‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 312 sur 425 · C. R., 189S, 1" Semestre. (T. CXXVI, N° 19.) l'jg · texte numérisé non relu

C. R., 189S, 1" Semestre. (T. CXXVI, N° 19.) l'jg

bien à remarquer que la fermentation ammoniacale ne se produit qu'après quelques jours.

)) Si pour imiter ce qui a lieu dans les étables on fait tomber l'urine sur de la paille hachée, et que la proportion de l'urine soit considérable par rapport à celle de la paille : qu'on introduise par exemple 4 d'urine dans I de paille, celle-ci n'est pas capable d'absorber tout le liquide; exposé à l'air un pareil mélange perd pendant l'été (juin 1897) : en deux jours, 58,3 de l'azote primitif, 70 en quatre jours, 72,6 en six jours, et 75,7 en huit jours.

» Dans une ferme pauvre et mal tenue, les litières sont parcimonieusement distribuées et les urines non absorbées restent exposées à l'air; les pertes deviennent énormes; elles diminuent beaucoup quand les litières sont distribuées assez copieusement pour absorber toutes les urines émises ; en huit jours, on a constaté une perte de 7,2 pour 100 de l'azote primitif, quand le l'apport de la paille à l'urine a été i.

)) Pour bien montrer que ce mélange de paille et d'urine se comportait comme l'urine isolée ou le carbonate d'ammoniaque, on a opéré en vase clos, mais en absorbant l'acide carbonique par la soude caustique, et l'ammoniaque par l'acide sulfurique. Après trois jours, il y avait déjà 690"^'' d'acide carbonique dans la soude et seulement 21™^' d'azote ammoniacal dans l'acide sulfurique, ce qui correspond à 7,9 pour 100 de l'azote primitif; on a trouvé ensuite que les quantités d'azote échappées du fumier s'élevaient à 3 1, 5 en six jours, 52,6 en huit et 59,7 en douze.

)i Tout au contraire, si l'on place le mélange de paille et d'urine dans une atmosphère d'acide carbonique, on retrouve dans le fumier tout l'azote introduit, bien qu'une grande partie ait passé à l'état d'ammoniaque. L'urine fermente donc dans une atmosphère d'acide carbonique, mais toute l'ammoniaque formée reste dans le liquide et ne se diffuse pas dans l'atmosphère.

» Or, j'ai montré, il y a plusieurs années, que lorsque le fumier est bien tassé sur la plate-forme, comme nous le faisons à l'École de Grignon, la fermentation y est très active et l'atmosphère intérieure très chargée d'acide carbonique ('). Sa présence empêche la diffusion de l'ammoniaque, et si l'on entraîne, à l'aide d'un aspirateur, cette atmosphère au travers d'acide sulfurique titré, on ne constate aucun dégagement d'ammoniaque.

« Il ne se produit donc dans un fumier en pleine fermentation aucune

(') An/), agron., t. X, p. 385; 1884.

( i3o9 ) perle d'ammoniaque. Toutes les additions capables d'arrêter la fermentation sont nuisibles; les arrosages fréquents avec le purin sont au contraire très avantageux.

» Les faits précédents prouvent clairement que les pertes se produisent non pas dans le fumier réuni en tas dans la cour de ferme, mais bien dans les étables ou bergeries quand les litières salies séjournent sous les animaux; en enlevant ces litières tous les jours, pour les conduire à la plate-forme, on écartera la déperdition de l'ammoniaque, car la fermentation ne commencera à se produire que lorsque les litières seront déjà recouvertes et par suite plongées dans une atmosphère d'acide carbonique.

)) Toutefois, si les litières ne sont pas abondantes, une partie des urines s'écoule dans les rigoles; elles ne doivent pas y rester, il faut laver à grande eau et diriger les liquides vers la fosse à purin où arrivent également les égouttements du fumier.

» Ce purin est recueilli dans une fosse qui communique avec l'air; l'atmosphère renferme de l'acide carbonique, mais pas d'ammoniaque. Si même on tait passer un courant d'air au travers du purin, pendant plusieurs jours, et que l'on analyse l'air qui a barboté dans le liquide, on y h'ouve de l'acide carbonique et pas d'ammoniaque.

» En comparant la composition du purin, après le passage de l'air, à ce qu'elle était au début, on trouve que l'ammoniaque n'a pas varié, mais que l'acide carbonique a augmenté; la combustion de la matière organique y est donc constante, et l'excès d'acide carbonique formé empêche la déperdition de l'ammoniaque.

» Si, dans beaucoup d'exploitations bien tenues, on change très souvent les litières dans les étables ou les écuries, on ne cure au contraire les bergeries qu'à de longs intervalles : une fois par mois, par exemple; c'est là une habitude à laquelle il faudra renoncer; elle entraîne des pertes d'ammoniaque considérables et exerce souvent une influence fâcheuse sur la santé des animaux.

» Eu résumé, les règles à suivre pour éviter les pertes d'ammoniaque pendant la fabrication du fumier sont très simples :

i> 1° Conduire les litières salies sur la plate-forme, le plus souvent possible : tous les jours, par exemple;

» 2° Laver les rigoles de façon à ne pas y laisser séjourner les urines;

" 3° Arroser souvent le fumier avec le purin, de façon à y déterminer

( l'iio )

une fermentation active; la production constante de l'acide carbonique, dans la masse bien tassée, s'oppose absolument à la diffusion de l'ammoniaque. »

ÉCONOMIE RURALE. — Recherches sur le développement progressif de la grappe de raisin. Note de MM. Aimé Girard et Lixdet.

« L'étude que nous avons faite en iSgS et 1894 (') sur la composition des raisins des différents cépages de France nous a engagés en 1895 à rechercher les transformations successives que la grappe subit dans ses différentes parties avant d'atteindre la maturité, c'est-à-dire l'état où nous l'avions examinée précédemment.

» Pour donner aux résultats un caractère aussi général que possible, nous avons soumis à la même analyse et simultanément des raisins de trois cépages différents, nettement caractérisés, et provenant de régions différentes aussi : des raisins iVAramon (Hérault), des raisins de Petil-Verdol (Gironde), des raisins de /'moKVoj"/"(Saône-et-Loire). Nous avons pu faire des raisins de chacun de ces cépages cinq analyses successives, espacées d'une quinzaine de jours. Les échantillons ont toujours été choisis et expédiés avec le plus grand soin par trois des viticulteurs qui nous avaient déjà prêté leur concours en 1893, M. Crassous, M. G. Roy, M. E. Petiot, auxquels nous adressons nos vifs remercîments. Les chiffres que nous donnons ici ne sont relatifs qu'au cépage Aramon; les autres résultats, ainsi que les détails des recherches, devant être publiés très prochainement dans le Bulletin du Ministère de l' Agriculture.

y> l. La rafle, qui soutient les grains, n'est pas sujette au même accroissement que ceux-ci; quelle que soit la maturité du raisin, les rafles de grappe moyenne, c'est-à-dire celles qui portent le même nombre de grains, présentent des poids sensiblement égaux.

» Aussi, doit-on s'attendre à ce que la composition chimique de ces rafles varie dans de faibles limites, et les seules différences que l'on constate tiennent, d'une part, à ce que la rafle se dessèche au cours de la maturation, d'autre part, à ce que la poussée vers le grain des matériaux éla-

(') Comptes rendus, t. CXXI, p. 182, et Bulletin du Ministère de l'Agriculture, p. 694; iSyo.

( i3ii )

bores par les feuilles et les racines est plus ou moins active, ainsi que le Tableau ci-dessous permet de le juger.

i3 juillet. 29 juillet. 10 août. 26 août. 9 septembre.

Eau 90,24 81,61 80, 65 80,16 74,53

' Sucres non dosés. non dosés. 5,52 '4>9i Ai 00

^ I Bitartrate de potasse. .. . 10, 86 6,4i 5, 21 5,69 8,87

■jj I Acide tarlrique libre. .. . néant. néant. o,o5 0,10 0,28

"i ' T nnin S "°'™^' '°'^^ ^'"^^ ^'^^ ^'^9 ^'^^

g / I anhjdride 7)'4 4)02 3,46 4j83 5,87

§" I Matières azotées non dosées. 5,43 4)i8 6,45 4>94

„ I Celluloses non dosées. 4i>65 44» i3 45, 5i 4'>6i

a 1 Matières minérales ('). . non dosées. 7,22 7,13 non dosées. 8,59

"~ Matières non dosées » » 26,46 » 27, o3

» Cette inégalité dans la circulation à travers la rafle, dont il a été parlé plus haut, fait varier la proportion des sucres réducteurs entre des limites très éloignées ; cette proportion est naturellement plus forte au moment de la véraison, comme si, dirigée vers cette pulpe qui ne peut la loger assez vite, la matière sucrée s'arrêtait en attente dans le canal d'alimentation que la rafle constitue.

» Les variations que la rafle subit dans la teneur de ses éléments acides suivent la même loi. La quantité de ces éléments acides (et spécialement la quantité de tartre) y diminue pendant que le grain mûrit. La production des acides se ralentit et ne compense plus les quantités qui s'accumulent dans le grain.

» Mais les autres éléments, les matières azotées, les matières ligneuses, les cendres se présentent en quantité constante, quelle que soit l'époque de la cueillette.

» Nous avons repris en iSgS l'étude, que nous avons ébauchée en 1894, d'un produit brun, de goût âpre, auquel nous avions donné le nom très impropre de matière résineuse. Cette matière appartient à la classe des phlobaphénes, et si l'on adopte l'opinion d'Etti, elle doit être considérée comme l'anhydride du tannin que les rafles renferment. Nous l'avons extraite de plusieurs façons, mais de préférence en faisant macérer les rafles dans l'éther à 53°, en évaporant dans le vide froid la couche hydro-

(') Déduction faite du carbonate de potasse des rafles.

alcoolique que la diéthéralyse délermine et précipitant par l'eau le sirop obtenu ; le phlobapliéne égoulté, puis séché sur l'acide sulfurique dans le vide, est une poudre brune, très peu soluble dans l'eau froide, plus soluble dans l'eau bouillante, soluble dans l'alcool et l'éther, soluble dans les alcalis et précipitable par les acides, soluble dans le tannin, précipitable par l'eau de brome, le chlorure de sodium, d'ammonium, etc. Il donne une coloration verte avec les sels de fer, précipite l'albumine et la gélatine, fournit de l'acide protocatéchique par l'action de la potasse fondante. Il offre donc les mêmes propriétés et, soumis d'ailleurs à l'analyse organique, il donne les mêmes chiffres de carbone (17,35 et 07, 85) et d'hydrogène (4,71 et 4>75) que le phlobaphène qu'Elti a retiré des écorces de chêne et des cônes de houblon.

)- Le dosage du tannin et du phlobaphène nous a monti'é un fait physiologique intéressant : c'est que ces deux matières se rencontrent souvent dans les rafles formant une somme constante; si un abaissement vient à se produire dans la teneur en tannin, il est compensé par la teneur en phlobaphène; le phénomène inverse a lieu, et il n'est pas téméraire de voir dans le tannin normal la forme de vovage des matériaux de cet ordre, et, dans son anhydride, leur forme de réserve.

» II. Des trois parties dont le grain est formé, la pulpe seule augmente de poids pendant la maturation; la peau et les pépins ne semblent pas contribuer à l'accroissement de ce grain. Le Tableau suivant indique le poids de peaux, de pépins et de pulpe, que renferment 100 grains de raisin Aramon :

ij juillet. 'i|juillet. 10 août. jG août. ij septembre.

g,. „|. gr gr gr

Peaux 24, 10 23, 10 37)5o 27,20 28,69

Pépins. 6,80 9>25 SjQS 8,00 7)'i

Pulpe 87,10 202,70 288, 5o 364, 80 4ï4)2o

Poids de 100 grains 118,00 235, o5 824,90 4oo,oo 45o,oo

» Le poids des peaux reste constant; le poids des pépins s'abaisse, au moment de la maturité; seul, le poids de pulpe s'accroît avec une étonnante rapidité.

» Cependant, chacune des parties constituantes du grain, même quand son poids semble rester stationnaire, est le siège de transformations intéressantes, et ce sont ces transformations, subies par l'un de nos raisins, l'Aramou, que résume le Tableau suivant, où h s chiffres expriment les

quantités de matériaux accumulés dans la pulpe, les peaux et les pépins de loo grains de raisin :

iSjiiillet. 29Juillet. loaoùt. 26aoùt. 9 sept. %' ZT ffr fr jr

I Sucres réducteurs o.43 2.19 i5,56 35,98 37,07

Bitartrate de potasse o,4i 0,86 i,63 1,68 2,34

Acide tarlrique libre o,3i i,oi 0,80 o,44 0,22

« ^" ' Acide malique ) ( 3,65 4,39 2,08 1,99

S 2 1 Acides autres (') (''9^ j ^ ^5 ^gg ^^^^ ^^^3

Page 1