nos maisons, cet air contiendrait encore 0^°', 0000267, soit 27'''^ de ce gaz environ par mètre cube.
» Dans ces proportions sa recherche est-elle accessible à nos moyens d'investigation? Sa présence dans l'air est-elle dangereuse?
» Ces questions se sont posées pour ainsi dire d'elles-mêmes depuis l'époque où l'on observa l'extrême toxicité du gnz oxyde de carbone (^Leblanc; CL Bernard) et dès qu'on eut reconnu les effets qu'il manifeste quand on le respire même lorsqu'il est très dilué, mais de façon continue (blanchisseuses, plâtriers, etc.). On sait qu'il en résulte de la lassitude, de l'anémie, des céphalalgies, la tendance aux vertiges, ou, si l'empoisonnement est plus aigu, des accidents qui, lorsqu'ils ne sont pas immédiatement mortels, laissent le patient dans un état de déchéance tel que bien souvent, même après des semaines, il est tout à coup frappé de paralysie et d'autres symptômes graves qui peuvent se terminer par la mort (^Bourdon). L'influence de l'oxyde de carbone sur la santé des populations des grandes villes ou des cités industrielles paraît plus probable encore depuis que l'on sait, par les expériences de Cl. Bernard et de M. Gréhant, que l'hémoglobine du sang possède la singulière propriété de s'unir en quantité très sensible à ce gaz vénéneux, alors même qu'il n'est contenu dans l'air qu'à des doses bien inférieures au dix-millième.
)) Lorsque, comme dans les produits gazeux de nos cheminées, l'oxyde de carbone existe pour quelques centièmes, sa reclierche et son dosage sont relativement aisés. La méthode consiste à absorber par le chlorure cuivreux acide; encore faut-il se souvenir que d'autres gaz, en particulier l'acétylène qui l'accompagne souvent dans les protluits de combustion, se dissolvent dans ce réactif ou s'y combinent en proportions notables. Mais quand l'oxyde de carbone ne représente que quelques millièmes ou dixmillièmes du volume gazeux à analyser, son dosage par le chlorure cuivreux, même avec l'excellente modification de M. de Saint-Martin ('),
l'air de mon laboratoire, par mie méthode que je décrirai bientôt, de o"'',ooooi à o'°',ooooot d'oxyde de carbone. Je pense pouvoir démontrer que l'air des rues et des places, à Paris, contient aussi une trace d'oxyde de carbone de l'ordre de grandeur du dernier de ces chiffres, appréciable surtout l'Iiiver, par temps calmes et dans les quartiers industriels.
(') Coniptes rendus, t. CXIV, p. looG.
( «73 ) devient tout à fait insuffisant; l'acétylène en particulier s'y dissout, et avec lui d'autres hydrocarbures qui, lorsqu'on soumet à l'anal vse eudiométrique les gaz qu'on extrait du réactif par le vide, sont comptés comme oxyde de carbone.
» Le nitrate d'argent ammoniacal, lorsqu'il a été presque exactement neutralisé, dissous au -^ ou au ^, oxyde bien l'oxyde de carbone, même s'il est mêlé à beaucoup d'air, ainsi que l'a reconnu depuis longtemps iM. Berthelot ('). ^lais la réaction est lente pour les dernières parties du gaz qui s'échappent. La réaction est différente à froid et à chaud, suivant que le réactif est ou non saturé. Voici quelques nombres : Introduit dans io63o" d'air 5o^'^<^,3 d'oxyde de carbone (^ environ); fait passer le mélange gazeux en cinq heures et à 20° dans un barboteur spécial très puissant (^), rempli de nitrate d'Ag ammoniacal au ~, non exactement saturé. L'air qui a circulé contenait 176'^'^, 5 de CO pesant o^"", 221. Augmentation du poids du barboteur 0^,012. Il ne se fait pas d'acide carbonique. — Autre expérience avec le réactif saturé : Passé 4'" d'air contenant 128*^°,! de CO pesant o^^'.iS^; absorbé os%o5o. A chaud, la réaction est plus complète, mais la nécessité d'empêcher le départ de l'ammoniaque, tout en agissant sur de grands volumes d'air, rend l'opération très délicate sinon impossible. Le nitrate d'argent ammoniacal étant d'ailleurs réduit par beaucoup de gaz ne peut servir à reconnaître l'oxyde de carbone que si celui-ci n'est pas accompagné d'autres corps réducteurs. C'est ce qu'avait déjà dit M. Berthelot.
» Le moyen indiqué par M. Mermet('), pour reconnaître les traces d'oxyde de carbone dans l'air, en se fondant sur l'oxydation de l'oxyde de carbone, à froid, par le permanganate de potasse en présence de sels d'argent, est assez infidèle, un grand nombre de gaz, l'acétylène et l'éthylène lui-même, agissant plus ou moins sur ce réactif à la façon de l'oxyde de carbone (*).
. (') Bull. Soc. chim., 3>' série, t. V, p. 569.
(^) II a été imaginé en vue de ces éludes. Je le décrirai séparément.
(») Bull. Soc. chim., 3-= série, t. XVII, p. 46;.
(*) Le permanganate de potasse acidifié ou alcalinisé suffit déjà à oxyder l'éthylène à froid et par conséquent ne permet pas la distinction avec l'oxyde de carbone. Pris 47'^'^ de C-H* mis en présence de permanganate en excès alcalinisé. Gaz disparu après quarante-huit heures 46". Pris 48'"= deC-H*mis en présence de permanganate acidifié parSO'H^: Acide carbonique formé après une heure et demie 22™. Après quarantehuit heures même résultat.
» J'espérais, au début de ces études, arriver à doser l'oxyde de carbone dikié d'air, en l'oxydant d'abord à basse température grâce à un réactif bien choisi, puis recevant dans de l'eau de baryte titrée l'acide carbonique produit; la différence des litres déterminée sans aucune fillration préalable, en présence de phénolphtaléine, mesure susceptible d'une grande exactitude, devait me permettre de doser l'acide carbonique formé. Il est regrettable que cette méthode soit passible, pour les grandes dilutions d'oxyde de carbone et les faibles poids de CO- formé, de beaucoup d'incertitudes et de difficultés; mais, en la poursuivant, j'ai observé quelques réactions intéressantes que je crois devoir consigner ici.
» 1] acide chromique, en solution aqueuse concentrée, oxyde mal l'oxvde de carbone. Exemple : Mh CrO^ au quinzième (20" de solution) en présence de 32", I de CO à 25°; après une heure il s'est fait seulement i3'='=,5 de CO". Même en solution sulfurique, la réaction n'est pas complète. L'acide chromique à 2 pour 100 n'oxyde qu'imparfaitement, à 100°, un mélange d'air et d'oxyde de carbone. Exemple : Fait passer dans ce réactif un volume de ce mélange au 7^„ , contenant 11 2'^'^, 5 de CO; dégagé os%ooi9 de CO'' répondant à 0*^*^,0019 ^^ ^^" ^^'" '^* solutions à 10 et 20 pour 100 d'acide chromique et à 100°, l'oxydation est rapide, mais jamais complète.
M Le permanganate de potasse au -—^ est réduit très lentement à froid par l'oxyde de carbone avec formation d'acide carbonique. Avec le permanganate au y^, la réaction est bien plus rapide. Il se fait à froid de l'acide carbonique et des acides fixes.
)) La solution d'acide iodique au -^ n'oxyde pas à froid l'oxyde de carbone. Au 7^ et à 100° la réaction devient très sensible; il se fait de l'acide carbonique et l'iode est déplacé.
» L'anhydride iodique oxyde à chaud l'oxyde de carbone qui en dégage l'iode, ainsi que M. Ditte l'avait observé ('). J'ai remarqué que la réaction est quantitative; qu'elle commence à 4^° et même un peu avant, et qu'elle est totale et rapide à 60*". J'y reviendrai.
» Le chlorure d'or au -^ est un excellent réactif de l'oxyde de carbone. Avec le gaz pur la réaction est presque immédiate, même à froid ; l'or réduit, couleur pourpre, se dépose bientôt. C'est là un très bon réactif qualitatif pour reconnaître l'oxyde de carbone mélangé à l'air, à condition
(') lUill. Soc. vliiin., t. XIII, p. Sig.
■ ( 875 ) que celui-ci soit privé de ses poussières, qu'il soit lavé à la potasse et qu'il ne contienne pas d'autres gaz réducteurs.
» L'oxyde d'argent humide absorbe lentement le gaz oxyde de carbone. Il en résulte une poudre noirâtre amorphe qui se conduit comme un carbonate d'oxydule d'argent, formé d'après l'équation :
2Ag-0-^C0 = Ag*C0'.
L'acide acétique étendu de trois Aolumes d'eau ne dégage pas d'abord d'acide carbonique de cette matière amorphe, mais ce gaz se forme ensuite peu à peu, en même temps qu'il se fait de l'acétate d'argent; il reste un corps gris constitué surtout par de l'argent métallique. Traité par l'acide sulfurique étendu, le produit de la réaction de l'oxyde de carbone sur l'oxyde d'argent humide se détruit aussitôt à la façon des sels argenteux :
Ag'CO'^ + SO'H- = SO^\g=+ Ag= -h CO- + H-O.
» Il se fait dans la même réaction une trace d'acides formique et oxalique.
» L'oxyde mercurique humide ainsi que l'oxyde mercuretix ne paraissent pas absorber l'oxyde de carbone. »
MÉMOIRES PRÉSENTÉS
M. GiROD, d'Ahmenèges (Orne), adresse l'indication d'un procédé pour la détermination de la place des projectiles dans les tissus et une réclamation de priorité à ce sujet.
(Renvoi à une Commission composée de MM. Marey, Guyon, Lannelongue.)
M. A. Challe soumet au jugement de l'Académie une Note intitulée : Projet avant pour but d'éviter les abordages en mer pendant les temps brumeux .
(Commissaires : MM. de Jonquières, de Bussy, Hatt.)
M. A. PoNCHEL adresse une Note relative à la construction d'un aérostat. (Renvoi à la Commission des Aérostats.)
M. Mehlato adresse, pour les concours des prix Montyon, une Note relative à ses diverses inventions.
(Renvoi aux Commissions des prix Montyon.)
CORRESPONDANCE
ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Observations du Soleil f ail es à l'ubscivaloire de Lyon (équatorial Brunner), pendant le quatrième trimestre de 1897. Note de M. J. Guillaume, présentée par M. Mascart.
u Les Tableaux suivants résument ces observations.
Tableau 1.
Dates Nombre Fass. Latitudes moyennes Surfaces
extrêmes d'ol>ser- ou uiér. ^ — - — — i moyennes
d'obscrv. vations. central. S. N. réduites.
Taches.
Oc
lobre
lo-i 1
lO-I I
No\
cmbrc
Nombre Pass. Latitude dobserd'observ. yatious. ceulral.
Surfaces moyenne:
réduites.
Novembre 1897 (suite)
Dccenibre 1
lO-I I
iG-18
Octobre.. . .
Novembre. .
Décembre. .
Totaux . .
Tableau II. — Dislribulion des taches en latitude.
90". *0% 30*. M*. 10*. 0*. Somn
Somme.
lO
iC>
Surfaces
Totaux
moyennes
nensoels.
réduites.
I igî
Tableac III. — Distribution des facules en latitude.
Octobre
Novembre. . .
Décembre.. .
Totaux. . .
30°. 20". 10". O". Somme.
Nord.
Tolaox lensDels.
Surfaces
réduites.
» Le premier donne, à droile de l'indicalion du mois, le nombre proportionnel des jours sans taches; les colonnes successives renferment les dates extrêmes d'observation, le nombre d'obsersations de chaque groupe, le moment du passage au méridien central du disque solaire (en jour et en fraction de jour, temps civil de Paris), les latitudes movennes, les surfaces movennes des groupes de taches, exprimées en millionièmes de l'aire d'un hémisphère et réduites au centre du disque; à la fin de chaque mois, on a indiqué le nombre de jours d'observation et la latitude movenne de l'ensemble des groupes observés dans chaque hémisphère.
» Le deuxième Tableau donne les nombres mensuels de groupes de taches contenus dans des zones consécutives de io° de largeur et les sutfaces mensuelles des taches.
» Le troisième, enfin, renferme des données analogues pour les régions d'activité du Soleil, c'est-à-dire pour les groupes de facules contenant ou non des taches; dans ce dernier Tableau, les surfaces mensuelles des facules, toujours réduites au centre du disque, sont exprimées en millièmes de l'hémisphère.
» Le nombre des observations faites dans ce trimestre est de 5i.
» Le nombre des groupes notés est sensiblement égal à celui du précédent trimestre (Sg au lieu de 4o), mais la surface totale a diminué de moitié : on a en effet i635 millionièmes au lieu de 325o.
» Le Soleil a été vu sans taches huit fois : quatre en octobre et quatre en
( «7« ) novembre; il n'y avait alors que des pores très fue;itifs. A ce sujet, le mois de novembre a présenté quelques particularités intéressantes. Le i6, par exemple, nous n'avons pu voir ni taches ni facules ; mais, grâce à la définition des images qui était excellente, nous avons noté de nombreux groupes de pores disséminés entre -+- 3'j° et — 44° 'le latitude. Le 27, dans les mêmes conditions d'observation, nous avons noté deux groupes de taches 7'oilêes à + 10° et — 18° de latitude, et des groupes de pores jusqu'aux hautes latitudes de ± 48°.
» Le mois de novembre a d'ailleurs présenté un minimum accentué et il faut remonter au premier semestre de 1890, c'est-à-dire peu de temps après un minimum du cycle des taches, pour en trouver un plus marqué.
)i A cette diminution de l'activité des taches a succédé une forte recrudescence temporaire, en décembre, due à un groupe très étendu dont le milieu a traversé le méridien central le i3 à la latitude de -f- 11°, et qui a été visible à l'œil nu (c'est le seul qui ait été vu de cette façon; il y en avait eu deux le précédent trimestre, tous deux dans l'hémisphère austral).
» Ce groupe, le plus étendu de ceux observés en 1897, était incliné sur l'équateur solaire d'environ 16°; ses taches extrêmes étaient distantes entre elles de 34° en longitude et de 17° en latitude (ces différences au moment du passage au méridien centnd étaient respectivement de 28° et II", et sa plus grande largeur de 8"). On peut le rapprocher de celui de septembre 1896 avec lequel il a beaucoup d'analogie malgré un aspect un peu différent : étendue d'un peu plus de 28° en longitude sur 5" de large, différence de latitude des taches extrêmes 11", latitude moyenne 12°, inclinaison sur l'équateur i5°; néanmoins, ces similitudes n'autorisent pas à voir dans ce second groupe une réapparition du premier après 4^2 jours, leur différence de longitude étant de 1 16".
» Restions d'activité. — Le nombre des groupes de facules a diminué de (J au sud et augmenté de 3 au nord (respectivement 37 et 27 au lieu de 43 et 24), et au total on a 64 groupes et une surface de 67, 5 millièmes au lieu de 67 groupes et 64,3 millièmes. On voit qu'il y a peu de différence comparativement au trimestre précédent.
ASTRONOMIE PHYSIQUE. — Noinelle série de photographies de la chromosphère entière du Soleil. Note fie 31. H. Deslaxdres, présentée par M, Lœwv.
« En février 1892 j'ai annoncé, en même temps que Haie, directeur de l'observatoire de Chicago, que les raies violettes H et K du calcium apparaissent brillantes dans le spectre des facules du disque solaire et assurent la photographie des vapeurs de calcium correspondantes.
» J'ai montré, de plus, que ces mêmes raies apparaissent encore brillantes, mais à un degré bien moindre, sur tous les autres points du disque, et décèlent en réalité lachromosphère entière du Soleil, dans la partie très étendue qui est projetée sur le disque et qui, jusqu'alors, avait échappé à l'observation {Comptes rendus, t. CXIIl, p. Soy, t. CXIV, p. 276 et 078, t. CXV, p. 222, t. CXVII, p. 716 et io53, t. CXVIII, p. 842 et i3i2).
» D'autre part, j'ai organisé en i8g3, à l'Observatoire de Paris, avec le sidérostat de Foucault, deux spectrographes automatiques qui enregistrent séparément les formes et les vitesses radiales des plages les plus brillantes de la chromosphère entière (' ).
)) Le spectrographe des formes, qu'on appelle aussi spectrohèlio graphe ou encore spectrographe à deux fentes, présente dans le plan focal de la lunette une seconde fente fine qui isole, dans le spectre total, la raie chromosphérique et dont l'idée première a été indiquée par M. Jfmssen dans une Note publiée en 1872 sur l'observation oculaire des protubérances(-).
» Or les règles posées, en 1893, pour obtenir avec ce spectrographe l'intensité exacte des vapeurs et la netteté maxima, ont été confirmées par toutes les observations ultérieures. Une faible dispersion est une des conditions nécessaires : un prisme de flint léger, traversé sous une épaisseur moyenne de o™,02, donne d'excellents résultats.
» En fait, le spectrographe eniployé au début comprend un collimateur
(') Le spectrographe des vitesses enregistre en plus Tépaisseur de la chromosphère au bord.
(-) Le premier spectrographe des formes a été construit en i888 par Lohise, de Potsdam, pour la photographie des protubérances, mais n"a pas donné de résultats avec la raie rouge de l'hydrogène, qui agit trop faiblement sur les plaques photographiques; le second a été construit par Haie en 1892 et a fourni des images avec la raie violette du calcium.