‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 36 sur 116 · LES LKÇONS DE LA. VIE · texte numérisé non relu

LES LKÇONS DE LA. VIE

" Voyei l'été, voyez les magnifiques arbres

x marbres

Dana la même moment où mon compagnon d'âge Voyait épouvanté sa perdra au fond do l'eau Son bateau de papier, eu crittut du rivage :

"Obi par pitié sauvez, oh 1 sauvez mon bateau I "

Ain genoui du vieillard nous tombons l'un et l'autre. Tandis qu'il l'horizon se couche le soleil ; Eut revoyant déjà <[iiel sort sera le nîitre. Cerf-volant et bateau nous ont donné l'éveil - De nos illusions. Je nos joujons la perte Inculque S. nos esprits la première leçon, Xi.us ]iiirli[ii: il l- liions brisés, ■ et pinidant cette l'un; l'urpludiu hiissé sans, pain, pauvre garçon 1

Pour ceux là qui s'™ vont eemrir lnimaitis riv:ii;c.s. Pour m n'uli iirs jamais cnii'iv-sés du retour, Vers des tombes sans nom marchant a tous les SgOS, Ou qui meurent parfois avant qu'il ne aoit jour, Nuire iri'lu I rilcrm perdu iluiis IVriu profonde, Ou notre eerf-volnnt par le vent déchiré, l'er-uriiiiiiint toiis iti-us l'iiomirie de noire mondo, Qui M! pi'rd datif l'abium eu ri-viuit l'nzuré I

LE HÏS1ÈKB DE LA T1E.

ELTON (3IE ARTHUE U ALLAH, BABT.) Le Mtstère de la Vie.

Entbe l'or lies genêts, et de larges fougères, Serpentait un chemin tout couvert rie bruyères, Et nui se terminait en un vallon boise Qui servait de boudoir au zophir alizé".

Ici, diras leur grandeur, se n'iniii'iit de vieui chênes Dca vents trop tn[:.i. nori arrèlant lus haleines. Tandis que, rabougris, arbustes épïncui Epandant de leurs fleurs les edredons neigcui, Abritaient ce recoin où. la pfile lumière Du beau soleil couchant, de la nuit messagère, A l'arbre venait dire : il faut t'arranger pour Clore tes feuilles, car— voici la fin du jour I El souvent quand h' cii l f-n.il il'»» ljl.:u splendide, Je cherchais ce recoin, sorte de theïiaïdo, El sur un des versants enguirlandés de fleurs J'aimais me reposer, les yeui demi -rêveurs, La folle du logis la laissant dans la plaine Courir le guilledou, courir la prétentaine, Jusqu'à eo que vers moi voletaient les oïseaui Doucettement, craignant un piège les petiots 1 Ainsi lorsque ma via fiait a son aurore, Co tout gentil recoi» que nie figure encore, Avait ou lut, c'est sur, privilège certain D'enlever mon esprit à tout ennui mondain, Comme tin bon livre d.\ dont la simule lecture

Offre an 'lii'la à l'."n»i\ i!l Imil à coup lVjmiv.

Mais bientôt il en fut de moi, comme de tous, Chacun a ses Mima.., ;it;»cain aillant que loups, Et suai je me jetai corps perdu dans le mouds, Oubliant mon recoin à l'ombre ai profonde.

Kl liien lies ans s'flniont i'couIi's, ijiinnd un jour

Chemin tout serpentant, tdnt couvert de bruyères. Entre l'or des genêts et de larges fougères ; J'avais connu depuis les chagrin-, le malheur, Je n'iaai- pu- ei.eui|T ili- [n'élu'-, mai- mon coeur

124 LB MÏHTÈHE DE Li TIE.

Avait au préserver purs de tout alliage

Et cherchais ce réduitf ce fraie vallon boité,

Qui servait do boudoir au zéphîr alizé,

Espérant bien trouver encor sons ses voussures,

Doui solace a mon cœur, et baume a mes blessures.

Aujourd'hui comme alors vert était lo gaion,

Et l'arbuste épineux couvert de sa toison,

Maïs de sous importuns, de bruits confus, étranges

Quand j'approchais du but surgirent les mélanges,

CV'taiiîiii i-uiips ri-duidjU'i. di; pindiv, de marteau,

Et la scia en colère agonisant l'étau ;

Aui échus d'alentour envoyant les tonnerres ;

Je tressaillis soudain, et levant mes regards

Je vis mon beau vallon traqué de toutes parta :

Sous un soleil d'été c'étaient des troncs do chênes

Brisés ;— de bois taillis do nombreuses douzaines

Mis par tas, en fagots ; et le gazon foulé,

Le gazon frais naguère et de lleurs constellé ;

Fui* de longues maisons faites d'ignobles briques,

Aux criardes couleurs, puis d'énormes fabriques,

Et tout cela grouillant de grossiers ouvriers,

Ruisselant de sueur dans leurs rudes métiers.

L'homme en fièvre de gain furetant par le monde.

Avait trouvé co lieu do retraite profonde,

Et In fitvre soudain lui montant au cerveau,

11 avait sans pitié tout mis sous lo marteau.

" Pauvre recoin mousseux 1 doux abri I" . . . m'écriai -je,

» Le lucre t'a souillé de sa main sacrilège,

Qu'a fui la mélmlii- il ton bruit dissounant ;

Pauvre recoin si frais, oh 1 que je plains ton sorti A-.i lieu rl'iliri- l'iHdiu dus Invite de la nature, Tu ne rediras plus que gros rire ou qu'injure, Ou que débats honteux do ménages sans cœur, IJu querelles d'amants, ou propos île pécheur !

La voix do la gaité, le cri sourd de l'angoisse

Se fondent en un chœur hideux qui toujours froisse ;

Les obscènes, juron* ili 1' Iidctiulp, et lies enfants

Le murmure si doui, et eur nous triomphants,

Se fondent en un ciioe à la fois vif et rude,

Qui toujours vous fait mal, nargue de l'habitude t

Fredonnant au soleil quclqii' idylle gentille ; Autour de son cou blanc flottent ses tresses d'or, Et ses jolis veux bleus ont plus d'éclat encor, Elle ne peut savoir que tout près, d'aventure, Est un pauvre mourant pour qui ta voii si pure Est un supplice affreux. Près du cachot malsain Où gît le criminel qui iloit mourir demain, Qui pour prier, trop fou do douleur et de rage, Jette un œil hébété sur son étroite cage, Appelant, mais en vain, la mort h son secours, La mort qui no veut pus écouter ses discours; Qui, squelette vivant, dans un mois, par la ville, Vivra dans un musée à l'état de fossile, Après avoir été par un snhi tout pieui

Proprement étranglé Le juge dont les yeux

Ne sont pas encor secs de ces pleurs de commande

Qu'un reste de pudeur veut au moins qu'il répande,

Dans les occasions où tout franc et tout net

Sur sa perruque immense il met le noir bonnet,

Le juge, en sirotant, ou le soir aprts boire,

De son futur pendu vous raconte l'histoire.

Et dans l'argot légal plaisante sans effort

Sur le vilaiu moment que va passer— ce mort 1

Si do l'autre des lois, nous entrons dans l'église,

Qu'y voyons-nous souvent ? . . Fillette !i taille oxquise

Cherchant, en simulant un fictif repentir,

Supplanter sa rivale . . . oui, dut-elle en mourir t

En bénissant chacun et le riche et l'infime,

L'Evâqne au fond du cœur no croit commettre un crime

En faisant in petto (ce qui n'est pas fort bien),

Réserve, exception a l'endroit du Doyen ;

l.i: MÏSTÈSE DB I,*. VI B,

Le Recteur demandant d'en liant miséricorde

Sur son clerc en dormi il'ire souvi-ut déborde;

] 'i-iuLi ci t i|h7l qurlqurn pas, ri drui? If ikuni-jinir.

Du midi il "un llimamdn', et il.nif p'inil i j i f r ,

Quelque joueur blafard, (Wiulé de la veille

ISoit sa rage en silence, ayant basse l'oreille,

Ruminant sa fureur contre de cbers amis

Qui ne eu doutaient min Être ses ennemis,

Tarée qu'ils lui gagnaient, rjui plus est sur parole,

Quelques riches liions du ruisseau le Pactole.

Le vice ainsi se rue S travers la vertu,

La joie à In douleur souvent h l'impromptu

Se beurto brusquement comme chaque nuance

Qui sur le canevas follement se bal-mec.

Ainsi do ces maisons bientôt en sera-t-il I

Elles retentiront d'un incessant babil,

l)i, i-i'n [irujio.f iliivi-: s-ius i ; 1 1 1 1 ri insistance,

Qui ri'rullm-ul à itous, vuns lu'Urlant S distance,

Comme un orgue touche pur rpi(.lqii' iniliinir main.

Evoque des ac-ents qui mus liml fuir soudain:

Sous le rude doigte" do la main malhabile

A travers les tuynui ayant son domicile,

Surt un luurd gru-iicmejit ; j.ni.s (1rs soupirs confus.

Des lamentai ions, des sons aigres, diffus,

De lotj-s gémis.-cmMits, îles propos do corneille

Et .lus «ris chevrotants qui fout mal a l'oreille."

De douces visions d'une Joie indicible

Qui de nos ames fout leur séjour invisible,

Et qui mettront en fuite aui feu de leur clarté

Les angoisses, les mau* do notre humanité;

L'homme pardonnera parce que Dieu pardonne,

A la main de l'amour il devra su couronne,

Cnr si la vie humaine, elle, était sans péché,

Les belles actions n'auraient un débouché ;

Faute do se montrer languirait le courage,

Lu charité mourrait fort souvent en sevraye,

Et l'homme ne serait ni tout i fait péolieur,

Ni cependant un saint. Au lieu que, par bonheur,

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