‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 28 sur 116 · I.urs In piile figure ayant vu d'assez loin · texte numérisé non relu

I.urs In piile figure ayant vu d'assez loin

Ll CHAEITÉ Dr CCEOH.

Mai.' ]>■ Itidic inimitable: "A tes pareils ne donne Dit-il avec humeur : " Plutôt que mendier Travaille ; — mendier est un vilain métier ; Je ni' «munis que trop les irisies momericB Que tu:!; d'un Ion dolent maîtres en ^neuporicH, l'our me tmieher." Ll ri' ih-ant, «niiilain

Ce refus si brutnl le targuant do finesse,

Or eu jailli] ivjssL-.'sciir (i'un i ; iiiji-mc nmas d'or. Ce Riche fastueux, ce superbe butor, Avait très récemment fait bâtir une Eglise, Furt belle par ma Foi ! d'architecture eiqui.se ; Et ce [Ion généreui avait enfle' son nom, Et de tous les eûtes lui donnait bon renom.

A son tour, et bientôt le l'auvre, d'aventure, Vint à [jasser devant l'homme 1 pâle figure, Et celui-ci voyant arriver co dernier, N'osa lui demander l'aumône d'un denier.

Le l'auvre regarda cet ceîl (■teint, jaunâtre, Et la joue ifau-nec, et la lèvre blanchâtre, Et comprit pur le champ cet iminonso malheur, M. in* i.trtc- par ses y.' m encor que pur son eccur. Alors il s'nnim, mm pris pour mettre en doute lie l'inmime lu rarrù. mais pinir, tuûtc i|m coûte, Lui donner quelque chose— un sou qui lui restait, Qu'il sut offrir avec une bonne parole, Ce fympathiqm! accent qui charme e[ qui console, Et sur un cieur iinvr,'- qui produit dotll effet. C'était de charité bien petite semonce Que ce pauvre épnudaii, — elle eut pourtant De par les champs du ciel portai un fruit di Car la pâle figure avec si mince obole,

liendit sacré le pain de la bonne action.

LA CHARITÉ DO CtEUIl.

Or le Riche ei le Pauvre un certain jour moururent,

C'est notre sort k toue ; et tous deui comparurent,

Afin d'être jugea sur le bien, sur !o mal,

Do Dieu lil haut devant l'auguste tribunal.

La justice 11 haut ont bi justice juste,

Pas do tour de faveur ; rien ne s'y fait d'injiusto.

Les deux nouvcaui venus a la porto du ciel

Les. ange! rapporteurs firent loogs monologues, Qui .Iciiiini^iit a tous deui des ailes analogues, Mais alors que tous deui se tinrent au blanc mat De la clarté' céleste, il y eut moins d'éclat Ibin-. Il- plmiinn du l'.iL-lie. A ce signe typique, l.i-s iiTi«i!s du l'un Dieu, do nature pratique, Virent bien que le Pauvre, en dépit de l'habit, Avait mieux qno le Riche un bon satisfecit.

Ils apportèrent donc balances infaillibles Do ces deui pour péser les actes invisibles, Et savoir où du Biche était lo déficit.

Grand nombre d'actions les Anges les pesèrent, En équilibre, mais les deui plateaui restèrent ; Puis de l'Eglise enfin dans le bassin fut mis Et la Dotation, l'or et l'argent promis, Et donne qui plus est ; des Princes de l'Eglise

A l'oreille du Riche;— et tout ce bien do choix l'esait, pesait, pesait, pesait un si grand poids, IJîil- le- anyas ^nr;.ri- alli:iul;,ic]]1 eu silence

Quand njii.'i tuul \ i-uiiji qu'un ilii'rubiii s'avance. Qui i,i-J-s iiu ha.-.-iii viiU- a pii.. pb™ soudain, Et qui laisse tomber le sou— morceau de pain Qui de la faim avait préservé, d'aventure, Li' mendiant ediètif il la pale figure.

De l'Eglise soudain et la Dotation,

Et l'or, l'argent donnés, la jubilation,

Les Iiiiiïs ivmeicieiiieiiis des Princes île l'Eyli.-i',

A l'oreille du Riche une musique eiquise,

Et puis on entendit du céleste préau Comme un chudmtetneni .lu Gniud Etre Im-i-il.lc Pour le Pauvre rendant son haut trône accessible ; El pois ces mots divins: " Ils sont bénis tous ccui

M.ii-- ]iln; aiint ta ctlui ipu dni.ne sou obolo Au meudîant, avec une bouno parole ! "

OOEBBT (EICHAED)»

A bon Fils Vihceht Cobbet.

Mais chacun te dira que jc'te veui du bien ; Vincent je te souhaite, et pour toi je désire La santé— d'un chacun le pain quotidien :

L'un ou l'autre pourrait t'amtnsr l'indigence.

Du .'.avoir, mai- ih.tl pas puu- c:l faire jabot i

I*s beaui muguets, vois-tu, c'est une trirto Dépèce,

A Paris comme il Londre, à Rome comme en Grèce:

La grâce de ta mère a toi soit elle encor,

Les places de ton père, et de plus son trésor:

Je te souhaite aussi des amis— un peut-être

A la cour, mais non pas pour Cure fond sur lui,

Non pas pour t'ériger en un superbe maître.

Mais pour te protéger, et to servir d'appui.

De la vie— un soleil à peu près sans nuage;

Et de plusjo souhaita, entends-tu, cher Vincent

Que quand viendra lu mort— tu sois pur— innocent !

LE rail A M» KIVBLEUR.

COENWALL (BARRI).

Le Ghand Niveleub.

Sur son trône tout d'or le Roi rôgno et gouverne, Retranché dans Bon droit divin ; La Baron, être subalterne, Dans son vieux manoir boit son vin :

Mais en haillons, au-dessous de l'ÉcJlelle, I.e mendiant voit vide son écuelle, A son fil fatiguant est rive" le Fileur, A sa dette est rivé le pauvre Débiteur,

Ainsi va le monde I

Et cependant, an demeurant, Il est sur la machine ronde Une dame ayant nom " la Mort," Que pas un ne connaît, maïs qui tout égalise,

Trônants. .Sir.!?!:-. Goujitï. Hommes d'Eglise, Et de sa fauli occit le sort !

La grande Dame dort dans un manteau d'ennine, Rêvant d'orgueil, de volupté; Ln Laitière de la colline Descend, eu chantant sa gaité :

Mais gros et gras rfvaiit être Archevêque, De son curé se rit le digne EvÈque; Ht rOiivriiVi'. hi'hi-.] qui emiil toujours, toujours,

En espérant arrive a la fin do ses jours:

Ainsi va le monde 1 Ainsi lo courant !

Et cependant, au demeurant, II est sur U machine ronde Une dama ayant nom "la Mort," Que pas im ne connaît, mais qui tout égalise,

Trônants. Snjuis. (iou.jnis. Hommes d'Eglise, Et de sa fauti occit le sort !

Le Hibou.

Dans l'arbre creux, dans la tottr en ruines, Gît— l'Etre- Spectre, le Hibou ; Morne, haï de lous a compter de matines, Mais à la brune, lest ! courant le guilledou ! Avec lui nul oiseau des bois n'a do commerce ; A se moquer do lui le jour chacun s'exerce ; Mais !a nuit quand les bois sont tout crépusculeux, Le plus oeeur s'enfuit il l'éclair do sea yeux I

Quand volaille perche, et quo le jour tombe Règne le Hibou, l'oiseau de U tombe !

Son épousée aime les bois épais,

Elle est amante, elle est hardie ; Avec des yeui froids, ronds, ne sourcillant jamais, I- 1 T i - atti'iid -on épous c(ni;rric unr Canidifl! Elle ne bouge pas, ne fait nulle ctamour Quand blottie, elle attend du Hibou le retour,

Elle lui dit bonsoir de son cri de Hulotte I

Quand la lune luit, que hurlent les chiens, Le Hibou cornu, r.-gno avec les siens 1

Sur le Hibou, sur ses jours de ténèbres, Ne vous lamentez, croyeK-moi :

Car a'il est prisonnier sous des voiles funèbres, Alors que luit le jour, de la nuit il est roi ! Le Hibou n'est pus seul, ni sn compare sombre, Ori^n-il <lc l'un de l'iintre ils s'adorent dans l'ombre; Peut-être trois fois plus aimants, plus amoureux, Que chez le peuple oiseau — tout le monde est eontr'eux.

Dca astres ne pouvons calculer les pénombres, Sous pouvons ignorer parfois

Du jour quels sont les Rois, Mais les Rois de la nuit, mais les Rois des décombres, Ce sont kh brun* Hibutiv t:e sont le» Hiboux sombres.

Page 1