‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 276 sur 425 · C. R., 1898, I" Semestre. (T CXXVI · texte numérisé non relu

C. R., 1898, I" Semestre. (T CXXVI

( ii6o )

des thyroïdes, indique clairement le surcroît de travail que cette opération lui impose. »

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Production de. godets faviques par l'inoculation à l'homme et à la souris d'un Tricophyton pyogène. Note de MM. Sa- BRAzÈs et lÎRENGUES, présentée par M. Bouchard (').

« L'inoculation sur l'épidermede l'homme d'un champignon morphologiquement tricophytique, extrait d'un sycosis parasitaire profond de la barbe, observé dans le service de M. le professeur Lannelongue, a déterminé l'apparition d'une plaque suppurative, parsemée de godets jaune soufre de petites dimensions, ayant les caractères objectifs et microscopiques des godets faviques. Les rétrocultures ont fourni le champignon inoculé qui parait se confondre avec le Tricophyton pyogène du cheval, bien connu depuis les travaux de M. Sabourand.

» Ce même champignon, inoculé à deux souris, a produit des godets faviques, ainsi que le démontrent l'aspect objectif, Vétude microscopique et les rétrocultures.

n Ces godets sont moins envahissants que ceux qui résultent de l'inoculation des champignons du favus humain et du favus du chien. Chez l'homme, ils sont rapidement masqués par le processus suppuratif inhérent à la vie du parasite dans l'épiderme et dans le follicule pileux; chez l'animal, ils se détachent à la longue, laissant à nu des exulcérations suintantes et dépilées des téguments et n'entraînent pas la mort.

» Ces constatations prouvent, à notre avis, qu'il faut, entre les Tricophytons et les Achorions, faire tomber les barrières trop absolues que la plu|)art des travaux antérieurs avaient édifiées. Du reste, l'étude morphologique et biologique de plusieurs champignons faviques d'origine animale (poule, chien, chat, souris), poursuivie depuis plusieurs années, en collaboration avec M. Coslantin, par M. Sabrazès, aboutit à cette même conclusion.

» Ces faits viennent encore à l'appui de l'opinion que l'un de nous a contribué à fonder, à savoir : la pluralité des champignons susceptibles de végéter, sous la forme de godets de spore mycélienne et d'une malignité variable, dans l'épaisseur du revêtement cutané de l'homme et de la souris.

(' j Travail du laboraloire des cliniques de la Faculté do Bordeaux.

( ii6i ) .

» Nous dirons, en terminant, que c'est la première fois qu'nii champignon réputé tricophytique est reconnu pathogène pour la souris. »

PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE. — Les parasites du cancer et du sarcome {coloration, structure, cycles*de reproduction, dimorphisme évolutif). Noie de M. F.- J. Bosc, présentée par M. Bouchard.

(( Dans une précédente Note, nous avons étudié la morphologie et la répartition, dans le cancer et le sarcome, de parasites constants dont nous avons décrit cinq tvpes principaux.

» Ces éléments présentent des.'^réactions colorantes, une structure et des modes de reproduction, qui constituent autant de preuves nouvelles et de plus en plus importantes de leur nature parasitaire.

» i" Coloration. — Déjà, dans un simple examen microscopique direct, sans coloration, de matière cancéreuse fraîche, on peut distinguer les parasites des éléments cellulaires. Mais la coloration convenable des produits cancéreux /raiy donne des élections extrêmement remarquables, qui mettent les parasites en relief et permettent de les étudier tels qu'ils sont en réalité, en dehors de toute altération.

» L'examen\le coupes^histologiques colorées n'est pas, à lui seul, une base suffisamment sûre; mais, s'il vient s'ajouter à l'examen des tissus frais, cette étude comparative permet d'avoir les renseignements les plus précis sur la forme, les rapports, la structure et le développement des parasites. Les colorations par le picro-carmin , l'hématéine, la safranine, riiématéiue-fuchsine acide orange, le bior.di, l'erlicli dilué, la safranineinduline, la fuchsine acide bleu de Roux, etc., montrent que chaque partie du parasite présente des réactions propres et que toutes les formes parasitaires se différencient, aiec une netteté indiscutable, des tissus emironnants.

» 2° Structure. — Les principales formes parasitaires sont les formes microbiennes, les granulations, les formes cellulaires et les formes enkystées; les trois premières sont toujours entourées d'une zone hyaline.

» a. Zone hyaline. — Elle peut prendre un très grand développement (20!-^ à 3o!^ de diamètre) et elle constitue, non un produit de dégénérescence, mais \ii partie périphérique différenciée du parasite. Elle n'adhère pas au protoplasma de la cellule-hôte ; elle fait corps avec la masse centrale du parasite. Dans la cellule-hôte, elle prend une forme ronde, de par son^élasticilé et celle du protoplasma de la cellule. Mais, lorsqu'on examine les parasites libres dans les mailles conjonctives, la zone hyaline présente

( Il62 )

des bords iri^éguliers, amiboïdes. Homogène, très réfringente, surtout dans sa partie centrale, elle se colore difficilement, à l'état frais, mais bien plus facilement sur les coupes et d'une façon élective. Sur les coupes histologiques, elle subit des altérations d'intensité variable, depuis un simple plissement jusqu'à des rétractions et des vacuolisations qui lui donnent un aspect étoile ou en rayons de roue poiiva/it siniiiUr les Jilainents de passage des cellules malpighiennes.

n Normalement, la zone hyaline peut présenter de fines stries rayonnées dues à des diflérences de réfringence. Dans les formes sarcodiques, cette zone peut devenir énorme et d'aspect pseudopodique.

)> b. Formes microbiennes et granulations. — La petite masse qui les forme, située au centre d'une zone hyaline de petit diamètre, est homogène, brillante, à bords délicats. Elle prend la plupart des couleurs, mais surtout l'hémaléine, la safranine, la fuclisine acide; elle a une grande affinité pour le carmin borate, le bleu de méthylène. Ses affinités dans les colorations composées sont très différentes de celles du noyau de la cellule-hôte; elles se rapprochent davantage de celles du nucléole. Il ne m'est pas possible de préciser la nature chimique de cette substance, mais il existe des ressemblances entre elle et les bactéries.

» c. Les formes cellulaires de petit volume sont formées par une grosse granulation nucléée. Celte masse peut prendre une structure complexe et se différencier en zones concentriques depuis le noyau central nucléole jusqu'à la zone hyaline. Ces zones sont homogènesou bien l'une d'elles est chargée de granulations fine:^ fortement colorées par l'héniatéine et la safranine. Chacune de ces zones se différencie par des réactions colorantes très délicates, avec le biondi ou l'erlich dilué, par exemple.

» d. Formes enkystées. — Si l'on étudie les formes cellulaires les plus complexes, on arrive à suivre les transformations de chacune de leurs zones jusqu'à la formation du kyste. La zone hyaline se condense en grosses granulations irrégulières qui se joignent et forment la paroi externe du kyste; dans la masse protoplasmique homogène du parasite, les granulations fines deviennent très abondantes, l'aspect homogène disparaît et l'on a enfin une masse granuleuse qui se rétracte au centre du kyste enfermant un gros noyau. La paroi kj'Stique peut être très épaisse, à double contour, ou très mince (kystes résistants, kystes fragiles); il existe entre cette paroi et la masse centrale un espace incolore, très brillant où cependant la couleur diffuse un peu de la ])ériphérie et qui parait rempli par une sorte de matière h3'aline liquide. Les microspores sont de petits corps très réfringents à paroi épaisse; les spores de grand volume ont une double paroi mince, et les sporozoïtes présentent des réactions tout à fait spéciales, autant pour leur protoplasma que pour leur noyau.

)) 3° Cycles de reproducûo/i. — En éliuliant les formes parasitaires d'une même tumeur, on arrive à reconstituerions les stades intermédiaires d'une évolution qui aboutit à des pliénoniènes de rejjroduction. En nous basant sur les nombreuses tumeurs que nous avons étudiées, suivant la méthode précédemment exposée, nous avons constaté les cycles évolutifs suivants :

I) a. Cycle sporulé à spores volumineuses et à sporozoïtes de grande taille;

» b. Cycle sporulé à niicrospores : les spores sont petites, de 3 a à 5 fi de diamètre et en nombre très considérable, d'abord insérées sur la masse centrale, puis libres dans le kvste ;

» c. Cycle asporulé aboutissant, par division nucléaire directe et condensation du protoplasma, à la formation d'une moriila et de mérozoïtes de grande et petite taille ( micrococciques) ;

» d. Cycle à tnicroxporozoïtes ou chromatozoïtes : je n"ai pu l'observer qu'une seule fois;

» e. Diiision directe, soit faisant partie d'un des cjcles ci-dessus, précédant par exemple le c\cle asporulé à morula, soit constituant un véritable mode de reproduction par division directe à l'infini.

« 4" Dimorphisme évolutif. — En étudiant les formes parasitaires d'une tumeur déterminée, nous fûmes surpris de trouver des formes impossibles à classer dans une même série. Ce n'est que par l'étude comparée de toutes les formes trouy ées dans de nombreux écrasements et des séries de coupes que nous arrivâmes à nous convaincre qu'a« même parasite peut présenter plusieurs cycles évolutifs. Nous trouvâuies par exemple, dans ime tumeur, toutes les formes intermédiaires qui aboutissent les unes à la morula, les autres au kyste.

» Dans la plupart des cancers, ce dimorphisme évolutif est la règle et l'on peut trouver deux, trois et même quatre cycles évolutifs différents dans un seul carcinome; dans les sarcomes, ce dimorphisme est très réduit et l'on ne constate ordinairement que le stade asporulé à micromérozoïtes et la division directe, ou même uniquement un processus de division directe. »

ANATOMIE AMMALE. — Contribution à l'étude de la division cellulaire directe ou amilotique ; ses anomalies, sa valeur fonctionnelle. Note de JVI. Joaxxes Chati.v.

« En faisant récemment connaître l'évolution et les principales différenciations de la cellule conjonctive chez la Paludine ( '), j'ai eu l'occasion de mentionner les phénomènes de prolifération qui se manifestent lors de la pénétration de divers parasites, spécialement des Cercaires. L'élude de cette prolilération, ainsi que des processus cytogénétiques concourant à la réaliser, ne laisse pas d'être assez instructive et d'appeler l'attention sur des questions qui, trop souvent, sont laissées dans l'ombre.

(') Comptes rendus, séance du 28 février 1S98.

( II6/4 ) » Il est effectivement à remarquer que la plupart des travaux d'Anatomie zoologique se bornent à indiquer, çà et là, des faits de prolifération et de division cellulaires, sans entrer dans aucun détail sur les modes de partition ou de multiplication des éléments considérés : il est permis de penser que nombre de faits intéressants ont été ainsi négligés. L'histoire delà cytodiérèse('), directe ou indirecte, est toute contemporaine et se prête à une ample moisson d'observations nouvelles.

» Pour en juger, il suffit de se placer dans des conditions semblables a celles qui m'ont été offertes par le tissu conjonctif de la Paludine. La rapide prolifération dont il est le siège met en œuvre les deux procédés de la cytodiérèse : division indirecte ou mitotique, division directe ou amitotique. Celle-ci sera seule étudiée dans la présente Communication.

» Ses différents stades ont été pleinement élucidés par les belles recherches de M. Ranvier : quel que soit l'élément histique ou le type zoologique dans lequel on l'observe, cette amitose se traduit toujours sensiblement par les mêmes phénomènes. Mais, si régulière que soit sa marche dans la plupart des cas, ne peut-elle offrir quelques particularités, voire des anomalies? La division directe est-elle exclusive de la division indirecte? Quand elles coexistent, quelle est la plus fréquente? Enfin, comment doit-on apprécier l'amitose, au point de vue de sa valeur et de sa signification fonctionnelles?

» Les anomalies de l'amitose sont infiniment plus rares que celles de la karyokinèse; cependant on en observe ici et elles revêtent des caractères variables.

» En premier lieu, il peut arriver que, la partition nucléaire s'étanl effectuée, le plasma somatique de la cellule-mère se maintienne au stade de simple constriclion. On a alors sous les yeux un élément d'aspect monstrueux, conformé en bissac et possédant deux noyaux.

» Ailleurs, les deux cellules-filles sont déjà nettement tracées, mais leurs territoires restent en contact par une zone plus ou moins étendue, sans qu'on assiste à la séparation des deux éléments ainsi géminés.

» D'autres anomalies portent non plus sur la division plasmatique, mais sur la division nucléaire. Tels sont les exemples dans lesquels j'ai vu les deux moitiés du noyau-mère unies non par un pédicule unique, comme

(') Ce terme (xûxoç, cellule; Staipeotç, division) est pris ici dans son acception littérale : division cellulaire en général.

( ii65 )

dans les cas normaux, mais par un pédicule double, ou par un faisceau de plusieurs filaments.

» Quant aux observations de noyaux annulaires que j'ai recueillies, je crois devoir les imputer à des mitoses anormales. Les faits dont j'ai été témoin ne me semblent nullement favorables à la thèse qui veut voir, dans ces noyaux annulaires, les produits d'une amilose irrégulière. Tout me paraît, au contraire, corroborer les vues de Meves et autoriser à regarder ces noyaux annulaires comme dérivant de certains retards, etc., dans la marche de la karyokinèse.

M En effet, de ce que des actes de mitose se manifestent ici, on n'en doit pas conclure à l'absence de divisions indirectes ou karyokinéliques. J'insiste sur ce point, car il pourrait se faire que des cytologistes, étudiant des phénomènes analogues de prolifération, fussent doublement incités à n'y rencontrer que le mode de division directe. D'une part, ils seraient peutêtre guidés vers cette appréciation par la croyance, encore très répandue, à l'exclusion réciproque des deux formes de partition cellulaire; d'autre part, ils pourraient être induits en erreur par l'emploi de certains réactifs. C'est ainsi que la thioniue met souvent en évidence les divisions directes, sans révéler les karvokinèses qui s'accomplissent dans le même tissu. Or, non seulement la division directe n'exclut nullement la division indirecte, mais celle-ci se montre infiniment plus fréquente dans les circonstances dont il s'agit.

» Le fait acquiert même un intérêt particulier, en raison de la nature des éléments, comme en raison des conditions dans lesquelles leur évolution a été suivie. Demeurant voisines de la forme initiale, douées d'une activité exceptionnelle et sans cesse en jeu, ces cellules sont en voie de prolifération d'autant plus rapide que leur multiplication se trouve provoquée par la pénétration de parasites, contre lesquels se mobilisent toutes les forces vives de l'organisme.

» La prééminence semblerait donc assurée à la division directe, dont le processus est plus simple, dont les effets sont plus prochains; en réalité, elle appartient à la division indirecte. Dès lors, une dernière question se pose : quelle signification fonctionnelle convient-il d'attribuer ici aux. deux formes de la cytodiérèse?

» Doit-on leur reconnaître une inégale valeur? L'une d'elles serait-elle seule féconde, l'autre fatalement stérile? En ces dernières années, plusieurs cytologistes ont opiné dans ce sens, représentant la mitose comme l'unique mode physiologique de cvtodiérèse. Seule, cette division indirecte eût pu

( ii66 )

donner des cellules capables de se reproduire; seule, elle eût été régènèralive, tandis que la division directe n'eût été que dégénera/n-e .

» Celte distinction est sans doute fondée pour les cas où on l'a admise ; mais on a eu, tout au moins, le tort de vouloir la généraliser tro|i hâtivement. Elle est loin d'être toujours justifiée : plusieurs exemples cités par MM. Guignard, Balbiani, Lœwit, etc., montrent qu'il existe une amitose franchement régénérative et à la suite de laquelle les éléments sont aptes à se multiplier. Mes recherches m'ont présenté des faits analogues.

» Il en est du dualisme qu'on s'est efforcé de créer entre les deux formes de division comme de l'antagonisme cju'on a voulu proclamer entre le noyau et le protoplasma de la cellule. Les deux modes de cytodiérèse (dont l'intime parenté s'affirme si nettement chez les Infusoires) concourent au même but, de même que les organes de la cellule assurent les divers actes de sa vie. Ce qu'on doit reconnaître en eux, c'est la fraternité et l'harmonie, non la lutte et l'antinomie.

» Telle est la conclusion à laquelle m'ont conduit mes études sur l'amilose, observée dans les conditions précitées; mais, en môme temps, se succèdent de nombreux actes de division mitotique, dont l'analyse n'est pas moins digne d'attention; j'espère l'établir dans une prochaine Communication. »

ZOOLOGIE. — Sur les Annèlides recueillis par les expéditions du Travailleur et du Talisman. Note de M. Louis Houle, présentée par M. Milne- Edwards.

« M. Milne-Edwards a bien voulu me confier l'étude de ces animaux. Les es|)èces de ces Annèlides sont au nombre de quatorze. Une seule d'entre elles appartient;! la section des Sédentaires; elle entre dans le genre Vcrmilia. Toutes les autres sont libres.

» Sept de ces espèces sont connues et décrites. Elles font partie des genres Letmonice (L. filicornis^, Polynoe {T. synophthalma^, Eunice [E. Gûnneri), Lumbriconereis (L. ■ Lalreillei), Hyalinccia (f/. tubicola), Tyrrhena (7". atlantica), Syllis (S. setubalensis).

» Les autres formes sont nouvelles. Cinq, parmi elles, se placent dans des genres connus : Aphrodite (A. perarmata), Polynoe (^P. microphthahnn), Ilarmnthoe (H. Talisnumi), Ilyalinecia {H. Edwardsi), Vermilia (V. falcigera). Les deux dernières possèdent des caractères assez importants pour

( ii67 ) motiver la création de groupements génériques, destinés à les contenir, avec plusieurs espèces déjà décrites. L'un de ceux-ci est le genre Aphroditella, dont les particularités principales ressemblent à celles des vraies Aphrodite, mais dont les soies ventrales sont pectinées, comme leurs correspondantes des Letmonice. L'autre constitue le genre Lelmonicella, semblable au genre Letmonice, avec cette différence que le corps se recouvre d'un mince et complet tégument dorsal. Ces deux types, satellites des genres importants Aphrodite et Letmonice, établissent entre ces derniers une transition des plus nettes.

)) Ces espèces diffèrent grandement entre elles, quant au nombre des individus recueillis. Sans doute (du moins est-il permis de le présumer), leurs qualités en ce sens représentent, avec une approximation suffisante, ce qui se passe dans la nature. Les exemplaires les plus abondants, et de beaucoup, appartiennent à deux espèces : Eunice GUnneri et Hyalinecia lubicola. La première, décrite â plusieurs reprises sous différents noms (£". amphiheliœ, E. Jloridana, E. philocorallia). vit en commensalisrae sur deux polypiers calcaires, communs dans les grandes profondeurs, le Lophohelia proliféra et X Amphihelia ocidala. La seconde, malgré des variations (le taille d'une certaine amplituile, offre, dans ses caractères, une assez grande constance pour n'être point démembrée; chacun de ses représentants habite un tube corné, cylindrique, ouvert aux deux bouts, semblable à une plume d'oie, qu'il se produit lui-même. Peut-être la manière efficace dont ces animaux arrivent à se protéger, soit en se faisant des loges avec des polypiers calcaires, soit en s'abritant dans des tubes résistants, mais assez légers pour permettre les déplacements, explique-t-elle leur grande ybondance.

» Quant à leur distribution en profontleur, la plupart des espèces, recueillies au cours de ces dragages, ont été prises entre Soo™ et 2 000™ ; elles demeurent cantonnées à ces niveaux ou s'en écartent peu. Pourtant l'une, littorale d'habitude [Lwnhriconereis Latreillei), a été trouvée par 400™; une autre, la LetmoniceUa spinosissima, l'a été vers 99". Lu Hyalinecia tubicola remonte jusqu'à 40'" et 3o'". En revanche, la Hyalinecia Edwardsi ïui capturée par 4255™; c'est, parmi les espèces d'Annélides d'eau profonde, l'une des mieux établies à cet égard.

M En ce qui concerne leur extension géographique, presque toutes ces espèces sont propres à la moitié septentrionale de l'océan Atlantique. Seules, les deux qui se font remarquer par leur abondance comme nombre d'individus (^Eunice Gunneri at Hyalinecia tulncola) ont également une ré-

Page 1