‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 310 sur 425 · C. B., 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, .\ 18.) I · texte numérisé non relu

C. B., 1898, I" Semestre. (T. CXXVI, .\ 18.) I

» Ce bacille résiste à la dessiccation et à une chaleur sèche de loo". Il se cultive bien à des températures comprises entre 25° et 3^°. Nous l'avons ensemencé dans le milieu minéral peptoné suivant :

Sulfate d'ammoniaque 4 >7'

Sulfate de magnésie o, lo

Phosphate de potasse -. . . 0,75

Peplone Collas 10,00

Eau 1000,00

dans lequel nous avons ajouté divers éléments hydrocarbonés, tels que glucose, lévulose, mannite, tartre, et l'examen des liquides a été effectué un mois après l'ensemencement.

» Les résidtats obtenus ont été les suivants :

Glucose Lévulose Glycérine Mannite

20 pour 1000. 20 pour 1000. lopouriooo. lopouriooo.

Elément consommé pour loo 3o 90 60 »

Acidité totale 1 '1904 3,3oo o,448 0,941

» volatile > en KOII pour tooo. 0,280 i,388 o,364 0,112

» fixe ) 1,552 1,730 0,084 0,776

Acide carbonique pour 1000 0,048 0,072 o,o38 0,021

» acétique » 0,1 65 o,5i4 0,073 0,100

» butyrique » 0,017 o,625 0,267 néant

M Dans les mêmes milieux additionnés de carbonate de chaux, les proportions d'acides ont été notablement plus fortes et le goût amer très prononcé :

Glucose. Lévulose. Glycérine. .Mannite.

.\cidité volatile ) ,-^,, o,44o 2,800 0,761 0,661

^ en kOH pour 1000. . ^, „ „„ ,.,

)' lixe \ ^ 1,600 2,o3o o,ob8 0,042

» Dans ces essais, les acides volatils ont été caractérisés par la méthode de Duclaux. Nous n'avons pas trouvé d'alcools par l'emploi du comptegouttes de Duclaux. L'acide lactique a été nettement caractérisé par la forme cristalline du lactate de zinc dans les cas du glucose et du lévulose. Quanta l'acide succinique nous n'en avons trouvé dans aucun cas.

» Nous avons observé la diminution d'une petite quantité de tartre dans le milieu additionné de cet élément, après quinze jours d'ensemencement.

» Les analyses de deux parties du même vin stérilisé, dont l'une avait été ensemencée avec notre bacille, ont donné les résultats suivants, six mois environ après l'ensemencement :

Témoin. Vlii rendu anicr.

Alcool pour loo en volume 'o,4 io,6

Sucre réducteur en glucose par litre. ... 3,32 2,80

Tartre • 3.43 i , 3o

Glycérine 7,5o 4>8o

Acidité totale en S0*11- 3, 92 6,61

)) volatile en C'H'O- 1 ,o3 2)57

» fixe en SO- H' 2,89 3,38

.ammoniaque 0,008 o,o37

Nature des acides volatils acétique acétique, butyrique

» » fixes succinique succinique

» Comme le prévoyait M. Duclaux, le bacille de l'amertimie porte donc son action de préférence sur la ghcérine en donnant lien à la production dans le vin des acides acétique et butyrique. Dans le cas où l'on trouverait de l'acide lactique dans un vin amer, celui-ci résulterait de l'action du bacille sur le glucose. Il se forme également de l'acide carbonique et de l'ammoniaque. Quant au tartre, nous avons obtenu une diminution faible dans nos cultures, mais notable dans le vin : nous pensons donc que, si cette diminution n'est pas aussi considérable que dans la maladie dite de la tourne, elle existe néanmoins dans celle de l'amerlume. Nous nous efforcerons, par de nouveaux essais, à préciser ce point, sur lequel MM. Pasteur, Vergnette-Lamothe et Glenard n'ont pas été d'accord. »

PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Palho génie et histogenèse du cancer (maladie parasitaire). Note de M. F.-J. Bosc, présentée par yi. Bouchard.

u Dans nos précédentes Notes, nous ay^ons montré qu'il existe dans les cancers des formations anormales dont la morphologie, l'étude des colorations, de la structure, du siège et de la répartition dans les tumeurs, l'existence de cycles évolutifs, constituaient les preuves de la nature organisée, vivante, de l'origine exogène et de la condition parasitaire.

» La possibilité d'obtenir des cultures de ces organismes constitue une nouvelle preuve à l'appui de ces conclusions.

» Dans les cultures faites sur du sang rendu incoagulable par l'extrait de sangsue avec des raclages ou de petits fragments de cancers déjà examinés au point de vue des formes parasitaires, nous avons suivi le développement hors des cellules de formes très variées, aboutissant à l'apparition d'abondantes formes sporiques fragiles et enfin à la pullulation de formes de petite taille. Malheureusement, malgré tous nos efforts,

nous n'avons pu arriver à obtenir des ensemencemenls en série, c"esl-à-dire des cultures pures.

» Ces parasites appartiennent à la classe des sporozoaires. C'est ce que nous montre l'examen des tumeurs spontanées chez des animaux porteurs de sporozoaires bien connues (poisson, lapin) et la comparaison entre les diverses espèces de sporozoaires saprophytes (coccidies, grégarines, gymnosporées, myxosporidies) et les parasites du cancer. IjCS colorations, la structure, l'évolution dans les cellules, les cycles évolutifs sont comparables; dans les deux cas, on constate un dimorphisme évolutif non douteux dont les stades asporulés nous expliquent les infections aiguës chez les animaux et les poussées aiguës de certaines tumeurs, chez l'homme.

M Les sporozoaires développés dans les cancers doivent en être considérés comme les agents pathogènes. Leur constance, leur nombre, leur répartition dans la zone d'accroissement, le rapport qui existe entre l'évolution de la tumeur et le cycle évolutif prédominant, sont déjà des preuves de valeur considérable.

» Une preuve d'ordre expérimental et de caractère plus précis nous est fournie par Y inoculation des tumeurs qui renferment des parasites. Les expériences que nous avons faites avec Vedel nous ont montré que les tumeurs spontanées à sporozoaires connus (lapin) sont inoculables; que les tumeurs animales malignes à parasite indéterminé sont également inoculables, du rat au rat (Hanau, Morau), du chien au chien (Wehr); que les tumeurs humaines peuvent être inoculées au cobaye et au chien (trois cas de sarcome mélanique inoculé au cobaye et trois cas de cancer humain inoculé dans le péritoine de chiens avec généralisation au péritoine dans un cas et, dans l'autre, avec noyaux secondaires dans le poumon). Les faits de Hahn et de Cornil montrent, en oulre, que le cancer est inoculable de l'homme à l'homme.

» On peut objecter à ces expériences que la substance inoculée est trop complexe et qu'il est indispensable de reproduire le cancer avec des cultures pures du parasite d'un cancer donné.

» N'ayant pu arriver à obtenir des cultures pures, nous avons tourné la difficulté en inoculant à des animaux des formes de résistance (kystes sporulés) de C. oviforme du lapin, de klossia de l'hélix et de la grégarine du lombric, recueillies aseptiquement.

)> Chez le lapin, l'inoculation de G. oviforme a produit des tumeurs identiques aux tumeurs spontanées ; l'inoculation de klossia dans le péritoine de chiens, de lapins et de cobayes a produit de petites tumeurs disséminées; l'inoculation de spores de la gréga-

fine du lombric dans le sac lymphatique dorsal d'une grenouille amena la formation, en deux mois, d'une tumeur sous-cutanée du volume d'un petit pois. Dans les tumeurs, de structure sarcomateuse, nous avons pu suivre le passage entre la spore, le sporozoïte et les divers types d'inclusions cellulaires. Ces dernières étaient identiques à la fois aux formes évolutives des parasites inoculés et aux inclusions des tumeurs humaines.

» L'histogenèse des tumeurs est singulièrement éclairée par la conception de leur nature parasitaire. L'étude des tumeurs animales nous a montré que l'envahissement d'un épithélium par les parasites amène sa prolifération et l'hypertrophie des éléments cellulaires, mais que l'épithélium peut être détruit par le développement du parasite; ce dernier envahit le tissu conjonctif, de sorte que la néoformation primitivement épithéliale est devenue conjonctive. L'ensemble du processus ne diffère en rien, au point de vue histogénique, de celui que l'on constate dans les tissus clironiquement enflammés.

» Ces notions sont entièrement applicables aux tumeurs humaines :

» Uépithélionie, dû au développement primitif du parasite dans un épithélium, peut se compliquer d'un processus de prolifération conjonctive; le carcinome, dont l'origine est le plus souvent épithéliale, devient, dans la suite de son développement, une tumeur d'origine conjonctive; le sarcome représente une tumeur de type conjonctif.

» Le seul élément spécifique des tumeurs malignes est le parasite; la formation de la tumeur doit être ramenée à un processus d'inflammation banal portant sur un ou plusieurs tissus. La cellule cancéreuse n'a, par elle-même, aucune signification; c'est une cellule parasitée que l'on peut retrouver avec le même aspect dans l'épithé- Home, le carcinome ou le sarcome.

» Les tumeurs cancéreuses ne se différencient des autres processus d'inflammation chronique que par la nature et la vie parasitaire de l'agent causal. Le parasite ne paraît provoquer d'abord que l'hypernutrition de la cellule et il ne la détruit que lentement, en vivant à ses dépens et en comprimant de plus en plus son noyau. Ainsi s'explique la formation de la tumeur, lésion locale à marche lente. Dans les cancers à marche rapide, les formes asporulées dominent et il est probable que les parasites présentent une virulence que nous ne savons pas mesurer. »

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Ramollissement des os parla phloroglucine. Note de M. J.-J. Axdeek.

« En faisant des recherches pharmacologiques comparatives sur les substances congénères : phloroglucine et résorcine, je n'ai trouvé chez la première aucune trace des qualités curatives que possède la seconde, mais j'ai

pu découvrir par contre d'autres qualités; ainsi c'est un adjuvant par excellence pour ramollir le système osseux de n'importe quel Vertébré, beaucoup plus promptement qu'avec tous les autres agents connus. Ce ramollissement s'obtient par la phloroglucine sans attaquer les tissus les plus délicats, ce qui n'est pas le cas chez les autres pour le même temps.

» J'ai présenté les effets obtenus à diverses Sociétés savantes, dont plusieurs membres ont répété mes expériences en suivant mes indications, et ils ont obtenu des résultats qui concordaient avec les miens.

» L'emploi de la phloroglucine en solution aqueuse avec l'acide chlorhydrique a été recommandé en Anatomie générale, mais surtout pour l'emploi commode du microtome, pour la microscopie et la technique microscopique.

» Curieux de savoir si, par cette méthode combinée de décalcination et de ramollissement consécutif par la phloroglucine et l'acide chlorhydrique en solution aqueuse, l'acide carbonique est expulsé en partie ou en totalité, j'ai fait des recherches chimiques d'après les plus nouvelles méthodes et avec les appareils les plus perfectionnés. Elles m'ont démontré qu'après le ramollissement rationnel et complet des os sans changement simultané de leur structure hislique, il ne reste plus trace d'acide carbonique dans la pièce décalcinée, qu'on appelle osséine, après l'emploi de la solution de phloroglucine.

» Cette méthode de ramollissement des os par la solution de phloroglucine n'est applicable qu'aux formations osseuses carbonatées et phosphatées, même en partie à celles des animaux fossiles; elle ne l'est pas pour d'autres combinaisons physico-chimiques, conchyoline, chitine, kératine (l'ivoire et la corne), spongine, spongilline et autres combinaisons où la silice est très prédominante. Il fallait alors tâcher de modifier convenablement la solution de phloroglucine d'après les différentes compositions et constitutions physico-chimiques pour pouvoir ramollir l'endo- et l'exo-squelette des Vertébrés, du plus grand au plus petit animal, de l'éléphant éburnifère au spongille siliceux, de la baleine au plus petit poisson téléostéen. J'y suis parvenu après de longues recherches et j'en ferai l'objet d'une Communication prochaine, car elle est intéressante et utile non seulement aux anatomistes, zoologistes, zootomistes, etc., mais à tous les naturalistes qui s'occupent spécialement du système osseux et de son contenu chez les animaux vertébrés de terre et de mer, vivants ou fossiles. »

( '297 ) M. J. Martt adresse à l'Académie plusieurs Mémoires relatifs à diverses questions d'Astronomie.

La séance est levée à 4 heures un quart. M. B.

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE

Outrages reçus dans la séance du aS avril 1898.

Les diamants du Cap, par L. de Launvy, Ingénieur au Corps des Mines, Professeur à l'Ecole supérieure des Mines. Paris, Baudry et C'*, 1897; t vol. in-8°. (Présenté par M. Moissan.)

lîuUeùn mensuel du Bureau central météorologique de France, publié par E. Mascart, Directeur du Bureau central météorologique. Année iSgS. N°2. Février 1898. Paris, Gauthier-Villars et fils, 1898; i fasc. in-4°.

Rapport général présenté à M. le Ministre de l' Intérieur par l'Académie de Médecine sur les vaccinations et revaccinations pratiquées en France et dans les colonies pendant l' année i8g6. Melun; i vol. in-8°.

Revue des questions scientifiques, publiée par la Société scientifique de Bruxelles. -Deuxième série. Tome XTII. 20 avril 1898. Louvain, J. Thirion, 1898; I vol. in-8''.

Bulletin de l'Académie de Médecine, publié par MM. J. Bergerox, Secrétaire perpétuel, E. Vallin, Secrétaire annuel. N° 16. Séance du 19 avril 1898. Paris, Masson et C''; i fasc. in-S''.

Archives des Sciences physiques et naturelles. Tome V. N° 4. i5 avril 1898. Paris, G. Masson, 1898.

Sur le mouvement des facules solaires, par W. Stratonoff, Astrophysicien à l'observatoire astronomique etpliysique deTachkent. Saint-Pétersbourg, 1897; ' ^^^c,- in-4°.

Anales de la Sociedad espanola de Historia natural. Série II. Tomos I-II- III-IV. Madrid, Fortanet; 6 vol. in-S".

Icônes fungorum ad usum sylloges saccardianœ, adcommodatœ auctore A.-N. Berlese. Phycomyceles, fasciculus I. Patavii, 1898; in-8°.

Atti délia R. Accademia peloritana. Anno XII, 1897-1898. Messina, 1898; 1 vol. iii-8°.

Ouvrages reçus dans la séance du 2 mai 1898.

Annales de Chimie et de Physique, par jMM. Berthelot, Friedel, Mascart, MoissAN. Septième série. Mai 1898. Tome XIV. Paris, Gauthier-Villars et fils, 1898; I vol. in-S".

Annales de l'Institut Pasteur, fondées sous le patronage de M. Pasteur et publiées par M. E. Duclaux, Membre de l'Institut, Professeur à laSorbonne, Directeur de l'Institut Pasteur. Paris, Masson et G'*; i vol. in-S".

Annales agronomiques, publiées sous les auspices du Ministère de l'Agriculture, par M. P. -P. Dehéraik, Membre de l'Institut, Professeur de Physiologie végétale au Muséum d'Histoire naturelle, etc. Tome XXIV. N" 4. 25 avril 1898. Paris, Masson et C'^

Revue générale de Botanique, dirigée par M. Gastoîi Bonnier, Membre de l'Institut, Professeur de Botanique à la Sorbonne. Tome X. Livraison du i5 avril 1898. Paris, Paul Dupont, 1898; i fasc. in-8°.

Prosper Demontzey, par P. Carrière, Conservateur des Forêts. (Extrait de la Revue des Eaux et Forêts du i" avril 1898.) i broch. in-8°. (Envoi de ]y|me Demontzey.)

La dualité et i homographie dans le triangle et le tétraèdre, par L. Ripert, ancien Elève de l'Ecole Polytechnique, etc. Paris, Gauthier-Villars et fils, '1898; I broch. in-8°.

Recueil des travaux du Comité consultatif d'hygiène publique de France et des actes officiels de l'Administration sanitaire. Tome XXVI. Année 1896. Melun, 1897; I vol. in-8°.

Revue des Pyrénées (^France méridionale, Espagne), dirigée par le D'' F. Garrigou. Tome X. 1898. I" livraison. Toulouse, D. Privât; i vol. in-8''.

Un précurseur lyonnais du système métrique, par Auguste Blexon. Lyon, Mougin-Rusand, 1898; i broch. gr. in~8°. (Hommage de l'auteur.)

Annales de la Société royale malacologique de Belgique. Années i8g3-i894- 1896. Bruxelles, P. Weissembruch; i vol. iïi-S**.

COMPTES RENDUS

DES SÉANCES

DE L'ACADÉMIE DES SCIEiNCES.

PRÉSIDENCE DE M. WOLF

MEMOIRES ET COMMUIVICATIONS

DES MEMBRES ET DES CORRESPONDANTS DE L'ACADÉMIE

CHIMIE. — Méthode pour reconnaître et doser l'oxyde de carbone en présence des traces de gaz carbures de l'air; par M. Armand Gactieu.

« Dans une Communication précédente ( ' ), j'ai montré que l'anhydride iodique transforme totalement en acide carbonique, dès 60°, l'oxyde de carbone qui peut être mélangé à l'air, et lors même que celui-ci ne contient qu'un trois cent millième de son volume, et moins encore, de ce gaz. Aux doses déjà très faibles de ^^^ et jj^ les dosages sont concordants : pour chaque centimètre cube de CO il se fait un volume égal de CO- et il dégage 2'"'''', 268 d'iode. J'ai dit comment on pouvait doser volumétriquement, avec exactitude, l'acide carbonique résultant de cette réaction. Mais la mesure en poids de L'iode mis simultanément en liberté est plus facile encore en raison de l'avidité très remarquable du cuivre pour ce métalloïde, circonstance qui permet de recueillir sous un petit volume, et de peser dans des conditions très précises, la totalité de l'iode dilué dans un très grand volume d'air. C'est ce que nous allons essayer d'établir d'abord.

(') Voir Comptes rendus, t. CXXVI, p. gSo. Voir aussi les Notes antérieures, ibid., p. 793 et 871.

G. R., 1S98, 1" Semestre. (T. CXXVl. N» 19.)

( I 3oo )

» Pour une détermination d'oxyde de carbone, l'air, préalablement filtré dans un tube étroit garni de coton de verre, est lavé dans un peu de lessive de potasse, puis passe sur une courte colonne d'hydrate de baryte, et se sèche sur de l'acide phosphorique anhydre ( ' ). Ainsi privé de ses poussières, de ses gaz acides et de son eau, il circule successivement dans deux tubes de verre liés enlre eux sans caoutchouc, grâce à un rodage parfait, et placés à la suite dans une même étuve à air chaud à loo^-ioS". Le premier de ces tubes, d'une longueur de o™,28 et du diamètre d'un gros tube à gaz, est rempli d'anhydride iodique; le second contient une colonne de o™, i8 de cuivre pulvérulent réduit de son oxyde (-).

» Il est facile de montrer que cette petite quantité de cuivre suffit à enlever à l'air qui circule la totalité de l'iode qui peut y exister et quelle que soit, pour ainsi dire, la dilution de la vapeur d'iode.

» C'est ce que les expériences suivantes, prises parmi plusieurs autres bien concordantes, vont établir. Elles démontreront aussi que cette méthode de dosage est sûre et commode dans les cas ordinaires où l'air (ou tout autre gaz inerte) est mélangé de 777^7^, ou plus, d'oxyde de carbone :

Vol. à 0° et 760"" Volume de CO Poids d'iode Augmentation Poids Poids

de CO contenu dans calculé de poids conespondanl correspondant

introduit dans l'air aspiré à correspondant du tube de CO- de CO-

io''S63o d'air. travers l'appareil, au CO aspiré. àcuivro. calculé. recueilli.

9",64(') 6'=%56 lA'^s-'.go i4">s--,82 » »

i^S 06 (*).... csSiS i"S'-,84 i""er,82 i"s'-,6 f's^.ô

(') Je donnerai dans une Note ultérieure les raisons de ce dispositif.

(-) Ce cuivre doit être réduit à. l'hydrogène pur, que l'on remplace, à la fin, par un courant d'acide carbonique sec pendant le refroidissement; sans celte précaution, le cuivre réduit contient une petite proportion d'hydrogène combiné qui peut fausser les résultats. Cet hydrogène ne s'en va qu'un peu avant le rouge.

(') Éléments du calcul. — Mesure de CO : pris 11"=, 80 de CO à H=:757"»',3 et à iS"; volume mesuré. sous la dépression de 112™™ de mercure soulevé; d'où :

ir I j ■ „ . /- ,.~ ..,0 643,8

Volume du gaz a 0° et 760'"™^ i r"^, 8 x „ , ^ =q'^'^,64.

Après introduction du gaz CO dans le llacon vide de ft)''',63, et remplissage par de l'air, on aspire le mélange à travers V-0' et Cu. Hauteur /;, du manomètre du flacon de to''',63 au début, /i,=:37°"" à 12°; Hauteur barométrique H, = 759""" à 12°. Après aspiiation des gaz du flacon, «n a /i,^ 539,5 à i3° et \i^z:= 760""" à iS"; d'où :

Volume de CO aspiré à 0° et 760'"'"= ii'"',8 x —pr-, '■ --,-t X ^ =6",63,

et volume de CO corrigé de la vapeur d'eau ^6""=, 56.

(') Éléments du calcul. — Mêmes valeurs pour les lettres que ci-dessus. Pris i""^,32

( i3oi )

» Ces nombres, très satisfaisants pour les cas ordinaires, pourraient cependant, lorsqu'il s'agit de retrouver des traces seulement d'oxvde de carbone dans l'air, laisser encore quelque inquiétude en raison des faibles différences observées; on pourrait être porté à croire que, lorsque, grâce à l'absorption par le métal de la presque totalité des vapeurs d'iode de l'air circulant, celles-ci ont été amenées à un degré de dilution extrême, ces traces d'iode peuvent échapper à l'action du cuivre. Pour bien éclaircir ce point, j'ai, dans plusieurs de ces expériences, ajouté à la suite du tube à cuivre un tube garni de lessive de potasse destinée à arrêter les dernières traces d'iode. Dans un cas, j'ai fait circuler lentement, en huit heures environ, à traA'crs tout l'appareil, lo'" d'air contenant assez d'oxyde de carbone pour donner près de i5"^ d'iode. I.e cuivre placé à la suite de l'anhydride iodiqueen arrêtait la majeure partie; ce qui pouvait lui échapper se dissolvait dans la potasse. J'ai essayé de doser cette seconde quantité au moyen de la méthode de Rabourdin, modifiée de façon à retirer les moindres quantités d'iode (' ). J'ai trouvé :

Iode arrêté par le cuivre i4™=S 72

Iode pouvant être passé à travers le cuivre et fixé sur la potasse. Maximum o"'S',oi i { ")

» Il suit de là : 1° que le cuivre réduit absorbe en totalité, à 100°, les

de CO pur mesuré avec une dépression de mercure de 1 12""" à ;3°. H = ^58™™ réduite ào°; /ii=:38°""; 11,;= 762™™ à 0°. Après extraction, AorzrSgi™"" et Ho := 762°"° à 0°; d'où :

Volume de LO aspire = i",32 X . , iz- r =o'^'^,b2

et, après déduction de la vapeur d'eau, volume définitif du CO aspiré =ro''',8i3.

(') Pour doser dans ces conditions les moindres traces d'iode, je sursature la lessive de potasse par de l'acide carbonique en refroidissant et j'épuise à froid et à plusieurs reprises le bicarbonate formé par l'alcool à 85° cent. Dans ces conditions, où il s'agit de très faibles poids d'iode, tout i'iodure, et même l'iodate, se dissolvent dans l'alcool. Ce dissolvant est distillé à faible température, et le résidu, acidulé par SO'H^ étendu, est additionné d'un peu de sulfure de carbone et de nitrite de soude; on agite et l'iode, qui vient colorer le sulfure, est dosé par comparaison avec une liqueur titrée d'iodure, ainsi que le pratique M. Nicloux. *

Il ne faudrait pas, dans cette recherche, substituer la lessive de soude à celle de potasse, I'iodure de sodium étant très dissociable. La potasse emplojée doit être lout à fait exempte d'iode, condition assez difficile à réaliser.

(-) Ce nombre, déjà bien faible, doit être considéré comme trop fort, car j'ai trouvé dans la potasse que j'empjovais une trace d'iode préexistant.

vapeurs d'iode mélangées à l'air, ou du moins tant que celui-ci contient au delà de o^sf^oi d'iode en lolitres ou i™si-par mètre cube d'air; 2° qu'un volume de o"^,oo44 d'oxyde de carbone en 10 litres d'air, quantité qui en passant sur 1-0' met ce poids de o'°k'^,oi d'iode en liberté, peut être apprécié par la pesée du tube à cuivre, pourvu qu'on agisse sur une masse d'air suffisante; or ce volume de o'^'^,oo44 d'oxyde de carbone en 10 litres répond environ au demi-millionième du volume d'air total ( ' ).

» Désormais satisfait de l'exactitude de ma méthode et assuré, ainsi qu'il résulte des nombres précédents, que, quelle que fût pour ainsi dire la dilution de l'oxyde de carbone dans l'air, l'augmentation de poids en milligrammes du tube à cuivre multiplié par o,44i donnait d'une façon précise, en centimètres cubes, le volume de, l'oxyde de carbone préexistant, j'ai pensé pouvoir appliquer ces constatations à la recherche et au dosage de ce gaz et des hydrocarbures réducteurs qui peuvent se trouver dans l'atmosphère.

» Au début je me suis servi d'un aspirateur spécial de io3'",8oo, jaugé à i5°, qui permettait une circulation régulière et une mesure précise des volumes gazeux. L'air passait d'abord sur un filtre en laine de verre tassée qui arrêtait les corps solides en suspension, puis dans deux tubes légèrement inclinés, de o*", 80 de longueur, remplis de perles de verre humectées de potasse caustique pour absorber l'acide carbonique et les autres gaz acides, enfin dans deux tubes desséchants, à acide sulfurique et anhydride phosphorique sur laine de verre. Ainsi privé de CO- et bien sec, l'air arrivait sur la colonne à anhydride iodique suivie du tube à cuivre, l'un et l'autre placés à l'étuve à 100° et dans les conditions ci-dessus dites. Les gaz étaient ensuite reçus, lorsqu'il était nécessaire, dans une série de tubes destinés

(•) Les augmentations de poids du cuivre signalées dans les expériences de contrôle ci-dessus sembleraient accuser une perte d'iode un peu plus grande que celle qu'on recueille dans la potasse. Mais il faut remarquer que l'on a ici admis que l'oxyde de carbone emploj'é était parfaitement pur et sec; or la moindre impureté tend à diminuer le poids de l'iode mis en liberté. Il faut observer aussi que ces expériences ne pourraient donner avec exactitude la limite d'erreur, au moyen des pesées, que si celles-ci sont faites avec toutes les précautions des pesées de haute précision. Dans tous les cas, dans ces expériences, il est nécessaire d'avoir toujours, sur l'un des fléaux de la balance, un tube de même volume, et autant que possible de même forme, que celui à peser; il sert de lare et de compensateur pour corriger les différences de pression et d'étal hygromélrique de l'air pouvant se produire d'une pesée à l'autre. C'est ce que nous avons toujours fail.

à recueillir l'acide carbonique et l'eau produits. Les pesées du tube à cuivre m'ont donné les résultats suivants, que je calcule en oxyde de carbone dans les deux dernières colonnes :

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