C. R., l'^gS, 1" Semestre. (T. C\\VI, .\° 22.) 2o
par l'infusion générale du sang arabe et de ses dérivés, les anatomistes vélérinaires voient le nombre des os du jarret du cheval diminuer.
» Actuellement, l'effeclif de l'École de cavalerie fournit les résultats suivants :
7 os tarsiens sur 2 pour 100 6 os tarsiens sur 86 »
5 os tarsiens sur 12 »
Cette dernière simplification, due, dans les trois quarts des cas, à l'unification complète des cunéiformes, est un progrès tout récent dans la solipédisation de plus en plus complète des Equidés de l'époque actuelle.
» Soudures métacarpienjics noi/nalcs et palJw'ogiques. — Sous le nom de suros, les vétérinaires étudient et traitent une inflammation pathologique des tissus intermétacarpiens, s'accompagnanl de boîterie et déterminant une ossification exubérante du ligament lésé.
» Des rapports de toute nature existent entre les suros et l'ossification normale du ligament intermétacarpien.
» Ces rapports de siège, de succession, d'évolution, de fréquence, de causalité, de finahté, etc., établissent entre le processus pathologique et le processus jxdéontologiqiie des liens si intimes, qu'il est souvent très difficile de différencier leur influence réciproque.
» Le suros n'est qu'une hypertrophie pathologique de l'ossification intermélacarpienne devenue normale chez les Equidés de l'époque actuelle.
« Soudures tarsiennes normales et pathologiques. — Sous les noms d'éparvin, les vétérinaires étudient et traitent une ostéo-arthrite de l'articulation du tarse se compliquant parfois d'exostose.
» Le résultat constant de cette inflammation pathologique est une ankylose des os de la base du tarse, ayant des rapports nombreux et intimes avec les soudures congénitales qui ont réduit le nombre des os tarsiens.
» Ces soudures congénitales et pathologiques ont en effet des analogies de forme et de situation allant jusqu'à la confusion possible. Leur juxtaposition est fréquente. Leur fréquence relative est en concordance marquée dans certains milieux, sur certaines races et particulièrement chez les sujets issus plus ou moins directeoient du pur-sang anglais. Il est impossil)le de nier leur parenté.
» L'éparvin étant une tare vraiment périlleuse pour la conservation de l'espèce, l'homme doit intervenir pour combattre l'hérédité de ces soudures acquises par évolution normale ou altération pathologicjuc.
» C'est peut-être par ces soudures osseuses de l'appareil locomoteur que
le rhei'al qui court le mieux aujourd'hui ne pourra plus, dans un avenir encore très éloigné, conserver cette supériorité et confirmera une fois de pins la loi d'Albert Gaudry en laissant sa place à un tvpe moins étroitement spécialisé : l'épuisement d'un tvpe est, en général, d'autant plus complet que son épanouissement a été plus magnifique »
BOTANIQUE. — "Sf/r /'Acinetospora pusilla et la sexualité fies Tihpteridées. Note de M. C. Sacvageait, présentée par M. Guignard.
« On sait que les Tiloptéridées présentent ce fait, exceptionnel parmi les Phéosporées, de posséder des sporanges monosporés, que l'on appelle généralement des oogones.
)) En 1878, M. Bornet fit connaître une Tiloptéridée méditerranéenne, VEaplospora Vidoi-ichu, en montrant que ses sporanges uniloculaires sont monosporés comme ceux du Tilopteris et de ÏBaplospora, et non remplis de zoospores comme ceux des Eciocarpus. Mais, en 1894, M. Ruckuck a observé chez cette plante, en outre des monosporanges, de vrais sporanges uniloculaires à zoospores, organes inconnus jusqu'alors chez les Tiloptéridées ; ce caractère l'a conduit à créer pour elle le genre Heterospora.
» L'ancien Eciocarpus pusillus. appelé maintenant Acinetospora pusilla. doit aussi être rangé parmi les Tiloptéridées, et il devient la plante du groupe la plus riche en organes reproducteurs. J'ai trouvé à Guétliarv ses sporanges uniloculaires, connus jusqu'à présent par une observation unique de M. Bornet, faite sur des exemplaires conservés dans l'alcool. Ils renferment des éléments qui, comme ceux des sporanges pluriloculaires, présentent tous les intermédiaires entre l'état aplanospore et l'état zoospore, ont approximativement les mêmes dimensions, possèdent aussi plusieurs chromatophores, sont également dépourvus de point rouge et, comme eux, germent sans fécondation. En avril dernier et au commencement de mai, j'ai récolté de nombreuses touffes de cette plante sur lesquelles, en outre des sporanges pluriloculaires et uniloculaires, mais en bien plus grande abondance, se trouvent des monosporanges qui lui donnent son caractère de Tiloptéridée. Ces monosporanges ont la même disposition et la même forme que dans VBeterospora Vidovichii, et celui-ci, par raison de priorité, doit désormais s'appeler Acinetospora Vic/oiic/iii. bien que les sporanges pluriloculaires lui manquent encore pour que le parallélisme soit complet.
» I,a monospore de 1'^. pusilla renferme un seul noyau; elle a bien la structure vacuolaire signalée par M. Reinke, et retrouvée par d'autres auteurs, chez la monospore des Tiioptéridées, que l'on s'accorde à considérer comme une oosphère. Cependant, c'est un organe de multiplication végétative, un propagule, et son caractère asexué entraine la même conséquence pour les autres Tiioptéridées.
» En effet, avant même de sortir du sporange, la monospore est constamnaent pourvue d'une membrane entière, mince, mais très nelle, supprimant toute possibilité de fécondation, exactement comme celle de VA. Vidovichii. De plus, ses dimensions sont plus variables qu'elles ne le sont habituellement chez des oosphères ou même des spores; j'en ai mesuré, par exemple, au moment de la déhiscence, de 76;.;. sur 44> 60 ij. sur 5o, (3oa snr 3^, 36ii. sur 27. Enfin, elles geiment sans fécondation ; leur germination est facile et rapide, et j'ai obtenu un grand nombre de plantules qui, après trois semaines de culture, ont produit de nouveaux monosporanges semblables aux premiers; les monospores obtenues dans les cultures germent à leur tour.
» L'affirmation de la non-sexualité de la monospore étonnera sans doute, car tous les livres classiques de Biologie générale ou de Botanique citent les Tiioptéridées parmi les plantes présentant une différenciation sexuelle bien caractérisée. On pourra objecter que ce n'est là qu'une apparence, due, pour V Acinetospora, à l'absence d'éléments mâles, un cas d'apogamie comparable à ceux bien connus chez d'autres végétaux, les Characéesou les Fougères par exemple. Mais la question est singulièrement plus compliquée quand il s'agit tIesPhéosporées, et l'apogamie ou la parthénogenèse ont déjà été invoquées pour expliquer la germination des zoospores des sporanges pluriloculaires. D'ailleurs, malgré les recherches réitérées des auteurs, la fécondation n'a été jusqu'à présent observée chez aucune Tiloptéridée, et cependant les prétendues oosphères germent constamment (').
» On a bien remarqué, il est vrai, que les monospores des Tiioptéridées, plus anciennement connues, sont tantôt uninucléées, tantôt polynucléées, et l'on a cherché à en conclure que les premières sont des oosphères, les secondes, de vraies spores; il est probable que cette différence tient plutôt à une germination plus ou moins rapide de la monospore. Une obser-
(') C. Sauvageau, Remarques sur la reproduction des Phéosphorécs el, en particulier, des Eclocarpus [Ann. Se. nat., 8" série, t. Il; 1896).
vation récente de M. Brebner à ce sujet prouve définitivement que le Scaphospora est la même plante que ÏHaplospora, comme on le supposait déjà, mais ne nous apprend rien sur la sexualité de la monospore. Je ferai d'aileurs remarquer que la structure particulière de la monospore des Tiloptéridées correspond beaucoup mieux à celle d'une cellule végétative qu'à celle d'un œuf; elle n'est comparable ni à l'oosphère des Fucus, ni à l'oosphère des Cutieria, et, si l'on supposait une cellule végétative de Tiloptéridée dans laquelle le protoplasma plus abondant serait réparti suivant des lames plus nombreuses, on obtiendrait une structure reproduisant celle de la monospore; aussi M. Kuckuck a-t-il constaté la même structure dans la propagule du Choristocarpus et dans celle des Sphacelaria tribuloides et Plumula. Par ses'propagules, le Choristocarpus est intermédiaire entre les Tiloptéridées et les Sphacélariacées; c'est, sous ce rapport, une forme de passage (bien qu'un peu forcée) entre les deux groupes; mais je ferai voir, dans une prochaine Note, que les Sphacelaria ont d'autres points communs avec le Tilopteris.
» Aussi longtemps que les Tiloptéridées ont montré deux sortes d'organes reproducteurs, anthéridies et monosporanges, on pouvait supposer, avec Thuret, que ceux-ci sont des organes femelles; mais il semble actuellement plus naturel de chercher ces derniers parmi les sporanges uniloculaires ou pluriloculaires. Malheureusement, chez les Tiloptéridées qui possèdent des anthéridies, on n'a pas trouvé, jusqu'à présent, les sporanges uniloculaires ou pluriloculaires, et réciproquement; aussi les anthéridies des Tilopteris et de Y Haplospora sont-ils des organes dont le rôle est, pour le moment, problématique. Quoi qu'il en soit, comme on connaît des anthéridies, construites, il est vrai, sur un type différent, chez les Ectocarpus secundus, Lebelii et Padinœ, les Tiloptéritlées ne peuvent plus constituer avec les Cutlériacées un groupe spécial opposé à l'ensemble des autres Phéosporées, ainsi qu'on l'admet souvent, mais elles doivent être placées au voisinage immédiat des Ectocarpacées, car leur appareil végétatif les en rapproche beaucoup. »
PHYSIOLOGIE VEGETALE. — Sur la végétation d'une plante verte, le Nostoc punctifoiine, à l'obscuritc absolue. Note de INI. R. Bouilhac, présentée par M, P. -P. Dehérain.
« J'ai montré récemment qu'une Algue, le Nostoc punctiforme, semée dans une solution nutrili\e minérale, en présence de bactéries fixatrices
d'azole, se développait normalement en décomposant l'acide carbonique aérien; toutefois, il est indispensable que la culture soit régulièrement éclairée.
)) Faiblement éclairé, le Nostoc perd, en effet, la propriété de végéter dans une telle solution ; mais alors, bien qu'elle reste exposée à une lumière insuffisante, cette plante retrouvera les moyens de se développer si, à la même solution nutritive, on ajoute une matière organique telle que le glucose.
» Cette Algue, le Nostoc, peut donc vivre conime une plante à chlorophylle en décomposant l'acide carbonique aérien, et aussi comme un Cryptogame en assimilant une matière organique.
)) Dès lors, la question se pose de savoir si, à l'obscurité absolue, il est (Micore possible d'obtenir une culture de Nostoc punctiforme.
» Expérience. — Je prépare six matras de culture d'une capacité égale à i''' et, dans chacun d'eux, je verse o'", 5 de la solution minérale dont j'ai donné la composition, dans une Note précédente.
» Le n" i, réservé comme témoin, est ensemencé tout de suite avec un fragment de Nostoc recouvert de microbes fixateurs d'azote.
» Avant d'ensemencer de la même manière les cinq autres matras, j"ai introduit dans la solution qu'ils contenaient ■2"'', 5 de glucose, soit 58'' de glucose par litre de solution.
» Dès la fin du mois d'octobre, ces six matras furent placés dans une boîte en bois dont la face supérieure avait été enlevée et remplacée par deux feuilles de papier noir très épais.
» Avant toutes choses, j'ai constaté qu'une plaque Lumière, introduite dans une caisse et laissée vingt-quatre heures, n'y était pas impressionnée, et j'en ai conclu que ma boîte tenait l'obscurité absolue.
» Mes matras furent alors placés dans la caisse, mais, par surcroît de précautions, j'ai rempli les intervalles avec du son desséché et j'ai ajouté assez de son pour que les tampons d'ouate <|ui bouchaient mes vases en fussent totalement recouverts.
» L'expérience ainsi disposée, j'ai porté cette caisse dans une serre contiguë au laboratoire à la fin du mois d'octobre dernier.
» En hiver, cette serre est chauflTée, mais la température est variable.
» Au cours des mois de novembre et décembre, la température de la serre, qui oscillait autour do 20°, montait, par intervalles assez rares et toujours très courts, à 30°.
» J'observais que mes cultures tendaient à se développer seulement lorsque la température montait à So", alors qu'à la lumière le Nostoc végète parfaitement dès que le thermomètre marque 20°. Au commencement de janvier, quelques colonies de Nostoc s'étaient seulement développées dans mes vases.
» Dans le courant du mémo mois et pendant trois semaines consécutives, la serre a été chauffée à 3o".
» Après ce laps de temps, j'ai examiné mes cultures.
» Tous mes vases, sauf le témoin, étaient tapissés par une belle nappe verte de \ostoc qui s'était rapidement développée grâce à cette température élevée.
» J'ai alors enlevé le matras témoin et le matras n° 2 : les résultats suivants oui été
consignés.
Kécoltc de Nestui pesée à l'état sec.
Matras n" 1 ( témoin) néant
» n° 2 oS'jOaô
n A partir du 25 janvier, pour des raisons particulières, la serre fut laissée à une température voisine de 20". Mes cultures ne se sont plus développées.
" Au !'■'' mai j'ai mis fin à l'expérience, et voici les résultats que j'ai obtenus :
Récolles pesées à l'état sec.
Matras n" 3 oS', 024
» n"* o et 6 non pesées.
» De l'un de ces matras, j'ai extrait un échantillon des plantes que j'avais ainsi obtenues et l'ai soumis à l'examen de M. Bornet.
» M. Bornet, avec une extrême bienveillance dont je ne saurais trop le remercier ici, a bien voulu examiner ce Nostoc et me transmettre la Note suivante :
» La coloration du Nostoc cultivé à l'obscurité est beaucoup moins intense que celle des échantillons qui se développent à la lumière. La consistance de la masse est plus molle et plus muqueuse.
» L'étude au microscope fournit l'explication de ces différences. Au lieu d'être constituée presque en totalité par le Nostoc, la masse se compose d'un mélange de cette plante avec une bactérie dont les cellules sont plongées dans une gelée molle abondante.
» Les replis nombreux et serrés, pelotonnés en petits amas globuleux qui forment le triehonus du Xostoc, la grosseur de ses articles montrent que le Xostoc est puncliforme. Les articles d'un vert plus pâle que ceux des cultures éclairées, les triehonus, entourés d'une gaine un peu plus épaisse et moins ferme, et divisés en tronçons assez courts, entrecoupés çà et là d'articles décolorés, indiquent que la plante ne se développe pas avec sa vigueur accoutumée. Elle est vivante cependant, puisque les articles se divisent et que l'on trouve beaucoup de spores en germination.
» Abandonnée à l'air libre, la partie de l'échantillon non utilisée pour l'élude est morte après quelques jours, à la température d'une chambre non chauffée.
» Les plantes que j'ai obtenues formaient une nappe d'un beau vert pâle.
» Celle nappe se déchire 1res facilement quand on agite le vase.
» La matière verte, qui constitue le Nosloc cultivé à l'obscurité, est vraisemblablement une chlorophvlle, puisque cette Algue décompose l'acide carbonique aérien; mais, sur ce sujet, pour être plus alfirmatif, j'attendrai de connaître les résultats de l'analyse spectrale.
» Dès à présent il m'est possible de formuler la conclusion suivante :
« Conclusion. — Le Nostoc punctiforme est une plante verte qui peut se développer à l'obscurité absolue, si elle trouve à sa disposition une matière organique telle que le glucose. »
MINÉRALOGIE. — Sur le polymorphisme. Noie de M. Fred. Wallerant, présentée par M. Fouqué.
« On dit, généralement, qu'un corps est polymorphe quand il est susceptible de cristalliser, dans deux systèmes cristallins différents. Quoiqu'on ajoute immédiatement que les deux formes primitives sont peu différentes l'une de l'autre, cette définition, outre qu'elle a l'inconvénient d'être en contradiction avec la loi régissant le polymorphisme, a eu pour conséquence de faire admettre sans discussion ce principe, que deux .cristaux d'un même corps, appartenant au même système cristallin, ont les mêmes éléments de symétrie. Pour déterminer la symélrie d'un corps cristallisé, on détermine la symétrie de ses différentes formes cristallines, et l'on attribue à ce corps et à tous ses cristaux la symétrie de la forme cristalline ayant la symétrie la moins élevée. Celle extension peut être exacte, mais elle peut être erronée, comme le montrent les exemples suivants :
» Le nitrate de plomb, qui est cubique, donne généralement des cristaux ayant pour éléments de symétrie 3A-, !\\J, comme le montrent les formes cristallines, tétraèdre et dodécaèdre pentagonal, ainsi que les figures de corrosion : sur la face du tétraèdre, on obtient, en effet, des pyramides triangulaires indiquant l'existence d'un axe ternaire perpendiculaire à la face. Mais le plan perpendiculaire à cette face, et passant par une arête de la pyramide, n'est pas perpendiculaire sur l'arête du tétraèdre, ce qui indique l'absence de plan de symétrie.
» Mais si l'on fait évaporer lentement une dissolution de nitrate de plomb, de façon a obtenir de petits cristaux de 2""° de côlé en cinq ou six jours, ces cristaux présentent comme formes cristallines les faces du tétraèdre, du cube et d'un tétrahexaèdre. Suivant les conventions ordinaires, celte dernière forme devrait être considérée comme résultant de la juxtaposition des deux dodécaèdres pentagonaux; or si l'on fait naître les figures de corrosion sur les faces du tétraèdre, on obtient toujours des piiramides triangulaire-- régulières; mais, dans ce cas, le |iiaii perpendiculaiie à la
face du tétraèdre passant par une arête de la pyramide est perpendiculaire sur l'aiêle du lélraèdre; de même les figures de corrosion obtenues sur toutes les faces tangentes aux arêtes du tétraèdre possèdent un plan de symétrie coïncidant avec l'un de ceux du tétraèdre.
» Il faut donc bien admettre que ces cristaux ont pour éléments de symétrie 3 A', 4L', 6F. Je ferai remarquer que les deux sortes de cristaux ont, conformément à la théorie, même densité et, par suite, sensiblement même indice de réfraction, comme l'indique la loi de Gladstone.
)) La cuprite, également cubique, est considérée comme liémisymélrique, parce que Miers a observé de beaux hémi-hexoctaèdres de cette substance. Or, à Chessy, on trouve des octaèdres, des rliombododécaèdres auxquels, par extension, on attribue les mêmes éléments de symétrie. Or sur la face du cube on obtient, comme figures de corrosion, des pyramides quadratiques régulières dont les sommets sont opposés aux côtés du cube, sur la face de l'octaèdre des pyramides triangulaires régulières dont les côtés sont parallèles aux arêtes de l'octaèdre, sur les fa-ces 6' des pyramides à base losangique, ayant deux plans de symétrie coïncidant avec ceux de la forme cristalline, etc. Il est donc bien certain que ces cristaux de Chessy possèdent des plans de symétrie; autrement dit, ils sont holoédriques,
» Le chlorure de sodium cristallise généralement en cubes et, sur certains, M.Gill a observé des figures de corrosion indiquant d'une façon certaine, comme M. Groth a bien voulu me le confirmer, une hémiédrie holoaxe. Or des cristaux de cette substance, obtenus par cristallisation lente et traités par l'alcool absolu, ont présenté des figures de corrosion de la plus grande netteté, démontrant l'existence de plans de symétrie, c'est-à-dire de l'holoédrie.
» Le quart:, comme je l'ai montré, est au moins dimorphe en ce sens que, le système réticulaire étant hexagonal, comme l'a établi M. WyroubofF, ce sont tantôt les axes binaires de première espèce, tantôt ceux de seconde espèce qui se retrouvent dans l'édifice cristallin : les particules fondamentales de certains cristaux ont subi une rotation de 3o° autour de l'axe sénaire relativement aux particules des autres cristaux; les propriétés optiques ne sont naturellement pas modifiées.
» Ces exemples suffisent à montrer que les conséquences relatives à la symétrie, tirées de l'étude d'un cristal d'une substance, ne peuvent, sans discussion, être étendues à tous les cristaux de cette substance, et que le polymorphisme doit être considéré comme une propriété possédée par les particules fondamentales de certains corps de se grouper de façon à donner naissance à des édifices cristallins n'ayant pas la même symétrie. Inobservation nous apprend que, pour un corps déterminé, le systèiTie réticulaire reste le même; cependant, dans certains cas, quand l'appauvrissement en éléments de symétrie est poussé assez loin, les conditions d'équilibre ne peuvent être satisfaites que moyennant une légère déformation du système réticulaire. Une simple mesure d'angle suffit alors pour déceler le poly-