KENT (W. CHARLES
La Mout.
bi o loirs et ha beauté.
La mort ne lient pus île st|iu.'lcttc La mort est sainte — elle est belle la mort ; Du grand ange do Dieu sur le front en vedette Do la vie est le passeport.
La mort — qu'on craint — c'est une mère Tendre, indulgente et bonne envers ses fils, Epaudant des beautés de splendeur singulière Sur les traits les plus indécis.
La mort d'un éclat niiigriinniie Du paysan encoint le front obscur, Comme si du cadavre une lueur sphénqne Devait s'auréoler d'azur.
Parmi les demeures des hommes Comme une i',r[iic cil,; mari lie la mort, Affranchissant le.- serfs, do tous tant que nous som Conduisant les âmes au port.
Lii mort au grand jamais ne fauche Sans éveiller le doux onguent du pleur, Sa l'aucille sévit el sur nous fait débauche, Mai» pour la moisson du Seigneur.
La mort d'une méchante lleche Nu vient frapper— oh ! non, bien doucement, Elle s'infiltre pria do U beauté rovEcho
Qui veut vivre trop longuement.
La mort ne connaît la colère, Qui heurte tout, et ne respecte rien ; Mais sur tous elle épand d'une main tutélnire Lo calme — co souverain bien.
Quoique ton ir^ue, il ne suit qu'un dwrnicr.
D'oïl chai|ue Sme s'élance n la céleste plaine Où do Dion brille l'œil altïor.
La mort nul chagrin no révélo, Do chaque mort sur les traits assoupis, Aussi sur le front pfdc, une p,ii< éternelle Bemblo Être l'bote du logifl.
La mort— c'est le réveil ds l'âme, Qui fait divorce avec l'impur du corps, Oïl le aine sans chair en ricanant proclame Le rien de ee monde retors.
La mort a des éclats splendides, Quand ello met sur noua son éteiguoir, Se glissent des éclairs sur nos fronts Jà livides, Qu'en plein jour on ne pouvait voir.
La mort efface toute peine De chaque cteur sur lequel ello fond, Sublime lendemain d'éternité sereine Elle consola tout d'nn bond.
La mort n'est pas une tristesse, Voyez plutôt ces livres sans couleur Laisser 6e dérouler ne sais quelle liesse, De qnol angéliqiio bonheur.
POPE À TWICKES1IÀM.
La mort sait d'une mui magique Ai: front riilo. c ; n nouhml.
De l'enfance évoquer le souvenir antique, Qui vient consoler le regard.
La mqrt donne une jouissance Quand de la vie elle rompt le réseau, Elle montre a nos jeux la divine espérance Vibrant par delà le tombeau.
La mort no tient paa du squelette,— La mort est anime ;— elle est belle la mort ! Du grand ange de Dieu sur le front, on vedette, Do la vio est le passeport !
Pope 1 Twicsesham Il ï a de cela cent ans — cent ane et plus !
Ij'ii ItMÎlli^ j;ii-ili:i ],i;r(iic1tiiit ;i l'Iucl'iis
D'entrer sans frapper à la porte ; Laissant entrer aussi les vents capricieux Qui faisaient onduler le réséda joyeux
De ses parfums de toute sorte.
Gentilles vagues dont l'ondoiement parfumé Jetait aui alentours un délice innommé,
Imprégné do l'odeur des roses ; Dca anneaui émsillés, dea étoiles do Heurs Que la terro a nourri du suc de ses saveurs
Se gaudissaient fraîches écloses.
Si dans l'intérieur vous jetez un coup-d'œil, Tout recroquevillé dans un large fauteuil
De la fenêtre en l'embrasure, La main sur le genou, main aui doigts effilés,
Les feuilles de la pluie abandonnent aux vents, Les pleurs d'or et d'argent ; les gouttes des auvent» Du merle aux notes font la base.
Dans l'humide gazon diamants et saphirs
Avant do gagner leur auberge ; L'n rayonnement d'or remplit i'nir îl l'entour Donnant plus vil' ii!jle 'l l.i -jii.jiili'ur du jour
Et dorant lea fila du la vierge.
Cependant insensible à tuutes ces beautés, Lnngue angoisse sii'jwint .sur w traita contractée,
Les yeux éteints, le regard sombre, Cet homme solitaire est 111 dans son fauteuil, Drapé dans ses penser» comme dans un linecuil,
De l'existence ainsi qu'une nmbre.
Où dos lauriers ont ceint ce haut front tant de fois, Est lo bonnet de nuit chiffonné du bourgeois,
Des sourcils voilant le cratère :
Une robe do chambre un jour d'un beau brocart Entoure, mais sans aoin, ce précoce vieillard
Dont la peine paraît amere.
En lui tout, en effet, montre un abattement Dont rien ne peut donner idée éloquemment,
Tant ce chagrin est plein d'alarmes :
Et cependant ces yeux si tristes, ils n'ont pas Ces fontaines du cœur qui comme un doui sonlas
Nous font parfois l'octroi dea larmes.
Ici vous no voyez nul semblant de douleur, Mais des symptômes vrais, tout lu train train du cœur
La peine sans bruit et muette; Près ce pauvre affligé rongeant dana son fauteuil Le repas du matin reste sans nul accueil,
Sur la table simple et proprette.
D'un service d'argent parmi tout l'apparat Gît flétri, refroidi, l'odorant chocolat
Brun— sur une nappe de neige; Et nnn touchés, l'anchois, le beurre, le cresson, La tranche de bacon, lo piquant aaucisson,
Et de menus fini ta le cortège.
Une abeille gavée an rayon du soleil Etale en folâtrant son corsage vermeil