C-H* sorti du ballon de 10''' 19, 3o
CO- correspondant (calculé) 38, 60 37,4
CO- recueilli 22,10 i4>8
Donc il s'était oxydé 57 pour 100 de l'éthylène circulant dans le premier cas, et 39 pour 100 dans le second.
» Nous avons constaté de plus que, mélangé à l'oxyde de carbone, l'éthylène en diminue très sensiblement l'oxydabilité. Tous les dosages faits en présence de 10 à i5 pour 100 de ce gaz pèchent par défaut.
» Le gaz méthane, l'éthane et en général les hydrocarbures de la formule C'H-""^-, ainsi que l'hvdrogène, ne s'oxydent pas à65"-8o''par l'acide iodique. Quoique ce soit surtout ces derniers gaz qui, provenant des fermentations vaseuses du sol, du gaz d'éclairage, des combustions, etc., forment les traces d'hydrocarbures entrevus dans l'air (Boussingau/t), et bien que les fiydrocarbures qui troublent la réaction que nous venons d'étudier n'accompagnent ces traces d'hydrocarbures saturés qu'en proportion encore plus faible, il était nécessaire d'en tenir compte et, vu ces causes d'erreurs possibles, de modifier notre méthode. Je me propose de revenir sur ce point dans une prochaine Communication. »
CHIMIE. — Sur l'emploi du chlorure de palladium pour la recherche dans l'air de très petites quantités d'oxyde de carbone et sur la transformation de ce gaz, à la température ordinaire, en acide carbonique. Note de MM. PoTAi.v et Droui.v.
« La présence de l'oxyde de carbone dans l'air, même en proportions très petites, peut être constatée à l'aide du chlorure de palladium. Il suffit de faire passer l'air vicié en bulles très' fines à travers une solution étendue de ce sel à la température ordinaire.
» Nous nous sommes servis pour obtenir ce résultat d'un appareil fort simple qui consiste en un long tube effilé à son extrémité et plongeant, par cette extrémité, dans un autre tube de calibre peu différent, fermé à sa partie inférieure et contre le fond duquel la pointe du premier vient appuyer. L'espace compris entre les deux tubes est hermétiquement fermé en haut par une bague de caoutchouc. F.e tube extérieur possède une tubulure latérale par laquelle on peut établir une aspiration. L'autre, coudé à sa partie supérieure, est mis en communication avec la source de l'air à examiner.
» Dans cet appareil on introduit, avant de le clore, lo"' d'une solution de chlorure de palladium auj^, contenant par conséquent un milligramme de chlorure et acidifiée par l'addition de deux gouttes d'acide chlorhydrique.
)) Lorsqu'on établit, par un moyen quelconque, une aspiration sur la tubulure du tube extérieur, l'air pénétre par l'extrémité effilée du tube intérieur et ses bulles, s' écrasant sur la surface à laquelle celle-ci est appliquée, traversent le liquide dans une étendue de o",20 sous la forme d'une véritable poussière de bulles gazeuses qui multiplient les surfaces de contact.
» i*our peu que cet air contienne de l'oxyde de carbone, le chlorure est en partie décomposé et du palladium se dépose en couche noirâtre sur les parois du tube. Ce dépôt témoigne de la présence d'un gaz réducteur et, dans le cas particulier, de l'oxyde de c.irbone. Il n'est aisément appréciable qu'autant que l'oxyde de carbone se trouve dans l'air en quantité notable, et il ne saurait d'ailleurs en indiquer la proportion, même d'une façon approxunalive. Mais, par suite de la décomposition du chlorure, la solution, primitivement d'un jaune très accentué, se décolore progressivement. Si, après avoir fait passer dans l'appareil une quantité d'air déterminée, on
( 939 ) verse le liquide filtré clans un petit tube à fond plan et si, à côté de celui-là, on en place un autre semblable, contenant une partie de la même solution n'avant point subi le contact du gaz, on constate aisément, en regardant le liquide par sa face supérieure, une différence de coloration proportionnelle à la quantité de chlorure de palladium qui a disparu. Après avoir égalisé les teintes, en faisant varier le niveau du liquide, il suffit de mesurer la hauteur de celui-ci, dans chacun des tubes, pour avoir une mesure assez exacte de la quantité de chlorure décomposée.
» Cette quantité est très éloignée de celle qu'indiquerait la théorie pour une quantité déterminée d'oxvde de carbone traversant l'appareil, si la réaction était complète et si tout l'oxvde de carbone était transformé. La plus grande partie échappe, et c'est seulement d'une façon empirique qu'on peut déterminer la quantité d'oxvde de carbone que représente une certaine quantité de chlorure disparue, c'est-à-dire le coefficient de l'appareil. Quand on opère d'une façon toujours identique, ce coefficient varie très peu.
» Nous avons cherché à le rendre plus grand en élevant la température du liquide, mais sans y trouver aucun avantage,
» l'ar cette méthode on distingue très aisément et avec assez de précision la présence de i'^^ d'oxyde de carbone dans lo'" d'air, c'est-à-dire à l'état de dilution au tj^. Avec une quantité d'air plus grande on peut reconnaître des proportions d'oxyde de carbone beaucoup moindres. Il est difficile, toutefois, d'obtenir empiriquement un coefficient pour le cas de dilution extrême, qui exige une opération prolongée, et cela parce qu'on ne saurait conserver longtemps un pareil mélange gazeux sans altération. Enfermé dans un espace clos avec de l'air atmosphérique à la température ordinaire, l'oxyde de carbone disparait et, à sa place, on trouve de l'acide carbonique.
» Le 2 août de l'année dernière, nous avons enfermé dans des ballons de verre, de la contenance de 5'" à lo'", de l'air atmosphérique, sec ou humide, mais dans les deux cas débarrassé complètement d'acide carbonique, et une proportion d'oxyde de carbone de j^. Ces ballons, soigneusement fermés, ont été laissés dans le laboratoire à l'abri du soleil. Quarante-deux jours après nous n'y avons plus trouvé aucune trace d'oxyde de carbone, mais de l'acide carbonique en quantité à peu près équivalente. Il semble donc que, même à la température ordinaire, l'oxyde de carbone s'oxyde, comme les expériences de jM. Gautier ont montré qu'il le fait à de hautes températures, mais sans doute beaucoup plus lentement.