CD CO
correspondant correspondant Iode, recueilli calculé exprimé
sur le cuivre en cent, cubes en millionièmes et rapporte pour loo litres du volume
à lOo''' d'air. d'air. de l'air circulant.
Air du laboratoire, mars 1894, temps couvert. 2,8 r.aS 12, 3
Air de la rue de rÉcole-de-Médecine à Paris
(même mois et même temps) 0,3 0,09 0,0
/ Mars 1898. H := -38"°", temps douteux. 0,11 0,048 0,48
-o l Même mois. Alternatives de beau et
>'âl mauvais temps, t = 8° à II" 0,46 0,20 2,0
-5 £ I 23 et 24 mars 1898. H^752™°'. Grains;
^ 03 < assez mauvais temps 2,1 0,93 9,3
= -g 1 26 et 28 mars, beau temps. Passé 80'''
t. '5 1 d'air seulement 0,0 0,0 0,0
■< 4 et 6 avril. Beau temps, H 2=759°"°
\ à 764""". Passé 1 10"' d'air 0,0 0,0 0,0
» Pour des raisons que je discuterai plus tard, les quantités ainsi dosées me paraissent être des minima : il est probable que les réactifs employés pour laver l'air et le purger de ses gaz acides ont dissous une petite quantité des gaz à doser. Mais bien qu'approximatifs, ces dosages d'oxyde de carbone de l'air, et d'une partie des gaz réducteurs neutres qui l'accompagnent ne m'en semblent pas moins intéressants, puisqu'ils fixent, jusqu'à un certain degré, un point de la constitution de l'air (du moins de celui qu'on respire dans les grandes agglomérations urbaines) sur lequel nous n'avions jusqu'ici aucun renseignement. Quoi qu'il en soit, je ne donne ces nombres que pour prendre date et comme fournissant des indications préliminaires encore entachées, sans doute, d'erreurs sensibles.
» L'une de celles qu'il faut se garder de commettre consisterait à regarder l'iode mis en liberté par l'air qui circule sur l'acide iodique comme entièrement dû à l'oxyde de carbone. J'ai déjà établi (') que différents gaz, en particulier les hydrocarbures en C"H-" et CH-""* qui peuvent se trouver dans l'air atmosphérique réduisent, plus ou moins, à ôo^-ioo" l'anhydride iodique, tandis que l'hydrogène et les hydrocarbures saturés n'agissent pas.
(') Voir Comptes rendus, t. CXXVl, p. 936.
( i3o4 ) Il faut donc tenir compte, si l'on veut doser seulement l'oxyde de carbone, de la réduction de l'acide iodique due aux divers gaz qui peuvent l'accompagner, et voici, en dehors des précautions minutieuses de détail sur lesquelles je reviendrai prochainement, le principe de la méthode :
» Le tube contenant l'anhydride iodique est pesé sec après y avoir fait circuler, à 220°, de l'air préalablement séché sur de l'acide phosphorique. Le tube à cuivre également séché est aussi pesé exactement avec toutes les précautions déjà dites. Il est suivi d'un tube à acide phosphorique destiné à doser l'eau formée, puis d'un système de trois tubes à acide phosphorique, hydrate de baryte et acide phosphorique, pesés ensemble, où se recueille l'acide carbonique qui peut se former au contact de I-0^ Une colonne de ponce sulfurique, non pesée, empêche le reflux de l'humidité venue de l'aspirateur. Les tubes à anhydride iodique, à cuivre, à eau et à acide carbonique, doivent être pesés avec des tares en verre de mêmes volumes, et autant que possible de même surface, suspendues à l'un des fléaux de la balance; les décimilligramraes sont appréciés, la balance étant fermée, par la méthode des oscillations.
» Si l'on a fait passer à travers cet appareil 200'" d'air au moins, l'oxyde de carbone tout entier et une partie des hydrocarbures s'y sont oxydés. Il en est résulté de l'acide carbonique et de l'eau que l'on pèse avec soin. Le poids d'oxygène qui leur correspond est facile à calculer. D'autre part la pesée de l'anhydride iodique indique, après l'expérience, une perte de poids qui, diminuée de celle de l'iode fixé sur le cuivre, donne exactement l'oxygène cédé par cet anhydride. Ce poids est, par rapport à celui de l'oxvgène calculé d'après la totalité de l'eau et de l'acide carbonique produits, inférieur de tout celui de l'oxygène apporté par l'oxyde de carbone. Si l'on multiplie cette différence d par le coefficient 1,75 (rapport du poids de l'oxygène O au poids du CO correspondant) on aura le poids de l'oxyde de carbone contenu dans l'air analysé (').
» Telle est la méthode : elle est fondée, il est vrai, sur l'appréciation
(') On pourrait objecter seulement que d'autres corps que CO, contenus peut-être dans l'air en quantité excessivement faible même par rapport aux doses déjà bien petites d'oxyde de carbone, peuvent apporter aussi de l'oxygène. Mais ces corps oxygénés, presque hypothétiques, devraient être volatils pour exister dans l'air. Or je me suis assuré que les vapeurs d'alcool mcthylique, d'aldéhyde et d'acétone ordinaire, mélangées préalablement en petite quantité à l'air que l'on fait circuler ensuite dans la lessive de potasse, l'acide sulfurique et l'acide pliosphorique avant de passer sur l'anhydride iodique, ne donnent aucune augmentation de poids du tube à cuivre.
de différences très petites. Mais, d'une part, rien ne s'oppose à ce que les grandeurs à mesurer augmentent autant qti'on voudra, puisqu'il suffit de faire croître le volume de l'air sur lequel on opère; d'autre part, il s'agit simplement d'apprécier avec exactitude les poids de l'eau et de l'acide carbonique formés dans la réaction, et cette partie de la méthode paraît ne pas offrir de causes sérieuses d'erreur. Je me propose cependant, dans une prochaine Note, de faire connaître les difficultés qui m'ont un certain temps arrêté dans le dosage précis de l'eau et de l'acide carbonique transportés par un grand volume d'air, problème que je croyais, avec tous les chimistes, je pense, déjà résolu d'une façon tout à fait satisfaisante.
» Lorsque l'air et ses gaz combustibles ont circulé sur l'anhydride iodique et que l'oxyde de carbone et une partie des hydrocarbures ont été oxydés, les autres gaz combustibles de l'air s'échappent de l'appareil. Il est possible de les doser et même de les séparer partiellement. Je reviendrai bientôt sur cet intéressant sujet. »
CHIMIE AGRICOLE. — Sur les pertes d'ammoniaque qui accompagnent la fabrication du fumier de ferme ; par M. P. -P. Dehërai.v.
« L'odeur d'ammoniaque qu'on perçoit dans les locaux habités par les animaux de la ferme, particulièrement dans les bergeries, indique qu'une fraction de l'azote contenu dans les déjections se dissipe dans l'atmosphère. Il V a quelques années déjà ('), MM. Mùntz et Girard ont précisé ces pertes à l'aide de la méthode suivante : on pèse avec grand soin la ration consommée par les animaux pendant la durée de l'expérience et l'on détermine l'azote qu'elle renferme. Si, pendant le passage des aliments dans l'organisme, aucune partie de l'azote ne se dégage à l'état libre, on doit retrouver, dans l'augmentation de poids des animaux et dans leurs déjections, tout l'azote ingéré. Or, quand les déjections sont recueillies sur des litières de paille et qu'on dose, à la fin des essais, l'azote contenu dans le fumier produit, qu'on y ajoute l'azote fixé par l'organisme animal, on constate que cette somme est bien inférieure à l'azote des aliments ; il arrive parfois que la déperdition s'élève à la moitié, plus souvent au tiers de l'azote ingéré.
» On estime à 800 millions de francs la valeur du fumier produit chaque
(') Annales agron., t. XIX, p. 5; 1893.
année en France; si cette valeur était augmentée d'un tiers, par la conservation de l'azote actuellement perdu, on voit que la plus-value serait de 2G0 millions environ.
» Pour éviter cette énorme déperdition de matières fertilisantes, on a proposé d'ajouter au fumier accumidé dans la cour de ferme des sulfates de calcium ou de fer, ou encore de répandre sous les animaux des phosphates acides, mais un examen attentif de ces modes de traitement a moutré qu'ils sont impraticables.
» Au moment de reprendre cette importante question, j'ai voulu savoir si le mode de calcul employé par MM. Mûntz et Girard était absolument légitime, si tout l'azote ingéré par les animaux se retrouve dans leurs déjections, quand leur augmentation de poids est nulle ou très faible, et si c'est seulement quand ces déjections, reçues par les litières, séjournent sous les animaux que la perte devient sensible.
» Deux de mes élèves, attachée l'un et l'autre à l'Ecole de Grignon, MM. P. Gay et Dupont, ont exécuté avec grand soin ce travail préliminaire (').
» En recueillant exactement les déjections d'un bélier, les auteurs y ont retrouvé presque entièrement l'azote des aliments ; la perte a été 4 pour 1 00 seulement. Mais quand l'animal a reposé sur une litière de paille, qui a été analysée à la fin des quinze jours d'observation, on a constaté une perte de 22 pour 100 de l'azote ingéré.
» Se dégage-t-il, pendant la fermentation qui amène les matières excrémenlitielles : urée, acide urique, acide hippurique, à l'état de carbonate d'ammoniaque, de l'azote libre? C'est là une question qui est maintenant à l'étude; je ne m'occuperai aujourd'hui que des pertes d'ammoniaque.
» Or, nous avons sur ce sujet des données très intéressantes fournies, il y a quelques années déjà, par MM. BertheloL et André (-). Les auteurs établissent que le carbonate d'ammoniaque se dissocie dans l'eau, et que les deux gaz s'échappent séparément de la dissolution : l'acide carbonique d'abord, l'ammoniaque ensuite et que, d'après leur expression même, c'est « le départ* de l'acide carbonique qui règle celui de l'ammoniaque ».
» En répétant les expériences de MM. Berlhelot et André, j'ai naturellement retrouvé leurs résultats; à l'air libre une dissolution de carbonate (l'ammoniaque perd en trente jours : 78 pour too de son ammoniaque; en
(') Ann. agron., t. XXIV, p. 128; 1898.
(^) Ann. de Chini. et de Phys., 6= série, t. XI, p. 34i;
( i3o7 ) vase clos, en plaçant seulemenl, dans la conserve d'expérience, une capsule à a'cide sulfurique dilué, on trouve qu'après trois jours, 12,1 pour 100 de l'ammoniaque se sont dissipés et 24,2 en huit jours; mais si l'on introduit dans la conserve, en même temps qu'une capsule à acide sulfurique, une capsule à soude caustique pour absorber l'acide carbonique à mesure qu'il s'échappe, on trouve qu'après trois jours la dissolution a perdu 3g,3 de l'ammoniaque primitive et après huit jours 83, i.
» C'est ilonc bien le départ de l'acide carbonique qui règle le dégagement de l'ammoniaque; il était facile d'en déduire que si, au lieu de favoriser ce dégagement d'acide carbonique en l'absorbant à mesure qu'il se diffuse dans l'atmosphère, on l'empêche en introduisant de l'acide carbonique dans les conserves à carbonate d'ammoniaque, les pertes d'ammoniaque se trouveront singulièrement réduites. On a trouvé, en effet, qu'après cinq jours, la dissolution, maintenue dans une atmosphère d'acide carbonique, renfermait encore 99,1 pour 100 de l'ammoniaque primitive.
» Cette expérience est grosse de conséquences pratiques, comme nous allons le voir dans un instant.
)) Il importait, toutefois, avant d'en déduire des règles pour la fabrication régulière du fumier, de s'assurer qu'en opérant sur de l'urine ou de l'urine mélangée ii la paille, on obtiendrait des résultats semblables à ceux que fournit le carbonate d'ammoniaque.
» Quand on expose à l'air libre de l'urine préalablement stérilisée, puis ensemencée avec du crottin de cheval, elle perd en un mois 45 centièmes de son azote primitif; il reste dans le liquide de l'ammoniaque et une certaine quantité d'azote engagé dans une combinaison organique; en vase clos ou dans l'acide carbonique, les pertes se réduisent à 6,6 et à 5,6 pour 100; la fermentation est cependant très avancée, car on ne retrouve à l'état organique que 12 centièmes de l'azote primitif.
M Quand, en vase clos, on absorbe l'ammoniaque à l'aide d'acide sulfurique, on observe que les pertes d'ammoniaque sont assez lentes à se produire : après cinq jours, elles sont encore nulles, bien que déjà 21 centièmes de l'azote primitif soient amenés à l'état d'ammoniaque; après onze jours, la diffusion s'est produite, on trouve dans l'acide sulfurique 19 centièmes de l'azote primitif.
» En opérant encore en vase clos, mais en absorbant à la fois l'acide carbonique et l'ammoniaque, on retrouve après cinq jours, dans l'urine, 97,1 de l'azote primitif, et seulement 48,0 après onze jours. L'urine se comporte donc comme la dissolution de carbonate d'ammoniaque, mais il est