‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 278 sur 425 · C. R., 1898, 1" Semestre. (T. GXXVI, N° 17.) l'^S · texte numérisé non relu

C. R., 1898, 1" Semestre. (T. GXXVI, N° 17.) l'^S

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rompus dans leur évolution par la mort du sujet. Les uns et les autres passent presque inaperçus si le sujet est doué d'une forte immunité; il en est de même si l'on introduit sous la peau un mélange à proportions convenables de toxine et de sérum antidiphtérique. Hors des conditions précitées, c'est-à-dire quand le sujet présente non pas une résistance absolue, mais seulement une résistance plus ou moins grande à la toxine, ou bien lorsque cette dernière n'a pas été associée à une quantité suffisante de sérum, les effets locaux continuent leur évolution tandis que les effets généraux s'évanouissent : à l'œdème chaud et diffus du début, accompagné de lymphangite, succède un œdème dur, limité par des bords saillants sur les parties voisines, au centre duquel apjjarait une aire nécrosée qui se détache peu à peu naturellement ou sous l'action de la langue ou des dents de l'animal, laissant à sa place une plaie ulcéreuse plus ou moins profonde.

» On dirait que la toxine possède deux propriétés distinctes, séparées et analysées en quelque sorte par le sérum antidiphtérique : une propriété toxique et une nécrosante. En réalité, le sérum ne les analyse pas, puisque, à dose convenable, il les supprime tout à fait. L'évolution du pouvoir nécrosant in loco est donc purement et simplement l'indice d'une immunisation imparfaite.

» Or, à dose égale, le sérum antidiphtérique atténue plus ou moins les effets locaux suivant la voie choisie ou le mode adopté pour l'introduire dans l'organisme.

» Les expériences qui m'ont permis de faire cette constatation peuvent être poursuivies sur le cobaye et sur le lapin; mais c'est sur le chien qu'elles donnent les résultats les plus nets.

» La toxine employée tuait le cobaye en deux jours à la dose de 5 gouttes. Le sérum opposé à la toxine était tantôt un sérum récent immunisant 5oooo fois son poids, "tantôt un sérum datant de deux ans qui, à l'origine, immunisait aussi 5oooo fois son poids.

M Prenons donc quatre sujets de l'espèce canine et, a])rès les avoir pesés, injectons à chacun d'eux, à la face interne de la cuisse gauche, o'^^'',5 de toxine par kilogramme de poids vif. Le n° 1 sera pris comme témoin. Aux n"* 2, 3 et 4, on fera immédiatement une injection de sérum, à raison de i'^'^ par kilogramme; sur le n" 2, le sérum sera poussé dans la veine jugulaire; sur le n" 3, dans le péritoine; sur le n° 4, dans le tissu conjonctif sous-cutané de la cuisse droite.

» Prenons enfin un cinquième chien et injectons, dans le tissu conjonctif

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soiis-ciitané de la cuisse gauche, un mélange fait in vitro de loxine et de sérum, à raison de o", j de la première et i'^'' du second par kilogramme de poids vif.

« Des différences ne tardent pas à se manifester dans les suites de ces injections.

» Le lendemain, le sujet témoin présente une forte hyperthermie tandis que les autres chiens accusent une légère élévation de la température. Tous sont tristes à des degrés divers, sauf le chien avant reçu le sérum dans la jugulaire dont la gaîté et l'entrain ne laissent rien à désirer. Le chien témoin marche à trois jambes, les n°' 3, 4 et 5 boitent très légèrement.

» La cuisse inoculée avec la toxine est chaude, douloureuse, tuméfiée chez le témoin; elle est le siège d'un œdème notable chez le chien qui a reçu le sérum dans un autre point du tissu conjonctif, peu marqué chez, les chiens n"^ 4 et 5, nul sur le chien qui a reçu le sérum dans le sang.

)) Au point où le sérum a été introduit dans le tissu conjonctif, la réaction est insignifiante.

» Le surlendemain, pendant que l'état général du témoin s'aggrave, celui des autres chiens est plus satisfaisant que la veille. Quant aux troubles locaux, ils s'accentuent sur le témoin, disparaissent sur les n°* 2, 3 et 5, et prennent des caractères particuliers sur le n° 4. Sur cet animal qui, nous le répétons, a reçu la toxine et le sérum dans des points différents du tissu conjonctif, la tuméfaction causée par la première de ces substances s'élargit, augmente de consistance, tend à se délimiter par des bords nets et perd une partie de la sensibilité douloureuse du premier jour.

M Le troisième jour, le témoin est mort. Localement, il présente un œdème rouge étendu jusqu'à l'extrémité du membre et infdtrédans l'épaisseur des muscles de la face interne de la cuisse, une violente congestion des ganglions lymphatiques inguinaux, et les lésions gastro-intestinales classiques. Les chiens 2, 3 et 5 sont guéris; leur température est normale; Its minimes effets locaux ont disparu. Sur le chien n" 4, la tuméfaction du membre se circonscrit de plus en plus au point inoculé. A ce niveau, le derme est parsemé de suflusions sanguines; les poils tombent; l'animal éprouve probablement une sensation d'irritation ou de démangeaison qui l'invite à y porter la langue ou les dents. Des phénomènes de mortification s'établissent peu à peu et un beau jour on se trouve en présence d'une plaie circulaire, à bords nets, dont le fond offre une superbe teinte rosée. Cette plaie se cicatrise lentement. .\u bout d'une quinzaine de jours, de trois semaines au plus, la guérison est complète.

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» Tel est le type d'une expérience. Il se reproduira avec la même régularité sur le chien, parfois avec moins de netteté sur le lapin et le cobaye.

» En résumé, quand le sérum antidiphtérique est administré séparément, son action antitoxique complète est au maximum s'il est introduit dans le sang, au minimum s'il est introduit dans le tissu conjonctif. La voie péritonéale semble un peu moins favorable au développement de l'action antitoxique que la voie sanguine.

» L'introduction du sérum dans le sang équivaut au mélange préalable du sérum et de la toxine.

» Il paraît légitime de déduire des expériences précitées que le sérum antidiphtérique atteint plus facilement les effets généraux que les effets locaux de la toxine. Conséquemment, dans la lutte contre les effets locaux de certains produits microbiens, il n'est pas indifférent d'adopter telle ou telle voie pour faire pénétrer le sérum thérapeutique dans l'organisme. »

NOMINATIONS

L'Académie procède, par la voie du scrutin, à la nomination de Commissions de prix chargées de juger les concours de 1898. Le dépouillement des scrutins donne les résultats suivants :

Prix Barbier. — MM. Bouchard, Chatin, Guyon, Guignard, Lannelongue.

Prix Lallemand. — MM. Bouchard, Marey, Ranvier, Potain, Milne- Edwards.

Prix du baron Larrey. — MM. Guyon, Lannelongue, Bouchard, Potain, Marey.

Prix liellion. — MM. Bouchard, Potain, Brouardel, Guyon, Lannelongue.

Prix Megc. — MM. Bouchard, Potain, Guyon, Brouardel, Lannelongue.

Prix Monlyon (^Physiologie expérimentale). — MM. Marey, Bouchard, Chauveau, Duclaux, Potain.

Prix Philipeaux {Physiologie expérimentale). — MM. Marey, d'Arsonval, Bouchard, Chauveau, Ranvier.

Prix Montyon (Arts insalubres). — MM. Armand Gautier. Troost. Schlœsing, Moissan, Friedel.

( ii83 ) Prix Tremonl. — MM. J. Bertrand, Berthelot, Fave, Sarrau, Cornu. Prix Gegner.— MM. J. Bertrand, Berthelot, Hermite, Darboux, Mascart.

CORRESPOXDAIVCE.

M. le Secrétaire PERPÉTUEt, signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, un Ouvrage de M. L. de Launay sur « Les diamants du Cap ». (Présenté par M. Moissan.)

GÉOMÉTRIE. — Sur les congruences rectilignes. yote de ]M. C. Guichard, présentée par M. Darboux.

« J'ai montré (voir ma Xote sur le problème de M. Bonnet) que toute congruence O, conjuguée à un réseau C, est formée par les normales de réseaux I (réseaux qui sont parallèles aux lignes de courbure d'une surface isolhermique). Je vais établir qu'inversement les normales d'un réseau I forment une congruence R.

» Soit

le déterminant orthogonal qui correspond à un réseau I. On aura

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