‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 362 sur 425 · XO-CH-OC^IP \0H +C2H · texte numérisé non relu

XO-CH-OC^IP \0H +C2H

» L'éthoxyléthane-pyrocatéchine, en effet, est en réalité un acétal d'un genre particulier; l'une des deux fonctions éther-oxyde fixée sur le

carbone aldéhydique (— CH — j est de nature alcoolique (— OC" H*), et la seconde de nature phénolique. C'est peut-être le premier exemple connu de ces sortes d'acétals mixtes.

» Quant au diacétal C''H'[0 - CH- - CH = (OC-H^)-]', on l'obtient à l'état pur par lavage à la soude étendue du produit brut et rectification. Il constitue un liquide huileux distillant à iç)S"-ic)'j° (H = 9™°"), et de densité i , 061 à 0°. On peut l'hydrolyser en quelques heures en le chauffant à reflux avec de l'acide sulfurique très dilué. L'aldéhyde qui prend naissance est soluble dans l'eau, peu soluble dansl'éther.

» On voit, en résumé, que l'influence exercée par la fonction phénol libre sur la fonction acétal, dans l'oxyacétal-phénol, tend vers la production d'un acétal mixte à chaîne fermée hexagonale, ce dernier composé étant susceptible de rouvrir sa chaîne par hydratation, avec formation de l'aldéhyde correspondant à l'oxyacétal-phénol primitif. «

CHIMIE ORGANIQUE. — Nilration de la cellulose et de ses dérivés hydro et oxy. Note de M. Léo Vignon.

« J'ai soumis à la nitration la cellulose pure du coton, l'hydrocellulose et l'oxycellulose qui en dérivent.

M Ces substances ont été préparées dans les conditions précisées par mes Communications précédentes {Comptes rendus, 20 septembre 1897, 9 mai 1898).

» La nitration a été poussée à son maximum, afin de rechercher si le nombre des hydroxyles éthérifiables de la cellulose avait subi une modification par la transformation de cette substance en hydro- et en oxycellulose.

» loS'^ de cellulose, d'hydrocellulose et d'oxycellulose sèches ont été immergés respectivement dans i5o'''= d'un mélange de :

3 parties en poids SO'II-, densité i ,84

I >; ÂzOMI, » i,5o

» La température a été réglée à 10° pendant le mélange et maintenue à io°-i 2° pendant vingt-quatre heures; on a précipité ensuite dans 2'''d'eau froide, lavé jusqu'à neutralité, essoré, séché et pesé.

» On a obtenu des poids sensiblement égaux de produits dans les trois cas(i4e'-i6s'').

» L'azote a été dosé dans ces produits nitrés à l'état d'AzO :

Volume de Az.0 V pour 1 5' de produit sec.

ce Nitrocellulose 2o3 , ^

Nitrohydrocellulose 202,9

Nitrooxycellulose '9^,7

» Ces produits nitrés présentent les caractères suivants :

» Ils sont inflammables ; conservée à l'air, l'hydrocellulose nitrée jaunit et s'altère. Il en est de même de l'oxycellulose nitrée, qui s'altère cependant avec plus de lenteur, tandis que la nitrocellulose se montre stable.

» Action du réactif de Schiff {inchûwe, -ACiàe s,\i\îyire\x%'). — La cellulose et l'hydrocellulose nitrées ont des propriétés aldéhydiques faibles; celles de l'oxycellulose nitrée sont plus accentuées, mais elles ne semblent pas avoir augmenté par la nitration.

» Liqueur cupropotassique . — La cellulose et l'hydrocellulose nitrées réduisent énergiquement àrébullition; les propriétés réductrices de l'oxycellulose nitrée sont plus accentuées et se manifestent avant l'ébullition.

» La solution de potasse à 35° B. attaque inégalement les produits nitrés.

G. R., i8gS. I" Semestre. (T. CXXVI, N» 23.) 2I4

» La cellulose nitrée est attaquée seulement au bout de quelques heures ; elle se dissout en jaune clair.

» L'hydrocellulose nitrée est attaquée plus rapidement (une heure), mais dans les mêmes conditions que le produit précédent.

» L'oxycellulose nitrée donne, au bout de quelques minutes, une solution analogue à celle de la nitrohydrocellulose, puis la masse se dissout complètement, avec faible dégagement gazeux, brunissement rapide, tandis que la température s'élève jusque vers 60°.

» Formation du furfural. — Les trois produits nitrés, distillés avec de l'acide chlorhydrique de densité i , 06, laissent dégager de grandes quantités de vapeurs nitreuses; le dislillatum recueilli, neutralisé, puis acidulé par l'acide acétique, se trouble par la phényihydrazine et accuse la formation de furfural en très petites quantités pour la cellulose et l'hydrocellulose, en quantités plus grandes pour la nitrooxycellulose, résultat de trois nitrations successives.

» Les trois celluloses ont été soumises à trois nitrations successives dans les conditions précédemment indiquées : avant chaque nitration les matières ont été desséchées, pour éviter la dilution du mélange nitrant.

» On a dosé l'azote fixé après chaque opération à l'état d'AzO :

Volume tl'AzO pour is' de matière sècUc. 1" nilration. 2° nitration. 3' nitration.

Cellulose 2o3,4 212 2i3

Hydrocellulose 202,9 208,7 208

Oxycellulose 198)? '97)^ ^^S

» La fixation de iiAzO" pour une molécule de cellulose en C-* exige 2i4"= AzO.

» On peut considérer en somme que les trois corps envisagés donnent des dérivés également nitrés quand l'action nitrante est portée à son maximum.

» Les quantités un peu plus faibles d'AzO données par l'hydrocellulose et l'oxycellulose, par rapport à la cellulose, s'expliquent par des différences d'état physique moins favorable pour les deux premiers corps et par l'augmentation de leur poids moléculaire qui s'est accru par fixation d'eau ou d'oxygène.

» Nous pouvons conclure de ces expériences, que la cellulose, dans sa transformation eu hydro- et en oxycellulose, n'a pas éprouvé de change-

ments très considérables dans la structure élémentaire de son tvpe chimique initial. Elle n'a subi, pour ainsi dire, que des modifications partielles que nous chercherons à préciser. »

CHIMIE BIOLOGIQUE. — Miicine nouvelle extraite d'un kyste ovarien. Note de M. Charles Lepierre, présentée par M. Arm. Gautier.

(c Vers la fin de 1890, le D"' Sousa Refoios me remettait, pour en faire l'étude, le contenu d'un kyste coUoicie ovarien, multiloculaire, d'aspect "élatineux, tremblotant, collant un peu aux doigts. J'eus d'abord l'idée que la substance principale qui le constituait était la colloîdine étudiée par MM. Wurtz, Gautier et Cazeneuve. Je ne tardais pas à me convaincre qu'il n'en était pas ainsi. Il s'agissait en réalité d'une mucine spéciale, différente de toutes celles décrites jusqu'ici, mais appartenant au groupe des mucines vraies c'est-à-dire dédoublables par les acides étendus en hvdrates de carbone et albuminoïdes.

« Préparation. — On fait bouillir la substance gélatineuse (1*^,200) pendant quinze heures à 100° avec deux fois et demie son poids d'eau; la masse se fluidifie, on filtre sur toile, on étend deau et Ton précipite le liquide par un léger excès dacide acétique. Le précipité, ainsi obtenu, est lavé à l'eau, dialjsé et mis en digestion avec de l'alcool, puis de l'éther, pour dissoudre des traces de graisse. Après dessiccation sur H-SO' et paraffine on a obtenu 48?' de cette mucine.

» Les liquides filtrés ont été évaporés au bain-marie après neutralisation presque complète par la soude; il se forme pendant l'évaporation un léger précipité d'albumine. La liqueur ne renferme plus ni albumoses, ni peptones. On sépare l'acétate de soude par l'alcool et la liqueur est soumise à la méthode générale de M. Gautier, en vue de l'extraction des bases ('). L'acide phosphomohbdique y forme un précipité assez abondant qui, après traitement par l'acétate de plomb, fournit des acétates que l'alcool à DO" divise en une partie soluble et un résidu. Ce dernier, peu abondant, a donné les réactions des bases xanthiques; je n'ai pu v reconnaître de bases créatiniques. La partie soluble traitée par le chlorure mercurique précipite quelques bases que l'emploi de l'acétate de cuivre permet de diviser en trois groupes : 1° l'acétate à froid donne un léger précipité de dérivés carbo-pvridiques; 2° à chaud, pas de précipité (les bases xanthiques se trouvaient donc toutes dans la partie insoluble dans l'alcool); 3° les bases ne précipitant pas par l'acétate de cuivre étaient nulles. La liqueur séparée du précipité mercurique nous a donné une quantité de bases trop petite pour l'étude.

(') A. Gautier, Toxines, p. 64-

( iG62 )

» Voici le résultat de l'analyse immédiate de ce kyste, par la méthode que je viens d'indiquer:

Eau 94 >o

Substances sèches (dont 4,0 de mucine) 6,0

Albumine et leucomaïnes ' » '7

Cendres (formées surtout des chlorures, phosphates

et sulfates alcalins) o,83 (')

» Propriétés de la mucine. — Composition centésimale. Elle résulte de la moyenne de 4 analyses. La matière séchée était à 100° :

Carbone 49,2

Hydrogène 7,0

Azote 12,6

Soufre 0,94

Cendres o , 5o

» Cette composition rapproche cette substance des mucines des glandes sous-maxillaires et des tendons. La colloïdine renferme 5o pour 100 d'azote et 3o pour 100 de carbone en moins.

» C'est une matière blanc grisâtre qui se gonfle lentement dans l'eau ; celle pseudo-dissolution peut être fdtrce si elle est étendue; le fdtre de biscuit retient toute la mucine en suspension, h'acide acétique la précipite en une masse non filante, insoluble à froid dans un grand excès d'acide.

» L'eau, à froid, la gonfle lentement sans la dissoudre; à 100", l'eau pure ne l'attaque pas; de même à lao" (trois heures). Le liquide renferme des traces de matières albuminoïdes dissoutes. Si la mucine ne renferme pas d'acide acétique il ne se forme aucune substance réductrice.

» Le précipité acétique, même récent et humide, est insoluble dans la potasse ou la soude à Yoôô- Ces bases à i pour 100 ou à 5 pour 100 n'attaquent pas cette mucine à froid; à chaud on obtient une solution jaunâtre que lacide acétique précipite, mais la mucine a été altérée car ce précipité se redissout dans un excès d'acide. La potasse à 10 pour 100 gonfle la mucine sans paraitre l'attaquer; à chaud on obtient une solution jaune que l'acide acétique ne reprécipite plus.

» L'ammoniaque, même à chaud, n'attaque pas cette mucine. Elle est également insoluble dans l'eau de chaux, même après plusieurs semaines; elle se gonfle simplement. Après deux mois, une petite partie s'est dissoute et peut être séparée à nouveau par l'acide acétique. A chaud (100° ou 110°) la majeure partie de la mucine reste inatlaquée; une petite partie se dissout et la liqueur, qui ne précipite plus par l'acide acé-

(' ) Les 06"', 836 renfermaient : chlore o, 269; SO' o,o25; P^O^ 0,009; sodium o, 174; potassium o,o4i ; chaux o,o36; magnésie 0,006; fer et alumine 0,02.5.

tique, renferme des albumoses et des peptones. Avec l'eau de baryte, celte mucine se transforme en vraies peptones.

» Dans l'action des alcalis étendus on n'observe pas de dégagement d'ammoniaque. Ce fait, joint à Yinsolubilité dans les alcalis étendus écarte déjà la mucine étudiée des mucines jusqu'ici décrites.

» h'acide acétique à 5 pour loo, à froid, gonfle seulement cette mucine. A chaud (100°, une heure) elle est légèrement attaquée; il se forme des albumoses et des hydrates de carbone. A 120° (trois heures) la mucine est complètement dédoublée en albumoses et en hydrates de carbone qui réduisent la liqueur de Fehling.

» Les réactions sont de même ordre avec l'acide chlorhydrique à 2, à 5 ou lo pour 100, qui ne dissout pas à froid la mucine, mais qui la dédouble à chaud, et avec l'acide sulfurique à 2 pour 100.

» l^hydrate de carbone qui se forme par l'action des acides étendus sur cette mucine répond à la formule C'H'-O'', mais il difl'ère du glucose; il est inactif au polarimètre, ne fermente pas et réduit abondamment la liqueur de Fehling. Son osazone fond à i64''-i65° et cristallise en aiguilles jaunes, réunies en touffes. Le sous-acétate de plomb ammoniacal ne précipite qu'incomplètement ce sucre de ses solutions.

» La solution, obtenue par l'ébuUition directe du kvste à l'autoclave, précipiUtion par l'alcool ou l'acide acétique et redissolution dans l'eau, présente, en outre, les caractères suivants qui la distinguent des autres mucines : la chaleur ne coagule pas ses dissolutions, les sels neutres précipitent cette mucine; la réaction de Millon est très nette; les solutions ne réduisent pas directement la liqueur de Fehling; elles précipitent par le tannin, le ferrocyanure acétique, le chlorure mercurique, l'acétate et le sous-acétate de plomb, le sulfate de cuivre, l'alun; mais aucun de ces précipités n'est sohible dans un excès.

» Cette mucine, traitée à 45° par la pepsine et l'acide chlorhydrique à 3 pour 1000 se transforme complètement (') en un mélange de mucinealbumose et de mucine-peplone, séparables par le sulfate d'ammonium.

» Cette substance, soumise à 190°, durant soixante heures, à l'action de la baryte cristallisée, selon la méthode de Schûtzenberger (20^'' mucine, 6o^''barvte, iooS'"eau), donne :

Azote ammoniacal 3,. 5

Anhydride carbonique 3,3

Acide oxalique 2,4

Acide acétique 4 .< 7

(') On exclut ainsi l'idée d'une nucléo-albumine.

et un résidu Jïœe qui avait la composition suivante :

Carbone 46,5

Hydrogène 7,9

Azote 9,3

Ce résidu ne réduisait pas la liqueur de Fehling.

» La substance principale étudiée dans cette Note appartient, on le voit, à la classe des vraies mucines; elle ne peut se confondre avec le mucoïde de Hammarsten; elle est différente des mucines décrites (escargot, limace, tendons, glandes sous-maxillaires) par son insolubilité dans les alcalis étendus, par l'action des alcalis concentrés, par son insolubilité dans les acides minéraux et par la plupart de ses réactions. »

ZOOLOGIE. — Sur les Holothuries recueillies par le Travailleur et le Talisman. Note de M. Rémy Perrier, présentée par M. Milne-Edwards.

« Dans une précédente Communication (' ), j'ai énuméré et décrit les Élasipodes recueillies par les explorations françaises sous-marines. La présente Note, relative aux autres familles d'Holothuries, complète l'exposé de mes recherches sur le groupe dont la Commission des dragages a bien voulu me confier l'étude. Le nombre des individus dont il est ici question est de 277, se rapportant à 3i espèces, dont t5 n'ont pas encore été décrites. Je m'occuperai à peu près exclusivement de ces dernières.

» I. Famille des Holothurud.e ( AspiDorniROTEs). Liidwig {Holotlnn-ies de l'Albatross) a divisé cette famille en deux, tribus : les Syxallactinje et les Holothirun.e. Les premières se distinguent : 1° Par l'absence de vésicules tentaculaires ; 2° par leurs organes arborescents sans relation avec le système circulatoire; 3° par leur canal hydrophore ouvert à l'extérieur, ou du moins conservant avec la paroi dorsale du corps des connexions plus ou moins étroites. Ces caractères rapprochent nettement cette tribu des Elasipodes; de plus, la subdivision proposée par Ludwig a une grande importance au point de vue balhymétrique. C'est en eft'et, à quelques exceptions près, aux Synallactinœ qu'appartiennent les formes abvssales, tandis que les formes littorales se rattachent à peu près exclusivement aux //o/o^/iM/'iV/Jrt". L'évolution du groupe devient ainsi très claire : les Synallactinœ, détachées de bonne heure de la souche des Hololhuriinœ, comme l'indiquent leurs caractères primitifs, ont émigré dans les

(') Comptes rendus, séance du 23 novembre 1896.

grands fonds et, par une évolution facile à suivre, ont donné naissance au groupe spécialisé des Elasipodes.

)) La subdivision ci-dessus indiquée nécessite un remaniement dans les groupements génériques :

» 1. Tribu des Synallactin.e : 182 individus, répartis en onze espèces, dont sept nouvelles :

» 1° Au genre Mesothuria Ludw. légèrement modifié, je rattache Uol. inteslinalis Asc. et Rath. (44o™-i4oo") ! Hol. Vcrillii llxéeA (i ioo™-4255™), l'une des espèces les plus largement répandues dans les grands fonds; sans doute aussi Hol. Murrayi Théel, et enfin une espèce nouvelle, Mes. maroccana (2200""), se rattachant à Hol. Murrayi, dont elle diffère par son ambulacre impair nu et par l'absence de gros pédicelles sur les ambulacres latéraux;

» 2° Zygothuria n. gen. Une seule rangée de gros pieds espacés sur chaque ambulacre latéral; papilles dorsales très petites, un seul buisson génital; madréporite tout contre la paroi du corps. A ce nouveau genre je rattache Z. lactea Théel (912™ig-S"), espèce polymorphe dont j'ai distingué plusieurs variétés; et une espèce nouvelle, Z. connectens (i975™-23i8">), différant de la précédente notamment par ses sclériles à perforations nombreuses plus ou moins arrondies;

» 3" Pseudostichopus atlanticus n. sp. (4i65'") diffère de Ps. vcllosus Théel, par ses appendices ambulacraires autrement disposés, non sériés, et ses sclérites en forme de plaques mamelonnées;

» 4° Pcelopatides grisca (1 9i8"'-4o6o™) n. sp., n'est peut-être qu'une variété de P. confundens Théel, dont il diffère par sa forme générale, par ses spicules à bras plus obliques et à tige centrale très courte;

» 5° Synallacles crucifera (2 115"") : sur l'ambulacre impair un petit nombre de pieds sur deux rangs; sur les ambulacres latéraux un rang de pieds en zigzag, et audessus un rang de papilles; sur chaque ambulacre dorsal, deux rangées de papilles. Sclérites cruciformes très fins;

» 6° Herpysidia a. gen. : ao tentacules; une sole ventrale bordée d'une rangée de papilles; ambulacre impair nu; ambulacres latéraux avec deux rangs de pieds; face dorsale couverte de grosses papilles; deux buissons génitaux. Ici je place H. (Stichopus) Ti:ardi Théel (83o™-i 490™), et une espèce nouvelle, //. reptans (2ii5"), belle Holothurie rose, dont les papilles dorsales forment de chaque côté deux rangées assez nettes, avec une papille plus grosse en avant; il existe en outre, sur les interambulacres latéraux, d'autres papilles plus petites, assez nombreuses;

» 7° Bentholhuria funebris (782"-! 280™) n. gen. et n. sp. : aspect des Benihodytes, mais des poumons; une sole ventrale, portant quatre rangées de pieds, ne dépassant pas le tiers antérieur; papilles dorsales nombreuses sur les interambulacres latéraux, disparaissant sur la région médiane du dos. Pas de sclérites.

» 2. Tribu des HoLOTniRiixi : 35 individus, la plupart des zones superficielles; - espèces, dont une seule nouvelle.

» Holothuria limbata n. sp. : une sole ventrale différenciée; corps aplati avec un rebord latéral mince; des pieds sur la face dorsale comme sur la sole ventrale. Sclérites : des tables, des spicules dichotomes, de gros spicules recourbés et dentés (o64"').

» II. Fara. des Cucumariid,e (Dendrochirotes) : 19 individus, 7 espèces, dont 3 nouvelles.

» Cucumaria incurvata {Siphothuria : E. Perrier, Expl. sous-marines, 1886, fig. 202). Appendices ambulacraires localisés sur les ainbulacres, où ils forment une rangée en zigzag. Ce sont des papilles, soutenues par de longues plaques formant un faisceau rigide et ne laissant libre que l'extrémité de la papille. Sclérites : des plaques percées de trous que séparent des côtes saillantes; des coupes réticulées hémisphériques (Go^-ioG'").

» Ocnus compressas n. sp. : corps recourbé en U, fortement comprimé latéralement ; l'extrémité postérieure amincie en une queue; symétrie bilatérale évidente : pédicelles sur un seul rang, plus nombreux sur les ambulacres latéraux. Sclérites : plaques perforées imbriquées, dont la partie libre est couverte de tubercules triangulaires ; des coupes réticulées (627™).

» Tliyone gadeana sp. nov. (loô"") diffère de Th. fusus par ses pédicelles plus fins et plus serrés, son anneau calcaire beaucoup plus allongé, ses sclérites un peu différentes.

» III. Fam. des Tesselat.e : l\ individus, formant 2 espèces nouvelles.

» Hypsilolhuria atteiiuata (E. Perrier, Expl. sous-marines, 18S6, /ig. 2o3), décrite avec détail par Ludwig sous le nom de Sphcerothuria bitentaculata (2825™).

» Hyps. Talismani {E. Perrier, Ibid., fig, 2o4) (1128™).

» IV. Fam. des Apodes : 87 individus, 6 espèces, dont 2 nouvelles.

» Ankyroderma loricatupi. Corps allongé, peau lisse; sclérites se recouvrant au point de former un revêtement continu; plaques irrégulières, avec un ou deux prolongements; tables à 6 trous; des spatules, mais pas d'ancres, des granules bruns

» Ank. maroccanum n. sp. : Diffère de A. Danielsseni par ses plaques perforées de deux espèces : les unes grandes, à trous larges et peu nombreux, les autres petites à trous petits et nombreux.

» En résumé la collection des Holothuries draguées par le Travailleur &l le Talisman comprend 63 1 individus, se répartissant en 46 espèces, dont 26 sont nouvelles. »

ZOOLOGIE. — Sur les premiers stades embryogéniques de Serpula infundibulum et Hydroïdes pectinata. Note de M. Albert Soulier, présentée par M. Milne-Edwards.

« Le mode de formation de la bouche et de l'anus chez la larve trochophore des Annélides est sujet à discussion.

» Le problème ne peut être élucidé que par l'élude d'animaux dont l'embryogénie est dilatée : quelques Serpuliens sont dans ce cas, nolam-

( 1^67 ) ment Serpula in/iindibulurn et Bydroïdes pectinala. J'ai étiuiié les premiers stades embryogéniqiies de ces deux Annélides, à la Station zoologique de Cette. J'y ai fait de nombreux essais de fécondation artificielle, et j'ai élevé pendant plusieurs jours les larves dont les transformations ont été observées d'une façon suivie.

» Chez Serpula la segmentation est totale et égale ; chez Hydroïdes, au contraire, la segmentation totale est inégale au début, mais la différence de volume entre les cellules de segmentation ne tarde pas à s'atténuer, si bien qu'au stade morula tous les blastomères sont égaux entre eux, ou à peu près. Peut-être quelques-unes des cellules situées au pôle postérieur présentent-elles des dimensions un peu plus grandes. En tous cas les différences sont insignifiantes. A partir de ce stade l'évolution de Serpula et celle {['Bydroïdes sont identiques. La description suivante s'applique donc à l'une quelconque de ces deux Annélides.

» Dès la phase blastule, une modification importante se produit. Deux cellules blastodermiques, situées au pôle postérieur, deviennent plus volumineuses que leurs voisines et dessinent une saillie très accentuée, par leur partie intei'ne, dans la cavité de segmentation. Ces deux éléments sont très évidents : ils absorbent en effet l'Lématoxyline avec bien plus d'énergie que les autres cellules blastodermiques et acquièrent ainsi une coloration violette assez intense. Ces deux cellules, déjà bien nettes dès la phase blastule, sont les initiales mésodermiques. Dès ce moment elles indiquent, par leur situation, les côtés droit et gauche de la future trochophore. L'apparition des initiales mésodermiques précède donc la gastrulation. En eft'et, c'est seulement au moment où la saillie interne, formée par les deux initiales, est devenue bien marquée, que se produit l'invagination gastrulaire. Le pôle postérieur se déprime et, insensiblement, les cellules qui le constituent s'invaginent dans la cavité de segmentation. L'endoderme prend ainsi naissance. I^es deux initiales mésodermiques, placées elles aussi au pôle postérieur, sont entraînées dans ce mouvement et perdent leurs relations avec l'extérieur. Pendant un temps très court, elles forment à droite et à gauche partie des lèvres du blastopore; puis elles ne tardent pas à se séparer de l'endoderme et se trouvent libres dans la cavité de segmentation, tout en demeurant situées dans le voisinage du blastopore. Celui-ci est nettement situé au pôle postérieur.

M L'invagination s'accentue et l'entéron, prenant toujours une plus grande extension, envahit une bonne partie de la cavité de segmentation. Les cellules endodermiques sont très longues, en forme de tronc de pyra-

Page 1