‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 74 sur 116 · O'SULLIVAN (TIMOTHY DANIEL · texte numérisé non relu

O'SULLIVAN (TIMOTHY DANIEL

Au DSLi df.b Meus.

Dois-je donc séparer, S ma vieille patrie !

De toi mon cœur aimant, et quitter 1 jamais D'une mer orageuse en bravant la furie, Pour des pays lointains le sol que tant j'aimais ! Hélas! mes jour.- de jjili cul [M-m' eumme une ombre, Do plaisir plus n'aurai jamais le vif émoi, 8ur mes espoirs déçus, jH descend la nuit sombre, Mes beaux jours sont finis, malheur ! malheur H moi I

O vons qui m'entourez, o bleultra montagnes, Combien souventefois sur vos versants ombreux, N'ai.jo pas admiré nos riantes campagnes, Reflétant les rayons d'un soleil chaleureux ; Combien souventefois dans la magnificence Du eoir, n'ai-je suivi le courant argentin,

AU DELÀ DEB KEttS. 295

Qui parlait a mon cosur, l'enivrait d'espérance,

Ou bien lui racontait l'histoire du lutin.

Combien eouvcutcfois, 6 ma douce patrie !

Ai-je rêvd pour toi le plus bel avenir.

Avenir 0(1 sur toi le beau de la féerie

San» nuago planait pour ne jamais finir;

C'en est fait ! ut je vols, mon coïl est plein de larme!,

Contre toi se dresser ton tyran sans pitié,

Bans souci de tes uiaus, sans soin do (es alarmes,

Des cliaincs il la maiu pour te river lo pié.

Combien souventefois mot) père, mon bon pire !

Avons-nous travaillé, le ciel en est témoin !

Malgré soleil, ondée ou malgré froid soVCro,

Pour tenir en respect ce tyran— le Besoin ;

Et maintenant hélas! que te volant ta força

Les ans suivent les ans sans amener un mioui,

Mon espoir, un espoir qui de moi fait divorce,

N'eiïsto plus ; no puis t'étre utile H toi viem !

Mais bêlas I bien en vain contre lui nous luttâmes,

H s'avança vers nous 1 pas précipités,

Et de ses doigtn ,V fin- |>'ui]:;iai]i. jn-qu'à nos âmes,

Il étreignit fougueux nu- c.nirs unwuglames;

Sur notre heureui foyer tomba soudain son ombre,

Et tout fut niellé, tout sentit la douleur,

Son toucher fit frémir mon front devenu sombre,

Si, que dans ma poitrine il se crispa mon caiur.

A toi qui m'aimais tant, adieu ma tendre mère,

A toi dont fus l'orgueil, qui lut vaine de moi,

Las! ton pauvre eiilé dans un autre iiémisphÈre

No trouvera jamais un cœur de ton aloil

Ob I mes si bonnes securs, oh 1 mon valcureui frire,

Dont aulrefoïa je fus le guide et le secours,

Dans mes songes, la nuit, vers vous tous mon eccur erre,

En quête du foyer que je chéris toujours.

Et toi mon seul amour, toi ma gente Marie I

Faut -il pour mon Timllifur qui; ju tu luisse aussi,

Pour maudire ce jour ou te fis, ma chérie,

Entrevoir le bonheur dans un bel éclaire! ?

Li PRIÈRE DTJ PÊCUEOH.

De tou promis il faut l'oublier le doui conte, Ah ! s'il espérait trop, son cœur seul la trompé, Adiiîii M-ti: Marie— il faut que Je rau dompte, Pour quo ce triste adieu de pleura ne soi! trempé ! Brin I oh I mon orgueil, oh 1 ma belle patrie ! O pavsdechansons, de joie et de douleur,

Ddul l'inin;ro e"t :.t.imV mi jirol'mui (11! mon i-U'Ut ; En vain te ctierclierai demain parmi les vagues, Mais malgré le lointain, le temps, l'adversité, Je resterai ton fils — si se tirent les dagues Prêt k voler vers toi souder la liberté !

La PltlÈllE du PioHSUB.

Le soleil se couche en colère, Le vent souille, que e'eM misère !

Hùnii; .MiLi ii!, Kiijilti di- k mer I

Conduis notre barque légère Au rivage Ik bas, vers ce qui nous est cher !

Lorsque nous quittâmes la terre.

L'air était brillant de lumière, Nos iMiirs lasers s'élancèrent vers Dieu, Notre barque fila légère, l>e Ion a-il violant ^ ■ n j !>' lie feu.

Mail le soleil tout en colère

Sainte Marie, Etoile de la mer,

Conduis notre barque légère, An rivage 11 bits! vers ce qui nous est cher 1 Le long de k sainte journée, Nous avons eu riche aumonéo, C'était, bien sûr, par k grâce de Dieu I NOUE avons fail ]. mu-ut: tiT.'in'e Pour pocher à gogo jusqu'à l'horizon bleu.

Mais voOa que la nuit soudaine Rend la mer houleuse et vilains, Saiiitu Marie, Htoilc île la mor,

Sois pour nous lumière sereine, Et conduis-nous là bas vert ce qui nous est cher !

J'apperçoiH les feux ilu village, Ma cabane et l'Eglise oïl reluit 1g cot[ d'or I

Sois il toujours notre Inmifre,

Toi des Marins la digne mère, Sainte Marie, Etoile de la mer,

Toi, notre espérance dernière, lieçois nos humbles vœui de par delà l'éther I

PABDON (G. F.) DnuiK.

L'Ange de la Malevolenco

Hnr mou berceau jeta regard chagrin;

Mais l'Ange d'Amour au doui charme, D'iui liant 1:lï>-ji ilmir une larme Sur ui'.i, :li*.ml : ■' IVti'il .'nus .li'liuilu [ "

Vint me présenter mainte amorce :

M'y laissant prendre, augmenta mon chagrin, Mais l'Ange d'Amour au doux charme, D'un haut me dit : " Sois sans alarme.

Ne te laisse enrayer, maïs espère on demain I " Maintenant sous le poids de l'ilgc J'arrive à la dernière page D'un livre las 1 clos île peau de chagriu 1 Mais de la mort le dernier souffle Doucettement nous emmitonffla

Pour le beau ciel la haut— et j'espiro en demain I

PABI9-DICK (MES.) Les Commandements de l'Asqsh'b.

Le premier coup me dit : " 11 est un Dieu qui veille, Sur toi pendant la nuit, comme en l'état de veille."

298 LES COMM.1B DEMENTS DE l'aBOELUH.

Le second coup mi dit ; " Rends grâce an doui Jésus

Qui le permet de voir encore un jour de plut;."

Le troisième me dit : " Place en Dieu confiance,

Il a trace 1 la vuii- r jù nous marduiiis- Avance 1"

Trois fois, et par trois fois a tinte" l'Angelus,

Et du monde surgit le flux et la reflui.

Le quatrième avis que la cloche sonore

Me donne est : "?ni* nulif, 11111 travaille s'honore. "

Le cinquième coup dit: " Viens en aide mi proi'Iiam,

il'.iiriouril'lsui peut t'ulili^cr demain." " Sois loyal et sois vrai," murmure encore la doelir, " Confiance toujours suit un eceur sans reproche." Trois fois, et par trois fois a tinté l' Angélus Qui vicat nous rappeler d'flngéliquM vertus.

Le septième coup dit : " Jouis avec sagesso, Et des plaisirs mondains, fuis la trompeuse ivresse." Le huitième coup dit : " Sois fort dans la douleur, A travers les chagrine, Dieu te mené au honheur." " Homme pense 1 la mort," redit la cloche encore, Car la vie ici bas de la mort est l'aurore." Ainsi dus qu'au matin résonne l'Augelus Chacun dit 1 son cœur ; "Oramnf Orania!" Voici le soir, trois fois, et [>ar Irois fois la cloche De son timbre argentin nous dit : " La nuit approche.' Le premier coup me dit: " Le jour est au déclin, Ton labeur est fini, [utihIs du repos enfin."

Envers Dieu, qui bénit l'humble persévérance. Le troisième mo dit : "As-tu fait ton devoir, Du ciel qui te ivinlemplv as-tn reuipli i'usmiir? Et trois fois, par trois fois du soir tinte la cloche, L'i'i.-eau lu 1 eiianle |ilu- — On lie [>b.^ la niel'uv. Le rii.ah ii'TiK! euiip nie dit : " Demande II Dieu Pour travailler deniaiu la furee en temps et tien." Le cinquième me dit : " Souviens-toi, pauvre liire, Que sans Dieu tu n'es rien ; que tu n'es que poussière

Mi FLEU1Ï. 200

Le siïiemo mo dit avec un saint effroi :

" Ne va pas supposer que sii jours sont il toi ! "

Et trois fois, par trois fuis [lit soir tinte la cloche,

Ces sons me disent-ils : "Ta dernière heure est proche?"

Que Jo septième coup fnseo vibrer l'éther,

Et surgissent sondai" los sept vceui du Pater.

Le huitième coup dit : "Ah! puissent nos prières,

Pur encens, aYlever vr:rs lu- célestes sphêresl "

" Sois vigilant la nuit," dit le neuvième coup,

Car si Dieu t'appelait, il faut être dehout 1 "

Et la cloche du soir éteint son doui murmure ;

"Amen!" est le seul chaut que bruït la nature.

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