US NOBLE «BOB
Toi que perds-tu P . . La vie et non des droit» . . . Le Chevalier lui péril la vie, et sans dontance
Aussi l'amour. Peui-tu me refuser La première faveur que moi je te demande?
Serments d'amour m'en fis a ressasser, De ce par trop d'amour fais-moi ia moindre offrande !
Four ton honneur, pour la paix, c'est loyal Retire ton défi, Beau Sire, t'en convie :
ËhVe-tot sur plu.- h;mt piédestal.
Offre 4 Ludolf tji main, et ne risque ta vie !"
Mie, altéré, comme si sous ses pas Allait soudainement se dérober le monde,
Le Sire Otto tout faiseur d'embarras Qu'il était, et bien que fut ejandc sa faconde,
Se tint muet. A la tin cependant:
" Dame de Lindeiitorst,'' lui dit-il, " c'est un pitre
Qui peil! Il' IIUKUI, tiilILri son I- — J : l-J t prudent,
Disposer de l'amour de sa fille sur terre ;
Sire Wolfram, lui, penso comme moi, Et no prends pas à mal mou culte pour vos charmes;
Quant an combat no le défend le Koi,
Dans son boudoir et les ennuis au front, Est assise Hnlda, fi ère de la pensée
D'avoir voulu dans son bon sens profond Arrêter 'iiuis suîi eour- ectte lutte insensée.
niais pourquoi donc, pensa t-ello soudain.
Ne pt.iurrjije empêcher eet acte de vengeance,
Et prévenir ce combat inhumain ?
Adonc elle s'en fut eu toute diligence,
Devers Ludolf, et sa main dans sa main, Elle lui dit: "Seigneur! viens vous trouver d'urgence,
Sur un projet qui n'e-t pris sans grandeur.
Que vous approuveras, de ce, je n'ai doutance,
lSasé qu'il est sur l'amour, sur l'honneur Qui vous a fait un jour dédaigner la vengeance,
Pour mettre a nu ce que peut un grand ceeur.
Se verso pas de ■■nue. maintenant je te prie,
O Chevalier, et de ton agreannr Calme dans ta fierté, méprise la furie ! "
Reprit Ludolf avec simplicité :
Le Sir,. Oit t ,; dans « i.-iiM-rilô
BieD que ne craigne pas fia par trop jeune épéo."
"Sire Ludolf," dit-elle, "pourrait-il Lui qui fit si souvent décider U victoire,
De rang en rang qui bravant tout pt-rîl Fit des nommes de fer poub lui plier la gloire,
Craindre un instant d'un vain mot lo vaùi son? fîefuse Chevalier ce combat inutile,
De tes laurier* l'a lion riante iiniirnoTi DÉinontre fi ta gloire un seul jour fut stérile!
Elle est à toi, prends-la, voici ma main, Ne fioulïre pu surtout que Ilulda soit la proie,
Le pris treiiihliiiii .l'un îlot i1i> >iri.' ] it:iiui[ti. Qu'un animal féroce, en se sofllant de joie,
Pourra rf'painirt.- . . , Apti^ tout, et pourquoi Comme batea des bois faudrait-il donc se battre?
Ne suiH-je p.m il toi, moi, toute \ toi '. . . Tu ne te battras pas, ce point n'est a débattro,
" Dame!" dit-il, " tu maîtrisCH mon cœur, Certes profondément, mai» -ui;- mou propro empire
Suis-je I vraiment? quand la vois de l'honneur Ne me laisse le choix que tomber on iju'occïre?"
. "C'e-t seitl.'^u'iii l'uiuliio île oette vois Qui (o .ooido i-n ee jour." on -0 levant, dit-elle,
" llti sentiment i'Iii- noble jilu- courlui* Me dit quo ce combat et ijitc coite querelle
Ne valent rieu ;-je no vou. Ptre, moi, Achetée ou vendue, et suis ta liancée
C'est bien grande faveur, le fiai», que je demande,
Mais pour l'amour de moi, par charité De voire amour à voue faites-moi cette offrande,
C'est beau savoir dompter sa volonté I"
Le Sire de Ludolf oyant cette rcqu6te,
Baisa la main que Tlidda lui tendait,
Puis dit : " Je le promets ! a ton vœu je m'arrête 1 " Puis étreignant celle qu'il adorait
Peudant un court instant, au fin fond do son âme, Il ressentit l'ineffable plnisir
Toujours, toujours sur des cailloux dorés.
Parfois des vents Tapeurs repoussé par la houle.
Se» flots ebannaot* cessent d'être azurés.
Voilft donc qu'il advint i|ii':ni niîlii'u d'une foule
Il se trouva le noble Chevalier, V.n hennit l'attirait au son de sa trompette.
Puis de lu voix du combat singulier D'avance ce hérault se faisait la guette.
" Oui." disait-il, " Peuple c'est pour demain ! Les combattants tous dons sont do haute naissance.
Le Sire Otto, Prince de Rabeneteïn, Do royale lignée, et de grande vaillance ;
Sire Ludolf, le noble Chevalier Dont grand est In renom, dont grande est la puissance,
Au cliamp d'iionneur. sur ion fier destrier Qui de ses «iiin'inîs m« à r'm l'importance ;
l>e fjonnenfels c[ui règne sur les tours, Dont jamais malheureux n'implora l'assistance
Sans obtenir aussitôt prompt secours.
Oyo* ! pour honorer ce combat mémorable,
Où l'un des deux combattants doit périr, Le royal Ottocar, ce n'est point une fable,
Avec sa cour a promis de Tenir ! " Le Sire de Liidolf n'en ouït davantage,
Le cœur contrit il rebroussa chemin, Chercher trainjuilli! abri dans ."m ["'lit village,
Puis devant Dieu, In nuit, mit son chagrin Priant Dieu lui donner du devoir lo conrage,
Afin qu'il put agir en paladin.
Les baudriers luisant du lustre des batailles,
Et conduits par lo royal Ottocar, Les Chevaliers couverts de leurs cottes de mailles
Tous fiers et beaux attirent le regard ; Prit d'i'iiv. :t h-iirs U"!rs, lirillnit ,],; m. M, s dames
Dont les bijoux ont aussi vif éclat tjutj huui-liiTS d'atiiir au li.in ji'lnlit lvurs [lamines.
Pour éclairer les Cuites du combat.
Le cortège descend au galop la colline
En d'autres lieux errait à tout haxard.
Voilà i[iiu dinif le? airs se ui^lmeiil Ls bannières.
Que le clairon fait rrësouner l'écho, Que piaffent les chevnui de façons singuliÈrcs,
Prêts a donner à tous le vertigo ; Car l'appétit du sang dans un jour de bataille,
A courir au danger, aller l'aire ripaille,
A seconder les élans des guerriers.
Du enrobai le hérault dit alors lo programme Que sur lo champ a confirmé le Roi :
" Le Prince Otin," tlit-il, " ovei! je le proclame, Di&e ici, c'est Je fort bon aloi,
Le Sire de Ludolf ; et le vainqueur réclame
Damoiselle Hulda. ' Celui dont fuira l'Ame
Dans ce conflit, ça, c'est bien naturel, Gardera son honneur intact, et sans nul blirae ! . . .
Telle est la loi de ce noble cartell" Cela dit, tout-a-coup, s'ouvrirent les barrières.
Au sou strident, saccadé du clairon.
Et le pas d'un coursier secouant des colores,
Comme frappé d'un trop rude éperon, S'unlcailil : et si ■u.iiiin, Sire ( >[[!>, lo visage
Empreint (lus [rails d'un ali'rcin désespoir. Srlatru lirms l'jivnc. et laisH TOÎI sa rage:
Comme charbon en lui tout était noir.
Sun front était Lrumi'.n. neirc .'Mit f.oo armure,
Ses dintwiuts, disposés en sautoir, Jettaient un fauve éclat d'une étraugo uaturc ;
Sa lance— un dard pointu, narguant lu ciel.
D'un serpent en fun'ur semblait avoir lu langue,
Et de son cœur froissé, rempli de fiel, S'exhalait la menace, en guise de harangue.
11 regarda dans l'arene, partout, Pendant que résonnaient lus trou: | .cites "uerrnuis.
Que lo hérault narrait du tout au tout De ce combat a mort les chances meurtrières :
Quand lo héraiilt eut fini son discours, D'un pas sur, mais armé di; la .'(■nie puissance
Qui dans sou pnrl l'a ccinn parlait toujours. Vint le Sire Ludolf au milieu du silence,
L'cell rayonnant, le front superbe et fier, Au tenir,' il se phea, puis avec grande aisance
Ainsi parla d'un ton et ferme et clair.
" Hoi ! Dame*, Chevalier- mi'nu ces lieui vois paraître.
Qui do l'I leur crimiai-*™ tous les droits,
Le déli m'est l'ail n'a pas sa raison d'être,
Donc le refuse .... il est contre les lois.
Quand d'un succès loyal il eiiste une chance,
Vous le savez, c'est un foi! constaté, 11 est bien dans la lice entrer avec In lance,
Pour soutenir l'auguste vérité, Four soutenir aussi les lois de la nature,
De In patrie, ou bien les droits du Roi, Un mitre lion renom, on bien notre droiture
Epée et lance, oui voilà votre emploi I Mais ici qu'y a-t-il a gagner? Le demande?
Le pris que veut disputer Sire Otto, Ce prii la m'appartient, on m'en a fait l'offrande;
Le défendrais mgmbta et roalro.
S'il était .... mai» il n'est, le répète, 1 défendre ;
Donc 11 quoi bon ce st lipide combat?
Le prii — Dame Hidda tn'n permis île le prendre,
Or plus de prii— partant plus d'altereat ! "
Sur Hulda, maintenant, toute orgueil, toute joie,
Tous les regards furent fiiés soudain.
Elle, la noble fille, il son bonheur en proie,
Profondément saluant do la main Sire Ludolf d'abord, puis le Roi, — dit ensuite
Tranquillement : " Oui, c'est la vérité ! " De cet aveu loyal, oyez! voici ln suite:
Cliacun sentit son coeur fort agité, Car le devoir planait sur le bord d'un abîme ;
Mais de Ludolf avec sincérité N'ayant réponse aucune, ainsi parla île prime,
C'était morceau digne d'être écouté I
"Je le sais, Seigneur lige, un droit moral est terne
Près d'un combat où le sang coule a flots ; Et cœur sincère qui sagement se gouverne,
fie gagne pas certe autant de bravos Qu'en acquiert au vain |iienr une feule victoire.
I.e monde est fait, comme cela, mon Dieu 1 Et de l'humanité, chacun sait, c'est notoire,
Le fort, le faible et le juste milieu.
Laiuaot donc, m'est avis, k chacun sa pensée,
Je dis tout haut t ' Ne veui pas de combat, Mais reclame mon droit ; — et pour ina fiancée
Reclame un droit oui n'est moins délicat,
Le droit de son amour d'avoir le libre arbitre,
Et de choisir son propre candidat, Sans égard à la force et sans égard au titre.
Par ce moyeu de mon jeune rival Noua arrachons l'honneur au néant do la torobo,
Car le renom, fut-on d'un sans royal, S'il n'est honnêtement conquis, dans l'oubli tombe.
Pour mon honneur ne puis le perdre. Moi 1 J'insiste sur cela, comme perdis mes terres,
Par mon vouloir : mon lionneur n'est au Itoi J'en love on cet instant vers Diou mes mains sincères ! "
Sire Ludolf saluant, sur ces mots Quitta soudain la place ; il y eut du silence
La foule s'épandit avec grand' turbulence ;
Chacun parliuil, jilosimt ,\ t j 1 1 ï mieui mieui. Tandis que sur le sol, l'œil imprégné do rage
Le Sire Otto bondissant fiirïoui, Caracolait sans frein au milieu du tapage.
Co tas de gens e laminaient ontr'eui Du Siro de Luiinll' ]'éîoriuau;'j r>imluitc,
Son acte était, disait -on, scanduleui, Il fallait décider quelle en serait la suite.
Sire Ludolf devait d'un Chevalier Perdre a la fois le rang et l'honneur et le titre,
Disaient d'aucuns, ils étaient peu nombreui.
Le Chevolier Ludolf a donné bon escmple,
Dune maints combats il fut victorieui, Et de la renommée il a conquis le temple ;
C'est bien h lui de plaider en ce jour Et l'épéo au fourreau, malgré son grand courage.
Et los, ' on dit,' la cause de l'amour, Et d'afircui préjugés dédaigner le servage!"
Pourtant la niaaso il la fin fut d'accord Quo c'était action très peu chevaleresque ;
Royal défi, cartel, combat à mort Avaient été portés [--c'était vriniuMii burlesque
Que tout cela n'eut ou pour résultat Aucun flanc mis & nud ; horion, ni blessure,
Nul Chevalier mourant ai intestat, Soudaiu, d'un crâne uuvert sous l'immense fêlure,
Hâtent 1» mort, f touffe" par le sang, Disant : 1 Ne veux céder ma charmante future ; '
Faisant devant la mort la plus triste figure ;
Tout comme si dans ces combats sans n On devait oublier l'amour, Dieu, la Nature,
Oublier tout,— tout jusqu'au bon renom Tour courir tau) remords après la gloire impure ;
Tout comme si, dans ee bus inonde, enfn On ne devait jamais a .le sottes querelles
Mettre un holà ! . . . mais greffer sur Ca Des bassesses sans frein, des bassesses nouvelles 1
Les préjugés inhérents ï ce tempe.
Mortel défi, non pan un guet-apens, Avait été porté, c'était fait ostensible.
Et voila que soudain un Chevalier Venait parler de droit, de raison, de sa dame,
De son amour, mais c'était singulier
Gant, éperon, ainsi que bouclier.
Chevalier si prudent, do plus si raisonnable
Pouvait intact préserver son cimier, Mais il risquait de tous do devenir la fable,
Et d'Être mis au banc du monde entier.
Hulda connut bientôt ces paroles sévères,
Et proclama, les yeux mouillés d'un pleur Que c'était sous le faix de ses vives prières
Que de Ludolf s'était tourné le cœur Contre les us et lois de la chevalerie ;
Que répugnant à mettre en jeu sa main Comme le prii sanglant d'une horrible tuerie,
Et d'un combat dont le but était vain, Elle avait eiigé de Ludolf la promesse
De refuser d'accepter le défi.
Itulda ne put gagner nul cœur \ sa sagesse.
Arguait-on partout— " mêuieruent il la dame
Do sea pensera, alors qu'on a du cœur, Laisse-t-on égréner les perles de son finis,
Et faire taclie insigne il sa valeur?
Puis le Sire Ludolf dans b vigueur de l'Age,
N'est certes pas un novice en amour, Entil doiicjanmiit dil de son mille courage
Laisser ternir le blason en ce jour?" "Oui," fit le Roi. " par Dieu ! îles étoiles malignea
Ont surgi sur le toit do sa maison Mais de mes Chevaliers il n'a plus les insignes
Ce Chevalier parangon de raison ! " Sire Wolfram alors : " En dernitre analyse
Tu dois le voir maintenant Chevalier, Rien n'a pu t'arreter pour agir i, ta guise,
Ma fille, aussi, ton vouloir bien entier S'est fait jour ju^u'ici ;— si Iluldn l'aime encore
Un peu de temps, ce qui peut être irai, Cela m'est bien i-ynl ; te l|Uu puinr je n'ignore,
C'est que jamais je ne consentirai To recevoir pour gendre après ton équipée.
Que ton âme ne soit très fortement trempée,
Iteprit Sire Liululf: " .l'aceque m cuup rude,
— " C'est que," reprit Wolfram, "je n'ai pour habitude Farder mon dire ; et dois te prévenir
Chevalier! que te tins entaché de souillure Dès que te via pérorer sur l'amour,
Et même sur le droit, beaui sujets, chose sûre, Mais déplaces dovnnt le Roi, sa cour.
Le Prince Otto. Tu pus avoir ton jour, Jadis, on a vanté, je le sais, ton courage,
Voilà ! . . . Pour le présent n'en dirai davantage ; Si ce n'est que le demande h mon tour,
Vomlrais-tu par hazard sur mon noble entourage Jeter u honte, et souiller mon séjour?" Sire Wolfram après cette brusque sortie,
ToUt Peut [;U:;::;i I L' tN-tL < 'h\l Vol i CL\
Et son discours haineux n'eut d'outre repartie
(ju'un long soupir broyé" dans un gosier, laqn'inhiit Luilulf .ilvorlui ilnns sa peine,
Ne voyait pas fl ses pieds, .i genoux.
Une femme disant d'une voij. sans baleine,
Mais dont le timbre <?tait pourtant bien doui : " (lli ! rfin; 1 '[n:\iilinr 1 un ^liiivi- je. l'embrasse,
Je prends In main cumuie pris trm serment,
Ho pardonner mon cruel traitement ! '
'■ llulda," dit-il, " Hulda 1 ta yc\x qui m'est si chère,
A fait jaillir des larmes de mes yeui, Ile ton amour ne suis plus , ( i,e l'oml.rc éphémère."
— "Nonpa.il" dit elle. — ■' oh! je t'iiiine eucor mioui!" Alors en relevant in noble jouvencelle
Ludolf lui dit : " Oh i puis-je te presser Snr ce ceeur qui toujours, te restera fidèle,
Et qui pourtant, je dois le confesser, Ne se brisera pas, maigre si j;rimd déboire,
Mais ne vivra que pour l'amour de toi, On rilul.'.t pour l'amour de In douce mémoire,
l 'nisque Flulda lasl tn n'es plus a moi I" — " Mon honoré Seigneur, a toi " s'éerîa-t-elle,
" Bull et serai tant que liattra mon cceur, Tu sou/Très par mon fait des muni sans parallèle,
Ce que te dois, to lo paierai d'honneur I" — 11 Pas eocor," dit Ludolf, " mon Hukla, ma divine.
Car maintenant git sur moi le malheur, Et je suis a l'état d'une tour et) ruina 1 "
Mois tout à coup un fouillis de vassaui Amené pur Wolfram, saisit la demoiselle
Et l'entra in n, comme il disait ces mots ; C'fju-ndam qu'ai: g.ilnp se jouant sur leur selle,
Trois Chevaliers accouraient il cheval.
Retenant leur coursiers, l'un d'eui do voix railleuse :
" Voyez ! " dit-il, " il est original (,'e I.mlulf. uVsl plus d'uni; h:mii.'i;ï kiuilleu'i'.
Il est înuot, puis il reste passif Quarul d'^tiel.lis mariants lui .-i.urtlunt son aimée,
11 fut pourtant d'un entrain assez vif
Lo second dit : « Oh 1 son esprit n'est plus l Autour de Lii.donfurst il rôde triste et sombre,
U a perdu ses antiques vertus, Et ce n'est plus Ludolf que voyons, mais son ombre!"
Lors le troisième en s'avancant va» lui:
" Te tiens pour un félon, et te tiens pour un lâche,
Dit-il aveu mépris, « faut-il que lo rabâche ? "
— " Point n'est besoin ! " dit Ludolf ... A celui Qui prend malin plaisir m'inBulter sans relâche
Jb romps h'H us [mur charmer mon ennui." Puis il lïii.'itiliL riiurt pdiir hl-Iil'Vit sa tilche.
Et maintenant que son esprit si droit, Que son co ur noble et lier, sa bonne renommée,
Le souvenir de maint et maint exploit Et tout son jimiil j.issr s'rii iilliiii eu fumée,
Seul il s'™ fut il grands pus vers les bois, Loin des hommes, du bruit, des heureux de la terre;
Du ses cliagrins la rejetant le poids, Il donna libre es.-ur \ sa juste colSre.
Sur lu* roiluTs (inriiuit leur pic aui ciem, Il grava ses combat*, il burina sa gloire,
Puis évoquant l'ombre do ses ayoui
Qui devaient do l'oubli préserver sa mémoire. Tantôt Ému jusques à la fureur
Ce Chevalier l'objet de tant d'acrimonie.
Une fois seulement une franchise rade
La Ht parler : " Ce désastre cruel Vient," dit-elîo \ Wolfram, " de notre turpitude,
Il s jeté domaines et chûtel Pour nous, an* quatre vents, et nous [nu- sjratitudi!.
L'avons laisse dana un abandon tel Que peur tout bien il n'a plus que la solitude ! . . .
Sommes liii-li lias! . . Tandis qu'il Idiiclic ;iu i Wolfram pour à nouveau mater ses espérances
De lui faire In cour il eut le froid courage ;
Et de Ilulda redoublaient les soucis, Craignant que d'un forfait ce ne fut le présage.
" Oh ! " pensait -elle, " ob ! mon Dieu 1 m'est avis, (Qu'ils ont occis Lmluli' [ )u i:r iL-siiiivii- leur rayel "
De Somienfi-ls [.as ;rès lui» île la tour, Ëiiste une caverne a peu prts inconnue,
En serpentant qui s'étend à l'entour n'L[iri!i)»lir:iljles ruclmrs, qui' surplombe la nue.
Devant l'entrée un lac mujestueui Dont le bleu transparent n'eut jamais une ride,
Comme la mort gît, dort silencieui, Le visage tourné il erers le f iel splcudidc.
C'est entouré de collines, de rocs Qui rendent un érlin, niais in donnent naissance
One à nul son, tant leurs immenses blocs Sont assit carrément trônant sur la silence.
On ne voit rien que riinniubilïté Sur ce lac endormi, sinon pris de sa plago
Quelques lia blancs au doui far nicalc, Puis un bateau brisé, monument d'un autre âge.
Dana la caverne, assis, on être Immain Guette d'un feu de Lois la mourante étincelle,
Qui pour percer la nuit fait eû'ort vain.
Tic l'étincelle éteinte il ne reste parcelle.
En un instant avec le fort vouloir Qu'eu élnil;i!iu!L uni 1 pensée nmere
Fait naître au cœur, car vouloir c'est pouvoir, 1,'t'trc humain se levant sorlil l.eau de colSrel
Un certain soir, iiinnd Linik-uforst étzdt 'l'ont | . [ r : i f i [ it île déduits, et île danse et do fête,
Et que llulda tristement soupirait Pondant que dan.- !;i salle ur-ueilli.-ui de sa crête,
Le Prince Otto dans son éclat brillait, Un fantôme soudain passa devant sa vue,
Qui simulait un noble Cbcvalier
Ce Chevalier ou regard singulier Avait son ail fi*é sur la fenêtre ouverte,
Ses mouvements bassinent du vague au cœur, llulda mit le balcon a courir fut alerte :
"C'est luil c'est lui I" .. s'écria-t-cllo, . . "Horreur]
Et descendant, sus ! l'escalier tournant Voila qu'elle se rend K la pelouse verte,
Le gris brouillard «'élevait maintenant iii-ndanl soinliii! la nuit, niais ne se déconcerte:
" Hélas ! " dit-elle, " oh ! mon bien cher amour, De leurs lâches fureurs si tu péris victime,
Ton noble sang sur ma tête eu ce jour Il coule, il coule a flots, car la mort eat mon crime 1 "
UN NOBLE CŒUB, 181
Elle atteignît une grille eu courant, La franchit sans émoi dans un état de songe,
Et puis le lit bramera d'un noir torrent .... lL'Ias! sa vision n':n:iit rien il'im meiisongol
Entre dons troncs d'arbres jetés il bas, Et d'un ciel sans sou- le I > la u châtre dfime,
Snr un coursier île plomlj. ne lioufcant pas, D'un noble Chevalier elle vit le fantôme,
Mais ne parais-anl [.lus avoir rien do la vie.
La brume t : |mi— f en ninnt.vit vers les eieui Lentement, lentement d'autres vapeurs suivie,
Cette apparition que ce cheval gns-sombre
Lo Chevalier n'avait d'une plume que l'ombro.
Ilulda snrjirise avec certain effroi Un instant s'arrêta, puis reprenant courage,
Et do son eccur faisant taire l'émoi.
Pour l'apparition elle eut co douï langage ;
"D'un elievjiliri nui fut -rum], sénércni Que pleurerai toujours, oh ! luen aimé fantôme 1
Qui m'as donné le droit si précieux T'iLppiilur mou amant, mon sei^inir, mon royaume I
Si tu tombas d'un perfide poignard Sous le coup acéré, pardonne-moi eo crime.
Baisse eur moi ton bienveillant regard, Et parle avec douceur, je suis pauvre victime.
Oh 1 parle il temps tandis 411e oies ^enout Qui tremblent malgré moi. me soutii nnent encore.
rar pitié parle, ohl parle cher époux Que dans la sombre murt et j'estime et j'adore,
Viens-tu chercher ici ton assassin Et lui faire sentir le poids de ta vengeance?
Je suis à Lui. pour moi suis sans dédain, Ob I parle, si ne veux <pia no tombe en démence 1 "
Comme pour appeler il leva ta main droite,
Hulda resta d'abord sans mouvement, Mais i'amour esL plus forl ^ue ]:: nimr njni rend moite.
Vers 1e fantôme elle fut pas à pas, Avec un grand émoi regards aa ligure,
Bien douce encore au delà du trépas.
Lo fantôme aussitôt fana froisier son armure
Sur son coursier se pencha doucement, Dana ses liras soideva la belle créature,
Et voila que tous les deux vivement l 'i'imriuvjit sans bruit parmi la brume ol^euri 1 .
Du vieux caatel Ilulda n'était plus résidente,
Vinrent narrer le front blëmu tnwr d'épo]Lv;.u>.
Qu'un Chevalier,— un apoctre Chevalier tjui do sa lance spectre avait jeté par terre
lît par cinq foie, un vnleureui guerrier, l'ut sortilège avait attiré daus sa sjihère
Dame Hnlda, que sur son destrier II avait emporté dans sa course légère.
Sire Wolfram pendant un court moment S'agita sans parler et couva sa colère,
l'a» A cheval monta spontnn émeut, lîien qu'elle fut pEirtic,— en quel lien de la terre
Mais certe il devinait dans sa désespérance
Ken avec qui sa fille était ce soir.
Appelant donc Otto, tous de m eu diligence
Furent vers Prague oïl te tenait lo Soi, Sire Wolfram vi..;l1:i:i1 qu'il il-Hl'it d'urgence
Le cas présent .... il y avait de quoi !
Le Chevalier epectral tout droit a. la caverne
Auprùs du lae conduisit son coursier, De la dame, je crois, cessa la peur intome
Quand elle ouït parler le Chevalier:
" Repose en sûreté," dit-il, 11 û douce mie !
Ce lieu désert te servira d'abri Jusqu'au jour nii pourrai jirùs d'une rive aniio,
Fuir avec toi ce pays délleurl, Oh te pourrai bâtir en un coin solitaire
Un nid charmant, oh pourrons oublier
US NOBLE CŒUa.
Ilulda, que tu naquis une riche héritière,
Et que Ludolf fut un preux Chevalier; Car où trouver jarn.ik un bonheur plus suprême
Que dons l'Émoi do ce premier amour Qui fuit que l*uu et l'outre ou se bénit, on s'aime,
Sans s'occuper des propos d'alentour?
L'amour liélasl se perd doue les vains bruits du mimil
Par ces vains bruits les cœurs sont égrenés, L'or, l'argent sur lesquels gtt leur bonheur immonde
Ils ont pour infini les verdoyantes plaines
De l'avenir sans bornes de l'amour.
Nous bénirons tous deux nos nouvelles demeures,
Nous nous rappellerons do loisir 1 nos heures, Et les cnstels et les trésors nombreux
Que po^i-tliuus là bas, — tout là bas dans ce monde Où. tout est faux, rien n'est vrai, ^m'reuv.
Et pour lequel uvmi- iV-j'i piiir profonde 1 "
Oyant ces mots, un doux sourire aux jeux :
" Chevalier!" dit llnlila, ■■ imtrc bonheur se fonde ! "
Le Chevalier pondant qu'il s'occupait Des moyens de quitter leur Bohême encor chère,
Pour que Ilulda ne fut seule, île fait, Aussi pour la servir quand Était nécessaire,
Fit en secret venir do son hameau Une jeune vassale et prévenante et sage,
Lui demeurait non loin do son château A tous les yeux caché, seul, dans un beau village
Jadis le sien. A la pointe du jour D'un pèlerin prenant et l'habit et l'allure,
Il s'en allait vers la caverne pour Porter 11 ses oiseaux captifs leur nourriture,
Et souriait voyant combien l'amour Se nourissait de peu. Dans ce lieu si tranquille.
Les dpnx amants virent que le bonheur Mieux que dans les palais fixait sou domicile,
Et que plus douce eu était la saveur.
DM NOBLE CŒUR.
Le long dos bords du lue dans le profond r-ilc.ru-.-
]>e l'amour vrai —des le premier matin, Ils proriii'oem Ions dérix leur muet le élnqueur.P,
Dana un regard, mie étreinte de main.
S'ils parlent quelquefois leur thïme, leur saint thème
Roule toujours sur le bel avenir Qui s'ouvre devant eu ï, quand loin de la 11 oh f me
Tous deut bientôt ils auront pn s'unir.
Leurs paroles alors ("ululent en (loin murmures,
Hion bas. bien lias ainsi (|ii'uu elianl d'oiseau, Comme un reHet de lune aux blanche! éinaïllurcs
S'iirrête et dort .... Le présent est si beau 1 Qu'on ne peut en jnirli r Imnins que lomnie uu songe,
Qu'on craint ffiuiliiin île voir évanouir, Il faut le caresser afin qu'il se prolonge,
Un rien souvent pourrait le. :';ure luir.
Mais dis que le soleil de rayons illumine
Les eaui du lac, soudain le Cliovalicr l'nr des détours secrels pr.iiiqiteuniiii s'aeheinmij
Vers le village où gît son colombier.
Oh 1 temps heureux ! pourquoi dis-nous, as-tu des ailes
Quand voudrions le u.ur pris de nous?
Luth de l'espoir pourquoi tant de tordi s .... eulr'elle* .
Sï peu d'anord,— que ton irluint le plus dous A chaque instant changeant de ton et de mesure,
Dans peu nous jette au doute, 1 la douleur, Quand nous pensions avoir r.incuiiiri' d'aventure
Ce merle blanc qu'on nomma le bonheur !
La douce illusion, ce baume do la vie,
Ke peut-il s'incruster en dépit de l'envie,
rr.iiiripun duiiun de nous ne peut-il dune pas vivre
Qui lui dit ce» gros mots dans sa verte colère :
DiatizqdJîïijOOgle
" Entre les mains ma tille est quelque part, I les buis lit: ^oniienfcls fient -être A la liuSro ;
En ton pouvoir elle est, uu [inr hasard, Un par turec, un par ruse, on iiar un sort contraire
Que lui jeta ton venimeux regard." " Eu effet," dit Ludolf, " en effet, j'ai ta fille,
Par mon vouloir, et par sa volonté, I'imr .iivOTiiplii- liii'iiii't, ce n'.*t nue- vétille,
Ce doux hymen ai longtemps projeté? " — " Oh !" s'écria Wolfram : " III: perver-i' nature
Etes tous deux. Fut offerte A tous deux D'une royale main Irt induV invesiiturc.
N'avez voulu d'un, don si précieux 1 Mais de votre refus tous deux maudlrei l'heure.
Ronds-moi ma fille— ou bientôt nom d'un nom ! Par force de la rendre un te met en demeure "
Avec dédain l.iiduli" répundit : "Non!" '■0-L.-i:i:illeiri i[i.-i:ii.i' '." — rùuduiu cria le père,
"Tiens! dans ce champ de blé, vni*-[u là bus. De casques reluisants miroiter la lumière ?
De neuf fois vingt vassaux ils sont l'amas, De moi, sur .m seul mot, cette horde guerrière
Dans l'œil du Chevalier jaillit une étincelle
De lier demain, et raîde comme un Dieu
Dana 1* pierre taille, filant do sa prunelle
Le champ do blo tout frangé de eiel bleu :
" Sire Wolfram," dit-il, " nu! ici bas ne cède
Je ne serai d'ailleurs p.is I.ti L't-.iti seul, en aide
Quand le voudrai m'advieudra du renfort.
Penaea-tn, dis vraiment, que quand par bonté d'ùuie.
Au Itoi donnai Souncnfels et ses tours Pour librement choisir ton Hulda pour ma femme,
Et do l'Utto sauver me-i doux amours, Que pua de mes vassaux donner le libro arbitre?
Jamais n'ai pu faire don do lotira eœnn, Ces cœurs sont tous à moi par un noble et suint titre,
Do leur Seigneur n'en foras tes luou», De moi eut un seul mot, ne t'en déplaise mie,
UN NOBLE CŒtlit.
Tu les fais l.\ gâter lu W,- Siro Wolfram 1 ce
Bons lo rouge empourpré do l'auroro nouvelle,
Avait quitté son paisible réduit, Pour aller au devant de son !imc jumelle,
Que ne vient-il? . . . Dn rucher escar[)é 11 a touché dfjl lo plus taillant pinacle,
Et reste là, . . . de sombre enveloppé, S;iu- nvainvr il'un pas lirvcr. mil kibitack?
Il voit Hnhlo, sait que sur lui ses yeux Pleins d'amour sont fni!s. cl cependant il rost*
Perché la haut ; . . . Enfin silencieux, D'un pied lour.l i! ilesi'eml le |>ic du rc.e up-estr.
Péniblement, de mémo qu'un névreus Qui marcherait la nuit dans un sommeil funeste.
" Huldal" dit il d'un ton affectueux, "Et mon doux désespoir, et ma douce espérance,
Ils sont finis, hélas ! nos jours heuroui!
Et jo dois maintenant, juge de nia souffrance,
Te ramener sous lo toit paternel.
J'en ai fait vceu, Huldn, c'est un vœu déplorable,
Mais je no duis, et c'est un sort cruel, Ta dire on ce moment lo moyen exécrable
Qui me réduit a cet affroux malheur D'avoir à te conduire an eblteau do ion pire ;
Suffit Iluhla, qu'il va de mon honneur Lail d'accomplir ue vœu,— que jo doive ce faire!
Viens !"—" Ah 1 1.udolft" d'une tremblante voit,
l'Aie comme la mort, soudain s'écria- t-elio :
"Ah! mon Ludolf!" . . . et le cœur iout [«mois S;uis dire un mot do plus la noble demoiselle
Suivit Lndolf.
Il s'arrêta sous un ancien laurier lourdement dans la cour étendant sa coupole.
Fuis de façon iiu'ou ne peut oublier, 11 lui prit le* ilem mains sans dire une parole.
Hulda porta vit- ki ciel «es bonus yeux, Pnus lea baissant soudain roui en pleurs vers la terre :
"Ali 1 faut-il dinu-." dit-cllo, "qu'un cet liuu\ Je traîne désormais mu vie et ma misère I "
il no saurait pleurer tant son angoisse est rude.
Il dit enfin: "llulda c'est pour lo mieux Que je renonce à loi, ma douce quiétude,
Mon adorée I ... Il surplombe dans l'air Dos vouts audacieux précurseurs do L'orage,
Et do In fondra on voit déjà l'e clair.
Et c'en piiiiriiiiiii, n'en Jui. \a~ dire dn vantas^-.
Mon clior trésor dois le rendre on ce jour.
Ki 1.1 pi nibnit, ub ! crois par cet bcurcui servage
Qu'en cet acte final, j'en porte témoignage, Me sacrifia au devoir de l'amour.
Hulda maintenant donc une étreinte dernière, Il ne me faut paa arrêter le temps,
AU[r.;!lLL lli 11.' Jui:!! r:li* T.' l IIIH .■1:| L T.\
Et j'oublierais près do toi mes serments."
Hulda comme en sursaut s'évoillant ..." Oh !" dil-elle, "Où vas-tu dune? . . ob I Ludolf, uil vas-tu?
Et quand reviendras-tu? . . . Pourquoi bous ta prunelle To» doui ri'jjard i-l-il Kitnbri!, abattu?
Ta voix comme un tuoin vibre dans in-m oieille. Et tout paraît tourner autour de moi,
Voudrais-tu me quitter dans tourmente pareille, Et me laisser dépérir loin de toi? "
Do ses longe brus Ludolf entoura sa ceinture,
Et rajusta ses boucles de cheveux, l'iria l'i'[ri.'iL-i!;iTi[ Im-ti fi)i-[. avee lui (loin murmure
" Douce mie ! " o-t-il dit, " mes heures de jeunesse
Ont eu leur cours parmi ces nobles tours, Où j'usiJiTiiis un j"ur dans di;a irmmcnts divresso
Te voir trôner eu reine pour toujours.
Jo savais pourtant bien que souvent la fortune
Sous un écran nous verse ses faveurs, Et que sous cet écran, sans indulgente aucune.
Elle nielle et détruit nos bonheurs.
Cepeuilant 'un' «■"il'laît autour de moi sourire,
Je t'avais toi, pour reine de mon cœur, La renommée aussi m'apportait son délire,
Avec cela comment eroire au malheur?
» Hélas I ce qui suivit tu le sais, ma cliérie,
K'ai-je pas dit que te voyais dans l'air?
Vers moi tu descendis, ma douce rêverie
Tu pris un corps, pour moi tu te fis ebair, Et ce no fut «Lira ou un jour heureux ma vie 1
L'ange là haut que j'avais vu planant, Avait lèvres et bras, et mou Ame ravie
L'aima d'amour, d'un amour rayonnant.
Maintenant une voii à mon oreille crie :
Ta vie est moine qu'un vaisseau démâte, Ton amour a reçu du mépris l'avarie,
Ta lance, n'a plus qu'un (vt édcnlé.
Iles veuts pestitéréa la redoutable année
Dans lear fureur submergent la maison,
Ton bel ange pla.iail «.. tV.iqwrto In Hamme I "
D'un Ion plus dom a ce qu'il dit de plus,
flulda ne répondit; elle n'entendait mie,
Ijis ! pour son mur c'Aïut un bruit confus
Laeccut |pti-in ili.' iliiucuirr île tfiit voit amie; 9Î que Lu<lolf les esprits abattus
Le ctuur quitta cette phiii) ennemio.
Les étoiles do nuit ïi'illmt profondément
Sans un cuioi sur la terre cmlurmie, Tu ne peut voir la lune avançant tristement
Ko irhnnyi- iVuliïiicm, qilelqKei't.i., e est certain.
Mais à l'Inriirc qu'il csl. II! fmnl chargé d'Ennui,
Cet homme marelle, et triste et solitaire, Comme si jimir jiiuisd-* lui manquai! tout appui,
Et que la nuit fut sur sa via entière ; Tiuulis qu'il ri mitre iT.iil qu'à li.iijours le matin
Amènera le même horizon vague, l'.impli de- lioi-.ui r.nnu- iI'uij pnlcil purpurin,
En ce moment dorant les tours do Prague.
Sur les tours, sur les murs crénelés du palais,
Dans un Sùnuneii piY,1",,ail donui'iit les omtiris.
Ces murailles, ces tours, lout ce train-train guerrier
Pont sentinelle autour d'un vaste temple Qui sépare le Hoi de son peuple grossier
Qui se gnndit pourtant s'il le contemple.
Voici venir le jour, la nuit nous dit adieu,
Voyez déj\ du sein des noirs ténèbres Se détache une flèche 0F1 rayonne du feu,
C'est le soleil qui des voiles runebrûi Do la sinistre naît, rit et se fait un jeu.
lit. y aie
Avec Etes toits pendu'*, avet srm brouillard bleu.
Et qui n'étend et s'étale en spirale.
Tout 1 coup do. tuns chauds rnihuiment son milieu,
C'est le soleil qui chez clic s'installe, Et qui gagne bientôt les fossés remplis d'eau.
Illuminant de sa clarté sublime Jusqu'au moindre ri'cuin, jn-qu'im moindre arbrisseau,
Jusqu'au ciron l'être le pli» infime; fi 'étendant, «'('tendant, encor, encor, encor,
Partout jetant les flots de sa lumière, Aui herbes de rebut créant des cheveux d'or,
Et de splendeur entourant leur misère.
L'i'liluLii^dii Biildl, c; puis sau.. Ljraiid émoi,
(Car qui dit Hoi peut lien dire imbécile).
En rangs pressés, serrés, vit nombre de sans nom Se disputer et l'honneur et la gloire
De venir augmenter son éclat son renom,
C'étaient viiilliinls guerriers, vassam et Chevaliers,
Des citoyens des villes île Bohême, 1),! Waves ni.lilc- gens, ou bir-n vils roturiers,
Mais dont le but était toujours le même, De cet auguste Roi, capter l'affection,
Ou bien calmer 1 n-ascihh; culere ; C'est que l'auguste Hoi par proclamation
A l'Empereur a déclaré la guerre.
Voulait se di/gager d'un joug plein de eouci Ce Rudolf do llapsburg avait longtemps régne
Ottocnr comme fief tenait do l'Empereur
Son Suzerain, et pouvoir et couronne; Maintenant Ottucar croyait de son honneur
De régner seul, et d'affranchir son trône.
Il a depuis longtemps pour venir a son but
Et déchirer de l'avenir les voiles, Des signes sidéraus su se mettre ,\ l'affût,
Et consulter chaque soir les étoiles ; Il espère dana |ieu de ce savoir acquis
Tirer peur lui bien grosse picote ; Aussi réunissant ses forces, m'est avïs,
Qu'il va tScher de sa chaîne dorée Par un bon coup de main de faire des débris,
Sun Empereur il veut le faire au même, Et sous ses pieds foulant un joug abrutissant.
Résolument lihérer la Bohème, Et d'impuissant vassal devenir Roi puissant.
Tel il (liait d'Ottocar le programme.
Son cri de guerre était : Ottocar! Liberté"!
l'ourlant du Roi dans le creuset de l'Ame, Quelque chose de plus se tenait calfaté.
Tous ses soldais, on peut certes le croire, Ne se doutaient de rien quant a l'ambition
Que. son projet couvait; — à la victoire, Eux ils couraient d'emblée, avec uipnnsion.
Mais l'Ottocar visait, c'était notoire, A confisquer pour lui le trôna impérial,
Bien que cherchant à tous à faire accroire Qu'il voulait seuliiiiM'iit cssslt un jiuig brutal.
Sur le Danube il lit donc une entaille,
Mais eut perdu sa première bataille, Hormis qu'un Chevalier au courage hautain,
:t de chacun se faisant le rempart.
Sur ton jeu de deuil couvert d'un v
aunper reniant que l'avant -garde
.i' j ri.-i' ]i^r la nuit,
irais fangeux, sans prendre garde,
Que c'est Itaptfa Roi qu'il» tiennent dan. leurs ta.
Le Prince Otto soudain lâche la bride A son l"iiii^ui!iii i-iiurpïi-r, iri'pc ml r. 11 ! que le Roi,
Désarçonné, dans ce marais fétide Ne sait qnB devenir, est dans un rude émoi.
Les traîne pantelants au délit du marais,
Auprès d'un pont qu'éclaire peu la nue, l'.l puis PC pliili.Uilit tiius au fond d'un liois épai*.
Ils jelent lias dans leur humeur du dogue Ottocar et le princi', i l le? lienl Ions les deui :
" Vous u'êlcs pus." ilil le chef, '■ <!<■ la (Im;,-iie '. Sous le savons do rené, et pour vous c'est heureux.
Adonc chacun, comprenez l'apologue, Sous paiera pour rançon, et selon sa valeur,
Un noble prii; alors pour épilogue Nous désertons ma foi les rangs de l'Empereur.
SI refusez," cria-t-il d'un ton roguo, ■' Vos têtes, j'en suis aùr, nous porteront bonheur,
El nous vaudront do la munificence |}e notre Suraraîn remerciement flatteur,
Et même encore uni! autre récompense." Mais qui vient urrruir en di.-crmr^ insolent?
C'est une ép(c il travers la nuit sombre Tombant avec vigueur, à l'cntour circulant,
Et de la mort faisant descendre l'ombre Sur [mis ns Irvcn'auts. l'.H lllinillte EtLII^Ijlut
RÈgne aoudnin dans cette lutte étrange, Oil chacun combattait pour préserver se» jours,
Sans avoir vent d'oïl venait le bon ange Qui si terriblement apportait ce secours.
Mais maintenant au milieu des ténèbres Jaillit une étincelle et s'allume un fanal ; ^
Lo bouclier couvert, apparaît sépulcral,
Lo Chevalier Qui gagna la victoire Pour lo Roi lo matin, dont l'Étoile et la croîi
Devant le Clievalïcr l'ennemi fuit pantois.
Lors se baissant, do sa main il détache Les liens retenant et le l'rince et le Roi,
Puis émondant la forêt de sa hache, Toujours marche en avant sans peur et aana émoi.
Quand hors du bois, ils fur ira t dans lu plains : " Voua voyei! ce sentier," leur dit-il, " il est afir.
Allez tout droit, dans peu serei sans peine A Ratisbonne — Adieu I"
Le Chevalier disant ces mola, s'oûace ; Et le Prince et le Roi vont droit a, la cité,
S'éuierïcillant que ai gronde disgrâce Ait eu si bonne issue eu telle extrémité.
Sa voîi, son port, sa inaïn a frapper prompte, Leur faisaient voir assez quel était leur sauveur 1
Il ne vint plua. Le Roi dans Ratisbonne Raasemble son armée, appelle aes vassaux,
Autour de lui; sa voix les aiguillonne A moissonner la gloire eu des combats nouveau.
Il met k nu les secrets île IOQ âme, II veut reconu,uérir sa souverain été,
Poil assumer, tel il est son programme, Du trône impérial l'auguste dignité
Ce grand dessein bien haut il le proclame, Doit être eiecntd, c'est la sa volonté.
Il nomme pour chef de son avant-garde Le Sire de Ludulf, ou Lion le Chevalier
Au danger qui certes ne prenant garde, Portait étoile et croii dans le combat domier.
Sire Ludolf il l'appel ne vint mie, Non plus le Chevalier. Et do nouveau le Roi
Ht proclamer pat nue vois amie, Par un Hérault monté sur un blanc palefroi,
Son bon vouloir, ses amitiés sincères Envers Sire Ludolf, de Souiieut-li Soigneur;
De grenats et d'argent, de diamants et d'or,
Pour réiuirer d'un seul coup ses ruine*,
Et démesurément; il lui donnait encor
De Rabenstein lu noblv rVigiieurir,
Et le comiiialLileiiLtïiil, le (li : .-ir d'un jjl'aml neur. Plus le moyen y&r sa galanterie
De son honneur forfait regagner la primeur- Avant longtemps, h cette cour guerrière
Porteur d'une réponse advint un paysan.
Il dit an Roi : " D'un lieu bien solitaire,
Do ces verts défilés qui forment un écran
Pour avertir le Uni qu'il ait à nuintr. un frein
A son penchant. Celui qui trop gui-rroyc.
Soni-eiiM'ois pcnl plus qu'il n'eiieaissc de gain.
" Que si, des ce momctit.'le Roi veut dédarer La liberté de l'antique Uobëiue,
H» NOBLE CŒCH.
Et le mépris qui dans son âme couve, Reviendra prés du Roi lui prêter son secours.
Pour sou honneur à lui, Ladolf, il juge Qu'onc il ne le perdit; ftnfiniS depuis longtemps
Il n'a blêmi. Pour s'ériger en juge Do son honneur, le Roi n'est pas dans son bon sens.
En attendant, c'est la son espérance, Il pense que le Roi ne manquera jamais
Pour agriptier nn surcroît de puissance A ce premier serment qu'il fit autrefois : mais
Qu'il s'abstiendra sur un champ de bataille De chercher II gagner un empire illégal ;
La honte y coorh/anaai plus d'un fronfdélu'yal I "
Le Roi reçut cet avis avec rage, Pde il fit consulter les astres et leur cours,
D'un grand succès y lut le témoignage, Sauf un passage sombre, ci n>]ii!ir« .'tant toujours.
Mais neuf .sur dix i|iiurn] i! s'agit do chances, Servent suffisamment il relever un cc?ur,
Ainsi narguant toutes désespérances, Dans ses pensera veut-il supplanter l'Empereur!
Le Prince Otto dans une (tumeur de dogue l-aisso plein de griefs Ottocsr et son camp,
Il no goûtait que très peu le prologue Qui de son Baberutam le privait sur le champ.
Sire Ludolf avait dédaigné l'ourc, Mais du Roi ça n'était rien à l'indignité
D'avoir voulu réduire il sec son coffre ; Aussi de ce projet restait-il irrité.
A Italie nstc in donc il s'en fut agile, Bien qu'il fut menacé de l'ire d'Ottocar,
Tranquillement chercher un domicile Xarguant en attendant l'ambitieux César.
Sur l.indenforst plane un sombre nuage.
Dans le creux de ses t(jurs lu corneille bruit,
Son étendard comme eu un jour d'orage S'affaisse et se tL'diin' au soiifib: de la nuit;
Parmi les bruits, les soupirs de la brise, A travers les bosquets et les arbres feuilleui,
On comprend dà que quelqu'un agonise,
Du vieux castel c'est le Seigneur et Maître.
C'est le Sire W<i1fr;mi [ni -ïrriiit liais ce» lieux,
Dont son vouloir détruisit le bien-être, A Huit prti'ii". Sun ii'il u'fft ]iai etifior vitreux;
Auprîs do lui Bon Hulda. su victime, l'rête l'oriiilli- pour jniuvriir lYnti-ruln: mieux :
"Mon citer enfuir.'' dit le virtu ( -u'Ctlivm.;. " Que mort, mon souvenir no te soit odieux !
"Tu le sais bien, tu me fus toujours chire, Miiis je. vi'iiv. m ji- iIoîh n\iiuer main tenant,
Qu'aimai le monde, et sa pompe éphémère, Avec ai grande ardeur, et gt>(ït s! ilominant,
Que ton lionlienr fut pour moi secondaire.
D'un noble t-anijKiLnuia je te vi* f:tirc ehoii,
Sire Ludolf convenait a mes vues, Mais lorsqu'il résigna d'un cceur certes courtois
Sas nobles tours allant frôler les nues.
Et tous ses vastes biens, sos terres et ses bois,
Je crua alors qu'un Primo, (itait, ma cbÈre, Tour des gens tels qno nous, un parti bien meilleur,
Et je pensais ainsi que pense un père, Qui de en seule enfant tlesire le bonheur.
" Ob! mon Hulilii ! Les pères et les mères Estiment la fortune, et le monde et son or,
Et les honneurs et les vainoa chimères, De notre humanité comme le seul trésor.
Cuver de l'or, c'est cuver la sagesse, IU regardent l'amour comme un vrai rien du tout,
Comme une feuille au vent tournant sans cesse, Et qui s'en va finir en roulant dans l'égoflt.
Mais sur un lit de mort lorsque nous nommes, Nous, grands pareiiis, riapnèir eiiforo intolérants,
Nous comprenons, manants ou gentilhommee, Que dea secrets du cœur nous étions ignorants,
Qu'un noble amour a profondes racines, Que son aile puissante aspire vers les ciem,
Qu'il fait sentir émotions divines ....
Voila ce qu'en mourant •ppergoiTBUt nos jtax.
" Sire Luclolf maigri? ina surveillante Avait au te trouver un sfir et doui abri,
Et certe eut pu, selon toute apparence. Te garder avec lui dans eo lieu favori
Jusqu'à ce jour. Cependant quelque chose Qu'en secret je lui dis, posa sur son esprit;
11 t'amena sous le grand laurier- rose Laissant là tout espoir, puis s'en fut ; tout fut dit.
Voilà ce que je lui dis a l'oreille :
' Prends garde pour llulda ; si ma lille le suit
Je la rejette, et ne t'en Émerveille, la maudirai le jour, la maudirai la nuit ;
Disais cela, mon llulda, par malice, Je savais certes bien que mon dire était faux,
Qu'en toi n'était pas le germe d'un vice .
Gcouto encore, rumif, et r;;t:i:us tes sanglots;
A ton amant moi je dis plus encore ; Je lux dis: 'Tiens, voia-tu, voila l'ordre du lioi,
Cet ordre dit, eu plein, sans métaphore,
Et cependant je vois la mort livide, J'cuteuds le tourbillon du temps qui court en Tain
Pour l'éviter ... il fuit, mais dans le vide . . Et je m'y précipite .... Oh I ma tille I la main I "
Ainsi mourut cet innciible père, Cet homme déloyal, cet éhonté menteur.
De Lindonforst Hnlda fut héritiers, Mais la richesse hélas I no rend pas le bonheur.
Tous ses vassaux, et ccui l.\ qui naguère Quitteront Sonncnfeis pour secourir le Roi
Tout d'un accord, spontané, volontaire, Diront : " Plus no vouloirs lui servir do parai
De ses immraisi 1 ? hietis, il;l.-;î de notre amour;
Sire Wolfram f-st mort, uVn faut rien dire, Mai., notre suzeraine est Hrjda dis ce jour.
Nous méprisons du Roi la folle guerre,
Guerroyer sans raison est le fait d'un voleur ! "
Dulda longtemps no resta solitaire A pleurer sur LuiMf, m:.i.* y.:.nui - ï:l.^ui\
Qui revenaient <lo la terre étrangère.
Kilo prit un suivent, puis par monts et pur vaux
Elle s'en fut avec simple mégnie, H» traversant cités, plumes, forêts, ruisseaux,
Do son amant chercher la compagnie.
Tandis iju'ainsi Hulda forte de son grand cœur
Entreprenait ce pénible voyage, Le pauvre Prince Otto presquo moumnt do peur.
Quand il n'était excité par sa rage, Vite s'en vint à Prague. Il craignait que lo Roi
Ne mit à sac son caste], ses domaines, Si qu'il fut supplier avec profond émoi
D'avoir pitié de ses affreuses peines La fi lie d'Ottocnr on agréant sa cour.
Mais la Princesse avec triste sourire, Dit i " Cola no se peut, Coin-in, ::,tr dans ce jour
Lo iioi mon pire n contre tous grande ire.
Mon devoir m.' prescrit refuser votre amour 1"
UN NOBLE CŒL'E.
Mais Ottocar soul&ve enfin son glaive Pour frapper un grand coup, et tel que l'épervier
Guettant f:i pruie, (iin'ijiies m; jiiend de trivi!, Tant qu'il n'a s.ui-fuii -mi iiistiiii-t euruassier.
Malgré le risque, il vent gagner l'empire ; Il ii plaisir à voir s'avancer l'Empereur,
Mais no voit pas, aveugle en Bon délira, La mort qui vient u lui sur les pas du vainqueur.
Au pic des monts où de la Moravie S'étendent Ut vallons dores par le soleil,
Sont des ruisseaux a tout donnant la vie, Dana l'ombre improvisant un appel au sommeil ;
De chaque arbre la voii aimerait faire écho,
Si ce n'est que ce tout gentil murmure
De la nymphe des bols troublerait le dodo.
Là vint Hulda gémissant sa soutTrai.ee,
Mais cependant gardant l'espoir au fond du cœur;
Si m'as dis vrai, Bercer. Maintenant sur tes pas
Retourne cher! je crois eu ta parole." Dit le bercer soudain -ans le iinihirlrn embarras:
" Dame I ai dit vrai! mon parler n'est frivole; Dana la sombre forêt que noua voyons 1S. bas
Un bûcheron a pris son domiede Seul, avec une sieur ayant vigourcui bras,
L'Industrie est son nom ;— elle est agile; Ou dit co bûcheron avoir (U jadis
Un Chevalier,— vaillant homme de guerre, Dont les nombreux exploit?, gi^in'i-eut nombreux prix,
Mais depuis las ! . . tondu 1 dans lu misère !"
Le berger lu quitta. Hulda jeta, les yeui Tout a l'ontour de culte solitude,
Que sombre était le ciel quand la terre brillait.
Au pic de l'air un amas de nuages, Plafond ïolumincui, plnnnit et surplombait
Comme un débris de terribles orages, Tandis que le soleil de midi rayonnait
Dcrriore lui, sur les prés, les bocages.
Dans la sphère d'en haut des ténèbres de plomb,
Complément il l'oeil impénétrables Comme l'est du destin le mystère profond,
Tandis qu'on bas de- éclats admirables D'admirable clarté tant de près que de loin,
Bien qUO Huila se tint oii lVi:iil>ri! avait non coin, (îuettant au ciel des nuages la chaîne.
Ilulda quitta pourtant sa contemplation,
Puis il travers un sentier rendu sombrv l'ar des arceaui touffus do végétation,
Qui faisaient plus épaisse encore l'ombre.
Vers les plus vi ns taillis i-llt |itil son chemin,
Et dans le cœur de la forêt obscure Entendit retentir avec l'émoi d'un daim
D'un bûcheron la cognée en mesure.
Elle fut en avant d'un bond ïmpétueui,
Soudainement, puis s'arrêta craintive, Jusqu'à ce que la biche en sons pins vigoureux
Fit résonner sa vois impémtive, Annonçant que le bras qui la faisait agir
N'était pas loin de ce lieu solitaire.
Elle lit donc un temps d'arrêt, sans plus courir,
lit sous l'abri d'un chine sôoulaire, D'un arbre elle entendit sus! le craquement sec.
Puis elle vit son front faire un salamalec,
Et tout au long elle apperçut sa forme
[mineure s'épater sur le terrain mousseux,
Cependant que r,ur la huilit' psaute
UN NOBLE CŒUB.
Le bûcherou bien las sa posait soucia m
Laissant parler ainsi son &me aimante :
"Tombé! tombé! tombé! ?eigiu'ur de la Forêt t Tombé I" dit-il, "ni les vapeurs flotlantes
Des nuages, du ciel iioi relisant le sommet,
Non plus du vent les raffales aimantes,
Ni l'éclair précurseur, héraut de l'ouragan,
Ni la neige qui vient sous l'aile da l'autan,
Non plus 1a foudre el sa brûlante Biche, Ne viendront plu- jamais s'imposer à ton front,
Tu seras désormais dans un repos profond,
Sans l'espérance et sa brillante amorce, Toi dont l'ombrage un jour fut si majestucuil
Vieil arbre ! au tien mon destin est semblable, Naguère encor ta tête allait toucher les ciem,
Et maintenant broyée et misérable Abaissée elle gît sur le sol argileux I"
Le bûcheron sur ses lèvres placée
" Voudrais-tu donc, mon Chevalier tidele, De Ilulda négliger, abandonner l'amour,
De mon amour la constance fut telle Que n'attendais pour être a toi que ton retour.
Mon cher Seigneur de vassaux une suite Au delà de ces bois t'attend, vcm-tu bien, dis
A I.indonforst me faire la conduite ï
A Sonne n fois —tous ceux do tes domaines Sont par amour pour toi devenus mes vassaux,
l'rea do nous, chef Suivie m 1 , lieus goûter le repos! "
" Ali ! " lit Lndolf. " lis beaux yenï douce mie Sont humides, les miens de pleurs sont obscurcis,
Si n'entendais la voix, ta voix amie, Me croirais le jouet d'un mirage indécis.
Douce fiancée ! oh ! je sens ta présence, Kilo remplit ces bois d'un prestige amoureux,
11 se pourrait pourtant qui- r<jspor,ane<> De la tombe évoquât ton ombre dans ces liens?
Tandis que des oiseau* s'élevait le doux chant.
l r u murmure .'ans inmi, discret, Tuystérienx,
Tout semblait tire smonr dans la nature.
Kl l'ombra iliiM'cniLiit sinviatirnl îles eïeux.
De leur amour eux refaisaient l'histoire, Les craintes, les espoir.-!, b's .'mois et les vœux,
Tout revenait visager leur mémoire, Et créer par le lait un songe pour tous dcui. Do leur passé Tasses sinistre page ■ a sous leur bel avenir,
Ici l'amour a son apothéose, Par la bas le pouvoir se drape en un linceul] ;
L'indigne Roi qui, stupide, tout ose.
Va dans un seul eombat enterrer son orgueil.
De Llndenforst sans les forces vassales, tion aimée affaiblie a coutr'clle le sort ;
Un laissant lîi sa cause ont présage sa mort.
Devant Manlil'iM liii'nti'it les Juin arjnijCM 3e reucontrÈrent pour se disputer le pas,
Mais d'Ottoear les troupes duhsiTiit'es S'oiilutri'iJt san- ltiiii lia rire, t-t lui fut jeté bas,
Perdant ainsi la vie G
L'ancienne prophétie, oyez ! c'est vérité,
Tout amplement ainsi fat accomplie, Son par le destin, mais par la perversité
Da médian! Roi, par sa propre folie !
Les mur» du Llndcuforst retentissent de cris,
De chants nombreux, de musique, de jui In belle Châtelaine a revu ces lambris,
Où ses vassaux sont au délire eu proie, Avec elle amenant celui-ll qu'elle aimait,
Mais voill qu'l Ludolf, au vaillant Chevalier
Do l'Empereur arrive ce m ess-i ne :
"Au Sire do Ludolf, a son vouloir entier
El lui donnons le dv.
Nommer ci Le Sire <k Luilolfto
r.'l JUiirur I
La suppliant <]•■ ]iM";i'i-r Se [n'iu- De sou cousin. Guéri de par l'adversité
Le nouveau Itoi serait œicni que persoin Daus un temps assez court pour ses vertu; rite'.
Do Sounenfels voila que les tourelles HumlOLt]]'. aui chaude rayons du soleil de midi.
Do tous côtés des bannières nouvelles Jettent leurs plis auï vents, frôlant lnir attiédi ;
Au vêtements éclatant <le dorure, l'Iacé sur la liauteur un héraut dit soudain ;
" Des noirs sapins je vois sou» la venlurr
US KOBLK C'IEUK.
Hulda, l.udoll' sous des flots de lumière S'avancent galamment on tels, guis causeurs,
liénï soii Clu-ist et sa divine mère Qui, malgré nos piiflu'-. wi l'ont des jours meilleurs !"
I,e môme soir des nobles épousailles Au casiel île Liuli>lf lui-qu nvec ilrinls joyeus,
Vins délicats, et force victuailles On fêtait les époui, — ces époui amourcm
Bonrkinotnciit, sans bruit, i|iiittant la foule. Pénétrés d'un émoi profond, mystérieui,
Et des plaisirs mondains loin de la houle, Vers la grotte du lac s'en vont silencieux.
Se rappelant li;s trau-port.- ■>•>. leur liammi;. Luira douli'urs .l'autriiioÎB, li-nr I iuuir du moment.
Lorsque peuplant leur chère BoliWdB D'au cliflut mélodieux ils entendent le clioeur ;
Do leur amour chant cjui fns le prélude Tu viens jar ton émoi cimenter leur bonheur.
■■ Apportez dus ln.isijTci.-cs, des bois de la Bohême
Conronnes, guirlandes do fleurs, Le lierre des rocinM-s nui pou^si' su ph: suprême,
Le crocus aux vives couleurs ; Du sapin vert foncé les branches odorantes,
Et de rosée étincolantes ; Apportai le lis blanc, les clochettes d'aïur,
Ornements (lu vallon obscur; Mais emprunte; surtout k-s rof-w les plu- lii'llt.-
Au clianuant jardin de l'amour, Pour en fairo it l'cnvi des guirlandes nouvelles
Tour Hulda qui vient en ee jour D'épouser un héros, lo plus brave des braves,
De ijonncnfels le Chevalier, Le Sire île l.udolf, intrépide guerrier
Et le plus fameux des Moravcs ! "
HUNT (LEIGH).* A Stothabd.
Ta fantaisie Iwbite une charmante aphêre, Ssothanl ! DL'Tit M' ; j(Mir d'un epj.rît tout A | m rt ; C':ir mm jamais depuis ci-s si,:,i].]. maîtres de l'art Qui du midi si chaut] empruntant U lumière Nous montraient tour à tour le jeu de lu paupière Dana l'humble clair-obscur du plus simple regard. Jamais lo doui minois de la femme, Stothard, N'a vécu que par toi d'uno viu aussi claire.
I'onr te défendre donc do notre froid climat
Toi, tu gardes un nid resplendissant d'éclat,
Un nïd dans les bosquets, un nid dans les clairières,
(la luirem tout îiuiqilé ik's pli;* pures houris
Moins froides cepcndnnt nue les êtres chéris
Que Pétrarque en ses vers place an plus haut des sphère».
JONES (ERNEST), La Phièbe du Poète Air vent nu Soin.
Disparaît, cl s'éclipse au milieu des orages
Enfant terrible et fort d'un inconnu mystère, Qui pour Lcri'cnir, puur tombe a l'abimc sans fond; Des bardes le [dus prand, ebauson de l'atmosphère Qui, née i chaque instant, meurt et s'éteint d'un bondi Tiii, gardien de la vie et ilun- l'air et sur terre, Qui <■[-., iq. irai. ■i.l finis mi .Lins nu lourd .Irsuspoir ! Qui dissipOB la brume, et dont la main légère A la feuille dee bois impose son vouloir !
Enseigne-moi tes chants si pleins de mélodie, Qu'il» étendent partout le pouvoir du chanteur, Fais qu'en chaque climat sur ton aile hardie De par la sympathie ils subjuguent le eccur!
ODE TCIIQUE.
Et tant que je vivrai, »«. entraves m crainte, Que ...mine lot je soin Sublime Chevaucheur!
lla-aul liultiw, linlnis, wl chantant sans contrainte Ail faible, nu fort, il tims le inëmii chant vainqueur. Et da même que toi qui vas de plage en plage A la terre apporter des parfums le trésor, Fais que je puis.-n mirai rqiiiiulri» ii';V,-e en âge Du* vieil* Ijardi'ï lV:-|jrir-- :uij^nr.l'!mi jeune cncor : Jusqu'à ce qu'écoutant cette harpe d'Eole L'homme se sentant grand s'rlau^ au (.'ajiitnlo ! Kt quand [ff mi- m'auront conduit an demiiT vul. Chante mon diaal île îmut, m Ijai-iie sans egall Mes cendres jette-les où brillent en paillettes. Les étoiles aui eieui, où brûlent les planStes, Et proclamant bien haut notre fraternité Porte nos chants vainqueurs il l'Immortalité !