‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 58 sur 116 · LE CHAKT DE LA BÊCHE · texte numérisé non relu

LE CHAKT DE LA BÊCHE

" C'est do bonne heure, hélas ! " dît-il, "c'est de bonne lioure

Se séparer du beau, du cliarmnnt, du joyeux,

Le soleil de la vie a lui sur ma demeura

Et j'en ai bu le vin, avant qu'il no fut vieux I

" Et vers un paye sombre aiijni:nrinii matin miru-,

Mui l'Uiirai- -i jiïc-il le i'i!ri:li! îles plaisir»,

Du b'.llll 'Kl- L [ " i.-- L 1 1 il ri 1 '■. aujir i la IllilJbJ

J'étreins la froide tombe où meurent les désira. " Gare à vous, mou ami," dit -il, " le plaisir rnSme l'cvte i>t f-en bâ-uvritlanl. Souvent en vrai butor Il voua envoie an loin finir votre poème, Pour lui de la jeunesse en vous confisquant l'or." 11 s'en fut — nus luisant pin* tnjji! en conscience Que ut l'étais avant car je vit que la Mort Et la Terreur n'avaient entr'cllea d'alliance, Jeunes et vieux étaient sur ce point lit d'accord. Vous suivez les détours d'une vallée ouverte,

Vitu \<>u- ]■:..! LiiL:iiaz \m admirant cette, Quand la foudre .... du ciel fuit trembler les lambris. Vous cherchez un abri— votre recherche est vaine. Et la pluio en torrents sur vous verse ses flots, l'Ius de fleura maintenant, du veut la seule haleine

Or qui cueille le plus de fleurs sur cette terre,

De Gomotrhe ce fut le regard 'en arrière Que la femme de Loth jadis se retira.

Le CaïKT DE LA BÉCHK.

Parlez-moi do la bfche et do la main calleuse tjui A-n son crâm iiiciiit ]-.!jur nu rnde labeur, Foin du seigneur ! mes gars t et de sa luoin soyeuse, La force est en vos mains, c'est l'or du travailleur I Il n'est bainiae ici has plus sûre que la terre, Plus y déposerez, et plus aurez de gain :

Que si vous avei trop, secourez votre frère, Gagne rei bon renom en servant le prochain.

284 EN PBEBENCE DU TOMBEAU DE 1IOOD.

I ):l s ■ s tu InT-t-ln! a trmivr sa gloire et son bouheur.

La beclie o défriche" le marais, la bruyère,

Et bien plus que le glaive a servi d'oclaircur

A notre humanité. La bBehe il l'Industrie

A frayé le ehemin de jiar delà Isa inera,

Pour nos feinim's rt. nous fil.' n faîi la patrie,

C'est la Heine du monde— oh I pars I soyons en fiers !

LOCKYEK (8TJ3WAET).

Lajjy Eehtiie et ses tboib Akocbevs.

Dans son boudoir I.ady Berthc est assise,

Arrangeant, lissant ses cheveux; '■ Oh ! quel ennui me donne leur emprise ! "

Je vomirais bien que Sainte Anne me dise Celui ia qui m'aime le mieux I

" C'est tout d'abord Hildebrand, le beau Sirel Son castel a noble beffroi;

C'est un bel homme, a la taille bien prise, l'Ioyant le genou devant moi ;

T.iDÏ HEBTHE ET HBB TBOIS UCOURBtTX,

Mais j'entrevois que sa cavale grise

Bien mieux ipie moi lui plaît ma foi !

" Pois il y a L'héritier du domaine

De Cluul. jeune paon orgueilleux ; Si l'or, la soie et folio mise en scène

Prouvaient amour impétueux, Oh 1 quel amaiit ! . . Mais d'amour à la. cliaîno

11 préfère le vin mousseux.

" Puis il y a îe liflchelior Alain

Aux façon» graves et rêveuses, Ses jolis vers ponr moi sont un Écria'

De louanges délicieuses ;

Alors parla la brnno Marion

La soubrette — une fine monclie :

■' Si nui ([miniez dit lu permission

Dame ! de mire belle lioiiclie.

Do vous servir, j'ai la conviction,

" Moi je dirai : 'Sladamo est au plus mal !'

Ton plan, oui d,\, ma semble original

Commençons dis aujourd'hui preste 1 " Pondant dix jours entiers dans la maison

Sa tint la noble damoiaoilo, Et la soubrette, infime trahison !

A l'coil un pleur on sentinelle.

Ami ninijureui a'tri viul in p/ilu.H-ult

Anuonccr la triste nouvelle :

L1DT BEIITUE ET HE H TBOIH AMOUREUX.

"Madame est mal ! bien mal I presqu : .\ b inun !

Or, Hildebrand, je dois le dire S'eu fut chasser. Dans un plein rouge bqrd

Do Chad ... lui 1 nova sou délire ; Mais pour Alain, il changea tout d'abord,

Puis il tomba de mal eu pire.

11 ne prit plus dans la mer, dans les bois,

Mais t:!ijii[UL> nuit, l'U Sri tristi-s émi'if.

H vint murmurer b& prière Sous son balcon, et la jour bien îles fui*

Vint savoir sa santé si chÈre 1 Et quand il «ut qu'elle allait un pou mieux,

De juin il répandit dci larmes, Et quand plus tard ou dit H l'amoureux

Pour sa vie il n'est plus d'alarmes I il dit : " Pour moi ce monde justes cieux I

Peut encore avoir tous ses charme* 1 " Puis vînt e-tilin le jour vh de nouveau

Il put revoir la Darnoïselle, De Chsd aussi l'orgueilleux Jouvenceau

S'en vint tout bardé ... de dentelle, Sa joue avait du vin le rouge sceau,

Plus vint aussi lo Sire Ilildcbnrad

Juché sur sa tierc monture, D'un ceil hautain, et plus tiu'iiiilirtMi iuit

11 toisa les dcui, d'aventure :

Apres cela, ce satané gourmand

De Mario" sur la figure

Qu'elle' était ps'olc adorable I Que son cou blanc pour collier précieux

Serait une place admirable !

Et puis il dit ; " Ta maîtresse à mes yeui

Va se montrer de par le diable ! " l.ji line immdie a dit au (.'liovalior :

Vuus vous gausses de moi. beau Sire !

LÀDT BEBT1IE ET SES !']:'] III AHOORKUI.

Mon cou n'est pas fait pour riche collier, Mais à tous les trois je do:- dire,

(Pour que n'ayez pas a vous enrayer), Ce qui pourra vous interdira :

" Ne voua doutci point comme les douleurs Do Madame ont changé la face,

Ses beaui cheveni aui si blondes splemh'tira

Et ses doni jen, — leurs rayons enchanteurs

" Elle a voulu quo do ces désarrois

Tous les trois ayez connaissance." Lors Hildebrand sifflant son clùen danois :

" Moi, je lui dois reconnaissante," Dit-il sondain, "depuis qu'on un tournois

Reçus horion d'importance, " Ilélas ! je suis ,\ l'aspect d'un malheur

Vraiment comme line jpimi: fille , Et voir ainsi Laiiy Bertho, d'honneur 1

Serait . . . parole d'évangile !

Affreui tableau pour mon trop tendre cœur !

Que la beauté" donc est fragile 1 " Portant alors a son béret la main,

Le re- voila sur sa cavale, Fuis au galop il rebrousse chemin.

De Chad n'ayant de lmti-[>hali\ Vinensemcnt lamenta son chagrin

D'une voii archi -sépulcrale :

" Oh I " qu'il a dit : " satin, soie ou velours,

En total trente-trois toilettes, Ni plus ni moins I . . do bonheur à rebours

En voila dis-je des emplettes I N'aimerai plus de dame aui grands atours I . .

Ma foi m'en retourne oui guinguettes. I " Disant ces mots, chancelant, ahuri,

11 s'en fut pomper sa piquette.

Le bachelier lors d'un œil attendri

Prit dans son sein une fleurette.

288 lillT BEBTIIE ET SES TBOIB ÀVOUBEUX.

l'iarip, liûlaa ! mais gage bien chéri,

Et puis il dit a la soubrette :

" Prends celle rose, et porta la, va, cours,

A la dame de mes pensées ; lijii li--] ni m: s supurura atours

Et us rares splendeurs passées, Quand je reçus ses feuilles de velours

Maintenant hélas! affaissées.

11 Ce qui me rond bien chère cette fleur,

C'est qu'elle réunit en elle Je ne sais quoi do magique en ton etcur,

Qui mes souvenirs les rappelle; Si que pour moi, c'est encor du bonheur 1

C'est bouton de rose nouvelle I

Lad}- Bertho est toujours la grâce ! " Il achevait quand il la vît soudain

Devant lui paruilro eu personne, Ses jolis yeui brillaient comme un essaim

De boaui vers luisnnts dans l'automne ; Sa joue avait ce pudique carmin

Qu'on voit sur le teint d'une nonne.

Le vif rayon d'un éclatant soleil

Qui tombait sur sa chevelure, taisait I'l'IÎV! d'un nquTbe nrc-eu-cicl

Qui rendait sa forme si pure.

Qu'il voyait la sainte figure D'un pur esprit.— Elle étendit la main,

Sa main,— gentille main de fée, Puis elle dît : " Votre amour est certain,

Pour mon cœur, et j'en fais trophée I De cette épreuve— ohl vous aurci le gain,

Pour moi vous êtes un Orphée.

ÀTJ C0UCO¥.

Ne auis-jo pas telle que je lïtaisl Mo beauté s'est elle amoindrie ?

Ce mal rongeur, ami, je le fdgnais,

Pour éprouver mes trois amoureui." — Mais Le bachelier dit : " Par Mario I

.) 'en suis niché! . . Pour lors votre beauté Est plus vilainement perdue,

Que ne croyais 1 . —Car dâ In vanité Près de votre cœur nppendue

I^i un ;-..t|.i nt, en vÉritû,

Comme cristal— une fraie pure; tir mon nmour vint qui se rcpaii-sait

Des cliarmes do votre figure ; La maladie i moi rien n'cnlcvail,

Carj'ndoraia votre naturel

" Mais quand vous vois snns pitié ni merci.

Avec l'insouci d'une chatte,

Vous amuser d'un cœur froid, cndnrci, A nous donner un cnup de pulle,

Ça, pour nourrir votre orgueil rétrfd, Un vil orgueil d'aristocrate,

Ma foi je rends bien des grâces à Pieu

D'avoir pour moi rompu le charme ;

Je ne suis pas ballo pour votre jen,

Ne prendrai plus pour vous alarme :

Donc Lady Ucrthe — .\ vun.s je dis iidien.

Vous ne valez pas ime larme 1 "

LOGiN (JOHN).»

Au Coucou.

Salut i toi gentil étranger du bocage,

Messager du printemps, De ton manoir le ciel reverdit le branchage Et les bois t'oifi-ent leur encens.

Au temps oïl le gazon n'orne de pâquerettes

D'une Étoile aa-tu donc les flammes jolîettes

Pour t'éclaircr on tapinois î Bien aimé visiteur I avec toi je salue

Tressaille on entendant ta note printanièro,

Et cherche ïi répéter ton chant.

Maia au temps où lo pois endosse la livrée Ile ses b lança vêtements, Tu fuis vora d'autres hooi, vers une autre contrée

Saluer un nonveou printemps.

Doui oiseaul toujours vert est ton charmant locage,

Ton ciel tonjours serein, Tu n'a pan de chagrin dans ton gentil parlagc,

Aucun hiver aur ton chemin.

Si je pouvaia voler, j'irais H. tire d'aile Avec toi ions tea ans !

Dans l'univers entier voir la fouille nouvelle Qui verdoie a chaque printemps.

LOXGFELLOW (H. W.)

De la nuit dru i

Des Alpes lee déniés sombres Avec une Ijanniere étrange qui portait :

Escelsior !

Son front était plein de pensées,

Et son ceil lançait des éclairs ;

C'étaient comme des voii passées Ces étranges accents qu'il jetait dans les airs

Il vit m

De foyers cliauds, brillants, heureux ; Au-dessus, spectre séculaire La glace miroitait ; et lui de dire aux cieux ;

Excelaiorl

"Repose," lui dit In jeunesse, " Ton front alourdi sur mon cœur ! " Dans son tei! vif un pleur d'ivresse Terla; — mais lui soudain reprit avec ardeur: Excclsior 1

" Gare à l 'effrayante avalanche, Et gare a la branche de pin 1 " C'était le vœu d'une Sme franclie !

Maie des hauteurs du roc ce mot tomba soudain :

Que les moines de Saint Bernard Av. L-irl i'1>-v;ih!:li ].ii;ï pri'w.

Quand ce cri retentit a travers le brouillard :

Un voj-ageur parmi la neige Trouve 1 par un bon chien, gisait, Tenant dans sa main comme un pleige Cette même bannière étrange qui portait :

Eicelsior 1

Dana le froid et gris crépuscule Il gît inanimé, mais beau ; Lors du ciel sur le monticule Comme d'un saint écho roula ce mot nouveau :

LA VILLE ABEIÉQÉE.

La Ville Assiégée.

J'ai In, no sais dans quel vieui chroniqueur,

Une légende étrange et vague, — Que do minuit spectres suant l'hin-reur,

Menaient le siège devant Prague.

Des deui cotés du Moldsu babillard

Et bous une lnne blafarde, Se tenaient la comme en un cauchemar

Dca morts l'arriére et l'avant garde.

Tout aussi blanc qne ces brouillard» de mer

Qui viennent envahir la terre, Apparaissait ce camp sorti d'enfer

Qu'à moitié coupait la rivière.

Aucune voii, nul Bon, point do tambour,

Aucun pas troublant la silence, Etendards morts étreignunt l'air autour

Comme vapeurs sans consistance.

Mais quand soudain la cloche du saint lieu

Sonnait l'heure de la prière, Soudain aussi comme i la voîi de Dieu

Disparaissait l'année entiire.

Spectres de fuir au loin, au loin, an loin,

Descendant la large valléo, Et du matin l'étoile était témoin

Du leur déroute échevelée.

J'ai lu depuis au livre mervcilloui

De cet arcane appelé l'homme, Qu'un noir essaim de fantômes hideux

Toujours l'assiège— et voici comme :

Blottis devant l'imagination,

Et près du ruisseau de la vie, Ils lui font voir dans chaque pii^-suni

Un objet de L-rainU' ou d'iaiviu.

Puis à sa vue apparaît a minuit

Le camp de la horde infernale ;

Avec un son lugubre qui bruit,

La vie alors eoulo et s'exhale.

l'acek de dieu.

Nullo nuire Toii, nul antre aon n'est la,

Parmi ces guerriers de In tomba Aucun iliSfî, — - pas le moindre holà,

Rien que lo bruit de l'eau qui tombe.

Mais quand soudain la cloche du saint lieu

Appelle l'Ime a. la prière, Soudain aussi connut! il ];l vois ik> Dieu

Des spectres fuit l'armée entière.

Pilant, filant nu loin, au loin, au loin Par daln le vallon des larmes;

La foi revient, la ciel en est témoin

Et notre cœur n'a plus d'alarmes.

L'Acre de Dieu.

Il me plaît ce vieui mot saion: "l'acre de Dieu!"

De l'asile des morts il consacre le lieu,

Et protège i la fois la tombe et sa poussière.

L'acre de Dieu I Ce mot est mot consolateur Pour cent qui dans la tombe ont laissé la semence De ce grain qu'ils avaient amassé dans leur cceur, La pain de vie, liélaa ! dont ils n'ont plus l'essence. Nous serons tous jetés dans ce sillon sacré Dans In foi de monter vers 1s sainte Phalange, A lu grande moisson, quand sera séparé Le bon grain de l'ivraie, au souJna de l'archange.

Et les bons fleurirent d'immortelle splendeur

Dans ce nouvel Eden séjour de In lumière,

Et eliaque hiîlle finir mêlera sou odeur

Au parfum d'autres (leurs que ne vit point In ten-e.

Avec le rude soc de ta charrue, fl Mort I Tu retournes le sol oh nous semons nos graines; De notre Dieu c'est Ut le champ, c'est l'acre ofi dort I.o grain qui doit produire un jour moissons humaines !

Le Betttioi ds Bruoes.(') A Bruce, bu milieu du marché surgit virai et gris le beffroi, De ses tendres sorti trois fois, sur U ville il domine Roi. A ce beffroi qui fuit le guet, je fus un matin II l'aurore, Comme veuve quille son deuil, h terre soudain de phosphore S'illumina. Villes, hameaux, vapeurs grises, cabane et nef, Le paysage était là rond, comme un bouclier en relief. La ville a mes pieds sommeillait. Deçà delà hlanclie fumée En spirales agitait l'air, et puis s'éclipsait consumée. De la cité pas un seul son à cotto heure no vint à moi, Un cœur de fer battit pourtant dans l'antique tour du beffroi. Du haut dos nids, sous les chevrons, chantaient gaiement les hirondelles, Le ciel me paraissait pins près que ce monde, sous les poutrelles. Alors les légers carillons ces voilleurs des temps d'autrefoU Firent vibrer étrangement leurs toutes fantastiques voix. C'était le sourd chuchotement d'un choeur de nonnes séraphiquos, Et le beffroi tintait son glas, plain-chant de ces notes mystiques. Voilà que soudain mon cerveau s'emplit de fantômes brumeux, Et sur la terre j'nppereus marcher les ex-vivants entr'enx. Le puissant Baudoin, Bras de fer, — et tous les Forestiers de Flandre Lyderick du Bucq et Cressy, Philippe et d'autres Alctandre. Je vis donc ces prccesiiuiis qui pullulaient clans ces vieux temps, Chevaliers de la toison d'or, nobles darnes, négociants

{■) Des journaux Anglais sérieux, non pas de ceux dirigés par ces jeunes échappés d'Oxford et de Cambridge, uni bourrés de Grec, de Latin, et do Cbiffres ne connaissent pas lo premier mot do la langue Française qu'ils écomlient * plaisir, et qu'ils jugent cependant en dépit du sens commun et du bon sens outragés,— Dons ont fait un crime de n'avoir paB traduit " Macbeth" en blaak rrrae;— incapables qu'ils sont de juger de l'effet désastreux que le blant rtrje Français ferait sur des oreilles Françaises. Cos ergoteurs éméritos, lapestodo la critique Anglaise, Bcront les premiers, nons en sommes sûr, à crier Harol contre notre traduction du beau potaie de Lonjtfellow, " The Belfrvof Bruges," Nons leur dirons que nou- iieui-loiiS jamais Inventé ee vers-récitatif pour un de lins pofcuics originaux, m:ii> i|u'.; ai-.l h reproduire ifcs vora bfroiqnes qni n'ont pas d'analogue dans notre langue.— nous avons essayé ce mode, — qui nous semble bon .... à être évité.— Cl C&amtier rte Châtelain.

Ambassadeurs de \hu:t puy. ili. : p[nY;*ut pompe souveraine.

Humble, agenouillé sur le sol je vis Je fier Utxînnlîoxi,

Je vis 1 la chasse Marie avec son faucon et son chien ;

Je vis sa chambre tj ii^il L^i 1.- ill-.miim'i', rwee la Reine

Un Due couche— glaive au milieu,— gardée arméa formant la chaîne ;

Je via les Tisserands flamands, Namnr, Juliers d'autres encor

S'en revenant victorieux du combat des (parons d'or ;

Le combat de MUuiowuter, les Capuchons blancs en embuscades,

Et puis le nid du dragon d'or pris par Artcvcldo aui croisades.

De nouveau le fier Espagnol frappa tout le paya d'effroi,

Et de nouveau sortit la voir du locain,— parla le beffroi ;

Jusqu'il co quo de Uand la cloche eut dit : (c'est du l'histoire 1]

"Je suis Roland I je suis Roland 1 DanB le pays est la victoire 1"

Le tambour m'éveilla soudain. Et la cité dans aon réveil

Fit refoulur dans leur tombeaui cea fantômes do mon sommed.

Sans m'en appercevoir vraiment, j'avaia vécu neuf heures presque,

Car en descendant du beffroi, son ombre brillait gigantesque !

Le Cabillo».

Dans l'ancienne cité de l'iandres, A Bruges, la ville aui méandres, Comme tombait l'ombre du soir Tant épaisse, qu'il faisait noir, Doucettement mGlés ensemble Trottant tout seuls, ou bien a l'amble, Ou volant comme papillons, Sonnèrent les gais carillons, Troupe gentillette ot folître, Qui do co noble amphithéâtre Ou sur le marché veille Roi De Bruges l'antique Beffroi, Descend en argentines perles Comme le divin citant des merles.

A ces notes du réveillon Que fit le joli carillon.

LE CAUÎLLON.

Répondit gravement l'horloge.

Dont l,i voit jamais ne déroge ; Et cette voii bien lentement, Et toujours solennellement, Laissa tomber sur la demeure

Et le silence descendit Sur la ville, ol partout se fit Dans l'atmosphSro et but la terre ; Sauf le pas d'un retardataire, De quelque brave et bon bourgeois S'en retournant chez lui parfois, A la lueur du réverbère,

On n'entendit plus rien; l'échu De Bruge eut bientôt fait dodo.

Mais au milieu du quasi songe Dana l'insomnie oïl l'Imo plonge, Moi toujours j'entendais le bruit Et les étapes de la nuit ; Jusqu'il ce quo lo son des cloches Do leurs croches et doubles croches

Vinrent mêler leurs carillons Avec ces visions, ces rêves A me leurrer ne faisant IrÈves ; Bigarres monstres, cauchemars Tantôt séria tut, goguenards.

Qui disent la bonne aventure, Et qui, taquins de leur nature, Vivent tous sous des noms divers Par delà les vastes déserts Du pays, que par antiphrase On nomme pays do l'extase :

Tout le reste était endormi,

Dans l'ancienne cité do Flandres Dans Bruges la ville aux méandres.

Et je pensai dans mon émoi, Que cet carillon» du Beffroi

LE 0A.1MLLOV.

Comme rimes aériennes

Du poète, étaient les antiennes

De l'air et de l'immensité ;

Et je me dis on aparté :

Nul homme ne saurait entendre

Du poète la voix si tendre,

Ses rimes et ses rondelets,

Ses gais refrains et ees couplet».

Ses lais imprégnés de tendresse,

Ou do chagrin, ou de liesse,

Qui du beflroi de son cerveau

Viennent so grouper en faisceau,

Et puis delà, de sa faconde

S'épaudre ensuite sur le monde ;

Car l'oreille assoupie au soir,

Et le jour regardant sans voir,

L'homme entend sa musique à peine

Sans en appercevoir la chaîne,

Faisant fi du poète enfin

Comme du son ciem do l'airain.

Cependant il ta peut par clumce

Qu'un hère de peu d'importance

Attendant l'heure du rdvoil,

Et cherchant en vain le sommeil,

Et logé dans quelqu' humble auberge,

On dans la vie on nous héberge,

Quand du jour a cessé le bruit,

Et que règne la calme nuit,

Puisse ouïr avec fhscinage

Du poète lo doni langage.

Jusqu'à ce que sans y penser.

Se présente à lui le penser

Qu'il nourrit depuis son enfance ;

Ou que soudain encor par chance

Parmi les carillons, les chants,

Il entende les sons toucliants, t

Le naïf et gentil parlage

Do la cloche de son village ;

Puis s'éveille, en sentant ses yeni

Mouillés de pleurs délicieux.

LE TIDEECOME DU ROI WITLAF.

Ainsi moi je fin un deux songe Quaud j'étais la nuit, quand j'y songe, Lu uuit d'un beau de) constellé, A Bruges, h la fleur de Blé, Quand j'étais d'éeouter avide Les carillons qui dans la vida Dansaient, en m'apportaut l'émoi, Quand ils descendaient du Beffroi De l'ancienne cité de Flandres De Bruges, la ville aui méandre».

Le Videecoue du Koi Witlaf.

Un Roi des Saions qu'on renomme Avant de liler adpatra, Witlaf, laissa son vidrecome Do Ooylund aur joyoui fralra, Afin que quand ferait ripaille Et boirait soc, c'était bien clair, Toute cette sainte MoinaiUe Pour son Sine dise un pater.

Un Noël dans leur réfectoire Trouva festoyant nos barbus, Vidant la coupe, et dit l'histoire Nos moines étaient un pat but.

De Witlaf ils burent à. l'Urne, Au Clirist le divin Rédempteur, Et puis buï douze ap3tres, dame !

Qni prêchèrent notre Seigneur.

Ils burent tous comme un seul homme Aui saints, aui martyrs d'autrefois, Si, que vidé, le vidrecome Dut bb remplir une autre fois.

Et voila du haut de la chaire Que vient nasiller le lecteur La légende de Saint Gutlaire, Et de Basile le penseur; Jusqu'à ce que In grosse cloclio Du couvent eut dit : don, don, don

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