C. K., 1S9S. i" Semestre. {T. CWVI. N
( i548 ) lien du tissu cicatriciel, recouvert par le deltoïde atrophié et ramassé vers son attache humérale. Malgré un appareil prothétique qui soutenait le coude et le fixait contre le tronc, le malade ne pouvait se servir de son bras pour un travail manuel quelconque, bien que les contractions de la main et des doigts pussent s'exécuter avec force dans ces conditions. C'est alors que je pensai à établir une articulation entre la clavicule et le bout flottant de l'humérus. Voici les détails essentiels sur l'origine de la lésion et les moyens par lesquels j'ai pu y remédier :
1) Il s'agissait d'un homme âgé de quarante-huit ans en iSgS, qui avait été blessé au siège de Metz, en 1870, d'un coup de feu à l'épaule. La plaie mit sept mois à se cicatriser; la guérison arriva après l'élimination de plusieurs esquilles; jusqu'en i883 la plaie resta fermée; mais à ce moment elle se rouvrit. Pour tarir la suppuration on dut faire, en 1884, la résection de la tète humérale; en i885, la résection d'une partie de l'omoplate et, en 1890, l'ablation du reste de cet os sous lequel on trouva un fragment de balle. La suppuration cessa alors, mais le membre ne put reprendre ses fonctions, et, comme il n'y avait pas eu de reproduction osseuse, le fragment inférieur de l'iiumérus resta flottant et s'écarta de plus en plus de la clavicule à laquelle il était uni, seulement en avant, par quelques faisceaux musculaires trop faibles pour s'opposer à l'action de la pesanteur. 11 en résulta alors une déformation dont les photographies que je mets sous les yeux de l'Académie donnent seules une idée exacte.
» Je vis ce malade pour la première fois en iSgS, et, après quelques essais infructueux de prothèse, je pris le parti de fixer l'humérus à la clavicule et d'entourer les extrémités rapprochées de ces deux os de ce qui restait des muscles scapulaires. L'opération fut pratiquée le 28 décembre 1893. J'eus beaucoup de peine à dégager le bout de l'humérus des tissus cicatriciels qui l'entouraient. Cette extrémité atrophiée se terminait en pointe. Je dus en retrancher 12™"" à iS™" dans le but d'avoir une surface assez large pour être adpatée à la face inférieure de la clavicule que j'avais préalablement avivée, en écartant le périoste en avant et en arrière. Je conservai d'autre part la gaine périostique de la portion de l'humérus que je dus réséquer, et non seulement je mis en rapport les surfaces osseuses, mais les portions périostiques, afin d'augmenter la solidité de la soudure. Je fixai l'humérus à la clavicule par deux anses de fil de platine qui sont encore en place. Si j'avais obtenu une soudure osseuse (ce quej'avais espéré au début), les mouvements se seraient passés dans l'articulation sterno-claviculaire; mais la soudure est restée fibreuse et l'humérus, quoique en rapport exact avec la clavicule, jouit de mouvements assez étendus dans tous les sens, et surtout dans le sens antéro-postérieur.
» Je me préoccupai tout particulièrement de la reconstilutiou des attaches musculaires; je dégageai le delto'ide de ses adhérences cicatricielles et je le suturai en plusieurs points au trapèze, de manière à en former un muscle digastrique. Et là où le trapèze manquait, se perdant dans les cicatrices confuses ou n'étant pas abordable, je fixai le deltoïde au périoste et aux couches fibreuses parostales recouvrant l'extrémité saillante de la clavicule. Je rétablis, en outre, autant que possible, en les rapprochant par la suture, les rapports des autres muscles scapulaires, de manière à doter les nou-
relies articulations d'une musculature rappelant celle de l'articulation scapuloiuimérale.
)) L'opération date aujourd'hui de quatre ans et demi, et voici quel en a été le résultat :
» Malgré les délabrements que je dus faire pour retrouver les extrémités osseuses et les débris musculaires confondus au milieu du tissu cicatriciel, les suites opératoires furent très simples : pas de température; le premier pansement ne se fit qu'au dixhuitième jour. Le membre fut maintenu immobilisé par une attelle plâtrée pendant quatre mois, puis laissé en liberté. A ce moment on pouvait croire à une sjnoslose entre les deux os suturés, mais bientôt il s'établit une certaine mobilité qui alla en augmentant à mesure que le malade se servait de son membre, et, aujourd'hui, il y a une véritable articulation solide et activement mobile, mobile surtout dans le sens antéro-postérieur. Les fils métalliques n'ont pas été enlevés, bien qu'ils ne supportent plus l'humérus relié à la clavicule par d'épais trousseaux fibreux; mais tant qu'ils n'occasionnent ni douleur ni inflammation, il n'v a pas d'inconvénient à les laisser en place. Les deux os sont tellement bien fixés que l'opéré peut soulever de terre les mêmes poids que du côté opposé; il est devenu beaucoup plus fort de l'avant-bras, et, pour le bras, il exécute des mouvements énergiques d'abduction parfaitement explicables par la réinsertion du deltoïde sur la clavicule, tout autour de son extrémité externe.
» Grâce au poids du bras qui lui est immédiatement attaché, la clavicule s'est abaissée et se trouve aujourd'hui au niveau de celle du côté opposé. La dépression sous-claviculaire est remplacée par un relief deltoïdien très marqué. Malgré les cicatrices qui sillonnent le nouveau moignon de l'épaule en avant et en arrière, on sent se contracter, dans les divers mouvements, les muscles scapulaires, dont l'action est cependant très affaiblie, à cause des suppurations antérieures; mais cependant, grâce à leur réinsertion sur l'extrémité humérale, ces muscles contribuent aux mouvements utiles que le bras peut exécuter.
« En résumé, grâce à la néarthrose qui s'est établie entre la clavicule et l'humérus, la situation de notre opéré s'est considérablement améliorée au point de vue orthopédique et fonctionnel. Le moignon de l'épaule a été reconstitué. Les muscles réinsérés (le deltoïde en particulier) agissent efficacement sur la néarthrose. Depuis l'opération le sujet n'a plu; eu besoin d'appareil de prothèse, et il se sert de son membre pour tous les usages de la vie. 11 porte la main sur la tête, sur l'épaule droite, en arrière sur la fesse droite, croise les bras, etc., autant de mouvements qu'il ne pouvait faire avant l'opération que nous lui avons pratiquée.
» Nous avons pu donc établir, entre l'extrémité externe de la clavicnle et riiumèrus privé de son renflement supérieur, une néarthrose régulièrement constituée, solide et mobile, qui permet au bras de se contracter énergiquement. Au lieu d'une articulation scapulo-humérale, au rétablissement de laquelle on ne pouvait songer à cause de la perte totale de l'omoplate, nous avons une articulation cléido-humérale qui en tient lieu. Grâce à la réinsertion du deltoïde sur la clavicule et à la réimplantation de
ceux fies muscles scapulaires qui n'avaient pas été trop altérés, nous avons autour de cette articulation cléido-humérale approximativement la même musculature qu'autour de l'articulation scapulo-humérale primitive. Une fois réinsérés, ces muscles atrophiés et à peu près sans usages ont plus ou moins repris leur action.
» Le deltoïde surtout, est particulièrement intéressant à ce point de Yue. Ramassé sur lui-même, autour du bout flottant de l'humérus, il a pu être remonté et régulièrement niinséréau jiourtourde l'extrémité saillante de la clavicule. Aussi le moignon de l'épaule s'est-il reformé, et, comme on le voit par la comparaison des photograjjhies représentant le sujet avant et après l'opération, un relief sous-claviculaire a remplacé la dépression profonde qu'on constatait autrefois.
» Ce résultat a été sans doute obtenu en suivant les règles générales pour la formation des néarthroses que j'ai depuis longtemps établies, mais j'ai dû y ajouter un nouveau principe, d'une importance capitale au point de vue fonctionnel : c'est la réinsertion des muscles sur des points favorables à leur action sur la nouvelle articulation. Dans les résections habituelles on n'a qu'à conserver les muscles préexistants; dans les néarthroses créées de toutes pièces, il faut leur trouver d'autres insertions.
» Si, dans le cas présent, je n'avais pas trouvé de point d'ajipui sur la clavicule, j'aurais eu la ressource d'essayer de fixer l'humérus aux côtes correspondantes. Celte néarlhrose costo-humérale eût été sans doute dans des conditions très défavorables. Elle eût permis de donner plus de fixité au bras, mais il eût été impossible de réinsérer les muscles scapulaires dans des conditions favorables à leur action. »
PATHOLOGIE EXPÉRIMENTALE. — Apparition dans le sérum sanguin, sous r influence de produits chimiques, d'une matière capable d'agglutiner le bacille de la tuberculose vraie. Note de M. S. Auloi.vg.
« I. Blachstein, Engels, Malvoz, au cours des deux dernières années, ont observé qu'un ceitain nombre de substances chimiques sont capables d'agglutiner telle ou telle espèce microbienne et de montrer des électivités déterminées à la manière des sérums doués d'un pouvoir agglutinant spécifique.
« Ees faits que j'ai l'honneur de communiquer à l'x'Vcadémie n'ont rien de commun avec les observations des auteurs précités; ils offrent un intérêt d'un autre ordre.
M On admet aujourd'hui que l'apparition et le développement du pouvoir agglutinant du sérum sanguin pour un microbe donné résultent de l'introdiiclion dans l'organisme vivant de produits spécifiques : cultures complètes ou cultures filtrées de ce microbe. Tout récemment, Nicolle exprimait l'opinion courante sous une forme originale en disant que le pouvoir agglutinant est la signature du passage dans l'organisme de la substance agglutinée spécifique (voir Annales de l'Institut Pasteur, mars 1898). Il entend par substance agglutinée spécifique celle qui est mise en grumeaux par la substance agglutinante des sérums et dont l'origine remonte à une vie microbienne antérieure.
» Cette opinion ne peut être rigoureusement admise. De même qu'il existe des substances chimiques qui agglutinent à l'instar de certains sérums; de même, on trouve des substances chimiques qui font apparaître la propriété agglutinante dans le sérum de quelques animaux à l'instar des produits spécifiques.
» II. Dans ma Note du 16 mai i8g8, j'ai montré que le sérum sanguin de la chèvre devenait capable d'agglutiner rapidement et complètement les bacilles de Koch suspendus dans des émulsions homogènes lorsque l'animal avait reçu une série d'injections sous-cutanées de tuberculine ou de bacilles plus ou moins virulents. J'ai montré aussi que l'on pouvait faire naître rapidement cette propriété dans le sang de la chèvre et du lapin à l'aide de quelques injections.
" Or, je viens de m'apercevoir que le sang de la chèvre peut acquérir des propriétés analogues sous l'influence d'injections répétées d'eucalvptol, de gaïacol, de créosote et de liqueur de Mialhe (sublimé corrosif). La liqueur de Mialhe était injectée en nature, le gaïacol, la créosote etl'eucalyptol étaient préalablement incorporés à l'huile d'olive.
" III. Les chèvres qui me fournissent actuellement du sérum agglutinant pour le bacille de Koch sont soumises à ces substances depuis longtemps.
" La chèvre n" 1, en expérience depuis le 6 avril 189G, avait reçu à la date du i*'"' avril dernier, 3536'^'' d'huile créosotée. La chèvre n" 2 soumise aux injections depuis le i4 septembre 1896, avait reçu à la même date 1082™ de liqueur de Mialhe. Les chèvres n"^ 3 et 4, en expérience depuis le i4 avril 1897, avaient absorbé à la même époque : la première 223o'='= d'huile gaïacolée, la deuxième 2485"= d'huile eucalyptolée.
» Les injections ont été graduées, interrompues et reprises de manière à conserver les animaux en bonne santé autant que possible. Je glisserai sur
les effets locaux et généraux de ces injections, afin de ne pas surcharger la présente Note de détails intéressants mais non indispensables, et je passerai aux propriétés acquises par le sérum sous leur influence.
» ly. Le i" avril 1898, je fais une petite saignée aux quatre chèvres et j'obtiens quatre échantillons de sérum.
)) Ces sérums sont essayés, comparativement avec les sérums des chèvres imprégnées de tuberculine et de bacilles de Roch, sur des émulsions homogènes de ce bacille dans la proportion de -^. Tous sont agglutinants.
» Je fais une nouvelle saignée le -20 mai 1898; les nouveaux échantillons de sérum que j'obtiens à ce moment sont aussi agglutinants que ceux du i^'' avril.
» A volume égal, ces sérums agglutinent un peu moins énergiquement que le sérum des chèvres tuberculisées et tnberculinées. La différence, toutefois, est fort légère pour le sérum modifié par des injections de liqueur de Mialhe.
» Si l'on étudie le phénomène de l'agglutination au point de vue de sa rapidité et à celui de sa perfection, les quatre sérums précités ne se rangent pas exactement de la même manière, dans les deux cas.
)) Pour la rapidité de l'agglutination, le classement serait le suivant : 1° sérum modifié par la liqueur de Mialhe; 2° sérum modifié par l'eucalyptol; 3° sérum modifié par le gaïacol; 4° sérum modifié par la créosote. Pour la perfection de l'agglutination, le sérum modifié par le gaïacol passe du troisième au deuxième rang, le sérum modifié par l'eucalvptol passe du deuxième au troisième rang. L'échamtillon le plus actif agglutine bien à~.
» Étant donné que l'on peut comparer entre elles les préparations à l'eucalyptol, au gaïacol et à la créosote dont l'excipient était identique, on reconnaîtra que la créosote entraîne moins facilement que les deux autres corps la formation de la substance agglutinante, puisque la chèvre créosotée se place au dernier rang bien qu'elle ait reçu proportionnellement une plus grande quantité de substance que les chèvres imprégnées de gaïacol et d'eucalyptol.
M V. C'est bien en provoquant une réaction de l'organisme vivant que ces quatre substances chimiques déterminent l'apparition d'une matière agglutinante dans le sang. En effet, si l'on ajoute à des émulsions du bacille de Koch j- ou \ d'une solution aqueuse saturée d'eucalyptol, de gaïacol ou de créosote, ou les mêmes quantités de liqueur de Mialhe, ou ne produit pas d'agglutination. De seize à vingt-quatre heures après le mélange, quelques bacilles se déposent au fond des tubes ni plus ni moins que dans des
tubes témoins. On assiste donc à la création du pouvoir agglutinant par des substances chimiques qui en sont elles-mêmes dépourvues.
» yi. Dès à présent, je ne saurais dire si ces substances détermineraient la même réaction chez des espèces autres que l'espèce caprine, et inliquer la quantité minima nécessaire pour faire naître la propriété agglutinante. Je poursuis des expériences qui me permettront de répondre prochainement, je l'espère, à ces deux questions.
» Pour le moment, je conclurai simplement à la possibilité de faire apparaître dans le sang de la chèvre, par l'emploi de certaines substances chimiques, une matière capable d'agglutiner le bacille de Roch.
M Je ferai remarquer, en outre, que les effets de cette matière sur le bacille de Koch ne diffèrent pas de ceux de la matière agglutinante provoquée par le passage de substances spécifiques dans l'organisme; enfin, que ces substances chimiques sont au nombre de celles que l'on oppose habituellement aux ravages de la tuberculose, sans attacher une grande importance à cette dernière constatation. »
MEMOIRES PRESENTES
MÉCANIQUE APPLIQUÉE. — Sur des appareils d'aviation. Note de ]\I. Ader, présentée par M. Marey.
(Commissaires : MM. Maurice Lévy, Marey, Sarrau.)
« Les appareils d'aviation auxquels je travaille depuis de longues années et que j'appelle avions n'appartiennent pas à la famille des aéroplanes; ils reproduisent comme forme générale l'aile de la chauve-souris.
» Depuis longtemps j'ai observé que les ailes des oiseaux forment, de l'avant à l'arrière, dans le sens de la translation, une spirale caractérisée par l'angle invariable du rayon avec les tangentes menées aux points de la courbe. Celte spirale présente une courbure plus ou moins accentuée, selon la charge des ailes, mais on la retrouve toujours et partout. J'ai donc appliqué à mes appareils ce principe dont ne se départit pas la nature et qui semble être la base fondamentale de l'aviation.
» Les formes que je donne aux charpentes des ailes se rapprochent de celles des chauves-souris. Leurs incurvations d'apparence bizarre sont la conséquence des efforts de directions multiples qu'elles doivent supporter. Ces charpentes sont creuses et faites par un procédé spécial qui me permet
d'obtenir d'elles une très grande rigidité, tout en leur maintenant une légèreté extrême. Elles sont maintenues en position par des tirants en fd d'acier. Les voiles ou membranes qui servent de point d'appui dans l'air sont en étoffe de soie; quelques-unes sont élastiques, d'autres sont sillonnées par de petits tirants logés sur l'étoffe et qui suivent les lignes de force. Les ailes sont articulées en toutes leurs parties et se plient complètement. Pendant l'action du vol, ces ailes ne sont pas battantes, elles restent étendues dans une position de planement; leur translation est obtenue par de puissants et très légers propulseurs; elles sont mobiles à l'épaule et se manœuvrent sans effort de l'intérieur de l'avion.
') La force motrice est fournie par la vapeur. Les machines, taillées dans l'acier, sont à quatre cylindres et à double expansion, avec une admission au cinquième de la course; elles commandent directement un propulseur de quatre branches, rationnellement établi. Le générateur est tubulaire; la vaporisation s'y fait, on peut dire, instantanément; car, toutes issues fermées à la vapeur, la pression accusée par le manomètre monte d'une atmosphère par seconde. Le combustible est approvisionné à l'état liquide ou envoyé vaporisé dans le foyer. Les vapeurs d'échappement se liquéfient dans un condenseur spécial qui ne laisse rien perdre. Le poids total des générateur, machines, condenseur, est d'environ 3'^^ par force de cheval nominal; la machine seule, à son maximum de vitesse et à sa plus grande pression, n'arrive qu'au poids de i""'»' par cheval. Pratiquement, dans l'air, on peut disposer et compter sur une force de traction effective, au bout des propulseurs, variant entre la moitié et le tiers du poids total de la force motrice, combustibles et liquides exceptés.
» Ainsi qu'on le voit, en dehors de l'aviation, cette force motrice est susceptible d'être appliquée aux aérostats dirigeables. Il serait possible, en effet, avec un appareil moteur de looo'^^, d'obtenir une traction permanente de 3oo''*'' à 5oo'~k.
w Le dernier appareil que j'ai construit et avec lequel j'ai exécuté quelques expériences, a environ i5" d'envergure; les ailes sont chargées, selon les poids du conducteur, du combustible et des accessoires, de lo''^ à 2o''8 par mètre carré. Le poids total, sans conducteur ni combustible, est de 258'~K; à charge complète, il atteint 5oo'*k.
» Les roues d'atterrissage qui supportent l'avion sont folles et peuvent prendre toutes les obliquités pendant les manœuvres sur le sol. Il existe, en outre, un gouvernail à l'arrière qui agit isolément.
I) L'appareil est à iloidjle traction; chaque machine commande directe-
ment son propulseur: elles tournent en sens inverse l'une de l'autre et sont complètement indépendantes; il en résulte que les propulseurs servent aussi à la direction de l'appareil. Dans ce but, une barre de £;onvernail commande un régulateur de prise de vapeur appartenant à la machine de gauche et im autre à la machine de droite, de telle sorte que, quand l'un s'ouvre, l'autre se ferme de la même quantité; comme c'est le même générateur qui fournit la pression, la somme d'énergie totale reste constante; la répartition seule de cette énergie est modifiée et l'évolution de l'appareil est obtenue.
» Tel est, dans ses grandes lignes, le dispositif que j'ai l'honneur de soumettre à l'Académie, et sur lequel je vais entreprendre des expériences, dès que les circonstances me les rendront possibles. »
M. Jaime Ferrax soumet au jugement de l'Académie un ^lémoire avant pour litre : « Nouvelles découvertes relatives au bacille de la tuberculose et à la solution expérimentale du problème de la prophvlaxie et de la guérison de cette maladie ».
( Renvoi à la Section de ^Médecine.)
M. MiTOUR adresse un Mémoire intitulé : « Photographie à travers les corps opaques par les ondes électriques statiques unipolaires ».
(Renvoi à la Section de Physique. )
^I. Delahoisse adresse un Mémoire intitulé : " Hvgiène des grandes industries : Porcelaine, Cordonnerie, Couture. »
(Renvoi au concours des Arts insalubres de la fondation Montvon.)
CORRESPO\D.V\CE.
M. Obrctchew, auquel le prix Tchihatchef a été décerné l'an dernier, adresse d'Trkoutsk ses remerciments à l'Académie.
G. R..i»''9S. 1" Semestre. (T. CXWI, N° 22 ) 20Î
GÉOMÉTRIE INFINITÉSIMALE. — Sur les sur/aces à courbure totale constante. Note de M. C. Guicbard, présentée par M. Darboux.
« Appelons réseau T un réseau qui a même représentation sphérique que les lignes de courbure d'une surface à courbure totale constante. Ces réseaux sont des réseaux I; pour leur appliquer les formules de mes précédentes Notes, il faut supposer
A ^ a = coscp, B =^ h ^ sinç.
)) On a alors
dj'/, := p dx/i, k ^ \ , 2, . . ., 5, et, par suite,
(i) yk = p^k-^c/,.
» Des formules (') on déduit
-<^ArA=i. ^ct,.rf, = —p, lcl=i+p-. » Nous distinguerons deux cas :
On peut alors, par une substitution orthogonale, supposer
c, ==C2 = C3 = 0, c^=ic^.
» On aura alors
Xj, + ix- = const.
» Le point A'(j:',a72a73) décrit une surface à courbure totale constante applicable sur la sphère décrite par le point A(x,7.^a., ). Cela revient à considérer le réseau T comme un réseau C.
2° p--i-i^o, Icl^.o.
On peut, par une substitution orthogonale, supposer
c, = Cj = r^ — c, = o, Cj = V F + p- » On aura ensuite