‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 26 sur 116 · CECIL (HE NET · texte numérisé non relu

CECIL (HE NET

TJs Socpin en Automne.

Les anciens jours reviennent -ils encor?

Le monde qui s'enfuit, — s'onfiût-il en nirifircî Pour penser à ceui là dont il fut vain l'essor,

Quand do sa trace ils ont suivi l'ornière ?

Il n'est qu'un jour, noua le soleil qu'un jour • Et qu'une seule nuit qui sur ce jour surplombs : Un fuit — dans le îmsx- s'iiiltiisii:, y [irenil séjour,

Qui ne fut pas n'a pas même une tombe.

Un peu de temps est parti le vivant,

Le Temps balaie aussi souveni, oh ! I>im miivcnt Avec des pleure on dos rires sa gloire.

Le vent se"vit, il appelle I» mort, iA forât est en deuil, et le monde s'effeuille : Fosse noirs bon anga eu urrivont au port,

Que soient trouves quelques fruits sous la feuille 1

CHATELAIN (MADAME CLAEA DE). Ta Voix.

Jusqucs «ui portes Jn iimUMi:,

Le dernier jour oil j'entendis ta voii, Quel triste ebangement y trouva mon oreille?

Donoe, mais dpuisée aux larmes de la veille, Ta voil disait : "Adieu pour la darailre ibll !"

De cet adieu sans Mon cœur préservera le tant doi Jusqu'à ce que In mort éteigne t

Et vienne a toi me réunir 1

CHATTERTON (THOMAS)." La RÉaialfATioïT.

0 Dieu ! dont le tonnerre ébranla jusqu'aui cieui,

Et dont l'œil surveille ce monde, A toi seul j'ai recours, j'appelle de mes vœm

Ta miséricorde profonde.

Les mystiques détours, fruits de ta volonté,

Des deux les ombres, lu lumière Sont autant de secrets pour notre humanité ;

Mais Dieu ne puut jamais mal fuire.

Enseigne-moi quand vient l'heure d'adversité",

Que mes ycui se eouilent do larmes, A calmer mes douleurs, îi chérir Ta bonté

Au soin des plus vives alarmes.

Si dans mon pnuvro coeur autre chose que toi

Voulait usurper un empire, Un seul de tee regards abaisse le sur moi

Et sauve-moi de mon délire.

Pourquoi donc, ô mon âmû, aller au désespoir

Pourquoi t'aflaiacr et te plaindre?

Dieu nous a tuus formé pour le bonheur, l'espoir

L'espoir que rien ne peut éteindre.

Et le soupir de ma poitrine.

Et mes esprits vitaux qui s'abattent soudain

Disent si mon Ame est eliayriua.

Faisant vertu pourtant do résignation

A mon cœur je c J'étouffe mes Hoi^ii-.-., kv.j ù

CLARK (EEV. F. F.) OcToniiE, 1806.

C'en est fait do l'été.— Les vives hirondelles Vers des climat;, plus chauds eut déployé ienrs ailes, Au galop rient l'hiver;— de la vie et l'été A laissé sur ma tète un glaçon frimaté.

Mais la raille des bois que doucement effleure De jour en jour le Temps, avant qu'elle ne meure Passera tour à tour par des tons de carmin Qui feront envier un aussi beau déclin.

Us I où so trouve a noua de noire décadence L'éclat et la splendeur, et nos rêves d'enfance? La fleur dea jeunes ans comme dus ombra a passé, Fruits secs, nous arrivons sans joie à l' iapacel

COLERIDGrE (SAMUEL TAYLOR).* Genevjète.

Leb passions, les plaisirs, tes pensées

Présentes ou passées, Qui noua agitent chaque jour N'ont qu'une cause— un élément— l'amour.

Souventefois je me plaia dans un songe

Que j'allonge, j'allonge, A me reporter à ce jour Où je m'assis, pris de la vieille tour.

La clair do lune onranissant le site

Do cette heure buolite,

'Doublait l'éclat, la majesté

Non loin de moi se tenait nia beauté.

Elle était là, ma douce Geneviève,

Elle était la mon Eve, Adossée au vieui marbre blanc Do l'homme armé— pensive près mon banc.

Les noirs chagrins, ma belle les ignore,

Mais quanti mit ma mandoro J'ai dessein de lui plaire mieux, Je (toi» choisir des accords langoureux.

D'une Émouvante butoirs.

S'en cadrant admirablement Au lieu sauvage — h l'heure du moment.

I 11 11- ■■.■fiiîait. ('contait attentive,

Et quelquefois ci'iiinliv*'.

Les jeux humblement baisses — ruais Mâchant fort bien (lue je la regardais.

Je lui narrais en un dolent langage,

De ce malheureux chevalier, fortuit d\wr torche fi son bouclier.

Je lui narrais les dix ans de pénanco,

Où sans nulle espérance, Le chevalier matin et eoïr Ijuiguissait pour la dame du manoir.

Et Dieu le sait I Comment en mon dflïre, Je chantais sur ma lyre Cet amour qui n'était pas mien,

l'.lli' t'ciminit. écoutait attentive,

Toujours contomphitivs.

Et me pardonnant, j'en ai foi, Rcjrçnl d'amour lui disant mon émoi I

Mais quand je vins il parler d'aventure, Du dédain, de l'injure De la dame du vieux manoir nui raidit ['■'U i'.' \'i\:v-\ de désespoir;

Quand je narrai comment dana les montagnes Dos arides campagnes, Il chevauchait la nuit, le jour Sans nul repos, songeant a son amour;

OENËVIÈVE.

Et que souvent surgissait d'un repaire

Un bel ange, au front rayonnant.

D'un doui regard soudain l'environnant,

Et lui, le fou, sachant que cette forme

Qui l'attendait bous l'orme, N'était qu'un gnome, qu'un démon, On bien encore un affreux Lycaon;

Quand je narrais comment d'un vit outrage.

Par Bon bouillant courage, H préserva, sons le lavoir.

Dans un combat, la dame du manoir ;

Et puis comment se lamentait la dame,

Maudissant dans son 6mo En le soignant, mais bien en vain Son injustice, et son cruel dédain;

Comment enfin, dans une grotte obscure, A genoux sur la dure, Elle lui parlait gentiment Quand la raison lui revint un moment,

Alors hélas t que les feuilles jaunies

Tombaient, tombaient ternies, Et que lo preux d'un ton toncliant Disait ces mots . . . Mais lorsque do mon ctinnt

J'en étais lit— Ne pourrais comment dire, Los cordes do ma lyre Tremblèrent soudain sous mes doigta, Et me trouvai — ]iim!y: i', vimv

C'est que je vis comme au sortir d'un rêve Ma douce Geneviève, Trahir l'émoi de la pitié, Car en nos cn-iirs unit vilin; du uioiiii 1 .

C'est que lo soir ai plein do belles choses En ses métamorphoses, Le triste îsi du chevalier Etaient bien faits pour capter tout entier:

Page 1