‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 40 sur 116 · i l ^ i : ]':iv-. dis ]■]■■]].'■; de la terre · texte numérisé non relu

i l ^ i : ]':iv-. dis ]■]■■]].'■; de la terre

S'étaient lourdement les vastes bâtiments, Qu'habitent les soue:s qui suivent les puissants.

Don* Auburn ! lieu charmant que j'aimais t Du tyran tes déserta attestent le pouvoir.

Mni.iteiit.nt ell faisant mes rendes .solitaires

Dans mes courses au loin, au retour, au départ.

Dans mes chagrins.— cl Dieu m'en a tlo1ilii ! ma |iart !

.Il' cnnsiirvsi l'espoir ([lit uns (Icruièrijs boures

S' achèveraient , Auburn. dans te- humbles demeures :

Et de la vie alors d'attiser le tlambeau,

Pour mîeui le préserver de la nuit du tombeau;

Devant les campagnards du Bavoir qu'on rencontre Dans les livres bien lus. eur l'.jr.-uiu] eu nos cceurs A toujours quelque coin ; -puis a ces auditeurs

LE VJLLAOE iBÀNDOHN*.

Bénévoles, narrer nu vie et mes voyages ; Tel un lièvre traqué fuit vers bob nain feoillages, Je conservai l'espoir après si long souci, De vers te ciel natal, venir mourir ici.

O solitude heureuse, fi bien douce retraite, Qu'appelle vainement, qu'en vain mon cœur souhaite. Qu'il Bel béni celui qui sous ces verts rameaui Peut remiser son igc après cio longs travam ; Celui qui quitte un monde en naufrages fertile, Et vainqueur sans combat fuit vers un tel asile [ Pour lui nuls malheureux nés pour un travail dur, l'our explorer la mine, ou l'océan peu BÛT ; Aucun portier grognon n'est 11 dans sa livrée Pour chasser sans pitié le pauvre (le l'entrée ; Mais ïl peut s'avancer doucement vers sa fin, Et d'anges entouré parvenir au déclin,

C'était un bien dora son \ la chute du jour

Du mont voisin, le bruit, les caquets du village ; Quand par là par ha/.ard, je mil rais au bocage. Je l'écoutais souvent: là c'était le berger Qui répondait au loin au chant vif et léger De la laitière ; ici des canards et des oies Caquetant sur IVtaui-; le tr,uipe;Lii dans ses. juies Qui mugissait, bêlait ; les folâtres gamins Echappés 1 l'école, inondant les chemins ; La voii du chien de garde aboyant h la brise, Et puis ce bon gros rire, enfant de la bêtise ; Tous, des arbres cherchaient le vaste parasol, Et servaient d'intermède nu chant du rossignol. Hais, maintenant, hélas ! a fui la turbulence Qui de la ruche il miel annonçait la présence ; Tout a fui, tout, hormis près de l'étang voisin Cette veuve accablée et d'ans et de chagrin, Qui pour canner son pain fouille la cressonnière, On brin il brin hélas I fagote la bruyère, Heureuse de trouver quand arrive le soir, tin abri pour soi pleur» et pour ton désespoir.

140 LE VILLAGE ABANDOHNÉ.

Près du taillis la bas où pousse il l'aventura Encor plus d'un jardin, était jadis la cura.

C'était un homme cher au pays le Pasteur !

Il passait pour fort riebe, en avant pour valeur, Et pour pourvoir a tout, mémo y compris ses livres,

Par des concessions envers l'omnipotence;

Bien plua qu'ÎL s'élever par lui-même an bonheur ; Sa maison bien connue était a tout le monde ; 11 hébergeait surtout la race vagabonde, Censurait ses travers, mais soulageait ses maux. Des riches au eccur sec, c'étaient tous les fléaux : Cotait le mendiant dont la barbe argentine Fièrement descendait sur sa vieille poitrine, Le viveur ruine désormais sans orgueil, Le soldat éclopé, tous trouvant bon accueil, Et ce dernier surtout, qui narrait ses blessures, Ses combats, ses eiploits et ses mésaventures, Montrant par A plus u, comme quoi lo guerrier Pouvait sans coup férir, attraper un laurier. Et le bravo Pasteur enchanté de chaque hôte, Do le fêter au mieux no eo luisait pas taute, Oubliant ses défauts noyés dans ses malheurs Pour ne se souvenir que de tarir ses pleurs.

Soulngerde prochain, adoucir la misÈrc, C'était lit son orgueil ; c'était sa vie entière ; Toujours prompt à répondre il l'appel du devoir,

LE VlMiOE AB4BU0NBÉ.

La connotation calmait la peine amere,

Et les derniers accent» étaient une priSre.

Humble île maintien, Bans affectation,

Sa parole a l'égliae arait île l'onction ;

L'auguste vérité dont il était l'organe,

l'révubiit sur lw sois, convainquait le profane.

1,'ofiice terminé, tout près du bon Pasteur

Se pressait le troupeau, rustre et cultivateur,

Et les petits enuuita du l'entourer, do riro,

Et de tirer sa robe en quête d'un sourire ;

Ce sourire liait doui, et toujours réchauffant,

C'était celui qu'un piro adresse a son enfant.

Lui no vivait vraiment que pour son entourage,

Il partageait la joie et les mam du vdlagc;

Mais ses pensera profonds n'avaient qu'un but, le ciel.

Ti'l li! éluvé de ie roc éternel

Surgit majcstueui, au- dessus des nuages,

Eclairé de soleil, dominant les orages !

Non loin de cette haie au genêt tout en Henni

Qui longe la chemin, liélasl sans promeneurs,

Se tenait du village, et l'école et le Maître;

C'était un homme luttera, et voulant lo paraître :

Moi je le connaissais, comme tout écolier

Des désastres du jour l'inévitable augure.

Ces pauvres écoliers avaient riree tout prêts

Pour tous ses jeux d'esprit, pour tous hch quolibet.-'.

Car malgré les dehors de sa face rigide.

Il lâchait quelquefois h son esprit la bride;

Mais quand il arrivait au grave Magister

De froncer le sourcil pour eui c'était l'hiver.

11 était bon pourtant, et sa sollicitude

Etait faire goûter les charnu 1 » de l'étude ;

Le village en entier proclamait son savoir,

Lo fait est qu'il avait h lui seul le pouvoir

D'écrire et de chiffrer, do mesurer les terres,

Et de pronostiquer les vents bons ou contraires.

On disait même aussi qu'il savait arpenter,

Dresser plans et devis, et pour argumenter,

142 LE TTT.LAQB ABANDOHMÉ.

El de mois ai ronflants saupoudrait ses discours, Quo pour les paysans c'était a ne pan croire

A passé comme une ombre ; il ne reste plus rien

Du savant Magister, ni ci» logicien.

Près do cet églantier qui relève la t3te,

Oh l'enseigne au passant disait jadis : "arrête P

Où l'aie et lo porter étaient en floraison;

C'était lo rcndci-vous du jeune et du vieil nue.

Et dus Ilu]:liiips d'ûiiii dn 1 1 .ut le voisinage,

Qui parlant, et toujours criant tous à lo fois,

Avec de fort grands airs y disentaient les lois.

L'imagination aime il faire revivre

Ce parloir idéal oii l'on s'écoulait vivro;

1,0 mur blanchi di' tkni, le parquet bien snl]!, : .

L'horloge qui faisait un tic lac endiablé;

Un bahut qui formait, c'était ma foi commode,

Le soir un fort bon lit, la jour une commode ;

Ton! Il l'entour des murs, si* paires de t.ilih'am

Du noble jeu de POio illustrant les travaux;

Puis un foyer, l'été tout garni do verdure,

Et eur do hauts rayons tasses faisant figure.

Pauvres splendeurs d'un jour ne pouvidî-vous donc

Do sa chûte sauver ce gai manoir 1 . . . hélas [

Il tombe, obscur qu'il est; plus no rendra lajoîo

An pauvre paysan a des soucis en proie ;

11 ne redira plus le cancan du barbier,

La nouvelle apportée ciprès par lo fermier ;

Non plna du bûcheron la ballade joyeuse ;

Non plus le forgeron à la face fameuse

Ne verra s'éclaircir son front tout rembruni ;

Ni Hn.ieliLT non plus tout en catamini

No viendra plus piettiir, si circule à la ronde

Le bonheur Hurgisn.nu de la boisson féconde,

La servante, non plue, n'est plus la pour baiser

A son corps défendant, la coupe, et la passer.

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