‹ Rayons émis par les composés de l'uranium et du thoriumChapitre 88 sur 425 · C. K., iJgS, I" <<emestre. (T. CXW I, I\« 3.) >M · texte numérisé non relu

C. K., iJgS, I" <<emestre. (T. CXW I, I\« 3.) >M

avant est probablement due à une poussée des organes situés en arrière : dans le Dolium olearium la partie détachée de l'œsophage est pressée par la portion antérieure des puissantes glandes salivaires.

» Chez les formes à allongement dorsal (Sirombe, Rostellaire), l'allongement ayant intéressé la région primitivement tordue, la partie postérieure des poches œsophagiennes est représentée par un jabot allongé, peu différencié extérieurement de l'œsophage, mais présentant toujours, dans son intérieur, les bourrelets tordus et, à sa surface, les relations constantes avec le nerf et l'aorte. »

ZOOLOGIE. — Sur une Grégarine cœlomique présentant, dans son cycle évolutif, une phase de multiplication atporulée. Note de MM. Maurice Cadl- LEKy et Félix Mes.ml, présentée par M. Edmond Perrier.

« Les Grégarines cœlomiques, ou Monocystidées proprement dites, actuellement connues sont peu nombreuses. Nous avons eu l'occasion d'en étudier une espèce nouvelle, parasite dans la cavité générale du Dodecaceria concharum OErst. (Annélide de la famille des Cirratuliens) et intéressante à divers titres. Nous l'appellerons Gonospora longissima.

» 1. Les Gonospora sont généralement assez courtes et claviformes. C'est le cas de l'espèce que nous étudions, quand elle est jeune. Mais elle atteint une taille extrêmement considérable et forme des filaments qui peuvent avoir i"^™, 5 ou même a"^"" de longueur. L'endoplasme est constitué par de très fins granules qui sont sans cesse en mouvement par suite de contractions péristalliques très actives et se propageant d'un bout à l'autre de la Grégarine; la forme de celle-ci est, par suite, très irrégulière. Le noyau elliptique présente un ou plusieurs nucléoles; il est entraîné par les contractions.

» 11 se forme des chaînes ou associations de deux, ou plusieurs individus. L'extrémité de l'un s'enfonce alors parfois dans celle de l'autre en l'invaginant en doigt de gant, phénomène observé antérieurement chez les Didymophjes de Slein. Mais ici nous avons vu, dans certains cas, avec une entière certitude, que la cloison de séparation entre deux individus associés était détruite; les mouvements des granules et le déplacement des noyaux ne laissent aucun doute relativement à ce fait.

» Les kystes sont sphériques et de taille variable (o""°,3 à o™™,4 de diamètre); ils semblent pouvoir se former aux dépens d'un ou de deux individus. Les spores sont piriformes comme chez les autres Gonospora; le pôle mince est en pointe mousse comme chez la G. Terebellœ Schn. ; le grand axe mesure lo ja à 12 ^, le diamètre transversal maximum 5-6 |ji. Il y a huit sporozoïtes et un reliquat sphérique noircissant par l'acide osmique.

» II. La Grégarine ou ses kystes se rencontrent constamment chez les individus épitoques de Dodecaceria ('). Elle pénètre, a\-ant la jnétamoi-pliose, dans la période où la cavité générale est bourrée de cellules à granulations de réserve éosinophiles. 'Véi'oliition de la Grégarine suit une marche parallèle à celle de i Annélide. Les spores sont formées à la maturité sexuelle du Dodecaceria, deviennent libres dans la cavité du corps et sont expulsées avec les ovules ou les spermatozoïdes par les organes segraentaires ; leur dissémination est ainsi assurée. Chez TAnnélide avec produits génitaux, les cellules mobiles de la cavité générale perdent leurs substances de réserve. Elles constituent alors dés phagocytes très actifs englobant les spores libres et s'atlaquant aussi aux Grégarines à l'état végétatif, qu'elles peuvent arriver à détruire; ce dernier fait est une exception à l'opinion généralement admise.

» Les kystes sont toujours entourés de phagocvtes.

ft III. Les phases initiales du cycle évolutif des Grégarines cœlomiques sont encore purement hvpothétlques. On n'a pas vu l'état intracellulaire comme pour les Grégarines intestinales. On admet généralement que les sporozoïtes, mis en liberté dans le tube digestif de l'hôte, passent rapidement dans le cœlome, et l'on se fonde, pour cela, sur le seul fait que les plus jeunes stades libres dans la cavité générale ne sont guère plus gros que ces sporozoïtes et ont la même forme. Nos observations sur la Gonospora longissima comblent cette lacune et mettent en lumière un fait nouveau et très important pour la morphologie générale des Grégarines.

» Si l'on étudie sur des coupes en série lépithélium intestinal des Dodecaceria concharum, avant la métamorphose, on trouve, dans la portion antérieure de la région glandulaire, inclus dans les cellules épithéliales, entre le noyau et le plateau, des parasites qui ont l'aspect suivant : i° de petits corps mesurant de 3t"- à ^oV■ de diamètre, composés d'un nojau d'abord arqué (^), puis sphérique, fortement colorable, et d'une couche périphérique de protoplasme ; 2° des masses analogues aux plus gros de ces corps, mais avec deux ou quatre noyaux groupés vers un des pôles ; 3° des barillets formés par 6-8 croissants disposés comme des fuseaux de même pôle sur la surface d'un ellipsoïde ; ces croissants ont 81^ à 9!^ de long ; ils présentent, vers une extrémité, un noyau à peu près sphérique, de iV- à Sf- de diamètre ; 4° des croissants isolés en des points divers des cellules épithéliales.

» Ces diverses productions appartiennent incontestablement à inimême organisme parasite. On ne peut les interpréter que comme les diverses phases inlra-cellulaires de l'évolution d'un Sporozoaire ; nous les avons énumérées en suivant l'ordre de leur formation. La ressemblance avec les formes eimériennes, endogènes des Coccidies, s'impose. D'autre part, sur

(') Mesnil et Cacllery, Sur l'existence de formes épitoques chez les Annélides de la famille des CirraluUens {Comptes rendus, 28 septembre 1896).

(-) Les noyaux de cette forme ressemblent beaucoup à ceux des sporozoïtes des spores de la Gonospora, souvent nombreuses dans la lumière de cette région du tube digestif.

les très nombrr'iix Dodecacerin examinés, nous n'avons ianiais tromé aucun autre stade de Coccidie. Nous ne pouvons donc les rapporter qu'à la Grégarine décrite ci-dessus. Nous concluons donc que les sporozoïtes des spores de Gonospora, mis en liberté dans le tube digestif de l'Annélide, pénètrent da is une cellule é|)ilhéliale de l'intestin et s'y transforment par croissance et divisions cellulaires en un ensemble de nouveaux- sporozoïtes, groupés en barillet. Ces processus constituent une phase de multiplication asporulée au endogène étendant l'infection d;ins l'intérieur d'un même hôte. Ce sont les nouveaux sporozoïtes qui passent dans la cavité générale ; mais nous n'avons pu, jusqu'ici, suivre en détail ce phénomène, naturellement très fugace.

» Ces observations sont d';<ccord avec les données antérieures. On s'explique en particulier la présence, dans le cœlome, de Grégarines à peine plus grandes que les sporozoïtes initiaux, seule base des hypothèses des auteurs qui nous ont précédés. Mais surtout elles offrent un intérêt considérable pour la conception des rapports entre les Grégarines et les Coccidies. En effet, l'existence d'une multiplication asporulée chez les (Coccidies, affirmée d'abord par R. Pfeiffer en 1892 et rigoureusement démontrée, par voie expérimentale, en i 897, par Simond, est aujourd'hui une donnée certaine et générale. Les formes eimériennes propagent la coccidiose par auto-infection dans les tissus de l'hôte ('). Les formes en barillet décrites par nous, dans l'évolution de la Gonospora, sont l'équivalent et l'homologue des formes eimériennes des Coccidies. Elles constituent, chez les Grégarines, un premier exemple de nuiltiplication endogène ou asporulée.

» Nous penchons à croire qu'un pareil processus n'est pas particulier à l'espèce étuliée ; des recherches ultérieures détermineront le degré de sa généralité. »

PHYSIOLOGIE. — Sexe et dissymélrie moléculaire. Note de M. Félix Le 0.4NTEC, présentée par M. Edmond Perrier.

« Les découvertes récentes tendent à généraliser de plus en plus la notion de sexualité et à l'étendre à presque toutes les espèces connues,

(') Des observations récentes, surtout celles de Schaudinn et Siedlecki {Verh. d. deutsch. zool. GeselL, 1897) ont mis, en outre, en évidence, des phénomènes de sexualité qui précèdent la formation des kystes des Coccidies.

sauf peut-être quelques-unes très inférieures. Les Coccidies elles-mêmes ne feraient pas exception à cette loi générale et présenteraient, dans leur cvcîe évolutif, des phénomènes de fécondation. La publication annoncée par le professeur Schenk, de Vienne, d'un procédé de procréation artificielle d'enfants mâles ou femelles à volonté, par le mode d'alimentation de la mère, m'engage à faire connaître une hvpothèse sur la nature et l'oriijine du sexe, hvpothèse à laquelle j'ai été conduit par des déductions logiques de faits biologiques connus et dont je poursuis, depuis quelque temps, la vérification expérimentale.

» J'ai été amené, au cours d'une élude svslémitique de l'hérédité ('), à considérer Vespèce comme définie, chez les plastides, par la qualité chimique de leurs substances vivantes ou plastiques, la variété, la race, l'étant au contraire, par les proportions quantitatives de ces substances, indépendamment de toute question de parenté. Or, dans chaque race, dans chaque variété, il v a deux tvpes différents : le tvpe mâle et le tvpe femelle. A quelle particularité peut donc tenir l'existence de ces deux tvpes. caractérisés l'un et l'autre par les mêmes proportions de substances plastiques de même qualité? Le raisonnement, présenté ainsi, conduit à une réponse immédiate : il faut que chaque qualité de substance plastique ait elle-même deux tvpes différents, quoique de même composition chimique, et l'on est immédiatement amené à chercher ces deux tvpes dans la dissvmétrie moléculaire, hypothèse d'autant plus vraisemblable que les protoplasmas sont connus pour être des corps dissvmétriques.

» Il suffit que quelques-unes des substances plastiques des plastides aient un tvpe dissvmétrique droit et un type dissymétrique gauche; la prépondérance de l'un ou l'autre tvpe déterminerait le sexe du plastide, et cette prépondérance serait naturellement plus accusée dans les éléments sexuels raàles et femelles, dans lesquels l'un de ces tvpes pourrait même exister à l'état de pureté. . ..

') La vérification expérimentale de l'hvpothèse précédente est beaucoup plus difficile qu'elle ne le paraît au premier abord. Les éléments sexuels sont très petits ou bien sont encombrés d'une quantité considérable de vitellus nutritif qui gêne les observations en lumière polarisée. Beaucoup de substances nutritives sont elles-mêmes douées de pouvoir rotatoire et

(') Évolution industrielle et hérédité. Théorie de la variation quantitative. Paris ; Alcan, 1898.

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les combinaisons de substances actives les unes avec les autres donnent des produits dont l'étude optique est bien complexe. Il faudra étudier, au point de vue de la dissvmétrie moléculaire, les aliments qu'utilisent les deux sexes; mais une nouvelle difficulté s'introduira dans cette étude, aussi bien que dans celle des produits excrémentiliels mâles et femelles, parce que, sauf peut-être dans les éléments sexuels, il y aura dans tous les plastides du corps un mèlans^e de substances droites et gauches. En effet, même si l'on suppose que l'un des types de substance existe à l'état de pureté dans les éléments sexuels mâles et l'autre type dans les éléments femelles, l'œuf fécondé et, par suite, tous les tissus qui en dérivent, contiendra forcément, en vertu du phénomène même de la fécondation, un mélange de substances des d^ux types; ce sera donc seulement la prèpondéiance de l'un ou l'autre type dans les tissus d'un être qui déterminera son sexe, et les substances alimentaires et excrémentitielles ne différeront, pour les deux sexes, que quantitativement.

M La question de la nutrition est très importante, et c'est peut-être son étude qui donnera la solution du problème. On sait, en effet, que tel corps dissymétrique, susceptible de se combiner avec le type droit d'un autre corps également dissymétrique, peut être incapable de se combiner avec le type gauche du même corps. M. Pasteur a trouvé une Mucédinée qui, dans une solution de paratartrate d'ammoniaque, se nourrissait uniquement du tartrate droit sans toucher au tartrate gauche; on connaît aujourd'hui d'autres espèces vivantes jouissant d'une propriété analogue et aussi des bactéries qui donnent, comme produit excrémentitiel. une substance droite ou gauche à l'exclusion du type opposé. Or ceci se produit chez des êtres dans lesquels on n'a jamais vu de fécondation, ce qui serait déjà un argument eu faveur de l'hvpothèse d'une relation entre le sexe et la dissymétrie moléculaire. Il y aurait là un exemple de sexe absolu, sans sexualité, telle espèce ne contenant peut-être que le tvpe droit d'une ou plusieurs substances plastiques, à l'exclusion du tvpe gauche.

» La maturation de l'ovule par expulsion des globules polaires serait une épuration donnant un piastide absolument femelle (présence exclusive d'un type dissymétrique donné) chez un être dont les autres tissus présentaient seulement la prépondérance du type femelle; ce serait le contraire pour la maturation du spermatozoïde chez le mâle.

» A la fécondation, le sexe de l'œuf serait déterminé par la prépondérance (les substances droites ou gauches apportées par l'ovule et le sper-

matozoïde et serait donc mâle ou femelle suivant que le spermatozoïde serait plus frais que l'ovule ou réciproquement T' ), puisque, depuis leur maturation jusqu'à la fécondation, les éléments sexuels, plastides incomplets, sont à l'état de destruction plastique lente.

» Mais le sexe de l'ceuf, ou du moins de l'être qui en résulte par développement embryologique, pourrait être ensuite modifié par l'alimentation suivant la nature droite ou gauche des aliments, telle substance plastique droite se multipliant plus vite que sa congénère gauche dans un milieu où dominerait un type donné d'aliments dissymétriques, ce qui ferait succéder la prépondérance du type droit à la prépondérance initiale du type gauche. C'est par des phénomènes de cette nature qu'on pourra expliquer, il me semble, les expériences de détermination du sexe par l'alimentation, comme celles de IMolliard sur le chanvre et celles qu'annonce en ce moment le professeur Schenk.

» L'hypothèse que je viens d'exposer se vérifie a posteriori par la facilité avec laquelle elle permet d'expliquer des phénomènes très généraux et très bien connus, comme l'attraction du spermatozoïde par l'ovule, le rajeunissement karvogamique des ciliés, la stérilité de certains hvbrides, le retour à la forme ancestrale des produits de croisement, la ressemblance tantôt croisée, tantôt directe, du père avec la fille et de la mère avec le fils, etc.... Il importe cependant de mettre en évidence expérimentalement la relation entre le sexe et la dissvmétrie moléculaire des substances plastiques; je m'en occupe pour ma part, et je voudrais que cette notion nouvelle intéressât quelques savants mieux armés que moi pour les recherches d'Optique phvsique. »

M. Edmond Perrier présente, au sujet de la Note de M. Le Dantec, les observations suivantes :

« Les nombreuses recherches dont l'origine des éléments génitaux et de leurs caractères distinctifs a été l'objet, aussi bien dans le règne animal que dans le règne végétal, ont donné, dans les deux règnes, des résultats concordants de nature à légitimer les recherches expérimentales dans les-

(') Si l'on suppose, nalurelleoient, que, chez l'ovule frais, la quantité des substances d'un type dissymétrique est à peu près équivalente à la quantité des substances du type opposé dans le spermatozoïde //cik. Gela n'a pas toujours lieu et l'on connaît bien des exemples d'unions dans lesquelles le sexe d'uQ des conjoints est prépondérant.

quelles M. Le Dantec est engagé, et qui auraient, si l'on en croit certains bruits, abouti, dans le laboratoire du professeur Schenk, à des résultats effectifs. Il y a déjà dans, le règne animal, des exemples de détermination du sexe : les plus remarquables sont relatifs aux Abeilles (Dzierzon) et aux Rotifères (Maupas); dans les deux cas, les œufs non fécondés évoluent de manière à donner naissance à des mâles, tandis que les œufs fécondés donnent régulièrement naissance à des femelles. Il semble, au premier abord, que ces phénomènes de détermination du sexe se présentent avec un caractère tout à fait exce|)tionnel, puisque la règle, aussi bien dans le règne végétal que dans le règne animal, est que les œufs non fécondés ne se développent pas. Toutefois, si l'on considère que les Insectes et les Rotifères sont des animaux très éloignés; que si le mode de reproduction des Abeilles, malgré l'identité dans la cause de la détermination du sexe, est très différent de celui des Rotifères, il y a d'autres Arthropodes où les choses se passent à très peu près comme chez ces derniers (liranchipus, Apiis, Cladocéres, divers Ostracodes, Cynipidce, Pucerons, Cochenilles) ; il faut bien reconnaître qu'il y a là quelque chose de général. Chez tous ces animaux, en efîet, des individus, issus d'œufs normalement fécondés, produisent des œufs qui, sans fécondation, donnent naissance à des individus semblables à celui d'oij ils proviennent, et jouissent de la même faculté de se reproduire sans fécondation, facidté dite de parthénogenèse; la série de ces reproductions parthénogénétiques est close par l'apparition de mâles et de femelles qui s'accouplent. Les femelles pondent des œufs différant par des caractères très nets des œufs parthénogénétiques; en particulier, leur développement présente -toujours un temps d'arrêt, tandis que le développement des œufs parthénogénétiques est immédiat.

» Les recherches de M. Maupas ont éclairé le phénomène de la production des individus sexués chez les Rotifères, et il est vraisemblable que des résultats analogues pourraient être obtenus dans tous les groupes où l'on observe la même succession de phénomènes. Lorsqu'un individu producteur d'œufs parthénogénétiques est soumis à une température supérieure à 20°, avant qu'il ait pondu ou même que ses œufs aient atteint un certain degré de développement, les œufs qu'il pondia donneront naissance à des individus différant assez souvent de leur progéniture par certains caractères extérieurs, en différant toujours par les dimensions plus petites de leurs œufs. Les producteurs de ces petits œufs sont les véritables femelles. Seules, en etï'et, elles sont aptes à être fécondées, à r exclusion des

individus producteurs de gros œufs; ces indi^-idus ne peuvenL donc pas être considérés comme sexués. L'élévation de la température a eu pour effet de faire apparaître non pas le sexe, mais la sexualité, c'est-à-dire X aptitude à produire des indiiidus d'un sej:e déterminé. Effeclivemenl, si ces femelles ne sont pas fécondées, de leurs œufs qui se développent immédiatement ne sortent que des mâles. Si l'un de ces mâles vient à s'accoupler avec une femelle, l'œuf de celle-ci change de caractère, se rapetisse encore, se revêt d'une coque opaque diversement ornementée et son contenu, après avoir atteint un degré plus ou moins avancé de développement, passe à l'état de vie ralentie; ces œufs sont de véritables kystes permettant à l'embryo-.) de traverser les périodes critiques de l'année.

» Malgré les apparences, la tem[)éralure n'avant rien à faire avec la différenciation des sexes chez les Rotifères, cette différenciation chez ces derniers est ramenée au cas bien connu des Abeilles, et l'on doit se demander comment il se fait que la sexualité puisse être distincte de la différenciation sexuelle. Toutes les recherches récentes sur les éléments sexuels ont montré que ces éléments présentaient un caractère commun par lequel ils diffèrent des éléments constitutifs de l'organisme qui les produit. Au cours de leur multiplication on reconnaît dans le novau de ces derniers la présence de corpuscules spéciaux en forme de U ou de Y, fortement colorables par le carmin; ce sont les chromosomes. Ces corpuscules sont en nombre constant pour chaque organisme: soit 2n, ce nombre; il est réduit de moitié dans les éléments sexuels et égal à n, aussi bien chez les végétaux que chez les animaux. De nombreuses observations, portant sur divers types, rendent très vraisemblable que l'absence de sexualité chez les œufs parthénogénétiques des Rotifères tient à ce qu'ils n'ont pas subi cette réduction du nombre des chromosomes; l'élévation de la température la déteruiine; elle permet dès lors la formation des éléments mâles et des œufs véritables.

» La question se pose maintenant de déterminer la cause de la réduction du nombre des chromosomes qui caractérise les éléments sexuels. Un point qui semble de plus en plus fermement établi, c'est que les deux sortes d'éléments sexuels sont dérivées d'un élément reproducteur commun, piimilivement asexué; cet élément, apte d'abord à se développer directement, a perdu ensuite cette faculté, comme s'il était devenu incomplet; le développement n'est demeuré possible que par suite de l'union de deux éléments d'abord semblables (conjugaison ), mais qui, par la suite, sont devenus très dissemblables; et comme, dans cette union, un des éléments

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le plus gros, dit élément femelle, paraissait absorber l'autre, il a semblé qu'il était l'élément principal et que l'union des deux éléments avait pour but &a fécondation. Du fait que les éléments sexuels ont été primitivement semblables il résulte que l'explication de leurs caractères communs, en particulier de la réduction du nombre de leurs chromosomes, doit s appliquer à l'un comme à l'autre. Cette explication pour la phase où les deux éléments sont encore semblables et pour l'élément femelle se déduit clairement des faits déjà connus. L'élément femelle est caractérisé par l'abondance du protoplasme qui entoure son noyau, par la richesse de ce protoplasme en substances nourricières. Or il résulte des recherches de M. Maupas sur les [nfusoires que la production du protoplasme et des matériaux de réserve, est sous la ilépendance de la substance des chromosomes, et qu'à ce travail cette substance s'use au point que son renouvellement devient, au bout d'un certain temps, nécessaire {rajeunissement karyoganiique). Le noyau des éléments reproducteurs n'échappe pas à cette loi : il s'use et c'est au cours de l'expulsion de ces parties usées que s'effectue, par l'expulsion des ^/oZ<«/e^ ^o/a?Ve* ou corjmscules de rebut, la réduction du nombre des chromosomes de l'œuf. Un élément reproducteur riche en matériaux nutritifs n'ayant plus qu'un noyau usé ou réduit est incapable d'évoluer; de là la nécessité de la conjugaison ou de la fécondation qui restaure le noyau.

» L'anthérozoïde des plantes et le spermatozoïde des animaux sont dans de tout autres conditions. Ce dernier surtout est caractérisé par l'absence de toute substance de réserve dans son protoplasme et par la réduction de ce dernier à ce qui est strictement nécessaire pour assurer sa locomotion, soit à l'aide de mouvements amiboïdes (IVématodes), soit à l'aide de mouvements vibratiles. Son noyau ne s'est donc pas usé; il est cependant réduit el nous nous trouvons, ainsi que nous l'avons fait remarquer tout à l'heure, dans la nécessité paradoxale d'expliquer sa réduction par l'usure qui a déterminé cette réduction dans l'élément femelle.

» On échappe à cette contradiction par l'api^lication d'une des lois de l'hérédité qui intervient constamment, souvent dès la segmentation de l'œuf, dans les phénomènes embryogéniques, qui permet de les comparer et de les coordonner rigoureusement, mais à laquelle les embryogénistes se bornent d'ordinaire à faire allusion en termes inexacts ou dénués de précision, sans essayer d'en mesurer les effets. C'est la loi de la tac/iygénése ou de l'accélération embryogénique dont j'avais déjà signalé l'importance en

i88i ('). Elle exprime ce fait que ï hérédité, en se siibsliluant aux causes extérieures qui ont produit une succession donnée de caractères, tend à produire cette succession de plus en plus rapidement et arrive à le faire d'une manière tout à fait indépendante des causes qui l'ont déterminée. En conséquence, il est tout à fait normal que les réductions du nombre des chromosomes, qui était primitivement un phénomène d'épuration du noyau, consécutif du travail et de l'usure de celui-ci, ait pu, dans certains cas, se produire, par hérédité, indépendamment de tout travail et de toute usure du noyau, d'une manière de plus en plus précoce. Il est évident qu'un noyau ainsi réduit sera peu capable de produire des matières alibiles et du protoplasme. L'application de la loi de la tachvgénèse permet donc de prévoir la formation et les caractères d'éléments n'ayant que la moitié du nombre normal de chromosomes, n'avant pas de réserves et peu de protoplasme, incapables d'évoluer par eux-mêmes, mais capables d'apporter aux éléments qui n'ont pas été affectés par la tachvgénèse justement ce qui leur manque pour évoluer. Le jour où ces éléments se sont régulièrement produits, Iss éléments mâles ont été réalisés.

» Cette explication de l'origine des éléments niàles fondée sur la lachygénèse permet de comprendre pourquoi chez les animaux hermaphrodites le sexe mâle se développe généralement le premier (protandrie); pourquoi, dans les formes bourgeonnantes fortement affectées de tachvgénèse, un certain nombre de générations exclusivement mâles précèdent les générations femelles ou hermaphrodites (Botryllid.e, Pyrosomid.e); pourquoi les formes fixées ou parasites à développement rapide sont souvent des mâles rudimentaires (beaucoup de Cirripèdes, Bopyridœ, Rotiféres, etc.), et même pourquoi la fécondation est susceptible de transformer des œufs qui, sans elle, ne produiraient que des mâles en des œufs qui produisent des femelles et dont le sexe semble, par conséquent, interverti.

» C'est donc une différence dans la rapidité de la réduction des chromosomes, entraînant une différence fondamentale dans le mode de nutrition de l'élément, suivant qu'elle se produit plus tard ou plus tôt, qui distingue les éléments mâles des éléments femelles. Il n'est pas impossible de rattacher cette différence aux causes indiquées par M. Le Dantec; mais ces causes devront nécessairement se raccorder avec celles que nous venons d'indiquer

(') Les Colonies animales et la formation des organismes, i" éditioD, p. 726. La loi est ici désignée sous le nom de Principe de l'accélération méiagénésique.

( 27^- ) ou les englolier. Il n'v a rien d'invraisemblable, d'antre pari, à ce f]u'nne différence dans le mode de nutrition des organismes producteurs des éléments sexués influe sur la façon dont s'accomplit, chez leurs descendants, la réduction karyogamiqne et provoque par conséquent l'apparition de tel ou tel sexe. »

ANATOMIE ANIMALE. — Sur le prélendu chloragogène de la cavité générale des Ophélies. Note de MJM. J. Kunsti.er et A. Gruvel, présentée par M. A. M il ne-Edward s.

« Le liquide de la cavité générale de l'Ophélie commune contient des éléments particuliers d'une constitution fort remarquable et qui sont surtout caractérisés par la présence d'un axe médian, interne, plus ou moins vivement coloré.

» En i8g4, il a été soutenu que ces éléments n'étaient autre chose que des amibocyles ordinaires dans la substance desquels ^e creusaient des vacuoles, où se déposaient des granulations de nature excrétrice. La fusion, suivie d'une soudure complète, de ces corpuscules serait l'origine de l'axe.

» La nature chimique de Taxe est assez particulière. Toutes les réactions microchimiques concourent à démontrer que c'est là non pas de la chitine ordinaire, mais une variété spéciale de cette substance, ne contenant aucune trace d'un corps quelconque de la série xanlhiqne.

» Comment concilier cet état chimique avec le point de vue auquel se place Sclurppi, après Eisig, et considérer ce produit de la sécrétion du pholoplasme, si répandu, comme un résultat de la fonction désassimilalrice de la substance vivante, sorte de chloragogène spécial aux cellules lymphatiques des Ophélies?

» Nulle part, jusqu'ici, on n'a observé un rejet continu de chitine pure, dans des conditions telles que Ion puisse comparer le phénomène à une excrétion avec ses caractères ordinaires.

» Du reste, la manière dont se développe l'axe en question et la structure même de cet axe sont en contradiction formelle avec les assertions mentionnées plus haut.

» Jamais l'axe ne se constitue aux dépens de sphérules de chitine préexistantes. En effet, il en est de toutes les dimensions et de tous les diamètres, depuis ceux d'un simple bacille, jusqu'à la taille normale. C'est indidjitablement un accroissement progressif qui donne lieu aux parties adultes. Dans toute cette évolution, on ne saurait constater, nulle part, la moindre trace de fusion de globules. Mieux encore, la constitution de l'axe oppose un obstacle absolu à cette conception.

» Ainsi, après décoloration à la potasse bouillante, et même quelquefois à

( ^73 > Tobservation directe, l'axp chitineiix présente une structure des plus nettes et bien en rapport avec son mode de formation véritable.

» Sa substance laisse voir des stries d'accroissement, parallèles, continues, s'étendant à l'ensemble du bâtonnet avec une régularité et une symétrie parfaites, telles, du reste, que le montre la substance chitineuse tvpique.

» Dans la région axiale du bâtonnet, toute trace de couches régulières fait défaut; l'on v perçoit une substance granuleuse qui paraît remplir tout l'inférieur, à l'exception, peut-être, de certains points qui semblent constituer parfois de véritables cavités.

» Du reste, ces axes chitineux arrivent si régulièrement à des dimensions à peu près analogues et à des aspects plus ou moins identiques, qu'ime évolution à ce point régulière ne saurait qu'éveiller l'idée de formations bien définies.

» II a été avancé qu'entre les araibocvtes véritables et les éléments particuliers qui nous occupent ici il existait tous les passages.

» Celte affirmation est en contradiction formelle avec diverses observations. Tout d'il bord, les formes les plus petites de nos éléments spéciaux sont de dimensions plus minimes même que les amibocyles les plus petits, quoiqu'elles contiennent déjà un petit axe bien formé présentant les particularités caractéristiques ordinaires.

» D'un autre côté, la constitution du protoplasma des amibocytes et de ces jeunes éléments est bien différente; elle suffirait amplement à établir une distinction nette.

» Il en est de même des différences que l'on peut rencontrer entre les pseudopodes et les éléments nucléaires de ces deux sortes de corps.

» Ainsi, quelles que soient les dimensions de nos éléments, on y trouve toujours un axe, dont l'origine paraît être double. El c'est raccroissement progressif de cet axe qui constituera le bâtonnet si apparent des éléments adultes, en même temps que le protoplasma prend une constitution caractéristique.

» Le mode de reproduction le plus ordinaire de ces éléments consiste en une multiplication nucléaire accompagnée de proliférations plus ou moins abondantes de l'axe.

» Le noyau, quand il est seul, se trouve placé, le plus souvent, dans une courbure qui existe généralement au milieu de l'axe; mais il peut aussi être situé tout autre part. Quand il en existe plusieurs, ils sont répartis de façons les plus diverses, dans toule la masse du corps.

» La multiplication du novau se fait toujours, par un processus de division simple, dite directe.

» Après la séparation des novaiix de nouvelle formation, il semble se produire, au sein de la masse protoplasmique, un groupement énergidique

( 274 ) qui est le point de départ d'un ou plusieurs jeunes individus. Chacun de ces groupements comprend un noyau et un ou plusieurs bourgeons axiaux, le tout enveloppé d'une couche variable de protoplasma.

» Il est donc à remarquer que cet axe diffère ]:)rofon(lément de toutes les formations chitineuses ordinaires par une activité vitale inconnue dans ce genre de tissu.

» Pendant toute la période de la vie de ces éléments, que l'on peut qualifier d'adulte, ce bâtonnet montre une tendance à se couvrir de gibbosités qui s'accentuent de façon à devenir de véritables bourgeons.

» Le résultat ultime de ce processus est la formation d'un nombre variable, souvent énorme, de bourgeons, qui finissent par se détacher pour devenir libres. Il arrive même, vers la fin de la période de la vie individuelle, que ce phénomène de prolifération prend une telle extension que la totalité du bâtonnet se transforme en un amas de corpuscules. Ce phénomène peut être poussé encore plus loin, de façon que l'on puisse le comparer à une véritable pulvérisation.

» L'axe diffère encore de la chitine par des propriétés chromophiles d'une grande intensité; il se colore vivement par tous les réactifs nucléaires, beaucoup plus même que le véritable noyau. Toutefois, il diffère de la niicléine en ce qu'il est insoluble dans les alcalis étendus ou concentrés bouillants, dans l'acide chlorhydrique concentré et fumant, dans l'acide azotique, etc.

» On rencontre quelquefois dans le liquide cavitaire de véritables amas d'axes, de tous âges, de toutes formes et de toutes dimensions; ces amas, constitués quelquefois par un très petit nombre de bâtonnets et d'autres fois par une quantité considérable, sont contenus dans des masses protoplasmiques généralement plus ou moins ovalaires, qui paraissent correspondre à des sortes de plasmodes, dus à la réunion d'un nombre variable d'individus.

» En terminant, nous citerons encore quelques faits susceptibles de jeter une certaine lumière sur la valeur morphologique à attribuer aux éléments à bâtonnets.

» Remarquons d'abord qu'il est des Ophélies qui, sans aucun doute, sont absolument dépourvues de ces éléments. Le fait est rare, mais hors de doute. Chez d'autres individus, il peut y en avoir très peu ou bien une quantité relativement énorme. D'un autre côté, les différentes Ophélies observées montrent souvent des collections d'éléments à aspects concordants. »

ZOOLOGIE. — Sur l'existence d'une faune malacologique polybalhyque dans les grands fonds de l'Atlantique et de la Méditerranée. Noie de M. Arxould LocARD, présentée par M. A. ]\I il ne-Edward s.

« Lorsqu'on examine la répartition bathymétrique des Mollusques marins vivant au voisinage de nos côtes, aussi bien dans l'Atlantique que dans la Méditerranée, on constate que cette répartition s'effectue dans d'étroites limites, très exactement définies. Dans notre Conchvliologie française, par exemple, nous avons été conduit à répartir cette faune suivant trois zones parfaitement limitées et dont l'extension varie à peine de quelques mètres : une première zone, ou zone littorale, correspond au niveau superficiel du balancement des marées; une seconde zone, ou zone herbacée, correspond aux vastes prairies sous-marines des Zostères, desPosidonies, des Laminaires, ne dépassant jamais de 2-" à 28™ de profondeur, aussi bien dans l'Atlantique que dans la JMéditerranée; enfin, entre ces 27" à 28"", et jusqu'à 72" ou 75™, s'étend la zone corallienne, caractérisée par la présence d'algues incrustantes, Corallines et Nullipores, particulièrement abondantes à ces niveaux. Chacune de ces trois faunules est ainsi très nettement définie et, si quelques espèces passent de l'une à l'autre, il en est, par contre, un grand nombre qui demeurent exclusivement cantonnées dans ces étroites limites.

M Au delà de celte dernière zone, l'extension bathymétrique de nos Mollusques se fait sur une échelle beaucoup plus étendue. L'étude de la faune malacologique, si riche et si variée, provenant des campagnes de dragage du Travailleur et du Talisman, entreprises sous la direction de M. A. Milne-Edwards, nous a permis de constater l'exislence de toute une faune vivant indifféremment dans l'Atlantique et dans la Méditerranée, et dont l'extension bathymétrique se présente dans des conditions inconnues jusqu'à ce jour. Cette faune, que nous désignerons sous le nom Ae polybalhyque, par opposition à la petite faune dite cosmopolite ou ubiquisle, déjà signalée par Gwyn Jeffreys et P. Fischer, est constituée par une série nombreuse et très variée de Mollusques susceptibles de vivre impunément à des niveaux variant de plus de 2000™ de profondeur, et compris depuis le niveau du balancement des marées jusqu'aux plus grands fonds explorés.

M Si des 832 espèces de Mollusques testacés rapportés par ces dragages nous éliminons une quarantaine de formes exclusivement littorales

ou péla£;iqiies, comme les Pléropodes, Jaiilhines, Liliopies, Littorines, Patelles, etc., nous signalerons un total de 201 espèces bien définies, faisant partie de notre faunule polvbathyque. Toutes les classes de Mollusques lestacés y figurent, mais dans des proportions intéressantes à relever. En effet, sur 019 Gastropodes rapportés par la mission, nous ne comptons que 45 espèces polybathyques, tandis que, pour 34 Scapliopodes, il V en a 17 espèces et, pour 209 I>amcllibranches, nous relevons 45 espèces polvbathyques. La projjortion des Scaphopodes et des Lamellibranches polybathyques est donc notablement plus grande que celle des Gaslropodes.

» De telles différences peuvent se justifier, lorsque l'on considéré le jilus ou moins de robusticité de nos différents Mollusques. On sait en effet que les Lamellibranches et les Scaphopodes sont, pour la plupart, plus robustes, plus résistants, q'i'ils ont en somme un organisme moins complexe et pourtant plus apte à se plier aux variations du modus vivendi que les Gastropodes. Ce sont eux, comme on le sait, qui se sont le moins développés dans leur évolution durant les derniers âges des périodes géologiques, eux encore dont la dispersion géologique est le plus considérable sous des milieux plus différents. Ils sont donc en réalité beaucoup plus susceptibles que les autres Mollusques de se prêter ou de s'adapter aux conditions biologiques des milieux que nous venons de signaler.

» La limite supérieure à laquelle la faune polybathyque commence à apparaître est extrêmement variable. Quelques espèces vivant normalement dans la zone littorale peuvent descendre à des profondeurs de 3ooo'" et même 38oo'"; ce sont presque exclusivement des Lamellibranches. Les Gastropodes polybathyques ne commencent à se manifester que dans la zone corallienne. Il est à remarquer qu'au delà de 4000"" à 45oo™ la faune abvssale est plus particulièrement autochtone; elle remonte rarement dans des niveaux supérieurs; mais en revanche, son area de dispersion géographique est parfois considérable; bon nombre des espèces que l'on v rencontre sont communes aux grands fonds de l'ancien et du nouveau continent.

» Il existe une intime corrélation entre les espèces malacologiques ubiquistes et polybathyques. Toutes les formes susceptibles d'une dispersio'.i exceptionnelle en surface peuvent également se retrouver dans des milieux bathymétriques très différenis. Pareille conclusion était du reste à prévoir, puisqu'elle est surtout basée sur la robusticité et la facilité d'adaptation des êtres dans des milieux différents.

» En résumé, outre les lormules malacologiques marines bien définies

. ( ^77 ) (les zones littorale, herbacée et corallienne, dont les limites sont particulièrement restreintes, il existe clans l'Atlantique comme clans la Médilerrance une faune dite polyhathyque capable de vivre et de se développer à des niveaux dont l'extension bathvmétrique varie de plus de 2000™. Cette faune, déjà riche en Gastropodes, renferme, contrairement à la faune de surface, un plus grand nombre de Scaphopodes et de Lamellibranches. »

ANATOMIE VÉGÉTALE. — Sur l'origine de la double coiffe de la racine chez les Tropceolêes. Xote de M. Camille Brcxotte, présentée par M. L. Gui-

gnard.

« La graine de la Capucine (Tro/^cço/um maj'us L.) contient, sous ses téguments, une amande formée par deux cotylédons charnus, au milieu desquels se trouve la gemmule. La radicule est assez volumineuse et son extrémité est dirigée vers le micropyle.

» Lorsc{u'on étudie l'embryon développé et qu'on examine le sommet de la racine primaire jeune, avant la germination, on constate que cette racine, déjà nettement différenciée dans la graine mure, possède, outre son cylindre central, son parenchyme cortical et sa coiffe normale, une gaine radiculaire terminale qui forme comme un capuchon assez épais à l'extrémité de la radicule.

)) M. Flahaut ('), en signalant ce fait, s'exprimait ainsi :

» Il y a autour de la radicule du Tropœolum une véritable gaine radiculaire, qui ne diffère de celle du Maïs que parce que, dans le Tropœolum, elle ne forme pas la coifTe. La présence de cette gaine radiculaire est un fait rare chez les Dicotylédones; les Graminées, les Commel^'nées, les Palmiers, etc. ont aussi leurs radicules entourées d'une gaine qui démontre l'origine profonde de ces organes (-). L'origine profonde, ajoute AL Flaliault, est depuis longtemps mise hors de doute pour les racines advenlives et les radicules; on ne peut pas nier non plus que la radicule soit endogène dans le cas où elle est recouverte d'une gaine radiculaire, mais je crois qu'on a trop généralisé et qu'on a étendu à lort, à toutes les racines, les caractères qu'on avait reconnus chez beaucoup d'entre elles ('),

» D'où vient cette gaine radiculaire? Aux dépens de quel tissu est-elle

(') Flahallt, Recherches sur l'accroissement terminal de la racine chez les Phanérogames. Thèse, Paris; 1878.

{-) Lac. cit.

(') Loc. cit.

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