CH-C-CH^-CO^H
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CH'\ il ■
^jj3 ,CH - C - CH= - CO^H
» ]" L'acide diisopropylhexènedioique cristallisé en fines aiguilles fusibles à iSG^-iSS";
» 2° L'acide diisopropvlhexènedioïqtie cristallisé en t;ib!es incoloi-e:^ fusibles à 1 17"-! 19°;
Trouvé. Théorie.
Il 8,87 8,77
» Ces deux acides sont sléréoïsomères, ainsi que l'indique la formule de constitution: nous n'avons pas jusqu'ici déterminé quel est celui d'entre eux qui a ses carboxyles en position cis ou cis-trans. »
CHIMIE AGRICOLE. — Sur l'oxydation des ammoniaques composées par les ferments du sol. Note de ÎM. E. Doiocsst, présentée par ^I. P. -P. Dehérain.
« L'étude de la nitrification dans la terre arable conduit à admettre que la matière humique passe à l'état d'ammoniaque avant de pouvoir être nitrifiée, et que c'est la résistance qu'elle olïre aux agents de décomposition qui est la cause de la lenteur de la formation des nitrates dans les terres. D'après MM. Mùntz et Coudon, la fermentation ammoniacale du sol doit être attribuée à des ferments figurés d'espèces diverses. Nous pouvons nous faire une idée du mode d'action de ces organismes en nous rappelant les travaux de MM. Berthclot et André, qui ont fait voir que la matière organique de la terre présente des propriétés la rapprochant des amides : d'où l'on peut déduire que l'ammoniaque prend naissance ]iar la fixation de l'eau sur cette matière organique du sol. On sait d'ailleurs que des agents d'hydrolyse existent dans le sol : en ensemençant avec de la terre des solutions d'urée ou d'albumine, qui renferme des novaux amidés, on observe, après quelques jours, la formation d'ammoniaque.
» ]Mais il est vraisemblable que la matière azotée de la terre, semblable en cela à l'asparagine, doit renfermer, outre la fonction amide, la fonction aminé. Or, si nous voyons facilement comment l'azote des amides passe à l'état d'ammoniaque, nous ne concevons plus aussi bien ia transformation des aminés; l'hydratation, en effet, ne peut plus expliquer la formation d'ammoniaque, et il est même permis de se demander si ces corps ne sont pas nitrifiés directement.
» J'ai pensé qu'il était intéressant de rechercher commi-nt se comportent les aminés lorsqu'elles sont mises en présence des ferments de la terre arable. Je me suis adressé d'abord à la plus simple d'entre elles, à la monométhvlamine.
» Des ballons de culture, renfermant 100'='= d'eau, is'' de carbonate de chaux, oS'',oi C. R., 1898, i" Semestre. (T. CXXVl, N» 3.) 33
de phosphate de potasse et un poids de sulfate de mélhjlamine représentant o5%oio d'azote, ont été stérilisés, ensemencés avec quelques parcelles d'une terre de jardin et placés à l'étuve à 3o°.
» Après quatre jours les liquides donnaient avec le réactif de Nesslcr un précipité brun rougeàtre (la monométhylamine donne un précipité jaune citron tout à fait différent); vraisemblablement de l'ammoniaque avait pris naissance.
)) Mais pour l'affirmer il était indispensable de s'appuyer sur un fait qui ne laissât pas de doutessur la transformation de la niéthylamine en ammoniaque. Sur les conseils de M. Dehérahi j'ai eu recours à une analyse eudioniétrique qualitative : en extrayant à l'état gazeux la base azotée, contenue dans les liquides de culture, eten la faisant brider dans l'eudiomètre il était facile de voir si c'était une aminé ou de l'ammoniaque; la présence ou l'absence d'acide carbonique trancliait la question.
» Par suite de l'extrême solubilité de Tammoniaque et de la métliylaniine dans l'eau, la distillation avec de la magnésie de solutions étendues de ces corps ne permet pas d'en recueillir une trace sur la cuve à mercure : tout est condensé en chemin en même temps que la vapeur d'eau entraînée. On s'est alors arrêté au procédé suivant :
» Le liquide à analyser est filtré, additionné d'une goutte d'acide sulfurique et évaporé à sec en présence d'un peu de pierre ponce pulvérisée pour servir de support. Le résidu est mélangé rapidement avec de la chaux sodée^ puis introduit dans un tube dont l'extrémité est fermée à la lampe. Dans ces conditions il suffit de cliauffer légèrement pour obtenir un mélange d'air et de base azotée.
» En opérant ainsi sur une solution de sulfate de méthylamine non soumise à l'action des ferments, on obtient un gaz qui fournit de l'acide carbonique par combustion dans l'eudiomètre; la chaux sodée ne transforme pas les aminés en ammoniaque.
» La combustion d'un gaz provenant d'une culture âgée d'une huitaine de jours n'a pas donné d'acide carbonique; d'un tel liquide on n'a pu extraire que de l'ammoniaque. 11 était donc bien démontré que la monométhylamine s'était intégralement transformée en ammoniaque. Cette transformation n'a pas lieu dans des liquides stériles; elle ne se fait pas non plus en l'absence de carbonate de chaux.
)) En continuant à observer les cultures où l'ammoniaque avait pris naissance, on vit les nitrites apparaître le sixième jour, puis disparaître après deux semaines, étant remplacés par les nitrates; il n'y avaitplus d'ammoniaque depuis treize jours.
« Ainsi la monométhylamine soumise à l'action des ferments du sol se transforme d'abord en ammoniaque ; c'estseulementensuitc qu'apparaissent les acides nitreux et nitrique.
» Comment se fait cette transformation? Si l'on considère la formule de la monométhylamine, Azll-Cli^, on est conduit à penser que c'est par oxydation que disparaissent le carbone et l'excès d'hydrogène; c'est ce que j'ai
pu vérifier. En effet, d'une part, les ferments du sol n'agissent pas sur lamine lorsque les cultures sont maintenues dans le vide ; d'autre part, en atmosphère confinée, il y a formation d'un peu d'ammoniaque avec absorption d'oxvgène et dégagement d'acide carbonique.
» Ces faits étant établis pour l'aminé la plus simple, on a cherché comment se comporte un composé un peu plus complexe, la Iriméthylamine. Ce n'est que treize jours après l'ensemencement que le liquide renferme des traces d'ammoniaque indiquées par le réactif de N'essler, qui ne donne qu'un louche insignifiant avec la triméthylaminc. Le dix-huitième jour une analvse eudiométrique, conduite comme précédemment, montrait que la matière carbonée n'était pas encore complètement transformée; mais quelques jours plus tard on a pu obtenir un gaz ne renfermant que de l'ammoniaque.
» Des cultures dans le vide ont prouvé que l'oxygène est nécessaire pour que l'ammoniaque puisse apparaître.
» L'oxvdation de la triméthvlamine est beaucoup plus lente que celle delà monométhvlamine; la plus grande complexité de la molécule suffit pour expliquer cette résistance; mais on peut aussi attribuer le retard observé à une action nuisible de la triméthylamine sur les ferments du sol; j'ai constaté, en effet, qu'une faible quantité de sulfate de cette base, introduite dans des solutions de sulfate d'ammoniaque ensemencées dun peu de terre, retardait l'apparition des nitriles.
» On n'a jamais observé la formation de monométhylamine pendant l'oxvdation de l'aminé tertiaire; les trois groupes méthyi sont donc attaqués simultanément; on sait qu'il n'en est pas de même lorsqu'on oxyde la trimélhvlamkie par des réactifs chimiques : il se fait un peu d'aminé primaire.
» On a encore fait agir les microrganismes du sol sur des bases encore plus complexes, sur l'aniline, la pvridine et la quinoléine. Prévoyant que ces corps devaient être peu favorables au développement des ferments, on a préparé deux séries de solutions : dans la première, le poids d'aminé introduit représentait 10™="^ d'azote pour 100"" de liquide; cette quantité était réduite à 5™^ dans la seconde série.
» L'oxydation a été très lente; ce n'est qu'après dix-huit jours que des traces d'ammoniaque se sont montrées dans les solutions d'aniline les plus étendues, et après un mois seulement que sa présence a été hors de doute. Pour les solutions plus concentrées la réaction de l'ammoniaque n'a été bien visible qu'après deux mois.
') La pyridine est encore plus résistante : il a fallu attendre deux mois pourvoir apparaître l'ammoniaque dans les solutions étendues, et plus de
trois mois qu.ind les soluiions présentaient une concentration double. Dans ces conditions il devient d'ailleurs difficile d'observer l'ammoniaque par suite de sa nitrification, retardée, il est vrai, par l'action toxique de l'aminé eion transformée.
» La quinoléine enfin n'a donné naissance à des traces d'ammoniaque qu'après plus de quatre mois.
» En résumé, sous l'influence des ferments de la terre, les aminés sont simplifiées et, par oxydation, deviennent de l'ammoniaque qui seule peut passer directement à l'état d'acides azoteux et azotique. La transformation est d'autant plus pénible que la molécule de l'aminé est plus complexe; on conçoit donc que l'ammonisation, puis la nitrification de la matière azotée du sol, extrêmement condensée, se fassent avec une très grande lenteur. »
PHYSIOLOGIE PATHOLOGIQUE . — Bacilles du béribéri, l^oie. de M. Gustave Nepveu, présentée par m. Bouchard.
« Les caractères purement morphologiques desbacdles dans le béribéri sont tout à fait spéciaux. Aussi, malgré l'absence de cultures et de preuves expérimentales, genre de recherches qu'on ne peut faire qu'avec des liquiiles frais, dans les pavs d'origine, sous les trojjiques, je me crois aiitoi-isé à dire que c'est bien au bacille spécifique du béribéri que j'ai eu affaire.
)) Les pièces anatomiques qui mont servi pour cette étude viennent toutes du Sénégal; elles ont été recueillies dans les meilleures conditions.
» Les bacilles dans le béribéri se présentent sous trois formes : le grand, le moyen, le petit bacille.
» Le grand bacille se trouve rarement dans les vaisseaux, à côté des formes suivantes. C'est dans le rein qu'il est le plus développé. On l'y observe soit isolé, soit en bouquets dans la cavité des glomérules, dans celle des canalicules contournés ou dans l'anse de Henle, plus rarement dans les canaux droits; leur longueur est de Q\x, 7 ft, 8|A, 9|x, io[jl; leur largeur est de o!^,3 à oV-,!\; leur direction est droite ou légèrement courbe; leurs extrémités sont ovoïdes et toujours sombres ; des espaces clairs ou sombres, c'est-à-dire colorés, alternent entre eux au nombre de 5, 6, 8, etc. sur les plus longs bacilles. Une très mince ligne de bordure limite le pourtour du bacille.
» Le meilleur procédé pour découvrir le grand bacille est de mordancer des coupes du rein de Su. par un bain d'alun d'ammoniaque et de sesquioxyde de fer au f^Vo' ^'^ le surcolorer au bleu'de Roux et de les décolorer assez fortement; le bleu se fixe sur les espaces sombres et un léger rose colore très élégamment les lignes de bordure et le reste.
» Dans la deuxième forme, les bacilles sont beaucoup moins longs, 3 a à 4;-^ a" maximum ; leur largeur de oi^,3 environ. C'est, comme le précédent, un bacille à espaces alternativement clairs et obscurs. Ce bacille se trouve en quantité considérable dans certains vaisseaux, veinules, capillaires, artérioles du rein, à tel point quil y forme une véritable purée. Par son abondance même, il serait fort difficile à décrire, si l'on ne parvenait à établir ses caractères par une coloration forte et successive avec la fuchsine et le bleu de méthylène; on peut ainsi reconnaître les éléments de ce feutrage si épais.
» Dans la troisième forme, les microbes sont extrêmement petits, en quantité considérable dans le sang; ils ont à peine la largeur des bacilles tuberculeux, mais leur longueur est à peine du double de leur largeur ; leur aspect général est celui d'un petit rectangle. On peut les voir avec l'objectif i ,^0 et l'oculaire n° 12 de Zeiss; ils donnent aux globules rouges, sur le pourtour desquels ils sont disséminés, comme sur leurs faces, un aspect crénelé.
)) Ces trois formes bacillaires sont-elles distinctes? Les grands et moyens bacilles me paraissent être de même nature et fort analogues aux bacilles du choléra des poules et de la septicémie du lapin. Je n'oserais affirmer, vu l'extrême petitesse du petit bacille, que les premiers dérivent ou se rapprochent du dernier, ce qui me parait probable. Les deux dernières formes s'observent dans le sang de tous les organes : rate, reins, foie, moelle épinière, etc. »
ZOOLOGIE. — Sur la structure du cirrophore chez tes Polynoïdiens ('). Note de M. G. Darboux fils, présentée par M. Edmond Perrier.
« Au cours de recherches que je poursuis sur les Aphroditiens, j'ai été amené à constater sur le cirre dorsal, dans la région que (suivant en cela la nomenclature établie par Pruvot et Piacovitza) je désignerai sous le nom Ae cirrophore, une structure spéciale dont aucun exemple n'a encore été cité, à ma connaissance, et que je me propose de décrire dans la présente Note.
» Mes observations ont porté sur les espèces suivantes, recueillies à Cette (Hérault) ou à Wimereux (Pas-de-Calais) : Halosydna clam Mart., Lepidonolus squamatus I^., Lagisca extenuala Gr. , Lagisca rarispina Mgr., Evarne impar Johnst., Acholoe astericola Délie Chiaje, et sur des Harmothoe areolata Clpd., qui m'ont été adressées de la Station zoologique de Naples.
(') Travail de la Station zoologique de Cette.
» Je me crois autorisé, dans une certaine mesure, en raison de la parfaite uniformité des résultats obtenus, à les généraliser et à les étendre au moins à toute la tribu des Polynoïdiens, dont les principaux types sont représentés dans la liste qui précède.
» Les faits observés étant toujours les mêmes, quelle que soit l'espèce considérée, je me liornerai à décrire ce que j'ai pu observer, par exemple chez la Lagisca rarispina Mgr. ; les résultats ont été obtenus par l'étude de coupes en série dirigées soit parallèlement à l'axe du cirrophore, soit perpendiculairement à cet axe, et ont pu être contrôlés complètement par l'observation, à l'état vivant, sur la L. rarispina, qui, grâce à sa transparence, constitue un sujet d'étude des plus précieux.
» Typiquement, le cirropliore est défini comme une production saillante formée par l'évagination de toute l'enveloppe musculo-cutanée. Celte portion basilaire du cirre contient un diverlicule de la cavité générale du corps et, lorsque divers auteurs parlent de la cavité centrale du cirrophore, c'est à ce diverticule qu'ils font allusion.
» Mais, chez les Polynoïdiens, il y aura lieu d'établir une distinction nouvelle. Dans le cirre dorsal de la Lagisca rarispina par exemple, on distingue facilement tout d'abord le cirrostyle et le cirrophore. Ce dernier contient, comme d'ordinaire, une évagi nation de la cavité générale du corps, limitée par l'enveloppe musculo-cutanée. Mais, ici, la partie profonde, non épidermique, de cette enveloppe musculo-cutanée se creuse d'une cavité nouvelle, complètement indépendante de la cavité générale, cavité qui a la forme d'une outre, dont l'axe est confondu avec celui du ciirophore et dont l'ouverture serait dirigée vers le cirrostj'le de façon que, si le cirrostyle vient à disparaître, le contenu dé la cavité peut s'épancher au dehors par l'ouverture ainsi formée à l'extrémité du cirrophore. Par suite de l'existence de cette poche, le cirrophore et le cirrostyle ne sont plus reliés l'un à l'autre que par une mince membrane annulaire, de nature épidermique. D'ailleurs, dans toute la région du cirrophore, l'épiderme a pris un développement considérable et présente un caractère glandulaire des plus accentués. On y trouve de grandes cellules gorgées de mucus et bordées de toutes parts de fort petites cellules de soutien. L'ensemble constitue de la façon la plus nette un type tout à fait remarquable de la structure désignée par Soulier sous le nom de structure alvéolaire. Le mucus sécrété par les cellules glandulaires peut être déversé dans la poche du cirrophore, oii l'on en retrouve parfois d'assez grandes quantités.
» Un certain nombre de muscles, circulant dans les parois du cirrophore, viennent tous s'insérer sur le pourtour de son extrémité distale, au point où il se raccorde avec le cirrostyle, et constituent l'appareil moteur de ce cirrostyle. Quant au nerf du cirre, il a, comme d'habitude, une position latérale dans le cirrophore. Mais, après avoir cheminé le long des parois de la poche intratégunientaire, il s'inllécliit brusquement eit traverse obliquement la cavité de cette poche pour aller dans le cirrostyle, où il prend, comme d'ordinaire, une position axiale.
« Telle est, sommairement décrite, la disposition anatomique dont le
( 259 ) premier exemple est, je crois, fourni par les Polynoïdiens. On peut tirer des fiiits qui précédent quelques conclusions que je vais maintenant indiquer :
» a. Et d'abord, ])ien que la surface d'insertion du cirrostvle sur le cirrophore paraisse, à première vue, assez considérable, on voit que, par suite de la structure du cirrophore, les deuK parties du cirre ne sont en réalité reliées l'une à l'autre que par une mince membrane annulaire, insérée sur tout le pourtour de la poche intratcgumentaire. Ceci suffirait déjà à expliquer la caducité des cirrosLyles.
)) h. Mais, en outre, en raison de l'énorme développement des cellules muqueuses sur toute sa périphérie, on conçoit que cette poche puisse, lorsque l'animal est irrité, être remplie par le mucus qui, en la distendant, fait éclater ses parois suivant la ligne de moindre résistance, c'est-à-dire précisément au niveau de l'insertion du cirrostvle sur le cirrophore.
» Nous avons donc là une double explication de la fragilité des cirrostyles, si fréquemment signalée par tous ceux qui ont étudié les Polynoïdiens.
)' c. Je n'ai jamais retrouvé, dans l'élytrophore, de poche intratégumentaire analogue à celle que je viens de décrire dans le cirrophore.
» Je note, en terminant, que la structure décrite plus haut pour le cirrophore se retrouve encore, chez les Polynoïdiens : i° dans les cirres anaux, qui ne sont d'ailleurs que des cirres dorsaux modifiés; 2° dans les cirres tentaculaires et enfin 3" dans les trois cératophores (antenne médiane et antennes latérales). »
ZOOLOGIE. — Sur les allongements rie la partie antérieure dit corps des Prosobranc/ies et leur influence sur la région correspondante du tube digestif. Note de M. Alex. Amaudrct, présentée par ]M. Edmond Perrier.
« La partie antérieure du corps des Mollusques primitifs a été modifiée par des croissances ultérieures produites à des niveaux différents, dont les trois principaux ont intéressé les régions suivantes : 1" la partie libre du mufle située en avant des tentacules (allongement terminal); 2° la partie libre du mufle située en arrière des tentacules (allongement intercalaire post-tentaculaire); 3° la région du dos située en arrière du mufle (allongement intercalaire dorsal). Ces allongements peuvent se présenter isolés ou réunis.
» a. L'allongement terminal se présente seul chez Cyprœa. Natica. Murex, Purpura, Buccinum, etc., et donne une trompe normale akrembolique ou pleurembolique.
» h. Les allongements terminal et intercalaire post-tentaculaire se présentent déjà chez Cassidaria thyrrena, Cassis saburon, Pyrula ficus, Dolium olear-ium , et atteignent leur maximum chez les Conus et les Terebra. Le premier a produit une trompe normale ; le second, de formation plus récente, a donné un tube protecteur (irocart) dans lequel se meut la trompe. Le développement du trocart est la conséquence du besoin de protection de la trompe qui, à l'état de rétraction, ne peut rentrer dans la cavité antérieure du corps, en raison du développement exagéré de l'appareil glandulaire.
» c. L'allongement intercalaire posl-tenlaculaire seprésente chez Xenophora, où il produit un mufle spécial, très long, à l'extrémité duquel se trouvent les tentacules, ce qui donne à ce dernier l'apparence d'un trocart de Cône.
» d. Les allongements terminal et intercalaire dorsal se rencontrent chez les Strombus, les Roslellaria, etc. Le premier a donné une trompe normale; le second a reporté les tentacules, la trompe et le pied plus ou moins loin en avant du bord du manteau.
)) Ces allongements ont eu pour conséquences des modifications profondes dans l'arrangement, la forme et la structure des organes de la cavité antérieure des ÎMolkisques primitifs.
» Bulbe. — Deux cas sont à distinguer dans l'allongement terminal : 1° il s'est produit sur une section sensiblement constante et a donné une trompe cylindrique (cas ordinaire); 2° la section de la région de croissance s'est rétrécie de pins en plus, ce qui a produit une trompe conique (Conus Terebra). Dans le premier cas, le bulbe a suivi l'allongement, sans ce.sser de fonctionner; dans le second, le bulbe est resté à la base de la trompe. Cette position rendant son fonctionnement difficile d'abord et impossible ensuite, son atrophie s'est produite de plus en plus (Conus et Terebra). Le tube contenu dans la trom]ie de ces derniers n'est pas l'homologue du contenu de la trompe des premiers; il n'appartient pas à l'oesophage, mais à la cavité buccale. Je le désigne sous le nom de tube buccal.
» L'allongement terminal qui a donne la trompe cylindrique s'étant toujours produit selon une section plus faible que celle du mufle primitif, le bulbe, pour suivre le sommet de la trompe, a subi un véritable passage à la filière, qui a eu pour conséquences de lui faire prendre une forme cylindrique allongée, de rapprocher les cartilages multiples des formes primitives, d'amener leur fusion en une plaque unique à bords antérieurs relevés, de faire disparaître la plupart des muscles intercartilagineux, etc., en un mot de simplifier la structure du bulbe, tout en consolidant l'appareil de soutien.
» Poches œsophagiennes. — Chez les Diotocardes elles sont placées à la
naissance (fe l'œsophage, immédiatement en arrière du bulbo. Elles présentent dans leur intérieur des bourrelets longitudinaux tordus de i8o°; sur elles passent transversalement, en avant, la branche sus-intestinale de la chiastoneurie et, en arrière, l'aorte antérieure.
» L'allongement terminal étant postérieiirà la torsion, et le bulbe ayant suivi l'allongement (trompes cylindriques), les poches œsophagiennes se sont divisées en deux parties : l'une, postérieure, est restée en place pour constituer le jabot (Aatica, Cyprœa, Cassis, etc.), l'autre, antérieure, s'est allongée pour donner la portion d'œsophage comprise entre le bulbe et le jabot. Cette dernière ne présente pas trace de torsion, mais le jabot montre toujours dans son intérieur les bourrelets tordus^ et ses relations avec l'aorte et le nerf sont les mêmes que chez les Diotocardes, ce qui permet de considérer le jabot, qui a])partient topographiquement à la face supérieure de l'œsophage, comme appartenant morphologiquement à sa face inférieuie, i amenée en liaul par la torsion.
» Le jabot constitue encore une glande intrinsèque, ir^ais chez les Prosobranches supérieurs il s'est séparé de l'œsophage pour donner luie glande extrinsèque. Chez les uns la séparation s'est faite d'avant en arrière pour donner la glande de Leiblein et l'on peut suivre les intermédiaires des C\préesaux Rhachiglosses supérieurs. Chez les autres, au contraire, la séparation s'est produite d'arrière en avant jiour aboutir à la glande à venin des Cônes et des ( Vis Terehra).
» La séparation du jabot d'avant en arrière ne se rencontrant que chez les formes à trompe normale et la séparation d'arrière en avant étant spéciale aux formes pourvues d'un trocart, on peut rattacher l'évolution de ces formations glandulaires au développement et au fonctionnement de la trompe.
» Chez les Prosobranches à trompe de Buccin, la protection de la trompe est assurée par une invagination de sa base qui envahit la cavité antérieure du corps et qui déjà chez les animaux à trompe courte, vient buter contre la partie antérieure du jabot. A mesure que la trompe s'allonge, la rétraction la ramène aussi d'autant plus loin en arrière; elle presse de plus en plus sur le jabot et tend |)ar suite à séparer de plus en plus celui-ci de l'œsophage.
» Chez les formes pourvues d'un tube prolecteur, la trompe à l'état d'invagination envahit peu ou pas la cavité antérieure, grâce à un plissement à convexité antérieure de sa gaine, et la séparation du jabot d'arrière en