C. R., 1898, I" S-.mestre. (T. C.XXVI, N° 14.) l
trop énergiquement ; la différence de coloration entre les particules de cellulose bois et de cellulose "rains est moins tranchée. »
MINÉRALOGIE. — Siii les formes cristallines de l'oligiste du puy delà Tache Çmont Dore). Note de M. F. Gonxard, présentée par M. Fouqué.
« L'oligiste du puy de la Tache, très remarquable par l'abondance et la beauté de ses cristaux, n'a cependant été l'objel d'aucune monographie, A peu prés seul parmi les auteurs français, Dufrénoy, dans son Traité de Minéralogie (2* édition, i856), consacre quelques lignes au fer spéculaire du mont Dore (sans autre indication plus précise de gisement) et donne deux figures de cristaux dans son Allas {/ig. 96 et fig. loj).
» Ce savant se borne à indiquer les formes p, «', d' , é' et e^. Il ajoute la remarque suivante : « Au mont Dore, dit-il, on trouve des cristaux qui pré- » sentent sur la face a' des stries qui paraissent sous l'angle de 60*^. Elles » correspondent à autant de petites plaques triangulaires, qui, par leur » ensemble, offrent un exemple intéressant de décroissement. »
» Dufrénoy ne fait pas connaître la loi de ce décroissement.
» Ayant recueilli, il y a quelques années, bon nombre de cristaux d'oligiste au puy de la Tache, j'ai pu me convaincre que cette belle espèce minérale présente, outre d'assez nombreuses formes cristallines, parmi lesquelles plusieurs nouvelles, des macles et des groupements nombreux. Je viens donner ici un résumé succinct de cette étude.
)) Parmi les diverses zones qu'on peut considérer dans ces fers spéculaires (lames minces ou cristaux épais), deux surtout méritent l'attention: ce sont la zone a' />' et le zone pe^.
» Dans la première, j'ai déterminé la face «', assez constante dans les cristaux minces, mais plus ou moins développée; elle résulte de la superposition des plaquettes triangulaires signalées par Dufrénoy, qui constituent des pyramides tronquées à faces ternes; j'ai obtenu de bonnes mesures en employant une lame de mica mince. J'ai également déterminé la face è'.
M La seconde zone, pe^, est beaucoup plus riche que la précédente. Strûver (') y avait déjà signalé les formes suivantes :
Co, e., e., ('j, fj, Cg etc.,,.
(') Sludi cristallograjici inLorno alla Ematite di Tra^-ersella, 1872.
( io49 ) » J'ai relrouvé sur les cristaux du puy de la Tache e, et c- ; e.j bien développée et très constante, Cj au contraire fort petite et assez rare. J'ai, en outre, constaté l'existence des sept formes nouvelles ci-après : les scalénoèdres inverses e^ et e^,, et les scalénoèdres directs e.^^, e,,,, e^^, e.,., et e,g.
ï ^ Tl> TT T2 "5" ~T
» Parmi ces sept formes, trois d'entre elles e.,, e,, et e,, ont des symboles compliqués et voisins de e., ^3 et e,,,; mais, les pointés étant excellents et donnant des mesures qui ne varient que de quelques minutes, j'ai dû les conserver.
» En résumé, j'ai déterminé, sur l'oligiste du puv de la Tache, seize formes, savoir : «'(i 1 i), qui est la dominante; /?(( 00), e-(i 12), f/' (i 01), h' (i I o), a" (221), e'(i! i),e3(3ii),<?5(5ii); les nouveaux scalénoèdres directs 63.(37.12.12), e, 3(19.6. 6), 63,(39.12.12), e.^{2i.S.Z),
TU "S" Ta ~S~
e,,j(ig.4.4)etles nouveaux scalénoèdres inverses 6^(855), <?-,(59.2 4.2 4)-
» Les cristaux d'oligiste sont souvent allongés suivant une arête a' a' et figurent parfois, par arrondissement des bords, un couteau à lame usée.
» Les macles sont communes; j'ai observé les trois suivantes: 1° suivant la base a' ; 2" suivant la face /?; 3° suivant la face e'. Dans cette dernière, deux faces p se trouvent aux extrémités d'une même ligne, également inclinées vers le même sommet trièdre sur la face a'. Cette loi est d'ailleurs rendue visible par la position de ces plaques que Dufrénoy signale ; elles prennent soit la forme de rhombes par suite de leur accolement base à base, soit celle de trapèzes réunis par leurs petites bases. Ce sont là des macles simples; mais ces cristaux offrent souvent des groupements compliqués figurant assez bien les redans d'un fortin. Ces complications intérieures des lames ne se manifestent pas toujours sur les bords, oii d'ordinaire on observe les faces p alternativement tournées vers le tièdre supérieur du sommet et vers l'inférieur, et ordinairement accompagnées des faces (?3 et parfois aussi des faces d' . Enfin, ces plaques empilées suivant a' n'ont parfois aucune forme précise, sont irrégulièrement arrondies comme les courbes de niveau d'une carte géographique.
» Le Tableau ci-après donne les incidences observées et calculées des formes nouvelles du fer spéculaire du puy de la Tache (angles des noimales) :
( io5o )
Calculées. Observées. Keinarques.
/jgg Nouvelle 42.23 42-39 »
/Je,, N 3o.43 30.42 />e.= 3o"'i8'
'sT 2
pci s5.5S 20.59 mo}'- "
pCj, N 20.21 25. 3o «
Tî
/oej^N 24.46 24.57 »
/>e3g N 24.12 24.19 pe^-=i>^o'
Il 3
yogj, N 18.22 i8.3omoy. »
pe^s. N 17- (^ '7-3
/je, 16.17 16.25 iiioy. )>
rt'«- 17.26 18 environ rt- est lerne et slrié
a' b' 38. 7 38.i4nioy. »
CHIMIE PHYSIOLOGIQUE. — Sur les microrganismes des vins dits tournés. Note de MM. F. Bordas, Joulin et de Raczkowski, présentée par M. d'xirsonval.
« Nous avons isolé plusieurs microrganismes d'un grand nombre de vins originaires de l'Algérie et du jMidide la France. Ces vins présentaient tous, soit à l'examen microscopique, soit à l'analyse chimique ou enfin aux deux à la fois, les caractères des vins dits tournés.
» Parmi ces bacilles, deux sont fdiformes mais agissent différemment lorsqu'on les cultive dans des conditions identiques de milieu et de température; nous leur donnerons momentanément les désignations respectives de bacilles A ci B.
» Le bacille A ne s'est jamais rencontré isolément dans ces \ins, mais le plus souvent associé à d'autres microrganismes et plus particulièrement au bacille B.
» Cette Communication a pour objet l'étude du bacille A qui présente la particularité de posséder des propriétés différentes de celles que l'on attribue ordinairement au filament dit de la tourne, quoiqu'eu présentant les caractères macroscopiques lorsqu'il se développe dans le vin.
» Nous l'avons isolé en suivant la technique habituelle, c'est-à-dire par des passages successifs dans de l'eau de levure glucosée, puis enfin sur plaque dont le milieu nutritif était constitué par de l'eau de levure glucosée additionnée de 10 pour 100 de gélatine.
( io5i )
» Sur plarjue le bacille A se présente sous la forme de colonies larges, épaisses, blancliAtres, non liquéfiantes.
» Dans l'eau de levure glucosée à lo pour loo, il produit un voile épais, plissé, devenant rosé quelques jours après l'ensemencement, tandis que le liquide prend une teinte brune et devient ammoniacal. En examinant ce voile au microscope, on constate qu'il est formé par des filaments de longueur variable dont le diamètre a de o^^, G à qI^. 8. Ces filaments sont mobiles et composés d'articles peu apparents, se colorent aisément par les couleurs d'aniline et ne prennent pas le grain, possèdent des cils. Les bacilles ciliés ont une forme ovoïde; l'une de leurs extrémités possède un véritable pinceau de flagella rigides, qui sont difficilement mis en évidence. Lorsque les cultures vieillissent, le voile s'humidifie, puis tombe peu à peu au fond du liquide en produisant un dépôt abondant constitué principalement par des spores.
» Ce bacille transforme les nitrates en nitrites, ne donne pas d'indol dans les bouillons peptonés, coagule le lait en donnant une réaction acide.
» Nous l'avons cultivé dans les milieux suivants, dans le but de chercher quelles sont les substances auxquelles il emprunte de préférence les éléments C, Az, H nécessaires à son développement. Voici quelques-uns des résultats obtenus :
Asparagine lo
Sulfate d'ammoniaque »
Phosphate de potasse o^'p
Sulfate de magnésie o, lo
Glucose
Nitrate de potasse
Développement ( en voile.
du bacille ( en profond'. . T.B T.B T.B A.B A.B T.P .\..B .V.B \.B A.B A.B T.P
» Nous avons fait les observations suivantes en cultivant ce bacille dans de l'eau de levure additionnée de diverses substances.
» Glucose. — Il se développe vigoureusement et le consomme assez rapidement pour qu'une solution à lopour looo n'en contienne plus que des traces au bout de huit jours. Il y a production de trè> petites quantités d'acides acétique, butyrique et lactique.
» Glycérine. — Les milieux glycérines à lo ou 20 pour 1000 n'en contiennent également que de faibles proportions quelques jours après l'ensemencement. Il se produit, dans ces conditions, un corps qui apparaît dès le second jour pour disparaître dans la suite. Ce corps réduit la liqueur
to
0 , oo.ï
cupro-potassique et le nitrate d'argent; il est oxydé par le mélange de bichromate et d'acide siilfiirique. L'addition dans ce milieu de phénylliydrazine acétique donne lien à la formation d'une combinaison cristalline; mais la quantité minime de cette osazone que nous avons pu recueillir ne nous a pas permis de la caractériser. Il est vraisemblable que le corps auquel est due sa formation doit être le même que celui qui prend naissance dans l'action de la bactérie du sorbose sur la glycérine, comme l'a établi M. G. Bertrand ('), c'est-à-dire de la dioxjacétone CH*. OH-CO-CIP.OH.
» Tartre. — Le développement du bacille s'effectue assez bien pour la dose de i pour looo, plus lentement à 2 pour 1000 et se trouve complètement entravé au-dessus de 3 pour 1000. Le bacille n'est cependant pas détruit, car, ensemencé de nouveau dans de l'eau de levure glucosée, il reprend sa vitalité. Nous avons constaté qu'il ne se développe dans les milieux additionnés de tartre que lorsque la quantité de celui-ci est telle que l'acidité qui lui est due puisse être neutralisée par l'ammoniaque qu'il peut produire. En un mot, c'est l'acidité du bitartrate de potasse qui gêne, ou peut même entraver complètement le développement du bacille. H suffit, en effet, de neutraliser cette acidité par de la potasse ou de l'ammoniaque pour que les cultures deviennent abondantes.
» Nous n'avons pas pu le cultiver dans des milieux contenant plus de 0,3 pour lono d'acide tartrique. (Il en a été de même pour l'acide succinique. )
» Il est sans action sur l'alcool et ne fait pas fermenter le saccharose.
» Ensemencé dans du vin, le bacille A a produit un abondant dépôt. Le glucose et la glycérine ont diminué tandis que le tartre et l'acidité n'ont pas varié.
» Parmi les vins dans lesquels nous avons isolé ce bacille, il s'en trouve un qui contenait les deux bacilles A et B. Ce vin était originaire de la commune de l'Arba (Algérie), année 1896, a été mis en bouteilles en novembre 1896 et examiné à des époques différentes :
i4 juin iSri7. 2y octobre i^^ov. i4 janvier 1898.
Alcool pour 100 en volume 9,5 » 9,1
Sucre réducteur par litre i,38 » (>!70
Tarlre « 3,i3 0,^5 o,65
Acidilé totale en SO'l!- » 3,5o 3,38 5,4i
Acidité volatile » o,38 o,32 1,7
Ammoniaque » 0,007 » o,o3o
(') Comptes rendus, p. 842; 1.4 mars 1898.
» Nous remarquons que :
» 1° Le vin présentait une composition normale, l'examen microscopique a seul fait prévoir l'altération future;
» 2° f/acidité est restée invariable pendant quatre mois, tandis que le tartre a constamment diminué.
» 3° La proportion de sucre réducteur a été beaucoup plus forte dans la dernière analyse que dans la première. Cette anomalie trouve son explication dans l'influence qu'exerce, sur le dosage des matières réductrices, la dioxyacétone dont nous avons constaté la présence à ce moment dans le vin.
» 4° Enfin la proportion d'ammoniaque a notablement augmenté.
» Nous avons donc isolé, d'un vin présentant à l'examen microscopique, puis plus tard à l'analyse chimique, les caractères d'un vin tourné, un bacille filiforme qui est sans action sur le bitartrate de potasse.
» Il semblerait v avoir contradiction entre les analyses de notre vin et les propriétés du bacille dont nous présentons l'étude, si nous ne rappelions pas qu'il se trouvait, dans ce vin, associé au bacille B. Ce dernier amène la destruction du tartre et agit également sur le glucose et la glycérine, mais en donnant lieu à la formation d'acides, comme nous l'exposerons dans une prochaine Communication. On conçoit que les actions combinées de ces deux bacilles, agissant en symbiose dans le vin, soient susceptibles d'y produire les modifications que nous avons constatées.
» En raison de la coloration rosée caractéristique que prend la culture sur eau de levure glucosée, nous proposons de désigner le bacille A sous le nom de bacillus roseus vint. »
PHYSIQUE DU GLOBE. — I^ff^ts des attractions solaire et lunaire sur l'atmosphère de l'hémisphère nord à chacune des quatre phases. Noie de AL A. PoiNCARÉ, présentée par M. Mascart.
^(( Prenons la phase exactement au moment où le Soleil et la Lune sont sur le même méridien ou sur deux méridiens orthogonaux.
» Considérons un point quelconque de l'atmosphère de l'hémisphère, en supposant que les actions terrestres s'y font équilibre en ce moment.
» Soient
À la latitude du point;
7. sa longitude W à partir du méridien du Soleil au dit instant;
( io54 )
Sg la déclinaison solaire à ce moment;
Sl l;i déclinaison lunaire h ce moment;
D et d la distance moyenne du Soleil et de la Lune au centre de la Terre;
D' et d' les distances effectives au point et au moment considérés;
S l'attraction du Soleil à la distance D j c/ c i^.
S' l'attraction du Soleil à la distance D' \ J^'-'
L l'attraction de la Lune à la distance fi \ j , ^ d'-
L' l'attraction de la Lune à la distance d' ) ' d'-'
2 ou — 2 soulèvement ou compression, exercé sur l'atmosphère;
y ou — Y traction horizontale (glissement), exercée sur l'atmosphère suivant le parallèle, dans le sens W-E, ou dans le sens contraire;
y' ou —y' traction horizontale exercée, suivant le méridien, dans le sens N-S, ou dans le sens contraire.
» A raison des propriétés physiques de l'atmosphère et de l'obligation constante à la rotation :
»■ 1° Les mouvements relatifs provoqués aux différents points de l'atmosphère par l'attraction d'un corps extra-terrestre, sont considérés ici comme sensiblement indépendants de son effet sur le mouvement du centre de gravité de la masse terrestre;
» Doivent surtout être distingués les effets, d'ordres essentiellement différents, dus à la composante verticale et aux deux composantes horizontales de la force, soulèvement ou compression, traction, en un sens ou en l'autre, suivant le parallèle et suivant le méridien.
» En supposant tout à l'équateur, on a pour effets instantanés :
A NL S ^ (S' 4- L') cosa, Y = (S' + L') sina;
A PQ S=^S'coso( — I^'siiiot, Y ^=S' sina + L'cosct;
A PL Sz=(S' — L')cosa,' '( z-r. {S' — L')sina;
A DQ 2 T= S' cosa -h L' sincc, Y=S'sina — IVcosa.
M Pour un point cjuelconque de l'atmosphère, des déclinaisons et des distances quelconques des deux astres, on a
A NL :
2 = S' (si ni sin^s + cos);CosSjj cosa) -+- L'(sinXsinSL -+- cosl cosS^ cosa),
Y =--(S'cosSjj -4- L' cosS )sina,
y' =S'(— cosTvsinï^s -l- sin>vCOsSs cosa)
+ L'(— cosTisinSL + sin)^cos(\ cosx).
( io55 )