‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 252 sur 425 · C -H H" + Az = C H'Az sol · texte numérisé non relu

C -H H" + Az = C H'Az sol

» Hydroisoquinoléine C^H" Az. — Liquide bouillant à 234°; attirant l'acide carbonique de l'air, comme la benzylamine. Sa combustion a dégagé par gramme

9129™', 4 et 9122"', 5; en moyenne. . . 9125™', 96,

soit pour C'H".\z liq.^ i33s'" :

Chaleur de combustion à volume constant 1213*^^', 70

» à pression constante I2i5*^"',0

(') Comptes rendus, t. CXW I, p. 964.

( io35 )

et, pour clialeur de luimalioii :

C'-H Il>'-f- Az = C»H"Az liq -(-i3'"'',2

» Sels. — Je n'ai étudié que les chlorhydrates; je joins, à titre de comparaison, les

données correspondantes relatives à la benzylamine, à son isomère la méthylaniline et

enfin à Ihvdroquinoléine :

Chaleurs de funnalion.

Bases. Chaleur

^ — ^ ^ de

Il Cl dissous. Sel dissous. dissolution

Nom el élal — i — - — — ^ ~ HCIgaz. du chlorhydrate.

de la base. HCI = 4'". jHCI = f;'". Sel solide. Tnutdissous. (i molécule = .')'")

Iso-

Cal Cal Cal Cal Cal

iquide. . . 6,35 6,jo 27,0 » — 3,3.5

24,3-hD

, solide.... .5,01 » 25,66

(luinoieine ) , , , ^ ,

' I hydratée . o,{\i » u

Hydroisoquinoléine liq. . 12,93

Benzylamine liq i5,46

Mélliylanilineliq 6,9

Hvdroquiiioléine liq.. . 7,1 5

■» De ces données on tire d'abord, pour chaleur de fusion de l'isoqainoléine, abstraction faite de la différence inconnue des chaleurs spécifiques à l'état liquide et à l'état solide, — F = i*^'»',34 et pour chaleur d'hydratation o*-^',94; pour chaleur de dissolution de l'hydroisoquinoléine +3*^*', valeur que j'ai retrouvée par une détermination directe.

» Le déplacement de l'isoqiiinoléine dans son chlorhyrirate par la potasse a donné, à 20°, 8*"*'; sil'isoquinoléine était déplacée à l'élat anhvdre on aurait i3,6 — 6, 35 =: 7*^"', 25; cette opération montre que la base est bien déplacée sous forme d'hvdrate; la \aleur calculée serait

le faible écart avec l'expérience vient probablement de ce fait que l'hydrate se dissout partiellement en absorbant de la chaleur (comme pour la quinoléine).

» Nous pouvons encore tirer d'autres conséquences; pour la chaleur de formation de l'isoquinoléine liquide on a —33,5^1,34 = — 34^^*', 84. nombre fort voisin de celui obtenu pour la quinoléine ( — 32*-"', 8); le parallélisme existe également dans les sels; par contre, l'hydrogénation dégage sensiblement plus de chaleur :

(iso) C'H'AzIiq. -H2H^=C'H>'.\zliq -H 2 X 23''»l, 5,

( io36 )

au lieu de 2 x 16^^', 6; mais c'est surtout dans les sels que se manifeste une profonde divergence entre les hydrures des deux bases. Tandis que riiydroquinoléine se rapproche tout à fait des anilines, l'hvdroisoquino- Icine montre d'étroites aifinitésavec les bases fortes comme la benzvlamine. Ce sont là des résultats très importants que Ton peut faire apparaître en comparant les formules de l'iiydroquinoléine et de la méthylaniline, d'une part, et celles de l'hydroisoquinoléine et de la benzvlamine, d'autre part :

Méthylaniline. H5'dioquinoléine. Benzylamine. MjdroisoquinoléiDC.

» La différence entre les deux termes de chaque groupe réside dans la substitution de — CH^ — CH- — à — H, H — ; les premiers sont des anilines substituées et en possèdent la basicité faible, les seconds sont des beiizylamines, bases fortes.

» De plus, de même que la chaleur de formation de la benzylamine ('+2,0) dépasse celle de la méthylaniline ( — 3,4)> de même celle de l'hydroisoquinoléine ( + i3,2) surpasse celle de l'hydroquinoléine

)) Ces résultats montrent jusqu'à quel point il est possible d'utiliser les données thermochimiques pour l'étude des fonctions des corps. »

CHIMIE. — Sur le dosage de pelilcs cjaaniilès d'oxyde de carbone dans L'air el dans le sang normal. Note de M. L. de Saixt-Mautin.

« A. Dosage dans l'air. — La très intéressante Note de M. A. Gautier (' ) renferme le passage suivant : « Quand l'oxyde de carbone ne représente » que quelques millièmes ou dix-millièmes du volume gazeux à analyser, » son dosage par le chlorure cuivreux, même avec l'excellente modification I) de M. de Saint-Martin (-), devient tout à fait insuffisant; l'acétylène en » particulier s'y dissout et avec lui d'autres hytlrocarbures qui, lorsqu'on " soumet à l'analyse eudiométrique les gaz qu'on extrait du réactif par le » vide, sont comptés comme oxyde de carbone. »

(') Comptes rendus, 21 mars li (2) Ibid., t. GXIV, p. 1006.

( io37 )

» Ce repioche à la mélhotlc que j'ai décrite ne me paraît pas justifié. L'analyse eudiométriqtie des gaz extraits par le vide du protochloriire de ciH\re comprend en effet le mesuraoe du mélange explosif avant l'explosion, après l'explosion et après l'absorption de l'aciile carbonique. La différence des deux premières lectures correspond à la contraction, laquelle doitêtre juste la moitié du volume de l'acide carbonique produit, déterminé par la troisième lecture.

» J'ai précisément insisté sur la nécessité de ce contrôle. Une augmentation de la valeur de ce rapport indiquerait en effet la présence d'un carbure d'hydrogène, la contraction étant égale au volume de l'acide carbonique produit pour l'éthvlènc, au double de ce volume pour le forniène. et aux trois quarts pour l'acétvlène.

» En emplovant les formules eudiométriques données par JL Berthelot ( '), et en recourant, dans le cas de plus de deux gaz combustibles. à l'emploi des réactifs absorbants il est même possible d'établir la composition du mélange. On voit, dans tous les cas, qu'il est impossible de compter des carbures d'hydrogène comme oxvde de carbone.

» Je m'empresse d'ajouter qu'au-dessous de quelques millièmes, l'élégant procédé par l'acide iodique de M. A. Gautier sera tout indiqué.

» B. Dosage dans le sang. — En répétant les expériences de MM. Degrez et Nicioux sur la présence de l'oxvde de carbone dans le sang des animaux soumis aux inhalations prolongées de chloroforme, je suis arrivé à cette constatation imprévue (") et reconnue depuis lors exacte par les mêmes expérimentateurs (^), que le sang normal des animaux vivant à Paris, traité par les acides organiques, dégage une petite quantité d'oxyde de carbone.

» Sin-pris d'obtenir de la sorte des traces de ce gaz avec du sang de bœuf recueilli à l'abattoir de Grenelle, loin de tout fover et en l'absence de fumée de tabac, je posais la question déjà soulevée par Cl. Bernard ( '), de savoir si l'oxyde de carbone préexiste dans le sang, ou s'il ne se produit pas, lors du mélange du sang avec les acides. L'exps^rimentation, seule capable d'élucider ce point essentiel, m'a démontré, depuis lors, que la seconde hypothèse, qui me paraissait plus vraisemblable, n'est point

(') Berthelot, Grande Encyclopédie, t. XVIII, p. 656.

(') Comptes rendus, i4 février 1898.

(') Ibid., 28 février 1898.

(') Cl. Berxard, Leçonx sur les anesthésiques et sur l'asphyxie, p. 432.

( io38 )

exacte, et que l'oxyde de carbone existe bien en nature dans le sang des animaux séjournant dans les grandes agglomérations urbaines. Voici un résumé de mes essais à cet égard.

)i 1. 5oo"^° de sang de bœuf défibriné, traités comme il est dit dans ma Note précédente, ont fourni C'", 45 de CO, soit o'^'',90 par litre.

» 2. 500""^ du même sang ont été rapidement épuisés à la température de 40°, au moyen de la trompe à eau, de tous les gaz susceptibles d'être éliminés par le vide employé seul. On les a ensuite transvasés, à l'abri du contact de l'air, dans une grande éprouvette, sur le mercure, avec i2a"'=de bioxyde d'azote très pur ('). Après agitation prolongée et absorption par le sang de la majeure partie du bioxyde d'azote, on a fait passer le tout, sang et gaz surnageant, dans le ballon récipient préalablement vidé de la machine à mercure, et les gaz ont été extraits, comme d'habitude, par la manœuvre de la pompe. On en a ainsi recueilli 33""^, 5, dans lesquels dominait évidemment l'excès de bioxyde d'azote qu'il fallait tout d'abord éliminer.

» Dans ce but, on a introduit dans l'éprouvette 2="^ de potasse concentrée, puis, bulle à bulle, de l'oxygène pur, en agitant sans cesse. Lorsque les bulles d'oxygène ont cessé de produire une rutilance, au sein de la niasse gazeuse, et que cette dernière, après une très forte réduction de volume, a au contraire commencé à augmenter, on a cessé l'addition d'ox3'gène, dont l'excès a été absorbé par l'hydrosulfite de soude.

» Le gaz restant, réduit à 3", i5, a été soumis aux mêmes essais.

» Réaction spectroscopique très nette de l'oxyde de carbone, vérifiée non seulement par la persistance des deux raies après l'addition d'un agent réducteur, mais aussi par leur repérage exact sur l'échelle spectrométrique.

» Volume du gaz absorbable par le piolochlorure de cuivre : o'''',35, soit o"", 7 par litre de sang.

» 3. 500'*^ du même sang, abandonnés en vase clos pendant vingt-quatre heures, dans une étuve à 38", ont été soumis à un premier épuisement par le vide, puis à un second en présence de l'acide tartrique, comme dans l'essai n" 1. On n'a pas obtenu trace d'oxj'de de carbone, la petite quantité de gaz toxique renfermée dans le sang ayant disparu par oxydation (^).

» 4. Un de mes malades, bouclier en Seine-et-Oise, dans la banlieue, m'a apporté 1"' de sang de bœuf défibriné, recueilli, d'après mes indications, sur un bœuf abattu chez lui, amené directement à son abattoir particulier d'une ferme sise en pleine campagne. Je n'ai pas obtenu trace d'oxyde de carbone. Mais il s'était écoulé trois heures et quart entre l'abatage de l'animal et le passage du sang à la pompe.

» Il ressort nettement des expériences 3 et 4 que l'oxyde de carbone extrait du sang par l'action du vide et d'un acide organique préexiste bien dans ce liquide et ne provient pas de l'action de l'acide sur l'une des

(') Obtenu par laction d'une solution d'azotate de potasse pur sur le protochlorure de fer en solution chlorhydri([ue.

(-) L. DE Sainï-Martin, Coinpips rendus. 20 mai 1891.

( io39 ) substances hématiques. Du reste, le bioxyde d'azote, qui ne détruit pas l'hémoglobine, permet également, quoique bien plus difficilement, d'isoler du sang le gaz toxique qu'il renferme. (Exp. 2.)

» La présence de l'oxvde de carbone dans le sang des animaux viAant dans les grandes villes se trouve donc définitivement démontrée, et je me propose de la rechercher également dans le sang humain provenant de saignées pratiquées dans un but thérapeutique.

» En terminant, je crois devoir insister sur la nécessité absolue, pour le dosage de petites quantités d'oxyde de carbone dans le sang normal, d'épuiser le liquide, à deux reprises, par le vide : une première fois, pour éliminer tous les gaz autres que l'oxyde de carbone [majeure partie de l'acide carbonique, oxvgène, azote; traces d'hydrogène ('), de formène (■) ou autres carbures accidentels]; une secon.le fois, en présence de l'acide tartrique, pour extraire l'oxvde de carbone seul, mêlé seulement d'acide carbonique et de traces presque inévitables d'azote.

M En pratiquant l'épuisement en une seule fois, comme le font MM. Degrez et Nicloux, et en faisant directement passer la totalité du gaz dans le grisoumètre, qui donne seulement la mesure de la réduction, mais non celle de l'acide carbonique produit, on tombe, justement cette fois, sous le reproche de M. A. Gautier, et l'on s'expose à compter comme oxyde de carbone des carbures d'hvdrogène.

M C'est à cette cause d'erreur que j'attribue les chiffres beaucoup trop élevés obtenus par MM. Degrez et Nicloux, et c'est pour cette raison que je persiste à considérer comme contestable la conclusion, désormais modifiée, qu'ils en tirent et d'après laquelle l'oxyde de carbone augmenterait dans le sans sous l'influence des inhalations de chloroforme. »

CHIMIE MINÉRALE. — Sur le spectre et la nature du néodyme. Note de M. EuG. Demarçat, présentée par M. Henri Moissan.

« Depuis l'important Travail de !M. Auer von Welsbach (^Monatshe/te fùrCbemie, p. 477; i885), on a annoncé que nombre de raies du néodyme et du praséodyme variaient, que ces variations démontraient l'existence de corps simples distincts (pour quelques savants, autant de corps que de

( ') N. Gréham, Société de Biologie et Arc/i. de Physiologie, 1890. ('-) L. DE Saixt-Martix, Comptes rendus, t. CXI\', p. 83.

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