‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 357 sur 425 · C. R., 189.-^, I" Semestre. (T. CXXVI, N° 23.) 2IO · texte numérisé non relu

C. R., 189.-^, I" Semestre. (T. CXXVI, N° 23.) 2IO

Valeurs

Valeurs

»„ du

anciennement

nouvelles

n„ du

p observé

Différence

spalh.

adoptées.

de \.

quartz.

P calculé.

(Donsier).

Obs. — Cale.

/ijdu

p observé

spath.

(Carvallo).

6,4io

» Les nombres que j'ai obtenus avec le spectre ordinaire du spath diffèrent des nombres calculés à l'aide de la formule de M. Carvallo de quantités petites qui sont de l'ordre de grandeur des erreurs fortuites. Cette concordance remarquable entre la théorie et l'observation peut être considérée comme un contrôle a posteriori Ae. l'exactitude de mes résultats expériment;iux. »

ÉLECTRICITÉ. — Sur la décharge d'une houleille de Leyde (' ). Note de M. R. Swyxgedauw, présentée par M. Lippmann.

« La décharge d'une bouteille de Leyde est lancée à travers le circuit de deux bobines 1 et 2 rangées en série.

» La différence de potentiel entre les extrémités de la bobine 1, à un

instant t quelconque, est, dans l'hypothèse de l'uniformité du courant de

décharge,

, di

i désignant le courant, r, la résistance de la bobine et /, le coefficient d'induction de tout le circuit sur la bobine 1.

» Si la bobine est formée de fil de cuivre de diamètre de l'ordre du millimètre ou du ^ de millimètre, l'expérience montre que le terme r,i est

négligeable devant /, -7- dans la formation des potentiels que nous aurons

(') Institut de l'iiysiqiie de rUniversité île Lille.

( '(>29 ) à considérer dans la suite ('); par conséquent, on peut écrire

» De nnème, entre les extrémités de la bobine 2, la différence de potentiel à l'instant ( est

A étant le coefficient d'induction de tout le circuit sur la bobine 2.

)) Enfin, aux extrémités de la double bobine formée par les bobines 1 et 2 en série, la différence de potentiel au même instant t est

que le courant soit uniforme ou non. Si le courant est uniforme

v,, V.,, V passent au même instant par leur maximum et le potentiel maximum atteint entre les extrémités de la double bobine est la somme des potentiels maxima atteints aux extrémités de chacune d'elles.

» Si le courant n'était pas uniforme, cette relation n'aurait pas lieu, car le maximum du potentiel, aux extrémités de chaque bobine, ne se produirait pas au même instant.

» Dans nos expériences, le potentiel est mesuré par la méthode des étincelles.

» On place en dérivation sur la bobine, entre les extrémités de laquelle on veut mesurer le potentiel maximum, un excitateur à boules; on détermine la distance critique de cet excitateur en observant scrupuleusement les règles que nous avons fixées à ce sujet (') et sous lesquelles il y a égalité des potentiels explosifs statique et dynamique (^).

» Le potentiel explosif statique correspondant, mesuré avec l'électromètre de MM. Bichot et Blondlot, est le potentiel dynamique cherché.

(') Thèses de la Faculté des Sciences de Paris, p. 9 et 10; mai 1897. — Eclairage électrique, p. 297 et 298; mai 1897.

(^) Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, p. 22 et 23. — Eclairage électrique, p. 402; mai 1897.

(^) Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, p. 36. — Eclairage électrique, juin 1897.

)> Les expériences ont vérifié l'égalité V =; t^, + Co pour les potentiels maxima.

» Si l'on admet l'égalité des potentiels explosifs dynamique et statique démontrée antérieurement (' ), l'uniformité du courant de décharge reçoit une confirmation expérimentale. On peut y voir également une nouvelle preuve de l'égalité des potentiels explosifs statique et dynamique sous les conditions spécifiées à un autre endroit (')•

» La bouteille de Levde avait une capacité de -7^ de microfarad; chaque bobine avait une self-induction de l'ordre du y^^ de quadrant; les oscillations avaient une période de l'ordre du jj-ôVôô ^^ seconde.

)) Les potentiels explosifs V ont atteint 5o à 60 unités électrostatiques C.G.S.. »

ÉLECTRICITÉ. — Comparaison du champ lierlzien dans l'air el dans l'huile. Note de M. Albert Turpaix, présentée par j\L Mascart.

« Dans une Communication précédente (-), j'ai montré qu'un résonateur de Hertz, maintenu dans le plan même des fils qui concentrent le champ (position II), décèle un système de sections nodales et ventrales alternant avec celles qu'il indique dans la position classique, perpendiculaire à la direction des fils (position I), les nœuds de l'un des systèmes coïncidant avec les ventres de l'autre et inversement.

» Que devient ce double système de sections notables lorsqu'on change la nature du diélectrique au sein duquel se passent les phénomènes? C'est pour répondre à cette question qu'ont été entreprises les expériences suivantes.

» Pour garder à cette étude un caractère expérimental j'ai opéré par une méthode directe.

» Dispositif. — Un réservoir en bois, parallélépipède de 4™ de longueur sur 3o"^™ de largeur et aS"^™ de profondeur, peut contenir 260"' de liquide. Deux fils parallèles, issus de plaques avoisinantun excitateur hertzien, sont tendus à l'intérieur, au niveau de la section moyenne dans le sens de la longueur. Quatre résonateurs filiformes, rectangulaires, mesurant 45*^", ôô"^™, 90'™ et lao"^"" peuvent être commodément disposés

(') Thèse de la Faculté des Sciences de Paris, p. 22 el 28.

(^) Comptes rendus, 3i janvier 1898. — Procès-verbaux Soc. Se. phys, nat. Bordeaux, 20 janvier 1S98.

( iG3i )

dans les deux positions I et II. Les deux derniers ont été, vu leur longueur, contournés en deux spires rectangulaires. Le même micromètre s'adapte aux quatre résonateurs. Une cage de fils métalliques, entourant l'appareil dans le sens de la longueur, empêche la dissipation du champ à l'extérieur.

n Le diélectrique choisi est une huile de pétrole présentant une complète homogénéité et une grande inaltérabilité, qui a été aimablement mise à ma disposition par M. Renous, directeur de la Station centrale d'Électricité de Bordeaux-les-Chartrons, où sont disposées ces expériences.

» I. Ch.4mp D.ois l'air. — Les quatre résonateurs, étudiés dans l'air, au sein du réservoir, ont donné les résultats suivants :

Longueurs.

(air).

» Les deux premiers seuls suivent la loi énoncée dans une Communication précédente (') : 2(L — L')^X — V; la self-induction notable des deux derniers, due à leur forme, est la cause probable de l'exception qu'ils présentent relativement à cette loi.

» II. Champ d.«s l'huile. — Les mesures dans l'huile, faites par la méthode du pont, en maintenant : i" tout le résonateur, sauf le micromètre, dans l'huile; 2° tout le résonateur, y compris le micromètre, dans l'huile, ont donné les résultats suivants (a, h, indiquent que le micromètre est dans l'air ou dans l'huile) :

l,a. \,h. ll,a. II. h. -(air).

P 71 80 85 gS 85

Résultats. — Les mesures effectuées en inaintenanl le micromètre dans l'air permettent d'énoncer les lois suivantes :

» 1° Les longueurs d'onde que décèle un même résonateur, maintenu dans la POSITION I, au sein de l'air et au sein de l'huile, sont différentes.

» Elles sont moindres dans l'huile que dans l'air.

» 2° Pour la POSITION II, ces longueurs d'onde sont ég.\les dans l'air et dans l'huile.

» Les mesures relatives au résonateur plongé dans l'huile, ainsi que le micromètre, sont notablement supérieures aux précédentes. Une expé-

(') Comptes rendus, 3i janvier 1898.

rience complémentaire prouve que cela est dû à la perturbation micrométrique inégale dans l'air et dans l'huile. Cette expérience consiste à déterminer les longueurs d'onde que donne, dans l'air, chaque résonateur dont le micromètre plonge dans un godet qu'on remplit ou non d'huile. Les différences trouvées sont très sensiblement égales à celles que l'on extrait du précédent Tableau.

» Une expérience met d'ailleurs hors de doute l'influence de la nature du diélectrique relativement aux longueilrs d'onde de la position I et sa non-influence sur celles de la position II. En faisant varier le niveau du liquide dans le réservoir on constate que la longueur d'onde que décèle un résonateur dans la position I demeure constamment celle qu'il mesure dans l'air, tant que les fils ne baignent pas dans l'huile, mais que cette longueur d'onde saute brusquement à la valeur qu'elle alfecte pour l'huile, dès que les fils qui concentrent le champ baignent dans l'huile. Ce saut brusque accompagne toujours l'immersion ou l'émersion des fils. Au contraire, un résonateur, disposé dans la position II, ne manifeste dans ce cas aucune différence, conformément aux expériences antérieures de M. Blondlot (') avec l'huile de ricin.

» Les résultats de cette étude conduisent à énoncer les deux lois expérimentales suivantes :

)*) 1° Les longueurs d'onde que décèle un résonateur maintenu dans la position I VARiEîNT avec la nature du diélectrique au sein duquel se produisent les phénomènes ;

» 2° Celles décelées dans la position II sont indépendantes de la nature du diélectrique au sein duquel elles sont mesurées. »

PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — Sur les résonateurs et sur l ejjluve de résonance. Note de M. Oudix, présentée par M. d'Arsonval.

« J'ai fait, en 1892, connaître le principe de l'élévation de tension des courants de haute fréquence par la résonance. Depuis lors mon premier appareil a subi plusieurs modifications et aujourd'hui il se présente sous la forme d'un solénoïde de fil de cuivre rouge non isolé, enroulé autour d'un cylindre de bois paraffiné.

» Ce fil a o'",oo3 de diamètre, sa longueur est de 60*" et l'écartement

(') Comptes rendus, 25 juillet iSga.

de ses spires de o'°,oi. La haute fréquence est produite, soit par une machine à influence, soit par un quelconque des dispositifs de Hertz ou de Tesla. Mais l'appareil qui me donne le meilleur rendement est celui qu'a imaginé M. d'Arsonval et dans lequel l'étincelle oscillante éclate entre les armatures internes de deux bouteilles de Levde. Ces condensateurs sont de relativement faible capacité (So'^'i de surfaces actives). Leurs armatures externes sont reliées au résonateur, l'une aboutissant à son extrémité inférieure, l'autre à une des spires voisine de cette extrémité, par l'intermédiaire d'un fil souple dont on fait varier le point d'attache au résonateur pour régler son ajustage.

» On sépare ainsi le résonateur en deux solénoïdes qui se font suite l'un à l'autre. Dans le premier, plus court, prennent naissance les oscillations de haute fréquence, en même temps que sont fermés en court circuit les courants de basse fréquence qui se produisent concurremment; dans le second, plus long, la haute fréquence agit seule et atteint par self-induction l'énorme tension que l'on constate dans cet appareil, sans qu'il soit nécessaire, pour l'obtenir, de se servir, comme le conseille Tesla, de bobines induites isolées dans l'huile.

M L'isolement du résonateur ne présente en effet aucun intérêt. Quand son réglage est bon, on voit de toute sa dernière spire, et rien que d'elle, jaillir des gerbes d'effluves qui ne ressemblent en rien à ceux de la machine statique. Au lieu d'une lueur continue, ils offrent l'aspect d'aigrettes violacées sinueuses, atteignant o", i 2 ou o™,i5 de longueur et couronnant la circonférence supérieure du résonateur d'une auréole lumineuse très brillante dans l'obscurité. Quelles que soient les dimensions du résonateur, c'est toujours de sa dernière spire seule, et des conducteurs qu'on y peut relier, que s'échappent ces aigrettes. La réaction des autres spires les unes sur les autres empêche cette projection d'effluves à l'air libre, à moins qu'on en approche une capacité quelconque, la main par exemple. De même, tant que l'ajustage n'est pas bon, on voit éclater entre les premières spires des étincelles bruvantes de relativement basse tension qui cessent de se produire quand le réglage est parfait. Il semble qu'alors toute l'énergie soit utilisée comme self-induction.

» Le résonateur crée dans toute la pièce où il est placé un champ électrostatique alternatif très intense. De tous les objets métalliques on peut tirer des étincelles. Un tube de Geissler s'illumine à 2™ de lui quand deux observateurs s'en tiennent à égale distance; s'ils sont au même potentiel, rien ne se produit; mais, si l'un en est plus rapproché que l'autre, ils peu-

vent, en raison de l'amortissement rapide de ces oscillations, faire éclater entre leurs doigts des étincelles dont la longueur atteint 2"" ou 3""", peut aller jusqu'à lo""™ ou lô™", si l'on monte en résonateur une cage d'autoconduction à l'intérieur de laquelle se tient un des observateurs. De même, si une personne présente sa main à l'effluve, on peut, de tous les points de son corps, au travers des vêtements les plus épais, tirer des étincelles produisant un picotement désagréable et qui, chose curieuse, deviennent bien moins nourries si la main, se rapprochant davantage du résonateur, en tire des étincelles au lieu d'effluves. C'est probablement pour la même cause que l'effluve provoque en certains points de la tête, quand il rencontre des filets nerveux superficiels, une douleur assez vive qu'on ne peut reproduire en faisant éclater des étincelles sur le même point.

» Cet effluve possède d'ailleurs une puissance de projection et de pénétration extrême que l'on peut démontrer de la façon suivante. On prend une lame diélectrique quelconque, verre ou ébonite, desséchée et essuyée avec soin, et on la tient au moyen d'une pince isolante en bois. Si l'on en approche une pointe métallique reliée au résonateur et maintenue à o",o2 ou o'^jOS de sa surface, on voit l'effluve qui jaillit de la pointe traverser la lame isolante et continuer son trajet dans l'air de l'autre côté, perpendiculairement au plan du diélectrique, comme s'il s'agissait d'une substance poreuse. On traverse ainsi des lames de verre ou d'ébonite de 2™™, 5 d'épaisseur, et cela sans qu'il y ait de l'autre côté le moindre corps pouvant agir comme capacité et transformer le diélectrique en condensateur. Si la lame de verre est représentée par un tube de Crookes, à l'intérieur duquel se trouve un écran fluorescent, on voit celui-ci se cribler de points lumineux, projections des lignes de l'effluve, en tenant la pointe métallique à o'",io de la surface du verre.

» L'action prolongée de l'effluve de haute fréquence sur la peau produit des lésions analogues à celles des rayons X : épaississement, fendillement de l'épiderme, hyperkératose et troubles de circulation caractérisés par une apparence cyanique des extrémités. J'ai dit, d'autre part, les grands services qu'il pouvait rendre en Thérapeutique dermatologique. »

PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — Visibilité de la tache aveugle. Note de M. Aug. Chaupentieu, présentée par M. d'Arsonval,

« Tout le monde s'accorde à admettre l'invisibilité de la tache aveugle, cette région de la rétine où se fait la pénétration des fibres du nerf optique

(papille optique). Deux ordres de faits établissent cette opinion : i" aucune fibre de ce nerf ne se termine dans la papille optique; 2" celte région est inexcitable par la lumière. Les objets lumineux qui se trouvent dans le champ visuel, au-devant de cette lacune assez étendue (6° dans le sens horizontal), ne sont pas perçus quand un seul œil est ouvert; ils sont seulement perçus dans le regard binoculaire par une partie correspondante de la rétine du second œil.

» Dans le regard monoculaire, nous ne remarquons cependant pas généralement la lacune de Mariolfe, à moins de diriger artificiellement sur elle notre attention. On n'a pas su expliquer encore comment notre représentation visuelle de l'étendue n'était pas déformée aux environs de celte région, et comment les objets limiineux coupés par une telle lacune pouvaient se raccorder sans modifications, malgré les déplacements de l'œil. Les faits suivants donneront la réponse, en montrant que la tache de Mariette est réellement visible, c'est-à-dire représentée et localisée dans l'ensemble des sensations visuelles.

)) Je l'ai remarqué pour la première fois après un exercice musculaire assez fort au soleil et à la chaleur; retiré dans une pièce à demi obscure et placé en face d'un mur uniformément blanc, je cherchais, comme je le fais depuis plusieurs années, à obtenir, à l'aide de battements des paupières, la perception entoptique de la macula lutea; j'ouvrais et refermais successivement les paupières plusieurs fois par seconde, ce qui produit des éclairements et des obscurcissements brusques de tout le champ visuel. Je remarquai alors, à droite et à gauche du point de fixation binocidaire, deux taches sombres ovales correspondant exactement, comme siège et comme limites, à la projection des deux papilles, ainsi que je m'en assurai expérimentalement ( ' ).

» La sensation de noir ou de sombre est déjà une sensation visuelle. Mais ces taches, pour un certain rvlhme des mouvements de la paupière (quatre fois par seconde environ), devenaient alternativement plus sombres et })lus claires que le fond, plus sombres à l'ouverture, plus claires à la fermeture. Depuis celle observation, je reproduis à volonté le phénomène, surtout celui des taches sombres, qui peuvent être plus ou moins nettes, mais qui sont faciles à reconnaître quand on les a vues une fois; les

(') Helmlioltz signale des taches sombres analogues sans leur allacher d'impor- Uince.

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