C. iî., 1898, I" Semesire. (T. CXXVI, N" 23 i
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tnclies claires sont plus imageuses et peuvent échapper plus facilement à l'observation, mais leur existence et leur siège papillaire ne laissent aucun doute; on les produit isolément, en dehors des mouvements rvthmirpics précédents, en se plaçant au-devant d'une surface uniforme, étendue et peu éclairée (au-dessous de -^ de orcel-mètre), et fermant brusquement les veux; de même, la tache sombre se montre isolément par l'ouverture brusque des paupières; le siège en est si net que je puis indiquer instantanément du doigt la place du ponclum ca'ciim. L'expérience peut être faite soit avec un seul oeil, soit avec les deux (').
» Les taches, situées à r5° environ en dehors du point de fixation, se montrent pendant une fraction de seconde, au moment de Féclairement ou de l'obscurcissement du champ visuel, et disparaissent. Elles représentent donc un court retard de la région papillaire sur le reste de la rétine, mais elles montrent, sans doute possible, la participation de cette région à la représentation visuelle de l'espace. La place de la pa|iillc optique ou de la tache aveugle doit donc exister dans la sphère visuelle corticale et y être rei)résentée par des cellules spéciales (qui probablement sont reliées de chaque côté aux éléments périphériques occupant dans la rétine de l'autre œil la place correspondant à la papille du premier). Comment ces cellules centrales entrent-elles en activité sous l'influence d'un changement d'éclairage de l'œil qui ne leur envoie pas d'excitations réelles, puisqu'il n'y a pas là d'éléments rétiniens impressionnables? Peut-être reçoivent-elles par irradiation nerveuse communication de l'excitation des cellules voisines, ce qui demanderait un certain temps et rendrait compte du retard constaté dans la sensation, retard nécessité par leur mise en équilibre avec les cellules direclement excitées. Cette explication n'est d'ailleurs pas la seule possible.
» Voici maintenant une expérience encore plus frappante dans lacjuelle l'excitation des éléments rétiniens environnant la papille, au lieu fie se communiquer telle quelle, produit, au contraire, une sorte d'inhibition, se traduisant par un phénomène de contraste, sur les éléments percepteurs correspondant à la tache aveugle. Les yeux restant fermés sans effort audevant du jour, le cliamp visuel paraît entièrement éclairé d'une lueur
(') On peut remplacer les mouvements des paupières par ceux d'un écran opaque. Le pliénomène esl facililé par une circulation céplialique plus active. Des pressions brusques sur l'œil ne suffiseiU ^énéirilcnicnl pas à le produire.
( 1^37 ) rougeàtre ; si l'on déplace alors brusquement et fortement l'œil eu dedans et lin peu en bas, il y a tiraillement du pourtour de la papille, d'où apparition d'un anneau ovale plus clair que le fond et à l'intérieur duquel la papille se montre comme une tache verte plus ou moins sombre, très bien limitée, contrastant nettement avec le fond, et durant plus ou moins longtemps suivant la durée de l'efTort réalisé. Ce phénomène passe généralement inaperçu, si la paupière est ouverte, mais peut être reproduit sous des formes diverses.
M Tous ces faits s'accordent à montrer que la papille optique, bien qu'insensible à la lumière et aveugle au sens propre du mot, est réellement représentée dans l'espace par des sensations visuelles positives occupant la même place que si elle était remplacée dans l'œil par un vrai morceau de rétine en continuité avec le reste de celte membrane. »
ACOUSTIQUE. — Timbre ou vocables des quinze voyelles de la langue française. Note de M. Moxoyer, présentée par M. A. Chauveau.
M On sait, depuis les recherches de Hehnholtz et de Donders, que les voyelles se différencient les unes des autres par la note ou vocable ( Jamin) que produit la résonance des cavités buccales et nasales qui sont mises en communication avec letuvau laryngien, siège de la source sonore. Mais, si les expérimentateurs sont d'accord sur le principe de la théorie, ils sont loin de s'entendre, quand il s'agit d'assigner à chaque voyelle la vocable t[ui lui convient. D'autre part, sur les quinze vovelles dont on fait usage dans la langue française, la moitié ou peu s'en faut, sept, n'a été l'objet d'aucune recherche, et les huit autres ont été étudiées principalement par des savants de langue allemande. Telles sont les raisons qui nous engagent à faire connaître le résultat de nos propres recherches sur cette question.
)) Nous avons expérimenté uniquement sur la voix chuchotée : c'est le seul moyen d'éviter que le son propre de la cavité résonante soit masqué par la note laryngienne. Nous sommes ainsi parvenu à déterminer les vocables des quinze vovelles de la langue française et à en faire la base d'une classification aussi simple que conforme au mécanisme physiologique de l'émission des vovelles.
» Afin de pouvoir représenter toutes les vovelles à laide des lettres de la langue écrite et sans faire usage de lettres doubles, nous aurons recours
aux accents aigu et grave, ainsi qu'aux signes i; et '-^. placés au-dessus de la lettre. Grâce à ce moyen, nous représenterons de la manière suivante les onze voyelles buccales ou voyelles proprement dites :
6 (on), U, I,
0|mol], 0|f)rj, A[grrtce], A [ p<7|)rt |.
E|lf], È(eu)|l«/r], 'k\\r\, È|AngeleJ,
et les quatre voyelles nasales, ou mieux hucco-nasales :
Ô(on\ À (an), Û(un), r(in ).
» Nous avons mis entre parenthèses l'écriture usuelle de la voyelle, lorsqu'elle diffère de la nôtre, et entre crochets un mot faisant connaître la prononciation de la voyelle, lorsque l'écriture ne l'indique pas.
)> Cela posé, nous avons trouvé que les vocables des trois voyelles /u/i-
damenlales O, U, I sont à l'octave l'une de l'autre et correspondent respectivement aux notes si^, si'^, si\ En prononçant successivement et à voix chiichotée les trois voyelles en question, il est, pour ainsi dire, impossible, même à une oreille peu exercée, de ne pas reconnaître l'intervalle d'octave qui existe entre les vocables correspondantes. •
» Les douze autres Aoyelles se placent par leurs vocables dans les deux intervalles d'octave que nous venons d'indiquer et v forment trois groupes de quatre voyelles chacun, le groupe des voyelles /ë/7«cVy, celui des voyelles ouvertes et celui des nasales.
» Le groupe des voyelles fermées comprend O, A, E, E qui ont pour vocables respectives /e ^ . fa ,, , /e " , fa^ .
» A chaque voyelle fermée correspond une voyelle ouverte, dont la vocable est d'un demi-ton plus élevée, en sorte que les vocables des voyelles O,
A, E, E sont rè\,fa\, rè\, fa\. L'intervalle d'un demi-ton entre les vocables de la voyelle fermée et de sa correspondante ouverte est des plus manifestes.
» Enfin, chaque voyelle ouverte a une nasale correspondante qui possède deux vocables : l'une des vocables est la même que celle de la voyelle ouverte; l'autre, provenant delà résonance des cavités nasales, est évidemment commune à toutes les voyelles nasales et lépond à la note^fj.
» La correspondance entre les vos elles ouvertes et les nasales est la suivante :
\'oyelles ouvertes O. A, E, E.
Voyelles nasales O. A. U. I.
M Nous n'avons de réserves à faire que relativement auv vocables des deux vovelles a et à, dont la détermination présente des difficultés toutes particulières, et à la vocable commune aux nasales, dont il ne nous a pas été donné de pouvoir faire la détermination isolée.
» Les résultats que nous venons d'indiquer sont résumés dans le Tableau suivant :
Vocables et classification des voyelles.
Vovellf*
fondamentales.
leni
lees.
ouv
cries.
nasales.
ré;
rr-
/er --«î»
far-i-sil.
'éa
ICZ -r- si-, ,
PHOTOGRAPHIE. — Aclioti du persuljate d' nmtnoniafjue sur l'ai-gent des phototypes et utilisalion de cette action. Note de MAL Lumière frères et Seyewetz, présentée par M. Friedel.
« La technique photographique ne po.ssède pas jusqu'ici de procédé permettant d'affaiblir directement un phototvpe dur, manquant de pose et trop développé, par exemple, sans détruire, ou tout au moins atténuer, les demi-teintes qui correspondent aux parties sombres de l'objet photographié.
» Les négatifs présentant cette défectuosité d'être en même temps trop peu posés et trop poussés au développement ne pouvaient donc jusqu'ici être améliorés.
)) En effet, les substances utilisées jusqu'ici pour affaiblir les clichés, telles
que le mélange de ferricvanure de potassium et d'hyposulfite de soude, agissent sur l'argent qui forme l'image en le dissolvant graduellement à partir de la surface jusqu'au fond de la couche de gélatine. On sait, d'autre part, que l'image photographique est constituée par de l'argent réduit sous des épaisseurs d'autant plus grandes que l'action de la lumière a été plus intense : la réduction du sel haloïde d'argent par le développateur commence, en effet, par la surface de la couche et s'étend d'autant plus en profondeur que la région a été plus vivement impressionnée.
» Les affaiblisseurs jusqu'ici employés agissant à partir de la surface atténuent donc fortement les faibles impressions, tandis qu'il faudrait, au contraire, les respecter.
» Nous avons constaté que le persulfate d'ammoniaque SO''(AzfP) en solution aqueuse jouit de la propriété d'affaiblir les clichés en agissant de préférence sur les parties les plus opaques, tout en conservant les demiteintes des ombres qui, par les méthodes en usage, disparaissent les premières.
» Ce résultat, a priori paradoxal, peut s'expliquer si l'on admet que le nouvel agent exerce son action depuis le fond de la couche jusqu'à la surface, c'est-à-dire en sens inverse des substances jusqu'ici utilisées.
» Cette hypothèse, qui s'accorde avec les réactions observées, pourrait être développée de la façon suivante :
» Théorie de l'opération. — Le persulfale d'ammoniaque est, comme on le sail, un oxydant énergique. Sous l'influence de l'argent du cliché, il doit fort pi'obablement donner un sel neutre double d'argent et d'ammoniaque qui est soluble dans l'eau; la solution, après avoir agi sur l'argent, précipite du reste par l'acide ciilorlivdrique ou les chlorures. La réaction peut vraisemblablement être exprimée par l'équation suivante :
SOMAzII*) + Ag = so'(;^Jjj,.
Persulfale Argent. Sulfate neutre duuble d'argent d'ammoniaque. cl d'ammoniaque.
» Bien que doué de propriétés oxydantes énergiques, le persulfale d'ammoniaque, de même que l'eau oxygénée, est susceptible de donner lieu à des réactions réductrices.
» Ainsi, ajouté à une solution de nitrate d'argent, il réduit rapidement l'argent à l'état métallique, en même temps qu'il se produit un abondant dégagement d'o.xygène. Nous croyons que l'on peut exprimer cette réaction par l'équation suivante •
2[S0HAzH')]+a(II20)4-2(Ag.\z02) = 3[S0*H(Azll*)]-i-2(\z0^'H)4-Ag2-H0-.
M Grâce à cette dernière réaction, il nous sera possible d'expliquer d'une façon ra-
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tionnelle le mode d'action curieux du persulfnle d'ninmoniaque sur les rouclips de iji'latine renfermant l'argent de liniai^e.
» Quand on plonge le cliché dans la solution de persulfate, celle-ci pénètre rapidement dans l'intérieur de la couche de £;élatine et se trouve au contact de l'argent. Il se forme une petite quantité du sel double argentique qui se diffuse dans l'excès de solution de persulfate d'ammoniaque dans laquelle baigne la plaque. Celui-ci, en présence du sel double d'argent formé, tend à donner de l'argent réduit. Mais cette réaction inverse se produit surtout extérieurement à la couche de gélatine, puisque c'est là que se trouve l'excès de persulfate nécessaire pour la réduction, et doit aller en s'atténuant depuis la surface jusqu'au fond de la couche. C'est vraisemblablement cette réaction inverse qui tend à ralentir, extérieurement surtout, la dissolution de l'argent dans le persulfate d'ammoniaque. C'est pourqui il n'est pas possible avec ce réactif d'atténuer, même faiblement, les voiles de surexposition qui, on le sait, sont constitués par de l'argent réduit exclusivement à la surface de la couche de gélatine.
>) Pratique de l'opération. — Nous avons reconnu que le persulfate d'ammoniaque agit le mieux en solution à 5 pour loo. En solution plus ou moins concentrée son mode d'action présente toujours les mêmes caractères, mais il est simplement plus rapide ou plus lent et conduit toujours au même résultat final. Si la teneur de la solution atteint lo pour lOO, la gélatine peut être altérée. 11 ne faut donc pas dépasser 7 à 8 pour ICO dans la pratique pour le cas où l'on voudrait une action très rapide.
» L'action du persulfate d'ammoniaque peut s'exercer sur le cliché après un lavage à l'eau très sommaire, après le fixage, pour enlever la majeure partie de l'hyposulfite de soude; mais alors il faut rejeter, après quelques minutes d'immersion, le premier bain dans lequel a été plongée l'épreuve et le remplacer par un bain neuf, car le persulfate oxyde l'hyposulfite de soude, le transforme en bisulfate, et ce n'est que lorsque cette réaction est achevée que l'argent se dissout.
» 11 est donc préférable, pour ne pas user inutilement du persulfate d'ammoniaque, d'éliminer complètement l'hyposulfite de soucie du cliché, par lavage, avant de l'affaiblir.
)) En sortant le cliché de la solution de persulfate, on remarque que l'action de ce corps se continue encore un peu en dehors du bain, et, si on ne lave pas de suite le cliché très abondamment, l'action affaiblissante peut aller un peu plus loin qu'on ne le voudrait.
» On peut éviter facilement cet accident, soit en arrêtant l'opération lorsque l'épreuve n'a pas encore atteint le degré d'affaiblissement que l'on désire obtenir, soit en plongeant immédiatement l'épreuve, à sa sortie du bain de persulfate, dans une solution de sulfite ou de bisulfite de soude à lo pour loo pendant quelques minutes.
» Ces corps transforment le persulfate d'ammoniaque en sulfate qui est alors sans action sur l'argent du cliché.
>i On termine l'opération en éliminant les sels solubles qui restent dans la couche, par un lavage sommaire. Nous ferons observer que l'afiaiblissement est plus rapide quand la gélatine du cliché est gonflée que si elle est sèche, ce qui confirme, du reste, le mode d'action du réactif.
» En outre, l'intensité de l'image, après avoir été diminuée, peut de nouveau êti'e
augmentée par les procédés de renforcement habituels, le biclilorure de mercure et raninioniaqiie, par exemple.
)) Conclusions. — En résumé, il deviendra possible, par l'emploi de persulfate d'ammoniaque, de tirer |)arti le plus complètement possible des clichés manquant de pose, en poussant le développement à lond, sans se préoccuper de la dureté de l'épreuve obtenue, de façon à faire venir le maximum de détails, puis l'on baissera le cliché dans la solution de persulfate d'ammoniaque en arrêlant l'action au moment convenable.
» On pourra enfin corriger les effets d'iui développement trop poussé dans le cas d'une exposition normale, résultats qu'aucun affaiblisseur connu ne pouvait donner jusqu'ici. »
PHOTOGRAPHIE. — Des causes de trouble apportées aux images rnrhographiques par l'emploi des écrans renforçateurs ('). Note de M. A. Londe, présentée par M. Marey.
« On a proposé, en Radiographie, l'emploi d'écrans renforçateurs destinés à augmenter l'intensité du négatif et à permettre, par suite, une diminution du temps d'exposition. Ces écrans sont constitués par du platinocyanure de baryum ou de potassium, du tungstate de chaux, du sulfure de calcium, du sulfure de zinc de Ch. Henry, etc.
» Si les auteurs ne sont pas d'accord sur la valeur comparative de l'action renforçalricede ces divers produits, par contre ils signalent tous l'altération de l'image par suite de la formation d'un grain qui lui enlève toute netteté.
M II nous a paru intéressant d'étudier les résultats obtenus avec divers écrans et de rechercher si l'indécision de l'image doit être réellement attribuée à la cause indiquée ci-dessus.
» Voici l'indication des écrans ren força teiu's étudiés :