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PRIX MONTYON (PHYSIOLOGIE EXPÉRIMENTALE

(Commissaires : MM. Marey, Bouchard, Duclaux, Potain ; Chauveau, rapporteur.)

Le prix est décerné, par la Commission, à M. Delzenne pour ses travaux sur la coagulation du sang.

L'ensemble des recherches de M. Delzenne, sur la coagulation du sang chez les Vertébrés, lui a permis de formuler cette conclusion : le sang des

( ii3 ) Oiseaux, des Reptiles, des Batraciens et des Poissons offre une remarquable résistance à la coagulation spontanée.

Quand ce sang est recueilli en observant rigoureusement les règles que nécessite l'étude méthodique d'une coagulation spontanée, il reste généralement liquide pendant plusieurs jours.

M. Delzenne a montré que les propriétés coagulantes des tissus, déjà signalées par Wooldrige. d'une part, Schmidt et ses élèves d'autre part, suffisent à expliquer la rapidité avec laquelle se coagule le même sang lorsqu'il est recueilli au niveau d'une plaie. Rien de plus net que les expériences à l'aide desquelles l'auteur démontre l'influence de ces propriétés. La démonstration est surtout saisissante quand on opère sur le sang d'oiseau, qui a toujours passé pour le plus rapidement coagulable de tous les sangs et qui, soustrait au contact direct des plaies vasculaires par lesquelles il s'écoule, conserve pendant plusieurs jours toute sa fluidité, dans les récipients propres et stérilisés où on le recueille. Le sang se coagule au contraire presque instantanément, si ces récipients contiennent la plus faible parcelle d'un tissu quelconque.

L'étude de la coagulation du sang chez les Mammifères, soumise à l'observation rigoureuse des mêmes règles, permet de s'assurer que le sang de ces derniers, quelles que soient les précautions emplovées pour le recueillir à l'abri du contact des tissus, coagule toujours dans un délai qui n'excède guère quinze à vingt minutes.

Il y a donc lieu d'établir une distinction absolue entre la coagulabilité du sang chez les Mammifères et chez les autres Vertébrés. Quelles sont les causes de ces différences? Pour le moment, on ne peut guère répondre à la question qu'en signalant le rapport très étroit qui existe entre la structure histologique des globules rouges et la coagulabilité du sang dans les différentes classes des Vertébrés. Il est, en effet, frappant que la prise en caillot est très rapide chez les Mammifères, animaux dont les globules rouges sont dépourvus de noyau, tandis qu'elle se fait, au contraire, avec une extrême lenteur chez tous les Vertébrés à globules nucléés.

L'influence de la présence du novau ne saurait être contestée, car chez les embrvons de Mammifères au stade du développement qui correspond à l'existence exclusive d'hématies nucléées dans le sang, la coagulation s'effectue suivant le même processus que chez ceux des Vertébrés adultes dont les globules rouges sont pourvus de novau d'une manière permanente.

Une mention honorable est accordée à M. Gocrfeix.

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