‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 77 sur 116 · POPE (EEV. W. LAN G LE Y · texte numérisé non relu

POPE (EEV. W. LAN G LE Y

Le HocnEn des Sohcièhes.

(L/gcnie Je Jtnef.) Jadis était un gai village prSs " Iji Roque," Un bon et vieux pssleitr y vivait h l'époque

Iji perle du joli hameau

Etait la blonde Madeleine, Iles lillcs de pêcheurs, sans contredit la Reine. Son oeil d'un bleu foncé du ciel avait l'azur,

Et comme un beau jour était pur.

Jeune, chaste et pleine de srriies'.

Elle attira dans ses filets Hubert, dit " sans frnyenr," ]n' i;hciir ries plus parfaits, l'Iciii de fougue et d'audace.

LE BOCHBR itva BOBCliaSB.

LasI pour Je v^.ie .ivnm rii'~ .-miner.- fiagiilu'iTi. Si nue — sur le I r . i l- 1 1 1; r l . — 1 1 ■ li.itlirr (li's Sorcière?.

Noua le trouvons h l'heure de minuit, De» vagues et du vent hu beau milieu du bruit. Par la main d'iui ç.'-.mt ituiliuc abattu, par terre

Gisant, ronflant en dépit du tonnerre.

Sortant enfin de ce rude sommeil,

Il voit autour ,1e lui reluisant tout vermeil

Ht traînant sur le sel un éclat de soleil,

Haie d'un soleil plantureux et sans voile* ; En revanche an ciel point d'étoiles.

Ni Bonn le ciel point de rocher, L'œil voudrait on vain le chercher :

Mais c'étaient des formes charmantes, Aui cheveux d'or, un boucles ravissantes, Aui regards vifs pleins de lascivité,

Prêchant l'amour lies sens et la lubricité.

De ces houris la Reine,

Loi fit vite oublier la chaste Madeleine.

De l'amour qu'il ressent sus 1 il lui fait l'aveu : — " Je partage ton noble fou," Lui dit la belle créature, " A la voillo do la Toussaint, Reviens ici, je t'en conjure,

Et le bonheur sera pur nos deux cœurs atteint."

Elle a dit, un long cri dans les lin se prolonge. Et tout s'eftace comme un songe.

Ne saurais vous dire comment On apprit la chose au village,

Madeleine voulut, mais hélas vainement

Empêcher son amant volage

D'aller au rendez-vous. Il lit l'affreux seraient

De s'y rendre, dut-il casser son mariage.

9'on fut de vers si. m tmifc-v-eni A sa peine chercher solace :

— " As-tu foi, mou enfant ?" lui dit l'homme de Dieu, " Du Seigneur il te faut la grâce

Pour aller du lioebert affronter le milieu."

Ma foi, je la tiens iln ciel mîrac ! " — 11 Alors," lui dit le prêtre avec bien douce voii ; " Pour talisman, enfant, prends celte croii.

Je m'en vais prier Notre Daine Qu'elle ail en pitié la chère Ame!"

lin tempête hurlait— hurlait avec fureur,

Le vent mugissait tapageur.

Alors que du Rocbert, non toutefois sans peine, BUe franchit le pic la pauvre Madeleine.

D'une clarté fbnsbre a la jaune lueur

Son amant, son Hubert, entoure" lie sorcières ;

Au fin fond de l'enfer l'entraînaient cette fois, Lorsqu'au saint aspect de la croii Elles s'en furent les vipères,

Sous le Mont Saint Michel enterrer leur* colère

Par Madeleine ainsi sauvé.

De ses vices, Hubert, crânement lessivé,

A sa femme resta fidèle, Et des époui devint depuis lors lo modèle.

PROCTER (MISS A. A.) Cw Chevalier Ekbant.

Bien qu'il vécût, et mourut parmi nous.

Son nom peut être cnriilé par l'histoire Carrai les Chevaliers dont les faits, vertuchous I Nous ont été légués tout incrustés do gloire.

Tout jeune oncor, contre la Pauvreté

Il sut lutter, sans risquer son écorce.

Acquérant on luttant pouvoir et volonté, Si qu'enlin de son bras il roconnut la force.

Lors il offrit ot sa vie et sou cœur A Vérité— sa divine maîtresse, Et jamais un seul jour ne trahit son ardeur Envers le tendre objet choisi dans sa jeunesse.

Pour proclamer la valeur sans égale Do Vérité", pour elle endurant bien des maux, ilais de ses ennemis pourfendant la cabale.

Dana son chemin d'abord il rencontra Un monstre affreni, la hideuse Ignorance, Contre elle il combat: lit taiii. qu'il la déchira, Et la mit en lambi'aiii soies Us i-..ujjs -le sa lancr

Lors il brava l'encroûté Préjugé, Le pourcliassant jusques dans son repaire.

Sans trêve ni merci !e broyant l'enragé I Et du pïé l'Écrasant ainsi qu'une vipère.

Il rencontra, c'était pénible il voir, Tenant le haut dn pavé, la Routine,

Lors éehaullc par ce rmlo cn:nl.:i-.

Il défia, le constate l'histoire, i. 'Opinion roi Monarque scélérat (Jui sur le monde asseoit son règne transitoire.

Et de nouveau se relevant vainqueur,

(Quoique blessé dans le combat lui-même.

Il vit, bien qn'oipimnt, s'en réjouit son coîiir, Que Daine Vérité sur tous trônait suprême !

A son oreille, hélas 1 qui s'i'icipiait

Venaient les cris qui saluaient son trône, Et lui dans l'avenir point ne s'inquiétait Si de la renommée on lui ferait l'aumône l

Li>] , :3 i-f.ui:^' p?.r maint t.iii^ieinl orii-.ki;

Du chevalier s'emiett» la vie, Et la foule qui court, qui toujours fait sabbat Sans plus penser à lui s'en fut toute ravie

Leva ses yens vit. Dieu, puis mourut en silenec!

La Vie et ia Moiit.

"CiifJi pïre ! qu'est la vie?"—" Un combat, mon enfuit, Où peut fiiire iliuu-lù.'iiii' la bun\' hi [ilua forts, OÙ la plus ferma cœur peut n'.'tro triomphant,

Où la plus tiare vue avorte ; Oïl ne «lmnient ni jour ni nuit uns ennemis, Où les chiurrins Dur nous tombent eu giboulée,

Quand la labeur est fait et In lutte finio^"' ' Le bel ange do Dieu du monde nous biflant,

Nous fait cailcau tle l'agonie :

I Plus do combate I ' dit-il, ' rade retrà, Satan I ' Et puis do notro main la lance et la bannière

II les prend, et soudain ne souffle plus l'autan

Et la pui.\ laii [iliitt! :l h. -ucriv." "Oh 1 laisse-moi mourir! cher pfrcï . . car j'ai peur Malgré moi aucconibar aux efforts do la lutte." — " Mon enfant, du combat il faut sortir vainqueur,

Ne faut jamais qu'en ao rebute.

Pour obtenir du ciel d'habiter le» lambris, llien que des ennemis, terrible soit le piège, Le bon Dieu de ll-liaui ivilk- >\ir les petits

Et de sa deitre las protège ! "

Monarque Olympien 1 du mont, qui sur la cim Fais mirer au euleil ton aile, Oiseau Sublime > Qui du haut de ton trône où règne le blafard Sur les bas-fonds du monde abaisse ton regard,

On, le bec aiguisé, les ailes étendues, Parcours l'immensité, tes .lu naines, les mies, Des cieui majestueux géant Qui plants sur notre néant I Oli ! que l'homme paraît infime, Lorsque tourbillonnant dans l'air Avec lu soudain de l'éclair Tu fonds sur lui dans son abîme.

Cimime jadis quand Jupiter, Cul recours il Toi 1 . . Puissant aide 1 .

Pour lui procurer Ganymède Dont il voulait doter l'étber.

Du Simoïs loin du rivage, Tu l'emportas jusqu'à la cage Qui l'attendait au pic des cieui.

Où plongé dans douï esclavage,

' 1 : 1 1 1 . 1 L s, line "m mmpi.;ui, di- l'Un sut la cinie, Terrifié, beuglait au sort de la victime.

Toi qui do Macédoine à la plaine d'Issus Suivis du lils d'Ammon les guerricisi invaincus.

Oiseau de rapine et de gloiro, Hout l'ombre gigantesque a surplombé l'histoire, Nid ne fut étonné quaud planas au-dessus

Du clmr mitré de Darius,

Alors que de suu attelage

Do feu, — dominant le carnage,

Te héla le héros surpris,

Te saluant comme un présage Par sou père envoyé des célestes lambris.

Oiseau Seigneurial, oiseau des hautes sphères, Do Rome tu guidas au lointain les bannière*,

Quand aui tleui bouts de l'univers Elle étendit sou joug bien au delà dos mers.

Des bords de la belle (ïaronne.

Jusques a tes débris, C. sombre Btbytona!

Ou entendit ses cris victotieui Ut l'on vit triompher son aigle glorioui !

De nos jours un -tyran ayant soif ûe conquêtes, Un Charlemagne de htuard,

ElUlirunta les splendeurs .ït Ion renom magique.

Pour essayer se greffer sur l'antique.

Les Alpes cl le Saint -Bernard Disent encor quel fut l'aimant de son regard. Son chemin sans pitié, les tilles do l'Autriche En cadavres ont su certes qu'il était riclie ;

Et lo vainqueur du rouge Harsngo De ses sanglants eiploits a fatigué l'écho.

En d, : |iit de : filial - des %-riillrtntr dis de Vienne. Avec quel calme froid lo dur envahisseur

S'asseoit dans la winglaiite nrfno D'Austorlitz, d'ienn le proclamant vainqueur! Avec quel beau méprit le superbe despote i;:itiii']-ii ■iipplier l'Impérial Ilote! . - -

Mais son étoile n pâli tout à coup, Ce fier Napoléon est chassé comme un loup ;

L'Aigle Gaulois nous le ciel Moscovite, L'nilu brisée, a pris la fuite,

Cadavros jalonnes autour des étendards,

Des bords de la {tara jusqu'aux lu. ni- de la firirn;

Peut cuver maintenant ses crime!, sob remords, Jusqu'il ce que la terre ait engouffré son corps.

Aiglo I Oiseau triste ot solitaire I L'aile alourdie, au-dessus de ton aire Peut-Stro veilles-tu sur le lirund Empereur,

Do l'Europe un jour lo vainqueur, Et près de sa tcmlio immortel le Te tiem-tn là— dernière sentinelle 1

BALLADE DES HEUX UOBE3.

Ballade deb Deux Roseb.

La Rose Rouge et Illnnulic— emblème sanguinaire, l.li- ilcus emails miiieini^ Ail l'rlrndard jadis, IJiir-.ii.l .lu [j-iis i l . il . ] n ■ f:iu r ' ili: l:i vieilli.: Angleterre

Car dans leurs grands discorda les deui ltoscs rivales

Mire, enfoui, frère, lœur. l'amour et sou ciel bleu ! Quand les Percy, lea Vere, et voire les Neville

lit i(iio lo Roi d'hier de façon peu civile,

La ltoso Kougc et UIeiiicIic — - ont mis sur la bruyère De Towton ( ] ] leur grappin ; et in donnent leurs Heurs D'une blnnclie ) i .\ L m r , d'un nui;; -nu^uinoiro, Souvenirs de en ni âge, et d'atroces fureurs: Quand au soleil levant flottaient nul.los bannières, Que les casques d'acier brillaient d'édal vermeil, Que battaient tant do cœurs qui ne se doutaient guerea Qu'ils seraient froids avant le eoueber du soleil:

û'j :ù::-, ( r.ibiii -. le- u-.-emeut.H ■ d . ■ ciinî il'.' iirave-, roE c ■■ Idimd.cs et rongea ponasctit m grande al.i.irla !],.■. t>, r.i-eE i-.ii-t il,' l'e..pi' c .1" lu petite, rose blanche écossaise. Ii: i.r.i|iri.i,iire du rli:un[i ii iiniliil. i'i^i essaye, do se délirus'Cr ,L cette vé-étaliuti tenues par le." muyens successifs de la ciuérialwi et .In -nivlve. Cet moyens sont rcilfs impuissants. Les roses ont jcusjS et poussent toujours. Selon la tradition populaire ces ro.,'-. ne ] r ■.i;c:it .-ouilrir d être transplnnteoi, ot ■e iel'M-j:id a ij.-.niEer 'i' 1 rouveii : 'v- l"'ir ai;trc -ni i;ne celui eeii'acre inr Ici rc.tc= de ce! l.rav.- '|iii y -iM'ioial.eivnt victime.- .r.nie .juei'Hc iiat;..nalc ja.eadce. t;ni .i. admit -a^erire contre mu- l.-^ndo si tondante le i«an[e et de ^Mjénioî "ft pu». > Ftro « itn (ruina.,'" DirOUl-UOtls !

IJiiainl le fui mi ninliu Main- d'un linccuil de uuiiîe Fut rayé, maculd d'un rouge cramoisi, Symbolisant aui ycui les Roses, leur cortïgo, Le soleil do la ïïe éclipsd sans merci.

Et l'oilii que depuis deiu fuis deui cents années. Do ses langes quand sort radium le printemps, Surgissent tout i\ coup, e'est 1A leurH destinées, Les Hoscs— soiivenii. dus amiiuns des vioui touipa, lit comme si eVlnii l'ell'et d'un sort magique, Pas une de ces Heurs ne veut aller jamais Fleurir et prélasser sa splendeur myrifique Du funèbre Towton hors des sanglants marais.

EBA D (THOMAS BUCHAMAN).

TJira Non n'OuitAOAH.

t'ait tout craquer jusqu'il l'cdio.

Le chat, le chien dormout dans la cuisine.

Aucun pied no se meut, pourtant à. la sourdine Vous entende/, dans l'eieulie:- A chaque marche nu pas tout singulier :

Il seinblu qu'eu su lionne, il suuible qu'on -e rue

Jusqu'il la porto do la rue, Avec un frôlemuut de soie et do satin l'our gagner nu plutôt le bal et le festin.

Par eubreeaut Et par-dessus le toit, la tempête s'augmente,

LA PLUME ET LE l'UÈTb.

La girouette et Sur lu elodie: do l'anci Et puis elle s'e

l'otir adieu fit cadeau d'une plume nu rivage ;

Un poète passant par lit Vit la plume, la prit, bref au vont la souffla.

ïuut i\ coup dans sa main habile Cette plume devint un instrument iWile ; La Muse s'en servit dans ses instincts divers

Pour émerveiller l'univers.

Et bien que les pensera sublimes du poète t'ii^m: lun^tunij)!- rester ti«nn eeilï du iniijilirli- Au mortels inconnus, invisibles aui yeui, Ainsi que les vapeurs voilant l'astre des cicui,

S'il fut vrai l'émoi du poète, D'un noble sentiment s'il devint l'interprète, Cotte plinne ne fut pas jetée au hasard, Et son action fut do diviniser l'art 1 Donc arrivons fi cette vérité' :

Qui no fournisse à l'homme une moralité." La plume du courlis n'est- elle paa un psaume!

1 SIUSalEUU DiLI.EIDIEn.

A Monsieur Balleydieb.

Miinibre ilu la Soi-iiiîu UiTitralu ifii.ira^ulinro de Fronts.», su

On I ce n'est pas en vain que la don de la vit Te fut accords Ballaydior!

Au grand banquet où le ciel noua convie.

Tu no t'es pas astis comme ce loup-corner

(Jui rêve J. table à l'argent qui lui donna

Des mets oiquis, fleurons do sa couronne :

Car l'homme fut créé pour un plus digne but,

Et la pensée est son noblo attribut.

De lu uature ordonné le Grand Prêtre, Ton génie h nos yen* dévoila les secrets

Que tu surprends dans ses palais, Un la loupe a la main tu vas épier naître Parfois les plus petits de ses nombreux sujets.

De l'Océan ikup lus ..jri.ttus profondes, Tu vas chercher parmi cas vieui débris des mont Les Algues, ces bijoui do ses flottants cheveux. Au pic de ces monts orgucillcui

Tant de merveilleuses Béantes, Tu portes notre cœur k In reconnnisKancc, Et sais bien mériter Toi que chante mes vers. Do tes concitoyens de ce vaste univers.

l'i'UHii-iie-toi toujours silencieux poète.

De h Nature sois le sublime intetpreto, Cherche dans l'océan, dans la mine, en tout lia Cher lUIleydicr ... le lieau I— Le Beau e'

LE HKBBIiîfï.

RI0HABD80N (PAUL).

Le Mendia kt.

Mourant do faim, épuisi'-

llcmninlor II uni bl cmc ut un abri pour bi nuit. La pluie (mil, c'est sûr, épouvantable.

Mais elle était plus on durable Que lu refus implacable, inhumain Im'.î sa rc i |iiC r c in brusquement ... son prochain. Il apperçut par ta porte entr'ouverfe De bien joyeus visages, certc, 11 vît le chien auprès du feu, Lui regagna l'orage .... 1 la grllce do Dieu ! Deci, <leli\ longtemps de par la ville Il essaya trouver asile ....

En vain .... de musique un doux son L'attira cependant do vers noble maison.

N'arguant le vent, la pluie et la tempête.

[,i rii:iu? '.jMMMit l'iil ''i 11 U- Dans ses salons delicieui, Tandis que grelottait le pauvre mallieureui.

Il vit passer nombre do silhouettes Grandes, petites, joli cttes, Il entendit les sons joyeui Conviant à danser maint et maint amoureui.

l'ihtsbrbiukt.

Kl rte iinuïfMii rte li fi.Uï tempête

I] fut ITu.lo en cmirliant 1a I'ip, Et In pluie au ne* lui crachait.

Le vent le souffletait et le turlupinait.

Toujours, toujours continuait la fête, Et toujours hurlait la teiiijirti'.

Lui ! restait la le mnlhcurcu:; ï.a musique amenait des larmes rions ses yeux. C'est que jadis, dans sa verte jeunesse,

On so dit bonsoir il regret.

Tour aller s'endormir sur un lit do duvet.

Et du matin quand vint In nouvelle heure Du riche délai ter la demeure, On trouva gisant sur le seuil

Le pauvre mendiant de litige, en un linceuil.

ïtOGERS (MISS ELEANOR).

L'ESTRR REMENT.

LEHTEUENT, lentement, lentement, lentement.

Les vivants quittant leur ouvrage,

Les morts à leur dernier m oui linge.

A leur dernier niuiiilluu-c uii 1 , > n 1 1 > o c 1 1 rtoucniu'iil Et toujours fraîches les ondées, Où le soleil également

E N0TTIVO1UM. 310

Et muette s'éteint la cloolie.

Quelques «oupirs plaintifs, un long gémisseme Du deuil ont marqué le passage. Comme en (5té lo firmament Se voile parfois d'un nuage.

HTJMBALL (C1IAELES).

Légende du CiiiTEir de Nottikoiiam.

C'était près de ce jour célèbre dans l'Iilttoira Uù llidmiond \ lîosworth remporta la victoire; T.ns tours (li> Ni>ltL!ighiiin liri[];iii'ul drs rayons tVoi D'un beau Bolcil couchant resplendissant encor; Sur leur plus haut sommet la royale bannière Du rot Richard, flottait majestueuse et fière, Sur les bardas de fer qui du Trent Écnmoui Frangeaient des deux coïts lu cours impétueux. Le roi Richard était vêtu do blanche ermine, Un collier somptueux entourait sa poitrine, D'un regard attentif, sévire, mais joyeux De ses troupes il vit le défilé nombreux ; Piquiors, liallebardiers a la large encolure, T,t tout ces chevaliers ai beaux sous leur armure. Kt ces Jin:.licr. anglais liraicul l'arc normand Avec tant de succis dans un engagement.

l,e soleil pu allant se coucher sous la niip Pour ce jour la du moins mit tin fc la renie;

320 LÉGENDE DU CHÂTEAU DE NOTTTÏÏG TTASI .

Au milieu des drapeaux, au milieu des hourras Do son courtier le roi Richard presse ta pas, Partouf do rang en rang retentit la trompette, Résonna le tambour, et bientôt en vedette De la plus haute tnor de l'antique castel Par trois foie le héraut dans un ton solennel

[■][ 1 1 n piriiric:iieiir . 1 ■ - leur? loiunrin emir?icrs, La musique entonna ses chants les plus guerriers.

11 y eut ce soir lfi de par la grande ville Ile N'r-ttiîLL'hain. {.-nia;, r.'i-eil|ij]:t. flt par mille, On porta des santés en l'honneur do Richard, On but a sa couronne, a son noble étendard ;

Km- la vilhi rissimjiif fin jeli' .-a grande ombre,

Vers le royal casTel un simple cavalier.

Au galop, au galop, au galop il arrive,

11 atteint le fossé; d'une main convulsive

Il a sonne du cor, et soudain à ce bruit :

" Qui vient," dit le vi-illtur, " troubler ainsi la nuit? "

"Vite, a-t-on répondu, vite que l'on abaisse

Pour moi le pont-hivi?. i:\ hi:riont qu'on s'empresse,

Je suis Sire Gcrvie chevalier do Clifton

Il me faut voir le roi de suite, vous dit-on 1 "

Du castel ce soir la dans la «plandide aalle

1a roi Richard avait une fêle royale,

Où les grands de sa cour, nobles et chevaliers,

De Nottingham étaient mêlés auï âcuyera:

Des Damoisellcs mais la gaité si verbeuse

Comprimée à l'instant, devint silencieuse

Lorsque Clifton soudain eut dit nu roi Richard

Que liichmonil pour curnhattrf arrivait sans retard.

LÉQKNDE DC CIlÀTHiU JJK HOTTINQHiH. 32]

" Aui armes ! mes amis ! vite aui armes I nui armeB S'i^t écri«" itichard, " et vous tous point d'alarmes! (Et de ses yeni brillants jsE lissait le courroux,) Hictimonil et ses soudardH auront a faire i nous; Nous en viendrons aux main", une juste vengeance Dans leur Siiiig lavera leur criuii- et leur oflence: Assemble/, nos soldats, qu'il l'appel du tambour Ils soient prêt* 1 nurdu'r ilr>ii;airi an point du jour."

La fele est mise 1 tin,— et chacun su retire, Et l'appréhension remplace le sourire; Richard est resté seul, et le front nébuleui Dans sa tourelle va se dérober aui yeux ; Cette tourelle sombre n(i flans ses humours noires Il s'en va méditer, ou cuver ses déboires.

De ténébreux desseins la Itichard s'est épris, Aussi l'appelle- t-on : " Tourelle des Soucis 1 " Tumultueusement et tout chargé d'orages, Sur le ciel obscurci couraient d'épais nuages, Et la lune blafarde à travers ces vapeurs Avec effort montrait de timides lueurs; Le roi Richard était assis là, sans pensée, L'air refrogni', .-.rc-jM'ii.. <-\ i'âtne terrassée; On eut pu lire alors aux rides de son front D'un étemel remords le stigmate profond.

Tout à coup de la nuit dune l'oreille assoupie La cloche du castol de sa voix de harpie Glissa ce son : Une heure.— On silence de deuil Régnait tout 1 l'entour. Le roi, dans son fauteuil, A part soi ruminait tout éveillé des songes, Arrangeant, dérangeant leurs fabuleux mensonges ; Ses yeux fixe* semblaient dans un gouffre béant

322 T.ÉOtNlIK DE OnÎTBAU DE YOTTUtanAK.

Tout revêtu defer et dont l'afl le morfond.

Il tiri; son poignard et d'un seul bond s'élance

Le silence est resté muet quand de In pnume De sa main, il voulait souffleter le fantôme ; Et son bras n'n heurté les mailles, ni le fer De la cuirasse, mais rien, rien, rien, rien 411e l'air.

l..'rsi;iLi' I:i;jli:;V'l :V:K.].!l [.' il. Mj.. Il r l'ilU'

lïc regarder la pbinu eu ba* i — lors à ses yeux

Fascinés, éblouis, il vit bous In muraille

Et l'une et l'antre arméo en ordre do bataille,

Et chncnn sur chneun déversait le trépas,

Et faisait d'un combnt des milliers do combats.

Pins luttant corps a corps nu milieu de la plaine

Il SO vit lui i;h;lui:'l t.r.it ilvlir.mt du baÎBC

Fnisnnt face a liicbmond, et reculant toujours

Tina Hiclunond le pressait du glaive et dn discours ;

Puis il se vit tomber, et mordre la poussière

Au* pieds de sou rival sublima de colère ;

Et trois fois do son glnivo il sentit froid le dard,

Labourer sa poitrine a lui le roi Richard !

La vision passa comme passe nn orage, Et la lune sortit 1 nouveau du nuage ; Nulle trace d'armée, et pas même un soldat Ne restait ; tout était mutisme et calme plat. Le roi Richard était assis là, aam pensée,

D'un éternel remords la stigmate profond.

TKNÈBHEB. 828

SCOTT (PATBICK).

TÉN±BnE9.

Noit I tout est nuit pour moi ! Le soleil iri'iicmiant Se montre, et sous son œil ardent S'ouvre la fleur, s'éjouit U verdure, Et devient plus serein le front de U nature.

Vers le ciel si brillant, si bleu S'élance l'heureuse alouette . . .

Et pour moi tout est nuit ! . . Ah ! c'est notre milieu Qui tient l'esprit en joie, ou bien qui le déjctlo I Co soleil sans éclat pour moi, ces belles (leurs Qui pour moi voilent leura odeurs, Démontrent bien combien sous la souffrance -Mes pensers fatigués sont veufs de l'espérance. Et quand je vois dans ma douleur Le triste lieu qui U recèle, La mort n'a plus pour moi ce sentiment d'horreur Qui fait qu'a son aspect toujours on se rebelle.

Je regarde le ciel,— mais pour ma part le ciel

Cette avait destiné ce fiel:

Je la regarde hélas aussi la terre Puis-je y trouver solaco à ma douleur amère?

Mon œil sans s'arrêter sur toi

Mou gentil garçon te regarde, Puis se détourne plein d'un indicible émoi, En pensant au trésor que U haut Dieu nous garde.

Le ciel donne et retire, — oh ! ai dans ma douleur Je dis "Trop tôt I "—Pitié Seigneur 1 Si méritais les coups de ta boulette

Pourquoi m'avoir tait don de femme si parfaite ? De ma douce félicité Si, longtemps eut duré le songe,

Le présent ne serait devant l'Eternité

L'enfance seulement de l'homme - . ■ quand j'y songe!

De la maigre Arabie .\ travers une plaine DftjiidiV ni Mi ; rili', oii l'on meurt -i la peine Pour peu que l'on ait soif, l'eau sous ce ciel ouvert Du sol ne paraissant jamais à lu surface, Si que les Étrangers qui ne chassent de race

Ont surnommé l'Arabie un désert.

Passait, au temps jadis, interrogeant l'espace.

Un voyageur de poussière couvert, A l'heure où le soleil a l'occident en masse. Le regard inquiet, il semblait vouloir fuir Ces voleurs éboules qui par 11, c'est la mode, Détroussent les piif-juts. i]iii:\init bien plus commode

Prendre le bien d 'autrui pour s'enrichir, Que de l'humanité suivre l'ennuyeux code.

Soudain 1 son œil enchanté Faite de canevas s'offrit une cité, Du cbeinin vivement lors descendant la pente, Il Boulera les [>!is de h première tente

En qnûte d'hospitalité.

" Que vos jours soient fil^a d'or et de soie, Soyez le bien-venu !- (.''est I lien uni vous envoie I " Dit le Schcik dont étaient orientés les cheveux, Le regard plein de feu, le corps trapu, nerveux : " Bien que mon premier né, parti depuis l'aurore, Pour vendre une jument ici no soit encore, Asseyes- vous, prenez part à notre repas." Le voyageur s'assit avec quel qu'embarras,

Il Était triste et nul k l'aise, Mais lorsque la faim crie, il faut bien qu'on l'apaise;

Il mangea donc du pain, du riî, Du lait de chameau, puis Des dattus et du ln-urrc. et but, )i m i |iori!]irhè>.i', Le seul vin du logis

Conservé, ne vous en déplaise,

De la nature au fond du puits.

Le rejuis s'achevait à peine,

S'élanco dans la tente avec dea cris affreui : "0 malheureui vieillard] ô plan muihcureui pèr Ton fils assassiné fit non loin de ces liem," Dit-ïl, "aon assassin, la clioao semble claire, S'enfuit de ce côté, comme l'affirment ceui Qui furent les témoine do l'ado sanguinaire."

Du mort chéri la vieille mf ro

Qui semblent do la vie anéantir la flamme;

Pendant que le vieui Schcik immobile d'abord, Sans but regardant dans l'espace Comme s'il y eliercliait la mort Pour l'interroger face à face.

Secouai! lentement son immense douleur, Et visageait le voyageur.

Devant ce regard formidable L'Étranger ao lova do table,

Ne suis point une femmelette, Frappe I . . ta volonté soit faite 1 " La figure dn ticheik était comme In mer

Pat des vents contraires crispée, D'un pas lourd, chancelant, la main préoccupée,

De son poignard en étreignant le fer, 11 s'avança vers lui, l'œil ému de colère,

Puis faiblement laissa tomber le bras,

Disant d'une voii rauque et fifre :

" Ta vie elle est sacrée ici . . . n'en ai nue faire . Dans ce foyer par toi rendu bien triste, hélas I ■Je ne la prendrai pas!

Et D

Dû-

Car l'assassin du (iJe il a mangé rlu père Le pain hospitalier, Va-t-eiit va-t-en! laisse-moi ma misère, Ne veux ilre Ion meurtrier." El le pauvre vieillard en ae voilant la face Dans ses sanglots disait : "Mon fila! mon fils! mon fils Je t'ai perdu, mais j'ai sauvé d'une disgrâce En laissant cet homme inoccis, L'honneur de la maison, l'honneur de notre race. Et j'ai su respecter dans telle adversité Le saint devoir de l'hu!<|>;(iili:t' '. "

SCOTT (SIR WALTEB)." Le Te ups.

"PouRqnoi t'assieds-tu 11 près de ce vieux manoir

Compagnon sévère et grisâtre?

Est-ce pour rappeler sa splendeur, son pouvoir. Ou bien pour croquer la cendre de son ntro?" — " No mo connais-tu pas," dit d'un ton caverneux L'Interrogé,—" Moi qui sans cesse Ton jouet, tour à tour, par toi, vain orgueilleux ! Fut désiré, honni, chassé dans ta rudesse ?

le l'éclair aui cieui

, s'élèvent glorieux, Tombent ou sont fondés,— c'est le fruit de mes veilles ! " Tandis que chaque grain s'infiltre au sablier,

ItachSte mes heures . . . abjure!

Ta joie ou ta douleur, ne va pas l'oublier, Quand nous nous quitterons s'étendront sans mesure ! "

Page 1