C. R., 1S9S, i« Semestre. (T, CXXVI, N° 26. i
» Des résultats semblables ont été obtenus en comparant à température ée;ale la radiation îles manchons à celle de l'oxyde magnétique de fer qui, au moins dans le rouge et le vert, se comporte comme un corps sensiblement noir.
» Le pouvoir émissif des manchons étant, à toute température et pour toute radiation, inférieur à l'unité, il n'y a pas lieu d'admettre l'existence du phénomène spécial de luminescence. On a seulement affaire à un corps dont le pouvoir émissif est différent d'une radiation simple à une autre et varie inégalement avec la température. C'est le cas de tous les corps colorés sans exception, elil n'y a peut-être pas dans la nature un seul corps qui ne soit plus ou moins coloré.
» Un pouvoir émissif exceptionnel a été indiqué par S. John (') comme la cause principale du rendement lumineux du manchon. En fait, son pouvoir émissif est inférieur à celui de beaucoup d'autres corps tels queFe''0% L'^O', etc., dont le rendement est au contraire très faible. Ce rendement, d'ailleurs, devrait plutôt varier en raison inverse du pouvoir émissif, comme le montre l'éclat de la chaux et de la magnésie employées pour la lumière oxhydrique. Le faible pouvoir émissif de ces corps les oblige à prendre une température plus élevée pour pouvoir diffuser par rayonnement l'énergie qu'ils reçoivent au contact des gaz chauds, et l'on sait que plus la température est élevée, plus la proportion relative des radiations lumineuses devient grande, au moins dans le cas des corps non colorés.
1) Voici quelques résultats obtenus en plaçant au même point de la flamme d'un brûleur Bunsen la soudure d'un couple, aplatie en un disque de i"'",5 de diamètre et recouverte de différents oxydes. Les intensités sont exprimées en prenant comme unité la radiation correspondante du platine fondant.
f'oips. 'l'empéiaUiic Houge. \crt. I!Ilii.
l'Iatiiio '290 10^- X 8,5 10~- X 4 10-- X 1,4
Uxyde de fer 1080 i,5 0,48 0,1
Manchon Auer.. . . i38o 7,0 12, 5 )3,5
Oxyde de thorium. 1290 i,'-\'> 1,4 o,3
0\jde decérium.. iiio 'j9o 0,7 o,i5
Oxyde d'urane 1070 o,3o o,25 o,o5
Oxyde de hmlliane. lajo 4 3,i 1,8
(') Wied. Aiin.. t. LVl, p. 433; i5
» On voit que le platine, par exemple, dont le pouvoir émissifestle quart de celui du fer, donne cependant dix fois plus de lumière.
» Une tempéra/ lire exlraorLVmairement élevée du manchon, supérieure à 2000°, serait, d'après M. Bunte ('), la cause principale de son éclat. Cette température résulterait d'une action catalvtique des oxydes qui provoquerait la combustion dans les pores mêmes du manchon. Nous avons reconnu qu'en réalité, à une température donnée, l'éclat est le même, que la matière incandescente soit chauffée dans un mélange gazeux en combustion ou dans des fumées chaudes, mais déjà complètement brûlées. Là où les réactions de combustion sont achevées les actions de présence ne peuvent jouer aucun rôle.
» En outre, la température n'est pas exceptionnellement élevée; elle ne diffère pas, aux erreurs expérimentales près, de celles des particules du charbon en suspension dans la flamme ordinaire du gaz, soit en nombres ronds i65o°. Pour déterminer cette température nous avons comparé l'éclat des fdaments d'un bec Auer ordinaire, petit modèle, en service depuis plusieurs mois, avec l'éclat d'une matière semblable placée sur la soudure d'un couple.
>) L'éclat en fonction de celui du platine a été, pour un fdament de la partie movenne de la région brillante d'un bec Auer :
l!ous;<?. Verl. Bleu.
ro~-xa3 io--x42 10--X41
» L'éclat de la même matière placée sur un couple a été :
TenipiTaliii-f. Rouge. Verl. Bleu.