‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 369 sur 425 · C. R., 1S98, I" Semestre. (T. CXXVI, N · texte numérisé non relu

C. R., 1S98, I" Semestre. (T. CXXVI, N

( '7o8 ) êlre exaclement calculées, grâce aux mesures de M. Michelson. Plaçant les deux lames de l'appareil interférentiel à une distance de i™", par exemple, on fera les observations des coïncidences comme sM s'agissait simplement de déterminer un numéro d'ordre.

» En comparant les observations avec les tables approchées de coïncidences, on trouvera qu'une certaine hypothèse, et une seule, sur les numéros des franges observées, permet de faire concorder à peu de chose près, les phénomènes observés avec les phénomènes calculés. Si plusieurs hypothèses sont admissibles, c'est que l'on a commencé par une épaisseur trop grande, et il faudra recommencer l'observation sur des franges d'ordre moins élevé. Dans le cas où une seule hypothèse est admissible, le petit écart existant entre l'observation et le calcul indique que les valeurs primitivement admises pour les longueurs d'onde ne sont pas tout à fait exactes, et permet de corriger ces valeurs. On en déduira des valeurs plus rigoureuse des périodes, et par suite des Tables de coïncidence plus exactes, au moyen desquelles on pourra refaire les mêmes opérations en opérant sur des franges d'ordre plus élevé, douille par exemple. Cette nouvelle obserA'ation permettra de corriger à nouveau les longueurs d'onde et, en continuant ainsi, on obtiendra des valeurs de plus en plus précises. Nous avons augmenté l'intervalle entre les deux lames jusqu'à Sa™™. Les valeurs obtenues paraissent exactes à 2.10""' en valeur relative.

» Dans les chiffres suivants il peut y avoir une erreur d'au plus une unité sur l'avant-dernier (7^) chiffre. Les nombres suivants ont été calculés en admettant pour la raie verte du cadmium le nombre de M. Michelson; ils se rapportent donc, comme ce dernier, à i.5° sous la pression de ^60'°™

1'" raie jaune X =; 0,57906593

Raie verte X =r 0,5^607427

)) Les mêmes procédés seraient applicables à la mesure de la longueur d'onde d'une radiation quelconque, mais les tâtonnements seront un peu simplifiés, parce que par la méthode que nous avons décrite, et grâce aux résultats que nous venons d'indiquer, on peut déterminer sans ambiguïté le numéro d'ordre d'une frange. Il suffira dès lors d'observer les coïncidences de la radiation étudiée avec l'une des radiations connues. «

ÉLECTRICITÉ. — Sur la résistance électrique des aciers. Note de M. H. Le Chatelier, présentée par M. A. Carnot.

« Les recherches sur la résistance électrique des aciers ont, jusqu'ici, principalement porté sur les aciers extra-doux servant à la fabrication des fils télégraphiques. Elles ont mis en évidence ce fait que les variations de résistance d'un métal à un autre dépendaient à peu près exclusivement de leur teneur relative en manganèse.

» J'ai pensé qu'il serait intéressant d'étudier d'une façon plus systématique l'influence des divers corps qui peuvent se rencontrer dans les aciers et, en particulier, celle du carbone. J'ai utilisé, dans ce but, les échantillons qui ont servi à M*"^ Slodowska Curie pour ses recherches sur les propriétés magnétiques des aciers ( ' ).

» Les échantillons d'acier avaient la forme de barreaux carrés de i*^*" de côté et 20*^™ de long. Ils ont été recuits pendant plusieurs heures aux; environs de 600°. Leur composition chimique a été déterminée, au laboratoire de l'Ecole des Mines, par^LAL ]\Ioutonet etGoulal. Dans les Tableaux suivants, les nombres expriment des résistances spécifiques (microhmcentimètre cube).

lujluence du carbone.

Composition.

Résistance. G. Mn. Si.

» La résistance électrique croît donc bien nettement avec la teneur en carbone; son accroissement est en mo^enne de 7 microhmspar i pour 100 de carbone en poitls, ou de i,5 microhm par i pour 100 d'atome de carbone sur loo atomes de fer et carbone.

» Les aciers recuits sont constitués par des lamelles enchevêtrées de ferrite (fer pur) et cèmentite (carbure de fer, Fe'C). Par extrapolation des

(') Société d'encouragement, t. III, p. 36; janvier 1898.

( i7'o ) résultats pi-écédents, on trouverait pour la résistance de ces deux constituants envisagés isolément

Ferri te 9,5

Cémentite 45

Influence du silicium.

Composition.

Résistance. C. Si.

Ces nombres conduisent en moyenne à une augmentation de i4 microhms par I pour 100 de silicium en poids, ou 7 microhms pour i atome de silicium sur 100 atomes d'alliage, c'est-à-dire à un accroissement de résistance beaucoup plus grand que pour le carbone. On est amené, par analogie avec ce qui se passe pour un grand nombre d'alliages, à admettre que dans les aciers le silicium n'est pas isolé à l'état de siliciure défini FeSi^, mais se trouve à l'état de mélange homogène, dissolution solide ou mélange i.soniorphe, comme l'est le carbone de trempe.

« Influence du manganèse. — Le manganèse, comme on le sait, augmente considérablement la résistance des aciers. Ce métal, isomorj)he avec le fer, forme avec lui des mélanges homogènes en toute proportion. Mais ces mélanges peuvent exister sous deux états allotropiques inégalement magnétiques qui possèdent également des résistances électriques notablement différentes, comme je l'ai déjà montré pour l'aciermangiinèse de M. Hadfield à i3 pour 100 de Mn [ ').

Composition.

Résistance. C. Mn. Si.

66 masrn . ) , ,

80 non magn \

(•) Comptes rendus, l. CXIX, p. 272; 1894.

( I7IÏ ) Ces nombres conflniseiit à un accroissement de résistance £;énéralement voisin de 5 microhms par i pour loo en poids on en atomes de manganèse. Pour l'acier-manganèse magaéfique, obtenu en recuisant deux heures à 55o° l'acier non magnétique, cet accroissement de résistance n'est plus que de 3,5 microhms.

» Influence du nickel. — Le nickel, qui se mêle isomorphiquement avec le fer, augmente notablement sa résistance électrique; mais ces aciers, ainsi que l'ai montré antérieurement (' ), présentent comme l'acier-manganèse deux variétés inégalement magnétiques et en même temps inégalement résistantes. L'accroissement de résistance, rapportée par le calcul à I pour lOo de nickel, est extrêmement variable avec la proportion de nickel, avec celle de carbone et avec l'état allotropique de l'alliage. Pour des quantités totales de nickel inférieures à 5 pour loo.cet accroissement a varié de 3 à 7 microhms.

» Influence du chrome, du tungstène et du molybdène. — L'influence de ces ccî'ps sur l'accroissement de résistance des aciers est très faible. Elle ne peut être mesurée d'une façon exacte pour les teneurs inférieures à 3 pour 100, que j'ai seules étudiées. La présence constante du silicium et du manganèse amène déjà, avec les teneurs habituelles inférieures à 0,5 pour 100, des accroissements de résistance égaux et même supérieurs à ceux qui peuvent résulter de la présence de quantités dix fois plus considérables des trois métaux en question. Le peu d'influence des trois métaux : chrome, tungstène et molybdène sur la résistance électrique des aciers, conduit à penser qu'ils sont isolés au milieu du métal à l'état de combinaison définie.

» Cette manière de voir est conforme aux résultats obtenus antérieurement par ]NL Carnot dans l'étude chimique d'aciers de même nature. »

PHYSIQUE BIOLOGIQUE. — Vision entoptique et sensibilité dans la tache jaune Note de M. Acg. Charpentier, présentée par M. d'Arsonval.

« L'œil placé devant un champ lumineux uniforme ne perçoit aucune différence d'éclairement, bien que la rétine ne soit pas également éclairée partout et qu'elle présente dans ses diverses parties de notables différences de sensibilité. On sait que la lacune de Mariotte n'est pas distinguée dans

(') Compte.'; rendus, t. GX, p. ?.83 ; 188g, et t. CXI, p. 445; 1890.

les conditions ordinaires, elle donne la même sensation de clarté que les parties voisines. L'ombre des vaisseaux rétiniens n'est pas perçue davantae;e. La tache jaune {macula), moins sensible que le reste de la rétine, devrait donner une ombre très reconnaissable, d'autant plus que cette partie est beaucoup plus étendue qu'on ne se le figure ordinairement. Le diamètre de la macula étant de a""" à 3°"°, sa projection à So*^"" a une largeur d'au moins 3'""à5*='"; à i™, la macw/a devrait former une ombre presque circulaire de 12."^ à 18"" de diamètre. Encore cette étendue comprend des zones de sensibilité très différente, dont la plus remarquable est la /otra centralis. qui en occupe le centre et qui a une largeur environ dix fois moindre.

» L'uniformisation de l'intensité lumineuse apparente entre ces diverses parties de la rétine peut être attribuée en partie à ce que la sensibilité s'émousse assez rapidement aux points les plus sensibles, qui sont les plus fortement excités; mais les faits énoncés dans ma dernière Note montrent qu'il faut surtout mettre en cause l'irradiation nerveuse, qui, se portant des parties plus excitées (plus sensibles) aux parties moins excitées (moins sensibles), tend à mettre en équilibre fonctionnel toutes les cellules de la sphère visuelle corticale.

» Mais il n'en est plus de même, et cet équilibre n'a pas le temps de se produire si, au lieu de faire agir sur la rétine une excitation continue, on varie brusquement et plus ou moins fréquemment son état d'excitation; on prend alors sur le fait les courants sensoriels en question et l'on met en évidence de la façon la plus nette les différences d'éclairement ou d'excitabilité rétinienne.

» L'indication principale à remplir pour obtenir ce dernier résultat est d'avoir un champ visuel rigoureusement uniforme et surtout de très faible intensité. En se plaçant dans les conditions indiquées pourvoir l'ombre de la pupille, j'ai pu souvent voir en même temps, au moment oii l'œil est brusquement découvert, l'ombre des grosses branches de l'arbre vasculaire de Purkinje (vaisseaux rétiniens).

M L'ombre de la m.acula lutea se produit le plus facilement au moment du crépuscule, en regardant sur un sol clair, ou sur le ciel du côté opposé au soleil couché. On couvre et l'on découvre largement les yeux, soit par un écran, soit tout simplement par des mouvements de fermeture ou d'ouverture des paupières. Avec des mouvements assez lents de l'écran (au-dessous de i ou 2 par seconde), on voit devant le regard une tache sombre uniforme; pour une Iréquence plus grande (3 ou quatre par se-

( i7>3 ) conde), la lâche sombre est remplacée par une tache claire entourée d'un anneau sombre; des mouvements encore un peu plus rapides montrent cette zone sombre entourée elle-même d'un second anneau plus clair que le fond du champ visuel. L'étendue apparente de la région où se montrent ces phénomènes, mesurée à une distance donnée de l'œil, correspond bien à celle de la tache jaune. Quant aux rapports de ces alternatives concentriques de lumière et d'ombre avec les oscillations rétiniennes que j'ai décrites précédemment, je n'ai pu les préciser jusqu'à présent (Maxwell, Exner, etc. ont décrit diverses observations paraissant se rapporter à la perception de la tache jaune, mais dans des conditions qui étaient loin d'être rigoureusement définies).

» Quant à \Afovea centralis, le meilleur moyen de la voir entoptiquement est de produire à l'aide d'un spectroscope le scotome central que j'ai trouvé depuis longtemps d'abord dans le bleu, puis dans toutes les autres couleurs. L'instrument étant éclairé faiblement, par un jour moyen, avec la fente à son minimum d'ouverture, on peut, en déplaçant très légèrement l'œil par de petits mouvements latéraux au-devant de l'oculaire, réaliser des variations alternatives d'éclairage suffisantes pour faire percevoir divers phénomènes entoptiques, par exemple la projection des plus petits vaisseaux rétiniens, les lignes fines de Nuel, et enfin la projection de la fovea; celle-ci se montre sous forme d'une petite tache sombre entourée d'un anneau plus clair que le fond environnant; je puis la dessiner facilement sur le papier : elle a alors en moyenne une largeur de 2™'", l'anneau clair a à peu près un diamètre double. Pour plus de précision, on peut projeter la tache à distance fixe sur une échelle graduée qu'on observe à l'aide du second œil; en estimant ainsi sa largeur, on trouve qu'elle correspond à une image rétinienne de o™"', 2 à o"™, 3; ce sont justement les dimensions de la fovea.

» Ce scotome central paraît un peu plus large dans le bleu et le vert bleu que dans les rayons moins réfrangibles à partir de E. Plus facile à percevoir dans le bleu (où il exige un peu plus de lumière), il est visible partout, dans l'extrême rouge y compris. Pour l'observer il vaut mieux, quand ou le peut, déplacer latéralement le spectroscope que de remuer la tète ; un petit spectroscope est donc préférable, surtout quand il peut tourner facilement autour d'un pied vertical; quant au sjjcctre, il est indifférent de l'orienter parallèlement ou perpendiculairement au déplacement du regard ; mais, dans le second cas, on est sûr de n'opérer à la fois que sur une zone spectrale unique.

( i7'4 ) » Cette production d'un scotome central très net a une grande importance, non pas tant en confirmant mes expériences anciennes (de 1877 et 1884) qu'en donnant la raison d'une erreur expérimentale commise par plusieurs observateurs dans l'observation de la tache jnune. Ces observateurs (Rœnig, von Rries, etc.), dominés par l'idée de M. Parinaud que les bâtonnets seuls peuvent donner la sensation incolore que j'ai montrée être à la base de toute sensation visuelle, même d'origine rigoureusement monochromatique, ont cru reconnaître qu'une excitation colorée, vue sous le minimum perceptible, n'est pas vue incolore par la foiea. J'ai vérifié le contraire plus de cent fois, mais à la condition de prendre des précautions toutes spéciales pour maintenir absolument le regard dans la direction du centre de la/ocea. dont il tend avec force à s'échapper, tant qu'on ne lui présente que de petits points éclairés au minimum : il fuit alors le point central avec une persévérance inouïe, pour se fixer sur les parties immédiatement voisines, plus sensibles (anneau clair de la figure entoptique); on ne peut le ramener au centre qu'en lui fournissant un point de repère fixe sur lequel il s'oriente. J'ai décrit ailleurs ces expériences de vérification, sur lesquelles je n'ai pas à m'étendre en ce moment {^\oir ArcJiwes d'Ophtalmologie, mai 1896; Association française. Congrès de Carthage, 1896). Elles démontrent, sans doute possible, qu'au centre comme partout ailleurs, et pour toutes les couleurs, la sensation minima est incolore ; que, par conséquent, elle peut être fournie par les cônes (seuls éléments centraux) aussi bien que par les bâtonnets; que la vision nette et la perception des couleurs ne marchent pas de pair l'une avec l'autre; que le maximum de perception des couleurs est non au centre, mais «/r les bords de la fovea, tandis que le point central est au contraire le lieu du maximum de distinction nette des détails, fonction qui entre en jeu dès que l'éclairement a atteint une valeur suffisante. Il est facile d'en conclure que la perception des couleurs n'est pas simplement fonction de l'excitation des cônes, ainsi qu'on est trop disposé à l'admettre. »

CHIMIE GÉNÉRALE. — Sur le poids atomique de l'azote. Note de M. M. Vèzes, présentée par M. Troost.

« Dans une série de Notes publiées récemment dans les Comptes rendus (t. CXXVI, p. 954, io3o, i/ji5 et i5oi ; 1898), M. D. Berthelot expose une nouvelle méthode de détermination précise des poids atomiques.

( i7'5 ) applicable aux éléments chimiques gazeux ou fournissant des combinaisons gazeuses, et basée sur la mesure de la densité et de la compressibililé de ces éléments ou de leurs combinaisons. La comparaison des poids atomiques ainsi calculés avec les poids atomiques définis par l'analyse chimique lui donne un accord satisfaisant pour certains éléments (hydrogène, carbone), tandis que certains autres (chlore, soufre, phosphore et surtout azote) manifestent un désaccord sensible. Pour l'azote, en particulier, on a, le poids atomique de l'oxvgène étant pris par définition égal à i6,ooo :

Parles données physiques (D. Berthelol) i4,oo5

Par l'analyse chimique (Stas) i4,o44

» L'écart de ces deux nombres atteint, on le voit, près de trois millièmes de leur valear.

» M. D. Berthelot cherche à expliquer ce désaccord par l'inexactitude du nombre déterminé par voie chimique, inexactitude due à une erreur systématique qui vicierait le résultat des recherches classiques de Stas. L'an dernier déjà, M. Leduc {Comptes rendus, t. CXXV, p. 299; 1897), calculant lui aussi au moyen de mesures physiques le poids atomique de l'azote, avait obtenu la même valeur i4,oo5, et expliqué par la même erreur systématique le nombre notablement plus fort obtenu par Stas.

» Cette erreur systématique a été signalée pour la première fois par Dumas (Ann. de Chim. et de Phys.. S^ série, t. WY , p. 289; 1878) : l'argent en grenaille, tel que l'employait Stas dans ses déterminations, retient de l'oxygène qu'il a dissous pendant sa fusion. Le poids atomique de ce métal, fixé par Stas à 107,929, doit donc être légèrement abaissé, ce qui conduit à modifier aussi celui de l'azote, déterminé en fonction de celui de l'argent. Partant de la proportion d'oxygène que Dumas a trouvée dans l'argent fondu, JNL Leduc calcule que le poids atomique de l'azote résultant des expériences de Stas doit être abaissé de i4,0-'i4 ^* i4>oo2; de son côté, M. D. Berthelot déduit des nombres de Dumas une conclusion analogue.

» Cette correction est-elle légitime? Peut-on admettre que la proportion d'oxygène trouvée par Dumas dans l'argent fondu (fondu notamment en présence de nitre, employé à des doses volontairement exagérées) représente bien la proportion d'oxygène existant dans l'argent préparé par Stas avec les précautions multiples que l'on sait?

» La réponse à ces questions se trouve dans un Mémoire de Stas luimême, publié après sa mort {JSIèm. de l'Acad. de Bruxelles, t. XLIX ; 1893, et Œuvres complètes, t. IIL p. 1-201), et qui paraît avoir échappé à l'atten-

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