‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 78 sur 116 · SELMA (ROBERT · texte numérisé non relu

SELMA (ROBERT

Eh Voïabt une Jecne Pépisière.

Ici mon creur ému réfléchit en flânant Avec pins d'un soupir, d'une pensée étrange,

Ce plant tout neuf, a peine n-t-il surgi du boI, Qu'il contrefait déjà. (Uns sa jeune existence Ce bois sombra où plus tard viendra le Rossignol—

Quand je suis dans l'adolescence.

Sur ses rameaux touffus le chaud soleil luira, Ses tiiillis deviendront plus Énormes, plus amples, Leur feuillage naîtra, verdira, tombera.

Leurs branches se joindront comme voiltes de temples; Sous leurs obscur arcraui vicndru 11- doux lepbir Se mirer dans les yeui si bleus de la pervenche, Les arbres l'un il l'autre ils auront bu s'unir,

Lorsque ma barbe sera hlanche.

Sur ce plant devenu plus tard une fortt, Le chaud soleil luira, soufflera la tempête, A la feuille faisant danser le menuet, lit l'emportant au loin sans que rien no l'arrête: L'oiseau plaçant son nid sous ses rameaui épais De ses gazouillements peuplera le bocage ; En fera «au boudoir la crcpuscula frais,

Quand— pauvre Moi I . . n'aurai plus d'âge !

Il t * Sept Ans.

Que de splendeurs sans nom,— que de choses exquises, Arbres et fleurs, tli/iosons. r.éphii'. lune et soleil, Avaient l'art île vliarnurr mes n-ns à leur éveil. Ht les charment em-nr i[iuiiqii' avec moins de prises . . .

Il va sept ans I Comme aujourd'hui le ciel n'avait sombres nuages, Les champs Étaient plu* verts, les vents souillaient moins fort, Et les fleurs avaient l'air d'éclors .'ans effort, Les ange» du bon Dieu les entourant d'hommages,

Il y a sept ans !

Le jour ne devança jamais d'un cran ma joie; C'est que ma joi« était m liien rivée au jour. Qu'ils s'en allaiiinl mus dent, je le dis sans détour. Bras dossus, bras dessous, -\ la folie en proie,

Il y a sept ans!

C'était un vrai bonheur alors rien que de vivre, Dans la poitrine était placé plus qu'au ca-ur d'or,

Pour rendre du plaisir cucor plut vif l'caaor !

Comme un nid de colombe oii d'amour on s'énivre . . .

L'.ii- L'icii plus dmi\ I'jjir que ic ?::;>iro Aujourd'hui par ma fol i Comme si chérubins Du ciel étaient vernis par delà les confins Répandra a pleines main?, cl l'Encens et la Myrrho . .

Il y a sept ans !

Corail dn'ilc vraiment comme tant d'imbéciles Pouvaient se lamenter contre cet univers Qui contient tant de bien qui s'infiltre a travers La vie, ainsi qu'mn lioî* l'Iî^iwiii sources agiles . . .

Il y a sept ans !

l'ensers d'heureux bien n'étaient que la prélude De domaina plus heureux, plus pleine de doux ébats, Désespoir ou chagrin ou bien n'existaient pas,

H y s, sept ans 1 Ah ! dans cet âge d'or, ah 1 je ne pensais guère Que put eitôt vieillir jeune front plein d'orgueil, Que la couche d'iiyim'ii devint hiir.t linceuil, lai goutte de nuée, :m— iti"'! larme amfrn . , .

Tl y a sept ans !

Du village le soit la cloche intermittente, L'étoile se levant dans le silence aux cieux, Me remplissaient d'émois sublimement heureux. Je no savais encor que l'Bme se lamente . . .

Il y a sept ansl Ainsi qu'un jeune enfant occupe sa journée A jonor au soldat, ainsi, suie dans le vrai, Je jouais au chagrin, passant du grave au gai, Ainsi que carillons i, la nouvelle année . . .

Il y a sept ans !

Immortel me tenais sut un calme rivage, Derrière moi j'avais un passé radicur, Devant moi s'étendait l'horizon fabuleux D'un sublime bonheur sans ombre, sans nuage . . .

l'hiïkb. 329

La nuit n'a-t-elle pas des perles pour atour,

Lu sol des Heurs? . . Et moi la douce souvenance . . .

D'il y a sept ans!

M.':uc peut-être 1 . . caf lu bonheur véritable Est frète île douleur— que je possède au fond, Quoique bien plus chagrin, un trésor plus profond, Que de la vie alun quand j' t ui muais la fable . . .

Il y a sept ami Que rarement la vie est la verte espérance Que nous nous formons d'elle— en rêvanl d'avenir;— De fictifs lendemain! que je n'ai pu saisir, Tel était le bilan pour inoi de l'existence . . .

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