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» Les anomalies complexes que nous venons de signaler et, en particulier, le phénomène noiivt^aii d'inversion que nous avons observé, loin de diminuer liniporlance du phénomène découvert par M. Zeeman, nous montrent au contraire comment l'influence masinélique alTecle les mouvements intimes de la matière, et révèlent des effets dont l'intérêt s'accroît avec les horizons nouveaux qu'ils font entrevoir ('). >
PHYSIOLOGIE VÉGÉTALE. — Moinements (le la Sensitive développée dans l'eau. Note de JM. Gastox Boxxier.
« J'ai réussi à cultiver des Sensitives (Mimosa pudica) complètement immergées dans l'eau, soit à partir d'un certain développement dans l'air, soit même à partir de la griiine. L'eau était constamment aérée et toujours renouvelée.
» Les pieds de Sensitives, obtenus dans ces conditions, présentent, aux points de vue de la structure, de la position des pétioles et des folioles, des mouvements de sommeil, des mouvements dus aux anesthésiques et des mouvements provoqués, plusieurs didérences avec ce qui se produit dans les conditions normales, et qu'il me paraît intéressant de signaler.
1) L Position des feuilles et des folioles à l'étal de veille. — De nombreux pieds de Sensitives, de développement comparable, ayant au moins quatre feuilles entièrement formées, étaient placés à la même température, dans les mêmes conditions d'éclairement, à la lumière diffuse, les uns dans l'air et s'étant développés dans l'air, les autres d ins l'eau et ayant poussé complètement dans l'eau, depuis leur germination :
» 1° Si l'on compare la position des feuilles développées dans l'air à celle des feuilles développées dans l'eau, on constate d'abord que le pétiole primaire est toujours plus redressé dans l'eau.
» A lo*" du matin et à la température de 21°, l'angle que fait ce pétiole avec la partie inférieure de la tige est :
Pour la feuille développée dans Tair 125" ) ,.„. „
,„.,,,,., ,, -- i diderence 01°
Pour la feuille développée dans i eau iob° )
» L'angle de la direction moyenne des pétioles secondaires avec le pé-
(') Nous avons été obligeamment aidés dans ces expériences par M. Maloui.
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tiole primaire, compté en dessous, présente nne différence encore plus grande :
Pour la feuille développée dans Tair i3o° ; ,.^, „
" différence iSo"
rour la feuille développée dans 1 eau 200" )
« I.'angle des folioles avec le pétiole secondaire ne diffère |kis beaucoup.
)) Il en résulte, pour la plante développée dans l'eau, un aspect tout autre, les feuilles ayant alors leurs pétioles principaux dressés et leurs pétioles secondaires redressés presque à angle droit sur le pétiole commun.
» 2° Une des causes qui produisent ce changement de position des feuilles, dans l'eau, est la différence de densité entre les tissus de la plante chargés de gaz et la densité de Teau. En elTet, si l'on immerge une Sensilive développée dans l'air, on voit ses pétioles se redresser presque autant que pour la Sensitive développée dans l'eau.
)> Une autre manière de prouver ce fait consiste à retourner de bas en haut dans l'eau, une Sensitive quia formé ses feuilles dans l'eau. Les feudles déjà développées se redressent autant que le leur permet l'élasticité des renflements moteurs et les nouvelles feuilles s'v épanouissent de f.içon à faire avec la verticale un angle de i3o° à i55°.
» Comme comparaison, on peut retourner de haut en bas, dans l'air, un pied de Sensitive développé dans l'air, et lorsqu'on vient d'opérer le retournement, l'angle du pétiole primaire avec la tige n'est pas sensiblement modifié.
M II. Mouvements dus aux variations du jour et de la nuit. — Les' pieds de Sensitives précédents, les uns développés dans l'air, les autres complètement développés dans l'eau, ont été observés pendant des jours et des nuits consécutifs, dans les mêmes conditions de température, d'éclairement et d'obscurité successives.
» 1° D'une manière générale, les Sensitives développées dans l'eau, et maintenues dans l'eau, ont donné à leurs folioles la position de veille une heure à une heure et demie après les Sensitives normales; et elles se sont endormies une heure à une heure et demie as'ant les mêmes Sensitives développées dans l'air.
» Le temps de veille est donc moindre que pour les plantes qui ont poussé dans l'air.
» 1° Pour déterminer si ces changemenls sont dus directement au milieu aquatique, ou bien s'ils sont dus à la différence de structure des rendements moteurs formés dans l'eau ou formés dans l'air, j'ai fait les expériences suivantes :
» Des pieds de Sensitives qui s'étaient entièrement développés dans l'eau ont été mis dans l'air et observés pendantdcs jours successifs dans les mêmes conditions que des Sensitives semblables dévelop|)ces dans l'air. Ces Sensitives ont pris leur position de sommeil et de veille, comme si elles étaient restées dans l'eau. Elles se sont réveillées environ une heure à une heure et demie après les Sensitives normales et se sont endormies une heure à une heure et demie avant. Ce n'est donc pas l'influence immédiate du milieu, mais l'organisation spéciale acquise pendant leur développement par leurs renflemenis moteurs, qui produit cette différence.
» Réciproquement, des pieds de Sensitives développés dans l'air ont été immergés dans de l'eau maintenue à la même température que l'air; elles se sont réveillées et endormies sensiblement en même temps que les pieds développés dans l'air et laissés dans l'air. Ces expériences confirment donc les précédentes.
3" L'amplitude de ces mouvements est aussi très différente pour les Sensitives qui ont crû dans l'eau et pour celles qui ont poussé dans l'air et qui sont laissées dans ces deux milieux.
)) Ainsi, la différence maximum entre la position de veille et celle de sommeil du pétiole primaire est, en moyenne :
Dans l'air et pour les feuilles développées dans l'air 55° de difTérence.
Dans l'eau et pour les feuilles déseloppées dans l'eau. . . . 22° de difTérence.
» Ceci s'explique en grande partie par l'action du milieu qui tend toujours à redresser les feuilles dans l'eau; mais l'amplitude moindre du mouvement es"! due aussi à la structure moins diltérenciée des renflements moteurs cjui se sont formés sous l'eau. En effet, les Sensitives développées dans l'eau et mises dans l'air ont toujours un mouvement d'une amplitude moindre, en passant de la veille au sommeil, que les Sensitives normales. Réciproquement, une Sensitive développée dans l'air et qui vient d'être immergée dans l'eau a des mouvements de sommeil d'une amplitude plus grande c[ue ceux de la Sensitive qui a crû dans l'eau.
» Il faut ajouter que, pour les feuilles développées dans l'eau, la position de sommeil dans l'eau est moins accentuée aussi pour les pétioles
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secondaires qui se rapprochent moins entre eux, et pour les folioles qui ne s'appliquent pas exactement les unes sur les autres.
» III. Mouvements dus aux aneslhésiqites. — Il est difficile de comparer les mouvements des feuilles de Sensitives dans l'air renfermant une cerlaine proportion d'un aneslhésique, de chloroforme par exemple, et de Sensitives complètement développées dans l'eau, puis placées dans de l'eau chloroformée, assez peu pour ne pas supprimer les mouvements de sommeil, mais ayant assez d'anesthésique pour supprimer les mouvements spontanés.
» Ce que je puis dire, c'est que les Sensitives développées dans l'eau prennent la position de sommeil dans de l'eau chloroformée et que les différences d'angles, avec les Sensitives normales exposées aux vapeurs de chloroforme, sont analogues à celles que je viens de citer pour la position de sommeil.
» IV. Mouvements provoqués par le contact. — On sait que dans une Sensilive normale les mouvements provoqués par le contact diffèrent beaucoup des mouvements de sommeil, soit par leur nature, soit par la manière dont ils peuvent se transmettre d'une feuille à l'autre.
» Dans ces mouvements, le pétiole primaire s'abaisse beaucoup plus encore que dans la position de sommeil et ne fait plus avec la partie inférieure de la tige qu'un angle de 3o° à 45°, tandis que les pétioles secondaires sont placés presque dans le même plan que le pétiole commun; quant aux folioles, elles se redressent et s'appliquent les unes contre les autres comme dans la position de sommeil.
» 1° Paul Bert a déjà constaté que les mouvements provoqués se prcH duisent lorsqu'on immerge dans l'eau uneSensitivedéveloppéedans l'airC), mais je parle ici de ces mouvements chez les Sensitives qui ont elFectué tout leur développement dans l'eau.
» Celles-ci sont sensibles à l'irritation, mais moins que les Sensitives normales, soit qu'on les maintienne dans l'eau, soit qu'on les mette dans l'air. L'amplitude du mouvement du pétiole primaire est moindre, les |)élioles secondaires restent en partie redressés et le mouvement des folioles n'esl pas complet.
1^' I Pail Heri, Juiir/utt (/' iiKihiDiif et de l'liysiolo:^ie. [j. 226; 187a.
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» 1° Si l'on relourne de bas en haut, clans l'eau, une Sensitive développée dans l'eau, les mouvements provoqués ont une amplitude plus ijrande que dans la position ordinaire. Au contraire, si l'on retourne de bas en haut, dans l'air, une Sensitive développée dans l'air, les mouvements provoqués ont une amplitude moins grande que ceux d'une Sensitive normale.
» Cela s'explique très facilement car, dans le premier cas, la poussée agit sur la Sensitive retournée dans le sens du mouvement provoqué et, dans le second cas, la pesanteur agit en sens contraire.
» Cette dernière expérience, qui consiste simplement à provoquer le mouvement des feuilles sur une Sensitive ordinaire retournée dans l'air, de bas en haut, est particulièrement instructive au sujet de la puissance relative des divers renflements moteurs d'une même feuille. En effet, si l'on provoque le mouvement d'une feuille chez la Sensitive retournée, on voit le pétiole primaire se redresser par rapport à un plan horizontal et les pétioles secondaires s'abaisser, au contraire, prenant sensiblement, par rapport à un plan horizontal, la même position absolue que si la plante n'était pas retournée. Cela prouve que, par rapport aux poids qu'ils soulèvent, le renflement moteur du pétiole commun a beaucoup plus d'action que les renflements moteurs des pétioles secondaires qui parviennent à peine à lutter contre. l'influence de la pesanteur.
» 3° Si l'on étudie, enfin, la transmissibilité de l'excitation d'une feuille à l'autre de la même plante, on constate que la vitesse de transmission est beaucoup moindre chez les Sensitives développées dans l'eau que chez les Sensitives normales, qu'elles soient les unes ou les autres placées dans l'air ou dans l'eau.
» Cette différence est donc encore due aux modifications déstructure des deux plantes, et surtout aux modifications des tissus conducteurs, car, comme Dutrochet l'a prouvé le premier, la transmission se fait seulement par les tissus vasculaires.
■ )i y. Modifications de la structure des Sensilii-es déieloppées dans l'eau. — D'une manière générale, les Sensitives développées entièrement dans l'eau présentent des modifications qui sont analogues à celles de toutes les plantes que Ton fait croître en les maintenant immergées, mais il est à remarquer que l'écorce et les parenchymes sont à peine altérés par le milieu aquatique, taudis que les parties vasculaires et les gaines de fibres qui les entourent sont profondément modifiées.
» 1° Tiges. — Les liges qui se sont développées dans l'eau ont leur écorce
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un peu plus grande par rapport au cylindre central, mais la modification principale se produit dans les fibres qui ne forment plus un anneau continu, qui sont moins nombreuses, moins lignifiées et beaucoup moins épaisses. Les vaisseaux sont moins nombreux, moins lignifiés et de j)his petit calibre.
» 2" Pétioles. — Le pétiole commun adulte, dans des régions comparables, présente, lorsqu'il s'est développé dans l'eau, les changements sui- A'ants : ses lacunes aérifères sont un peu plus développées, mais le tissu cortical est très analogue à celui des Sensilives normales. L'anneau de fibres qui entoure la partie centrale est discontinu au lieu d'être continu; les fibres y sont beaucoup moins épaisses et très peu lignifiées. Les vaisseaux du bois sont moins nombreux, plus isolés, non réunis entre eux par des cellules épaissies. Les deux cordons vasculaires latéraux ont aussi des arcs de fibres notablement moins épaissies et moins lignifiées.
» 3° Folioles. — Le p:n-enchyme en palissade des folioles a des cellules beaucoup moins allongées et les vaisseaux et les fibres des nervures sont très peu différenciés.
» 4° Renflements moteurs. — Le renflement moteur, placé à la base du pétiole commun, présente, dans sa partie fibreuse et vasculaire, de très grandes différences avec celui de la Sensitive normale, tandis qu'il n'y a aucune modification sensible dans les autres termes de ce renflement. C'est là un point très important à considérer au point de vue des expériences précédentes.
» La partie centrale, qui comprend les fibres et les vaisseaux, est beaucoup moins développée; la lignification v est bien plus faible, les vaisseaux sont moins nombreux et la moelle, au lieu d'être constituée entièrement par du sclérenchvme, est formée de cellules parenchymateuses. Des coupes longitudinales font voir que tous ces éléments sont toujours moins allongés que dans le rondement normal.
» Les autres renflements montrent seulement des modifications analogues.
» VL Conclusions. — On peut déduire de tout ce qui précède les conclusions suivantes :
» 1° Les Sensitives entièrement développées dans l'eau présentent, malgré cette immersion continue et complète, des mouvements alternatifs de veille et de sommeil et des mouvements d'irritation.
» 2" Ces Sensilives qui se sont formées sous l'eau ont un temps de veille moins
long que les Sensith-es normales, les unes ou les autres étant placées dans l'air ou dans l'eau.
» L'amplitude des mouvements de sommeil et de veille est moindre ; la transmissibilité se fait avec une vitesse plus petite.
» 3° Les Sensitives entièrement développées dans l'eau ne présentent de modifications importantes de leurs tissus que pour les fibres et les vaisseaux, et. en particulier, dans les renflements moteurs.
» Or, les expériences citées prouvent que le changement dans les mouvements est dû à la modification de la structure. On peut donc en déduire que, dans les renflements moteurs, c'est la partie fibreuse et rasculaire qui joue le rôle principal dans tous les mouvements de la Sensitive, ainsi que dans la transmission de ces mouvements. »
M. Maurice Lévt présente la première Partie des Leçons qu'il a professées au Collège de France, en 1893-1894 : Sur la théorie des Marées.
lV03nAATI0IVS.
L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination de Commissions de prix chargées de juger les concours de 1898. Le dépouillement des scrutins donne les résultats suivants :
Prix Francœur. — MM. Darboux, Hermite, J. Bertrand, Poincaré, Picard.
Prix Poncelet. — 'Sl'Sl. Hermite, J. Bertrand, Darboux, Poincaré, Sarrau.
Prix extraordinaire. — jNDL de Bussy, Guyou. de Jonquières, Sarrau, Bouquet de la Grve.
Prix M ontyon (^Mécanique). — MAL Maurice Lévv, Boussinesq, Sarrau, Léauté, Sebert.
Prix Plumer. — MM. de Bussy, Sarrau. Guvou, Maurice Lévv, Deprez.
Prix Lalande (Astronomie). — MM. Faye, Wolf, Lœwv, Callandreau, Janssen.