‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 16 sur 116 · JE HOUPIHE APRÈS LE PRINTEMPS · texte numérisé non relu

JE HOUPIHE APRÈS LE PRINTEMPS

Pour errer avec moi soin le riant ombrage,

Loa Heurs que num Henri .-oL-n^it, c'est chagrinant.

Si belles autrefois se fanent avant l'Sgo.

(Jh ! je veut iio inaman vite aller m'enquérir

Si las ! tout ce que j'aime ainsi devra périr;

Et quand lui parlerai île ee bon petit frère

Qui lorsque l'embrassais ne voulait s'éveiller,

Elle consentira sans trop ee récrier

A me laisser mourir comme ma fleur si obère :

Oh I oui je veui aller île maman m'enquérir

Si las! tout ce que j'aime ainsi devra périr 1

Et puis de ramasser la belle itenr flétrie ....

l'un i?r,tre lei milliers (buis ee momie, vraiment.

Qui pâment ici bas asseoir leur rêverie

Bans avenir plus sur, sanB plus do fondement 1

Je Soupire après le Phintemph.

Dans les arbres noircie la brise gémissait, Et la pluie en toi-mir? tinrikur. ti.imbait, tombait. Quelquefois pcle-mele

Et quand se déchaînaient les vents avec fureur. Coite, sous ses jupon.», se blottissait la fleur; Car hélas 1 les bijoux dont s'orne la nature. L'été les avait pris ; on bien l'hiver vainqueur Les tenait enfermé), et sous triple serrure.

JE (OOrillB: AEKÈ8 LE PELKTIMP8. 53

Ja Boupiro après le Prmtempa

Ou s'entr'ouYre la (leur, et sans cérémonie Laisse voir à non yeui aes charmes renaissants.

Et B'ênlTiant Je ce divin nectar,

Ohl c'est un temps ai doui alors que la nature Tendre mère, revêt sa robe do verdure, Pour un nouveau i'riruemp.', qui vieni toujours trop tard Pour réobauflir le i'n:iu, l'ulViiidiii- ]i: regard, Quand (il i midi le auuffle

Rendant en un instant l'ejîstence nu ruisseau, Qui s'en va frétillant murmurer au roseau:

" Le beau Sire Printemps revient avec as aive ! Alluns ! rrjiMii-siv vdin :n dun-^lou de mon eau, Le beau Sire Printemps a mia fin à mon rÈvel"

Oui, j'ai soif, j'ai faim du Printemps, Du Printemps embaumé qui Ilot te et qui voleté Bur la nature entière, et d'un coup do baguette Vient lui rendre soudain l'éclat des jeunes ans. J'ai soif du point du jour, du lever de l'aurore, Quand son rellet rosé se montre à l'Orient Quand il s'avance aux eioui, et brillant météore, Fait réluire a nos yeui aon regard souriant.

Oli I oui j'ai soif de rosée argentine, Et du parfum ai pur de la Manche aubépine I

Qui vient choque Printemps s'infiltrer dans mon Sme, En épurer l'essence, on raviver la Hamme, Me faire plus encor bénir le créateur, Et vera lui reporter le trop plein do mon cœur, Lorsque non divin souffle Doucement souffle 1

Doucement souffle,

54 LE JOtll 11E MOliT BB KOHSEB.

Alors pourrais me croire être iiiii \ nouveau 1

Viens donc, B doui Printemps, nous rendre ton flambeau,

Qu'au ciel munie ni chaînant ]:i gentille alouette.

Que ru; puis-ji' eu n>n vul suivri' le cher oiseau,

Ou regarder le ci.:) eomme fuît la deurctto i

Le Jouu de Moiît uv. KiiiiNuii.

Sua ! . . pour le jour do mort du brave muveucel

Un elinnl de triomphe et de gloire !

La tombe d'un héros est un sublime nu tel

Où l'on honore sa mémoire I 11 s'en fut do la vïe avec son noble etcur

Pur encore et sans alliage, Aigle majestueus pour s'éteindre vainqueur

Descendait ilu liant iln iLuaL-- 1 :

11 s'en fut de la vie avec le luth divin

Aui sou» tenant do la féerie, Alors qu'il célébrait dans un chant niirhumahi

De Dieu la gloire, et sa patrie.

Il s'en fut de la vie avec ses sentiments

Comme un ruisseau n'a dans si* parcours charmants

Rencontré nue mousse légère.

Sus ! pour le jour de mort du bravo jouvenect.

Un chant do triomphe et de gloire!

La lumbe d'un héros est le sublime autel

Ofl l'on honore sa mémoire !

Il a laissé des chants, la honte des fuyards,

Des chanta de fanfare guerrière, Un esprit pour guider nos vaillants étendards

D'un phare comme la lumière.

Il a laissé de plus durable souvenir

Dans la belle finie de son père, l'ti i lin.-1-in liii'ii misant, mais ilunv ressouvenir

Dans le coeur de sa pauvre mère.

Dij'tizod b-, Ci

LE DEBNIEIt SOUHAIT.

11 h laissé de plus un nom, un nom bien grand, Un nom qui vivra d'âge en fige,

Un nom beau dans la vie, et dans la mort géant, Tout auréeld de courage :

La tombe d'un héros est le sublime autel Où l'on honore sa mémoire!

Lb dbbhIeb Souhait.

Ou du vieil onucl sous l'ombrage Qu'on creuse ninn deruin' ilurtuir

Dans lo fouillis obscur d'un tel coin solitaire, Aucun pied imlisLTet ne vaudra ui'évciller.

Près lie;, sombres ivriruciLî de ce* clmrnicrs boueux. Avec ces oripeaux funestes, Dernier luit de- orgueilleux.

Qu'ntipri* 'li iiii.n iniiib-'iiii imiï-c imitre la roue. Ln. douce violette et la nnïvo fleur,

Du Latin reçoive le pleur.

Alors je bénirai du printemps l'arrivée.

Dans l'arbre qui m'abrite oj-aut le Roitelet Elever sa jeune couvée Aui sous de mjii t\um pakiuhi-t.

Et j'entendrai toujours au matin l'Alouette De bcb chants saluer choque lever du jour, Et le soir la gente Fauvette Entonner son hymne d'amour.

Le Loriot doré, lo Geai, la Mario Épique, Voleront a l'ont our de mon sombro bosquet,

Poctissnnt par leur cantique

Le silence de la foret.

Et des oiseaux venus du lointain hémisphère Des lieu* où lu Sauveur uaquit, de Bethléem, S'attrouperont sur ma poussière Sur moi chantant un requiem.

La Dînette sur l'Heube.

1,\ dans ces lioui où Papillons, Abeilles, "Viennent en butinant ciire.'.'or rie.. :vi-r veilla.

De lugubres taudis, — d'un vilain domicile.

Bien plu* ullreuï. et a^iect niomp beau Que le champ de la mort où se voit maint tombeau !

Le petit Jean, enfant lout en guenilles, Le petit Barnabe, bc traînant sur béquilles.

Le petit Jacques l'EvoUlé, Qu'il devait être émerveillé I Et puis aussi Hathilde Avec ne» blonds cheveux, si beam a la Clotilde I Et Rerttie .... avec ses yem étincelanls.

Amorces, mais en herbe, à capter les amants I

Ils ont ces cinq parcouru la prairie, lie ont couru le buis, dans leur folàtrerie,

Cueillant mûres, noisettes, noii, C'est pour cm un (lc.-H'H de choix; Puis, faite la cueillette, Les voilà tous les cîinj s'asseyaut sur l'herbette

Autour [l'un in-lirc, ei sur m luiin: mousseux .Se i.iL-l:iji :iul le jniin et le froni:w eiltr'eoX.

BU II USB AMC1ENKE LOC QUOTITE.

Pour leur boisson buvant sous l'anbépine L'eau claire du ruisseau qui coulait cristalline Sous un sable brillant et doux, Faisant mille et mille glouglous ;

Epandait la parfum do sa fleur argentine

An-dessus d'oui, de ses rameni épais Contre les Toux du jour leur formant commo nn dais.

Des agnelets sous ce toit de verdure Sans perdre un coup de dent broutaient leur nourriture, Nos cinq petits enfants joyeux Se blottirent tout auprès d'eux.

Cependant la Fauvette A plein gosier cliantsit sa vïvu chansonnette,

Et le ruisseau toujours faisant glou-glou, Chantait en cheminant sa musique au caillou.

Sans être vu, témoin de cetts seine, Je soupirai voyant quelle gatté sereine

Etait là, posant devant moi, Dont no se douterait nn Koi.

Vrail lorsque l'âme est pure, Pour l'homme le bonbeur n'est quo dans la nature ;

Le Paradis n'est paa dans la grandeur, Dan» l'or ou dans l'argent, niais dans la paix du coaur I

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