C. R., 1S9S, I" Semestre. (T. CWVI, N
sodium. On agite vigoureusement à plusieurs reprises. Le brome déplace une proportion équivalente d'iode qui, devenu libre, donne au dissolvant une coloration violette beaucoup plus visible que ne l'était la teinte jaune brun produite par le brome. La détermination de l'iode se fait, comme précédemment, par l'hvposulfite de sodium titré et l'on n'a plus, pour connaître le poids correspondant du brome, qu'à multiplier le poids de l'iode par le coefficient -f^.
» 3° Chlore. — La solution acide, dont on a enlevé l'iode et le brome et à laquelle on a réuni les premières eaux de lavage, est versée dans un vase à précipitation, étendue d'eau à doo*^*-' environ, additionnée d'azotate d'argent, puis chaulTée de façon à rassembler le chlorure. Le précipité se trouve, coloré par un peu de chromate d'argent; pour le purifier, on décante la liqueur après refroidissement et on la remplace par un peu d'eau chaude légèrement azotique; on laisse encore refroidir et on lave par décantation. Le chlorure d'argent, devenu complètement blanc, est reçu sur un filtre taré, puis séché et pesé avec les précautions habituelles.
» Le dosage du chlore est, des trois, celui auquel on attache le moins d'importance dans la plupart des cas. Au lieu d'opérer comme je viens de le dire, on pourra presque toujours se contenter d'un dosage par différence, qu'un procédé volumétrique permet d'obtenir rapidement de la façon suivante :
» On peut opérer sur la solution privée d'iode, provenant de la première opération, et en faire deux portions : Tune est traitée en vue du dosage du brome, comme il vient d'être dit; l'autre est précipitée par une quantité mesurée d'azotate d'argent titré, on détermine ensuite l'excès d'argent en se servant de sulfocyanure comme solution titrée et d'alun de fer comme indicateur; d'après le dosage du brome, on sait la quantité d'azotate d'argent qu'il a consommée et, par différence, on calcule aisément le chlore.
» On peut aussi, surtout si les chlorures sont en proportion beaucoup plus grande que les iodures et bromures, ne prendre que j'j ou jj de la solution neutre primitive, y ajouter du chromate de potassium comme indicateur et verser, avec la burette graduée, de l'azotate d'argent titré jusqu'à apparition de la teinte rouge du chromate. Retranchant alors de l'azotate d'argent employé celui qui correspond à l'iode et celui qui correspond au brome, on a celui qui a été précipité par le chlore.
» Le chlore se trouve donc facilement dosé par l'un de ces procédés.
» Le Tableau suivant, niouti\int les résultats d'une série d'essais faits sur
( '91 ) des proportions importantes on, an contraire, très faibles de chacnn des trois corps, permettra d'apprécier la précision à laquelle on arrive couramment par cette méthode.
HyposulCte
Propor;
ions mises
en expérience.
employé lo.
pour Br.
Pesé AgCl.
Élément rétro lo. Br.
uvé.
ad lire.
Bromure.
Chlorure.
lo.
Br.
nigr
nisr 67,2
mgr
lOO
lOO
lOO
6oo
5oo
lO
ICO
lOO
lOO
» Pour une simple recherche qualitative àe fitibles quantités d'iodure et de bromure, en présence d'nn grand excès de chlorure alcalin, on peut recommander la marche suivante :
» 1° Séparer l'iode dans un peu de la solution neutre par l'acide sulfuriqne nitreux et le rassembler dans quelques gouttes de sulfure de carbone. La coloration violette ou rose est extrêmement sensible.
» 2" L'iode ayant été éliminé, ajouter à la liqueur, placée dans un petit ballon, un peu d'acide chromique et d'acide sulfurique, puis chauffer jusqu'à ébuUition, en plaçant à l'ouverture un papier jaune à la fluorescéine, dont M. Baubigny a fait connaître la préparation et la sensibilité pour des traces de brome. Les plus faibles quantités de brome seront révélées par la teinte rose caractéristique. »
MEMOIRES PRESENTES
ASTRONOMIE. — Sur le Système de l'heure décimale, les divisions du jour et du cercle, et la Table géographique. Mémoire de M. Henri de Sarrautox, présenté par M. Ad. Carnot. (Extrait par l'auteur.)
(Renvoi à la Section d'Astronomie.)
(( La révolution de la Terre autour de son axe, exprimée en temps, est un jour; exprimée en degrés, une circonférence. Dès lors, il est rationnel de donner une même mesure au jour et à la circonférence.
» La division du jour en 24 heures, consacrée par un usage immémorial, étant en même temps la meilleure possible au point de vue mathématique, doit servh" de norme à la division du cercle.
» Le cercle doit donc être divisé en 24 heures ou 240 degrés. Cette division est la seule capable de faire disparaître la dualité regrettable des divisions en 36o" et en 4oo^.
» Dans le svstème de l'Heure décimale, appellation que justifie cet exposé, le jour et le cercle, complètement assimilés, sont divisés en 24 heures, désignées par la lettre h. L'heure est divisée en 10 degrés, désignés par la lettre d. Le degré est divisé en 10 minutes, désignées par la lettre m. Les sous-multiples décimaux de la minute se désignent par le rang qu'ils occupent après la virgule. Ainsi, o*",! est une prime; o™,oi est une seconde; o^.ooi est une tierce, et ainsi de suite.
» Lorsque, par exception, ces unités secondaires sont employées comme unités principales, on les désigne par im nombre de points correspondant à leur numéro d'ordre. Ainsi, i"' représente une sixte, millionième partie de la minute, dix-millionième partie du degré et cent-millionième partie de l'heure.
» Les chiOies situés après la virgule doivent être toujours en nombre pair; pour qu'il en soit ainsi, on ajoute un zéro s'il est nécessaire. On les réunit deux par deux dans renonciation. Ainsi, S*", 2^4© s'énonce: 3 heures, 23 minutes, 4° secondes. De même, 6"*, 1472 s'énonce: 6 degrés, i4 prunes, ^2 tierces.
» Il résulte de ces conventions que, les heures et les minutes étant généralement les unités employées pour mesurer le temps, tandis que le
( '9^ ) degré est l'unité généralement employée pour mesurer les angles, généralement aussi, les nombres horaires se distingueront des nombres angulaires. Les sous-multiples de rang pair (minutes, secondes) appartiennent aux premiers, tandis que les sous-multiples de rang impair (degrés, primes, tierces) appartiennent aux seconds, sans que, cependant, le principe de l'assimilation du jour et du cercle soit infirmé en rien.
» Il en résulte aussi que cette anomalie, qui fait actuellement désigner par les mêmes termes, minute, seconde, des quantités d'ordre différent, disparaît de la Science.
» J'ai appliqué ce système au calcul d'une Table géographique, dans laquelle on trouvera, pour chaque degré de latitude, la longueur de l'arc de méridien compté à partir de l'équateur et la longueur de l'arc de parallèle correspondant à lo*".
» Les latitudes sont comptées de o à 60^ de l'équateur au pôle, les latitudes positives appartenant à l'hémisphère boréal et les latitudes négatives à l'hémisphère austral.
M Les longitudes sont comptées de o à 240"*, de l'est à l'ouest, dans le sens du mouvement apparent du Soleil et à partir d'un premier méridien, que je détermine en plaçant le i4o* degré exactement au point remarquable le plus occidental de l'ancien continent, c'est-à-dire au phare des Almadies, dans la presqu'île du cap Vert.
» La longitude de l'Observatoire de Paris devient alors 126'', 7563; celle de l'observatoire de Greenwich, i28'',3i/(5; celle du cap du Prince de Galles, dans le détroit de Bering, approximativement o**, 32, angle qui, à la latitude de Bering, représente environ 22'"".
» Les azimuts ou relèvement sont comptés de o à 240^ à partir du sud en passant par l'ouest (notation du Service géographique de l'armée).
» On peut aussi les compter de o à 60'', à partir de la ligne nord-sud, en affectant du signe + les azimuts situés dans le premier et le troisième quadran et du signe — les azimuts situés dans le deuxième et le quatrième. Les quadrans sont comptés à partir du nord eu allant vers l'est (sens des aiguilles d'une montre).
» Dans cette dernière notation, en appelant G le plus grand azimut (en valeur relative), M l'azimut de valeur moyenne, P le plus petit azimut, les trois angles d'un triangle plan, dans lequel ou connaît les azimuts des côtés, sont donnés par les formules :
[G-MJ, [M-P], [180 + P- G].
» La Table géographique, établie d'après les principes et les conventions que je viens d'exposer, permet de résoudre rapidement, et par les formules les plus simples de la Trigonométrie rectiligne, des problèmes qui, sans son secours, seraient très ardus et dont quelques-uns nécessiteraient l'emploi de la Trigonométrie sphérique et même du Calcul intégral.
» En employant les nombres tout calculés qu'elle fournit, on tracera aisément les méridiens et les parallèles d'une Carte à une échelle quelconque, on calculera la distance de deux points donnés par leurs coordonnées géographiques, les azimuts des divers éléments de celte ligne, etc.
» La Table est fondée sur ce principe, que deux éléments de l'ellipsoïde terrestre, la grande normale (N) et le développement du degré sur le méridien (Dm), croissent d'une manière sensiblement proportionnelle à la latitude (L) entre des repères espacés de degré en degré.
» Le Mémoire, que j'ai l'honneur de présenter à l'Académie, renferme, avec la Table géographique, des exemples d'applications au calcul de la loxodromie et de l'orthodromie entre deux points de la surface terrestre.
» On ne s'étonnera pas que l'heure décimale, qui n'a pas encore trois ans d'existence, ne possède pas son outillage scientifique complet. La montre décimale, le chronographe décimal sont déjà, il est vrai, de construction courante. Mais il n'existe pas encore de Tables de logarithmes de la nouvelle division. Cette lacune sera bientôt comblée : M. Lebègue, éminent mathématicien de Bruxelles, et son collaborateur, M. Maurice IMéry, calculent actuellement des Tables des fonctions circulaires de la division en i[\o^. Mais, en attendant que ces Tables soient publiées, on doit se servir des Tables existantes, et, par conséquent, convertir les degrés nouveaux, soit en degrés sexagésimaux, soit en grades. Pour faciliter cette conversion, je joins à la Table géographique une petite Table qui permet de transformer aisément les d décimaux en degrés sexagésimaux et réciproquement. En ce qui concerne la conversion en grades, une Table n'est pas nécessaire. On convertit les d en grades en multipliant par | et les grades en d en multipliant par '. »
M. E. Paix adresse une Note relative à un instrument géodésique, « L'opérateur rapide » , pour levés de plans , nivellements , tracés d'épurés, etc.
(Renvoi à la Section de Géométrie.)
( igs )
M. A. Baldoiix adresse une Noie « Sur la cause du mouvement obtenu dans le radiomèlre exposé à la lumière ».
(Commissaires : MM. Lippmann, Yiolle.)
]M. C.vssEDEBAT adresse une Note « Sur un corps simple gazeux, sécrété par le Bacteriuin coli commune » .
(Renvoi à la Section de Chimie.)
M. Ch. Sibillot adresse une Note relative à la faculté d'orientation chez les pigeons voyageurs.
(Commissaires : MM. Milne-Edwards, Marey.)
M. Chaxtrox adresse un complément à sa Communication " Sur le vol des oiseaux ».
(Commissaires : JDI. Marev, Yiolle.)
M. SoriLHAcox adresse diverses Communications relatives à la Navigation aérienne.
(Renvoi à la Commission des Aérostats.)
CORRESPONDANCE
M. J. Bertrand informe l'Académie que AI. Schiaparelli, Correspondant de la Section d'Astronomie, dont la mort avait été annoncée, vient de lui écrire pour démentir lui-même celte nouvelle.
jNI. le Secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces imprimées de la Correspondance, un Volume de AI. Orlof, écrit en langue russe, et relatif aux améliorations apportées à la fabrication des papiers d'Etat.
ADI. AxDRÉ, Beauregard et Boclard, Bloxdel, D" Bosc et Vedel, Brillié, Coxtremoclixs, Delezexxe, j. Erikssox, Fabre-Domergce, Fabry, Flahallt, D'' Gaucher, Gosselet, Guixard, Haller, Lebeau,
( 196) Lé.vart, Liouville, 3Iarie et Ribalt, OEiileut, Pettit, Pruvot, IT RoxTGEx, Paul Sabatier, Sappix-Tiioiffv, V. Thomas, D' Tissié, J. Vallot adressent des remerciments à l'Académie pour les distinctions accordées à leurs travaux.
ASTRONOMIE. — Occultation des Pléiades par la Lune, le '5 janvier 1898, observée à l'équatorial de la tour de l'ouest de l'Observatoire de Paris, par M. G. BiGOUBDAN. Communiqué par M. M. T.œwy.
« Les immersions ont eu lieu an bord obscur de la Lune, bord qui était totalement invisible; les émersions ont eu lieu au bord brillant. Toutefois, pour 20 Taureau, immersion et émersion ont eu lieu au bord brillant (voir les Remarques^.
» Le ciel, d'abord très brumeux, ne laissait plus grand espoir, quand il s'est découvert presque subitement quelques miiuites avant la première immersion. Dans la suite, il a été souvent assez brumeux pour empêcher d'observer quelques étoiles plus faibles que la grandeur 6, 5, et dont l'observation avait été préparée; mais on a constamment vu les étoiles dont la Connaissance des Temps donne les heures d'occultation.
» L'ouverture libre de la lunette est de o",3o5 et l'oculaire employé grossit \5ç) fois.
» La pendule équatoriale retardait de l'o sur la pendule méridienne ; et pour cette dernière on a adopté la correction provisoire Gr = — 22", 7.
lîeiiiaïques.
L'observalion paraît très bonne.
L'étoile a été aperçue en contact avec le bord de la Lune.
L'étoile, aperçue au premier instant de sa réapparition, n'a point paru se projeter sur le bord de la Lune.
Heure,
temps sidéral
kmiles.
l'I.ciiomL-iics.
de Paris.
17 Taureau.
Immersion.
1 Bessel.
Immersion.
Oj
16 Taureau.
Immersion.
g Bessel.
Immersion.
23 Taureau.
Immersiou.
16 Taureau.
Emersion.
II Bessel.
Immersion.
,4 env.
10 Bessel.
Immersion.
,2 env.
17 Taureau.
Emersion.
Heure,
temps sidéral
Étoiles.
Phénomène?.
lie Paris.
20 Taureau.
Immersion.
20 Taureau.
Emer-ion.
T) Taureau.
Immerrion.
24 Bessel.
Immersion.
23 Taureau.
Emersion.
28 Taureau.
Immersion.
T, Taureau.
Emersion.
27 Taureau.
Immersion.
27 Taureau.
Emersion.
28 Taureau.
Emersion.
Remar |ues.
Celle éloile a rasé le bord éclairé île la Lune pendant plusieurs minutes, mais sans se projeter dessus. La disparition a eu lieu derrière une proéminence du bord de la Lune.
L'observation paraît très bonne.
L'étoile est allaiblie par la brumo.
L'observation parait très bonne.
Id.
La disparition de cette étoile n'a pas été absolument instantanée. La réapparition a eu lieu derrière une éminence du bord lunaire.
L'étoile avait reparu depuis trois ou quatre secondes.
ASTRONOMIE. — Occultation du groupe des Pléiades, le?» janvier [8c)8, à Lyon. Xote de ^I. Cn. André, présentée par M. Lœwy.
« La préparation de celte occiiltalion a été faite par M. I.ogriila et les observations par M. Le Cadet (GLC) à l'équatorial coudé et M. (Guillaume ( JG ) à l'équatorial Brunner; les immersions avaient lien sur le bord obscur, alors invisible, et les émersions sur le bord éclairé.
» Les conditions d'observation ont été assez favorables et la liéfinition généralement bonne; mais il v avait dans le Ciel d'assez fréquents passages de cirrus, assez épais pour rendre invisibles les étoiles de S'-q' grandeur.
Cat.
Immersions
Émersions
Wolf.
Désignation.
Gr.
Observ.
T. M. Paris.
T. .M. Pans.
17 l) Taureau. . . .
GLC
JG
16 "■ Taureau. . . .
GLC JG
GLC
{') L'étoile apparaît complètement projetée sur le limlie lunaire. (') L'étoile reste collée sur le bord plus de i^.'i. (') Etoile très faible; légers cirrus.