‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 301 sur 425 · C. R., i8cj8, I" Semestre. (T. CXXVI, N · texte numérisé non relu

C. R., i8cj8, I" Semestre. (T. CXXVI, N

stitiient (les /«'('«■'/«/("//r* extrêmement sensibles, même à s;rande distance, de courants induits.

» 'Le poste récepteur que j'ai l'honneur de présenter comprend les mêmes organes mais avec des dispositifs qui me sont personnels. La figure cicontre montre l'ensemble des appareils fixés sur un support unique.

)) En Br se trouve le radioconducteiir Branly avec son frappeur automatique F. Mon modèle ne comporte pas de tube de verre et les cylindres intérieurs, entre lesquels se trouve la limaille métallique, sont réglables. L'action de l'air extérieur sur la limaille est évitée dans la construction de ce tube spécial. Ainsi que l'a indiqué M. Popoff, il est nécessaire de mettre en communication une des électrodes du radioconducteur avec un fil vertical fixé sur un mât: l'autre électrode est mise à la terre. Ces conducteurs forment capacité électrique.

» Notre relais sensible, mis dans le circuit du radioconducteur, est en R. Il est à' armatures polarisées ])lacées sur un axe horizontal, et équilibrées. Ce relais commande un enregistreur télégraphique à signaux Morse M; mais mon modèle est automatique et c'est surtout en vue de son application à la télégraphie hertzienne que j'ai réalisé ce dispositif qui a une réelle importance. Il est évident que le récepteur Morse, par suite de la sensibilité du radioconducteur Br, recevra toutes les ondes électriques susceptibles d'agir sur le tube à limaille Br : que ces ondes soient d'origine atmosphérique ou qu'elles soient lancées à distance par un oscillateur-transmetteur, ou par toute autre source, elles agiront sur une sonnerie d'appel S placée près ou loin du récepteur, et il faudra un employé télégraphiste en permanence pour faire dérouler le morse à chaque appel et l'arrêter ensuite lorsque les ondes cessent de se manifester.

» En rendant le morse automatique, je supprime la présence obligatoire du télégraphiste pour la réception des signaux. Seul, de lui-même, le morse fait dérouler son papier dès qu'un appel se fait entendre et il s'arrête également de lui-même dès que ces ondes cessent. Un espace blanc sépare chaque dépêche ou chaque réception d'ondes.

» Pour la télégraphie ordinaire et surtout pour celle hertzienne l'importance de cette application ne peut échapper aux expérimentateurs.

» Les signaux lancés dans l'espace se font par successions d'émissions d'ondes, par longues et par bièves, qui constituent les signaux conventionnels à transmettre. '>

ÉLECïRICITF . — Sur la conductibilité électrique des solutions de permanganate de potassium. Note de M. G. Bredig.

« A la page 1020 du Tome CXXYI des Comptes rendus M. Legrand déclare ne pas avoir trouvé dans la littérature de données numériques sur la conductibilité des solutions de KMnO*. Je crois pouvoir dire ici qu'il y a quelques années déjà j'ai fait des mesures de cette espèce, les résultats ont été publiés dans la Zeitschrift fur physikalische Chemie, t. XII, p. 233 (1894); t. XIII, p. 217 (1894). ^IM. Franke et Lovcn ont fait également des recherches analogues : voir la même Revue, t. XVI, p. ^-S (iSqS) et l. XVII, p. 376 (iSgSY »

M. lé Secrétaire perpétuel fait remarquer que la conductibilité des dissolutions de permanganate de potassium a été mesurée en 1884 par M. Bouty pour des concentrations de j^^, j~ et ^^ [Sur la conductibilité électrique des dissolutions salines très étendues (Annales de Chimie et de Physique, 6'= série, t. III; p. 446, 1884)].

PHYSIQUE DU GLOBE. — Effets des attractions solaire et lunaire sur l'atmosphère. Exemple de l'application des formules. Xote de [NI. A. Poixcaré, présentée par ^I. jMascart.

« Appliquons les formules de la variation de la pression ( ' ) à la latitude 1 = -i- 60°, la déclinaison solaire étant ± 20° (été ou hiver), le méridien pris pour origine étant toujours celui du Soleil au moment de la phase.

') On trouve, pour l'effet uniforme de l'attraclion solaire :

- = S'(± 0,87 X 0,34 •+- o,5o X 0,94 cos y.) 2 = S'(± o,3o + 0,47 ces a.),

(') Voir Comptes rendus, n°^ 14 et 16 (4 et 18 avril 1898). Même légende. Les valeurs de 2, ou diminution de la pression, sont données aux pages io54 et io55.

soit au méridien d'origine, et à midi et minuit dudit :

Midi. Minuit.

En été +0,778' — 0,178'

En hiver +0,178' —0,778'

» Le premier terme du coefficient de S', ou terme en sinus, est l'efFet moyen du progrès de la saison sur le parallèle. Le second terme, ou terme en cosinus, correspond à la rotation terrestre ; les écarts sur la moyenne du parallèle, en la durée du jour, y sont donnés par une sinusoïde, établie avec le rayon 0,478' sur l'abscisse à la hauteur ± o,3o S'. On a l'onde développée en reportant ces écarts sur le développement du parallèle.

» Il faudrait ajouter « l'onde d'échauffement » , spéciale et variable, laquelle peut être déduite de la comparaison de la sinusoïde avec la variation barométrique diurne du lieu et de la saison.

» Pour l'action lunaire, on a

à NL i; =: jy (o , 87 sin Sl + 0 , 5o ces Ôl ces a )

à PQ S = L'(o,87 sin 8l — o,5o ces 3^ sin a)

à PL - = L' (o , 87 si n 8l — o , 5o ces o^ ces a )

à DQ i; := L'(o,27 sin Ol + o,5o cos S^ ces a)

« Si l'on néglige le déplacement du méridien d'origine et qu'on le prenne arbitrairement, on a, en appelant ç l'angle (en sens inverse) du méridien de la Lune avec ce méridien arbitraire, la formule générale a|)proximative

1 = L'[o,87 sin S, + o,5o cos Sl cos (a — cp)].

» Le terme en sinus correspond à l'effet, sur la moyenne barométrique du parallèle, du progrès de la révolution tropique au moment où la déclinaison est S, . I^es écarts à cette moyenne, ou plutôt à la spire sinusoïdale 0,87 sin Sl» sont, pendant la rotation, donnés par une pseudo-sinusoïde, où le rapport du rayon à employer à la longueur du parallèle parcouru varie avec la valeur absolue de la déclinaison lunaire (').

(') La définilion géoméu-ique de la courbe seiaii difficile et sa représentation analytique compliquée.

En somme, il y a dans l'onde lunaire : Une forme générale en ondulation simple, résultant dti fait (jue Faction instantanée

change de signe d'un côté du globe à l'autre; Des modifications continues commandées par les différentes révolutions lunaires, de

durées incommensurables entre elles et avec celle de la rotation terrestre, niodifica-

» On aurait, approximativement, sur un point quelconque du parallèle, à midi et minuit du lieu, la déclinaison lunaire étant ± 20" :

A midi. A minuit.

S ^ L'(± o,3o + 0,47 cos •.;), £ ^ L'(± o,3o — 0,47 cosç).

» Et, en combinant les attractions des deux astres.

Midi.

Au jour de XL S = (S'-l- L')(±o,3o-i- 0,4-)

.. de PL 2=:±o,3o(S'h-L')+o,47(S'— L')

.Minuit.

Au jour de NL S = (S'-h L')(± o,3o — 0,4;)

» de PL S = ±o,3o(S'-f-L')H-o,47(L'— S')

» Soit, pour Sg et S^ égales toutes deux à 4- 20,

Midi. Minuit.

Au jourde NL. .. S = 0,77(8' -r- L') S = — o, 17(8'-^ L')

» de PL . . . S:=o,77S' — o,i7L' S = o,77L' — 0,178'

et pour ^5 et S^ égales à — 20°

Au jour de NX. .. S = b, 17 (S'h- L') S = — 0,77 (8'^ L')

» de PL . . . 2:^0,178' — 0,77 L' ï: = o,i7L' — 0,778'

» On voit qu'à cette latitude :

» Pour une déclinaison de ■+- 20° aux deux astres

à NL, la baisse barométrique sous les deux astres est plus forte que la

hausse à l'opposé, dans le rapport de 77 à 17; à PL, la baisse barométrique, de part et d'autre sous chacun des deux

astres, est relativement plus forte que la hausse aux opposés, dans le

même rapport ;

» Pour une déclinaison commune de — 20° à NL, c'est la hausse à l'opposé qui dépasse la baisse au passage dans la

même proportion ; à PL, il y a le même renversement dans les valeurs des baisses et des

hausses.

tiens telles, par conséquent, que malgré leur rapidité et leur diversité elles ne peuvent jamais ramener londe à ce qu'elle était à un moment donné. De plus, ces modifications incessantes, ainsi que les reliefs du globe, produisent des cumulations compliquées.

Ce qu'il faut étudier, répétons-le, ce sont les lois des variations et des cumulations afTérentes à chaque révolution.

» Remarquer, en parliculier, qu'à la déclinaison — 20" el à minuit, la hausse est encore augmentée, à une telle latitude, jjar l'onde d'écliaulTement, ou, pour parler plus clairement, par le refroidissement nocturne.

» Les formules employées n'ont sans doute de nouveau que la signification attribuée aux effets de S' et de I/, d'après l'étude des observations simultanées et dès le commencement, déjà lointain, de cette Etude.

» La présente esquisse d'application fait ressortir, une fois de plus, l'importance capitale de la latitude du lieu et de la déclinaison de l'astre, le coefficient de la moyenne par parallèle allant, avec l'élévation en latitude, de o à la valeur positive ou négative du sinus de la déclinaison, et celui de l'écart de la sinusoïde allant de la valeur du cosinus à o.

» Qu'on me permette de le dire, il ne faut chercher ni à faire tourner sur le globe des choses qui ne tournent pas, comme un effet identique sur tous les méridiens, ou comme une onde interrompue par le relief, ni à commander le calme à quelque chose qui tourne, comme l'air autour des centres de pression ou de dépression. »

CHIMIE MINÉRALE. — Sur l'iodure de gluciaiwn ( ' ). Note de M. P. Lebeac, présentée par M. Henri Moissan.

« Wohler (^) puis Debray (') ont indiqué la formation d'un iodure de glucinium dans- l'action de l'iode sur le métal. Ils décrivent ce composé comme étant un sublimé blanc, très volatil suivant l'un, moins volatil que le chlorure suivant l'autre. Aucun travail n'a été publié depuis concernant l'étude de ce corps. La préparation du métal semble d'ailleurs avoir été un obstacle suffisant pour empêcher de nouvelles recherches.

» Nous avons pu, en étudiant les propriétés du carbure de glucinium, trouver un procédé nous permettant d'obtenir facilement et en notable quantité un composé cristallisé et défini d'iode et de glucinium. I^a vapeur d'iode entraînée par un courant d'hydrogène ou mieux l'acide iodhydrique sec attaque en effet le carbure de glucinium vers 700"^ en produisant un iodure de glucinium très pur.

( ' ) Travail fait au laboratoire des Hautes Études de M. Moissan à l'École supérieure de Pharmacie.

(2) WÔHLER, Pogg. Ann., t. XllI; 1828.

(') Debray, Ann. de Cliini. et de J'/iys., 3" série, t. XLIV, p. 24; i855.

» Pour préparer facilement cet iodure, on dispose un tube de verre de Bohême de 20""" ou 22°"° de diamètre sur une petite grille à analyse. Ce tube doit avoir une longueur égale à deux fois celle de la grille. Le carbure de glucinium j)ulvérisé (5^''' à G^"") est placé dans une nacelle de porcelaine ou dans le tube même. On fait passer un courant de gaz iodhvdrique puis l'on chauffe au rouge cerise. L'attaque (!u carbure se produit d'une façon régulière, l'iodure distille et se condense dans la partie froide du tube en un feutrage de cristaux.

» Lorsque le carbure est bien pur, on obtient de suite un iodure parfaitement blanc que l'on recueille dans un récipient rempli de gaz carbonique sec. S'il est coloré en jaune par une petite quantité d'iodure de fer, il suffit de le sublimer dans un courant d'acide carbonique sec : l'iodure de fer est entraîné dès le début et l'iodure de glucinium se sublime ensuite en très beaux cristaux.

M L'analyse nous a montré que ce corps répond à la formule GIF ou Gl-P suivant que l'on prend pour poids atomique du glucinium le nombre q,o8 ou bien i3,8 :

Calculé

pour GIF.

Iode pour 100 ....

Gluoinium

» L'iodure de glucinium se présente en cristaux incolores très altérables à l'air humide. Sa densité à i5" est très voisine de 4,20. Il fond vers 5 10" et se sublime déjà notablement avant de fondre. Sa température d'ébuUition est comprise entre 585" et 595". Il sera donc vraisemblablement facile de déterminer sa densité de vapeur. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet. L'iodure de glucinium est insoluble dans la benzine, le toluène, l'essence de térébenthine, et légèrement soluble dans le sulfure de carbone.

» L'eau réagit violemment sur l'iodure de glucinium en donnant un iodure hydraté soluble. Cette propriété rend le maniement de ce corps un peu délicat, la moindre trace d'eau le décomposant partiellement. Fondu, il est beaucoup moins altérable, aussi est-ce sous cette forme que nous avons étudié ses principales propriétés.

» Il distille dans un courant d'hydrogène sec sans altération. Le chlore et le brome le décomposent en donnant les composés correspondants avec mise en liberté d'iode. Le fluor l'attaque en produisant des fluorures d'iode et de glucinium.

» Le fluor et le chlore agissent à froid avec incandescence.

» Le cyanogène réagit sur l'iodure de glncinium au-dessous du rouçe et donne une matière blanche moins volatile produisant avec l'eau une solution limpide présentant les caractères d'un cyanure. On n'avait pu jusqu'à ce jour obtenir de combinaison cyanée du glucinium.

» Chauffé dans l'oxygène, l'iodure de glucinium prend feu au-dessous du rouge. Sa vapeur brûle au contact de l'air. Le soufre le transforme en sulfure fixe au rouge vif et décomposable par l'eau.

» Cette expérience met bien en évidence la formation d'un composé sulfuré du glucinium. On sait que Debray et Fremv ont indiqué qu'ils n'avaient pu préparer de sulfure de glucinium en employant les méthodes ordinaires.

» Dans un courant d'azote l'iodure distille sans changer de composition et d'aspect. La vapeur de phosphore, au contraire, le détruit et fournit une combinaison de phosphore et de glucinium.

» Le sodium réduit l'iodure de glucinium vers -(-3jo°; le potassium et le lithium réagissent aussi avec incandescence vers la même température. Il se forme des iodures alcalins et du glucinium. Le magnésium donne, vers 45o°, de l'iodure de magnésium et du glucinium. Cette réaction est importante. L'aluminium, l'argent, le cuivre et le mercure sont sans action audessous de la température de ramollissement du verre.

« L'hydrogène sulfuré ne réagit pas à la température ordinaire. Si l'on chauffe légèrement, il se forme de l'acide iodhydrique et il reste une substance blanche fixe analogue au sulfure obtenu par l'action du soufre.

» Le gaz ammoniac est absorbé à froid très rapidement et donne une poudre blanche beaucoup moins altérable que l'iodure et répondant d'après nos analyses à la formule aGlP. 3AzH\ En chauffant légèrement il se produit une nouvelle absorption d'ammoniac et la substance fond en un liquide incolore cristallisant par refroidissement. Un contact prolongé donne également naissance à un corps plus riche en ammoniac.

» L'iodure de glucinium réagit sur un grand nombre de composés organiques.

» Il se dissout dans les alcools bien privés d'eau sans échauffement notable. Avec l'alcool absolu on obtient un composé cristallin. Avec l'éther il produit aussi une combinaison un peu solubledans un excès d'éther.

» Il ne réagit pointa froid, comme l'iodure d'aluminium, sur le tétrachlorure de carbone. Il est également sans action sur le chlorure C^Cl*. L'anhydride acétique, le chloral anhydre et un très grand nombre de composés organiques oxygénés donnent des réactions énergiques.

( '--'tS )

» Enfin les ammoniaques composées et les bases organi([iies, notamment l'aniline et la pyridine, produisent avec l'iodure de gluciniuni des combinaisons cristallisées.

» Conclusions. — En résumé, par l'action de l'acide iodlivdrique sur le carbure de glucinium nous avons obtenu un iodure de formule GlP en beaux cristaux transparents. Ce nouvel iodure est très actif, il réagit sur un grand nombre de corps et pourra servir à préparer avec facilité de nouveaux composés du glucinium tels que le phosphure, le sulfure et le cyanure. Il s'unit aussi avec facilité aux composés organiques. »

CHIMIE ANALYTIQUE. — Sur la présence naturelle de grandes froportiuns de chlorure de potassium et de chlorure de bodium dans le jus des raisins et dans les vins des régions salées de t'Oranic. Note de [M. Edmond Bo.xjea.v, présentée par M. Moissan.

« Au mois de septembre 1897 nous avons été chargé, par le Comité consultatif d'hygiène publique, d'une mission dans la province d'Oran afin de recueillir sur place des raisins et des vins de provenance authentique et de décider, par l'analyse, si réellement des vins de cette région peuvent contenir naturellement plus de o^', 607 de chlore combiné par litre (ce qui représente i^'' de chlorure de sodium).

» En France ce fait était contesté et la loi ( ' ) considérait comme falsifiés et poursuivait comme tels les vins qui renfermaient plus de o»'',(Jo7 de chlore. En Algérie on soutenait que des vins absolument purs de certaines régions renfermaient naturellement des proportions beaucoup plus considérables de chlore.

» Au cours de notre enquête dans les régions situées sur les bords des lacs salés de rOranie : Misserghin, Bou-Ya-Cor, QuaLre-Chemius, Saint- Cloud, La Senia, nous avons prélevé avec tous les soins et garanties voulus des raisins sur pieds et sur tredles, et des vins eu cours de fermentation. Des moûts fermentes furent préparés avec ces raisins.

» Contrairement à ce qui est admis, les vignes résistent dans ces terrains saumàtres en moyenne huit à dix ans et donnent un rendement moyen de 70''' à l'hectare.

» Le chlore a été rigoureusement dosé en prenant la précaution indis-

(') Loi du II juillet 1891, article 2.

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