LA ROSE ET LE LIB
Oïl donc es-lu maman ? Le printemps est venu, Puis il s'en <-st ; l C J il s:irts ni':i|.| .. >rlirr de joie; Tout pour moi tas l'élé |.;irnt n.;t .'ombre et nu Car dîna ta tombe ils sont mes jours filés do suiu. Otl (loin: l's-tu maman? C'eM (iiiinc \ ]irt ; .™il, Le vent Bnuffie au deliors, au dedans le feu brille, Près notre coin du feu j'entends un chant plaisant, Mais nutlf vuii m' ilii ci c1ilii]«iij ri gentille. Où donc ca-tu niiiniui? Nul l'tro près de moi Ne peut sympathiser â ma douleur amère, Nul ne peut deviner, consoler mon émoi, Ou pour moi murmurer au ciel une prière.
Oîi donc es-tu maman? N'ai plus pour me dn/rii Avec ce tendre amour qui résiste è l'absence Un seul cœur ici bas;— et qui me voit venir, D'un leil indiiTéreut accueille ma présence.
Oii donc es- tu maman? Du toi ii'cst-il donc plus Que le triste oreiller do la funèbre couche, nu,' li- ibamp du repos oïl dorment tes vertus lit que le souvenir du baiser de ta bouche ?
ChËru maman je sais que notre Rédempteur Vit, et iju'il donne ans siens une vie immortelle; Ta place est vide ici, mais, oli I j'en crois ton cccnr, A Dieu je me confie, il lui serai fidèle.
Ch Dre maman au ciel où retentit ta voix Parmi les sacrés cliccurs, ta demeura est bénie I OU ! puissé-jc avec toi bicntCt comme autrefois Chanter du Créateur la grandeur infinie I
La Iïosk et le Lis.
P.inj le J i L r 1 1 i : i f]'M:li.']], luemii.'r brrceïu du inonde, Oh le chagrin un jour fut tiré du sommeil, Reine do chaque tlcur, et vraiment sans secundo, Iji Kose ouvrait son sein aux baisers du soleil. La Clochette et l'Œillet, la pale Violette Reconnurent sans peine et Sceptre et Royauté ;
Et tous, honnie le Lia à la superbe aigrette, Rendirent à la Rose hommage, et Loyauté.
Mai; 1 le Lis conte-tai[ te lierni titre de Heine A 1'eufant d'uno épine et d'un buisson hargneux. En elle pouvait-il voir une Souveraine Lui qui portait d'hermine a son fruut somptueux !
Nutre ]iri!i:iiî-rv nii-re, Kv,., errait I?. par chance, Elle entcnil .le gros mots ;— et la Rose soudain Lui dit : " Faites rentrer dans son obédience Ce Lin malencontreux à l'impudent dédain."
Le Lia ne songea pas il ces mots: "Je proteste!" Il inclina la tête, et dit : " La question Décidcz-la, Madame; et d'avance j'atteste
" Les fleurH soin libres," dit Eve, " et leur République D'une Reine ou d'un Roi no pent subir l'anront ; Mais par exception, Rose rî'gnc pudio.no Sur mes couleurs; Toi Lis, sois le lïoi démon front."
Ce sage jugement nppnîaa tout murmure:
Et le Lis et la Rose en Turent satisfaits ;
Il fut entériné plus tard par la nature,
Ht la femme y gagna ses plus charmants attraits.
Leh FÉEB.
Venez, suive z, suivez-moi Chacun sur son palefroi Lutins suivez votre Reine, Sur le gazon faisans la chaîne, Nous danserons en rond, en nous donnant la main, (Car ce aol est féerique,) et ce jusqu'à demain.
Nous quand dorment les mortels Qu'ils ronrlent dans leurs caatels Nous entrons par l'ouverture Du plus petit trou de serrure, Et par dessus fauteuils, tabourets ot rayons, ( laicracnt omis piétinons, piétinons, piétinons.
Si par hsj.ard nous trouvons Très nia) propres les naûiom, Nous moulons dans les soupentes Et li noua trouvons les servantes, El puis lors en riant, et sans plus de façons Nous les turlupinons, et puis nous les pinçons.
Mais a] ors que proprement Est tenu lo bâtiment, Nous louons la. chiimbrie'ro Et puis nous laissons pur derrière Dans l'un do nés souliers, comme cela se doit Tomber un beau six pence— une bague il son doigt.
Puis après sur le pignon Du plus frêle champignon Nous étendons notre nappe Et puis lions laiton- [Lull'i! il!HLpi\ Avec le grain de seigle ou le grain de froment Et humons la ruade en nos coupes de gland.
Cervelles de rossignols
Ou bien entre deux pétoncle* Les neveux mieux que les oncles, Des vers entortillas du moelle de sourie, Forment un mets royal, un mets <ie* Dieux,— ai quia.
Iji cigale et le cousin Sont tour-\-tour le crincrin, Puis après avoir dit Grâces, Nous sautillons dans les espaces. Si la lune se cache, et nous fait sombre nuit, Pour nous le m; luisant soudai» s'allume et luit.
S» les pointes de gazon Nous dansons à pâmoison.
Mais si preste?, fi prodige 1 Que jamais n'en courbons la tige ! . .
L'endroit où nous avons pris nos tfbats le soir.
Combi< La oui
D'orgueilleuses guirlandes De ton (orne laperbo ont orné le contour, Des poitas amants sympatliiques offrandes.
LU plus d'un candide amoureux
A béni lu léger nuage Qui, dérobant lu lune il lu clarté dos deux, Te rondtt seul témoin d'un baiser de passage.
Peut-être qu'autrefois
MutiJiu-i' du ta cour, toi des roil <l>: nos bois, De tous tes grands va-sMi. tn vi- la (in tragiqua: Alors qu'ils tomberont, leur choc Sous tes pieds entr'ouvrant l'abîme, Tu remplis la crevasse, et lors plus fier t|u'un roc, C j[ii]!n: lui fougueux Titan tn grandis plus suMimct
L'écho, plus d'une fois, entendit lésa Viulull CI luusnte i l -ril(n.ln:t sauva;
Et no suis point du tout sur Si coqs de village ot poulet I T'ont donné le doux nom d'arbre du Sons ton ombra, ils ont tons abrité le
Ijncl dommage, dis, vieui,
Que ton écorcc antique Recouvre à tout jamais, dérobe a tous les yenx Les du ra |n!ii[- iM.jiiiiis JV la vît-ilU- dû-unique;
Redis-nous déjeunes foUes, Ou bien il me faudrait l mon corps défendant, Demander leurs sécréta à tes feuilles jolies.
11 Eh bien donc ! je naquis "
— Ecoulons lu Tfeux sire ... — "Je naquis— avant d'otre arbre du Paradis, " Ne sais de quels parents, ne sala sous quoi empire, " Tant mo mémoire maintenant,
" Ce que je sais rVst que je vis plus d'un galant " Souventefois j'ai pris ma part d'une douleur,
" Ou que souffle le vent, j'abrite, je protège!
» A ces bons paysans, mes frères de plaisirs,
" Enfants, ainsi qui- nini. du pin- proiliain village.
" Et jamais, non, pas une foie,
" Lorsque la bise était sévère, " Je n'ai au rafnaar l'aumône de mou bols, 11 Au pauvre grelottant do froid et de misère.
" Belles de leur fraîcheur,
" Dans l'air un-.- jcuiiL-- ln-atichi'S
" Ondoj-front jadis dans toute la splendeur
" Des tii'inia-H ilu uii.ii, l'vam p.imiim'is d'Avranches ;
" Maintenant que Isa venta d'hiver " Ont détruit, ont blanchi mon torse,
■' Mii]-:v Emit, je conserve un nom superbe i;t lier.
•' Mieux acquis que les noms gravés sur mon écorcc.
" Moi pour qui la beauté fut le plus doux trésor, " Alors que ma beauté nW [îLus rien qu'un ouï-dire? " Plus rien no suis— jo dépéris, " Mais pour payer souvenir tendre, " 0 cher admirateur, l'arbre dn Paradis " Sur toi s'égrènera si tu dors sous sa cendre! "
Le Coude au et l'Alouette.
" Cossûiie, Sck'iionr Corbeau! le jour vite s'enfuit, lit bientôt il fi™, je crois, tout il fiiit nuit; Bonsoir, seigneur du! ni il ! " ■ i ï t. la ;r< ■ : : f ■. ■ .-\ îi>in-i te :
" Au jour qui mcurl i'ni ilii nui uYnjiire ariette. Du cloître aussi là luit tnVti vais <l;u]s le préau Me coucher dans mon ni<l ■ bonsoir, seigneur Corbeau." Alors l'ara! titré tris fort sur l'etiquetto Saluant froidement: " Bonsoir," dit-il, " Pauvrette! Moi je m'en vais aussi ree/aynt-r mon chîitenu, Mais non dans, lu prairie Inmiiile. et suant l'eau, De ce pin élancé je m'en vais vers In branche Hévor à mes amours près de Li lune blancliel A la pointe du jour lorsque j'ouvris les yeux, Je vous vis vous buter jiiMjii' nus portes des eieui Papillonnant des mots impossibles à rendre, Et que d'ici d'ailleurs nu! n'eut pu certc entendre ;
Je mu dia /part 'moi : quelle Wte d'oiseau!
J'ni rempli mon jabot d'eiquise nourriture, Comme un Roi j'ai vécu, croassant creseeiido J'ai fait dire mon ehant au plus lointain e'cho ; La nature en m'ojaiit paraissait en goguette ; Bonsoir, petit mesquin! bonsoir, pauvre Alouette! "
LE PETIT KîfFAXT EST MOHT.
" Bonsoir, seigneur Corbeau I " dit encore une foie Im gentille Alouette. " A chacun notre choit ! Vous ItK-ez votre nid au pic du pin. du chêne, Maisdorineî-vnuF 1,'t liant mieux « | n u moi dans ma plaine? Vous faites [Jus ili- bniii dans II 1 iiii.nde 'iiio moi, liais Je uns cliauts leiniel est de meilleur aloi? "
Teop Tard.
Si pouviez seulement revenir da [Jus belle Vers moi, ver» volrnamour, Doublas! oh] mon Doublas!
Dooglu! Douglas! obi mon Douglas!
N'aurais point du di'Jniu [mur vous Doublas! Douglas! Jamais n'aurais non plus de caprices «ranges,
Douglas! Douglas! oli! mon Douglas!
Lee jour» qui lie sont [dus s'ils pouvaient vivre encore, Oh 1 je les emploierais fi vous aimer, Douglail N'ai su de votre amour jouir du météore,
Douglas] Douglas! oh! mon Douglas!
Oit! Fais-tu imiinumatit ilans h> plais céleste Ce qu'il fut mon amour pour toi, Douglas! Douglas!
Salis toi, Douglas! oli! mon Douglas!
Laisse tomber du ciel comme fraîche rosée Sur mon cteur le pardon, Douglas! oh! mon Douglas! Sur ton cher souvenir repufe ma pensée,
Douglas! Douglaa! oli! mon Douglas!
Le petit Ekfakt est hoet,
Dialogno ïntra In More et l'Enfant L'ENFANT, Le petiot il est mort, ma mère, Et ses yeui si jolis sont clos, Maintenant qu'il est dans sa bière Illanclie ost ea peau, blancs sont ses os.
Dlgfti
Jetait la fraîcheur de la rose Qui vient de s'ouvrir au soleil?
Pense qu'on loi luit même flamme, Et que ton cœur on soit touché; Car rien ne peut ternir ton fima.
Sinon le souffle du péché.
Donc -i tu veui te rendre digne
Cher enfuit, suis la droite ligne, Sur tes défauts prends le dessus:
Sans cesse vivre eserapt do lilàme, Que ce toit ton soin en tout lieu, Afin que pure étant ton âme Un jour elle repose on Disn!
L'Aib — Le Feu— L'Eau.
l'eau.
Cherche h- m oi dans ces lieux où jeune Orientale Près Je vive fontaine avec grâce s'Étale; Cherchez -moi dans 1rs buii [irî- de ce ménestrel Qui du ruisseau qui coule écoute le NoH ; Clierche7-nr.il k' malin parmi les violettes, Le jour où l'arc - en-ciel jette aui cieui ses paillettes; Dans le foui] du la mer, ilu torrent, du rocher, Si nous étions perdus, il faut la me chercher.
{"liKcliiv-mui dans le- camps, lu furl d'une liataillr Où tombe le soldat frappa par la milraille; Cherchez- 1 11. ii dans les (lots de lave du volcan, Ou bien près du foyer il Noël choque an ; Où t'itoïle scintille, où luit lo météore, Où le phare a minuit agite son phosphore, Où la foudre illumine et l'arbre et le clocher, Si nous étions perdus, il faut lù me chercher.
Cherchez-moi dans ces liuu\ i-ii la juiiiic ICspagiinlu Sur son balcon le soir hume la barcarole ; Cherchez-moi dans hi nuit de ce ciel orageux Quand -uniliii- le lais-can .-uns les Ilots éeiirntiiï : Où la feuille tremhlole au souffle de la hrise, Du chant de l'hilomi'k' où la rn.-e su grise, Où la harpe éolienne attendrit le rocher,— Si nous Plions perdus il faut là me chercher.
La Vbbifs du Peintempb.
Féybieb i Mai.
Van nts portant jcl. i!( :n il'auL-ur, t>t cites par le Dr. Forstcr dans
ton rortnnisl Calondar, p. 233.
Akures, plantes et fleurs sont un calendrier Pour moi, depuis le mois de Février.
Tout d'abord ai'.. [>| (.irait lu iriuihe l'eric-uci^i.\ (Jni do l'hiver tout -à-coup nous allèjre ;
Puis surgit le Glaucus très gentil messager Qui vient orner le tapis du verger,
Et puis soudainement sortent les Primevères
Qui jusqu'en Slai tapissent nos clairières.
C'est alors que me plais errer dans lo vallon
Plus que rester dans le plus lien» salon,
Flore dans un elin d'ceil épanouit les feuille* P ' Puis se balance aui gentils Chèvrefeuilles.
Au vert de pois voyez l'Acacia mutin
Auprès du Frêne au vêtement moins fin ; Le Mélèze et le Fin dunt gigantesque est l'ombre,
Et le Sapin d'un lieu beaucoup moins timbre ; Le Chêne au lur-.' étend ses énormes rameaux
Gentille auberge où logent les oisenux, Et puis l'Urmeau, lo Hêtre, et le beau Sycomore,
Et le Lentisque, et puis l'Yeuse encore,
Se voyant prfs du Tremble aui langoureui soupira
Que l'cVii'i |n-rti! mu iLin.juriiui zéphirs; Puis vient le llnrru-iniicr in cicrc.i-> imn-iiiiK.uii
Jusques au ciel élançant ses cantiques ; Puis le svelte lïouleau, le beau de la forêt,
Près du Sorbier, de* iirbi'i'^ le muguet.
Et puis les Noisetiers étalant dans l'espace
Leurs jeune» mains el curies non sans grâce,.
Tandis que vers le ciel monte le Peuplier, Qu'ouvre sa fleur le large Tulipier,
En superlia éventail s'étale le Flstano
Au doui zépliir donnant un doux organe,
lit par dessus l'cian..', dans un .-iin enchanteur,
l.o verger tout fleuri. In Vigne qui preml tleur, Ont pour mon œil un clinnne séducteur.
L'Eglantier font joyeux, et la belle Eglantine J'aime it les voir, ainsi que l' Aubépine,
Voilà les gaïa joyaux, les beautés du Printemps
D'un pas trop vif l'ont marcher le Temps,
Tandis que- je 1rs vnis fubitrer iliins l'espace
Foin de l'hiverl ... Ne crains plus sa menace !
Une Fis.
L'AhOUB aussi fort que la mort
Est mort !
Sue ! faisons lui sa coucha An milieu îles mimnitile* lleurp, A ce gentil sainte-nituuche
Et mouillons la île pleurs.
Plaçons un vert gazon sur sa tête si chère, A ses pieds mettons une pierre Où pourrons Tenir nons asseoir
Le soir.
Il naquit avant pour avoir
L'espoir, Au printemps de l'année; Mais il mourut, l'enfant glté, La moisson n'étant terminée.
Le dernier jour «té ïui;ilai:i il nous L[i;i(1;< pour ne point voir l'automne Pour lui trop froid, trop monotone ; Disons sur son tombeau tout bas
Ce glas:
L'amour passe vite ici bas
Hélas!
Sus ! nos yeux sur sa couche Couverte de mourantes fleurs, A ce gentil sainte -nitouulie
Donnons, donnons des pleurs.
Et tandis que sur lui l'herbe se renouvelle, Cliautens ce lai de tourterelle :
L'amour aussi fort que la mort
LE riBBEKANJi QUI NE CHÔME MIE.
La Mottohb et i,' Abaissée.
ArAKWÉE ! il ma voii répondez, s'il vous plaît, Qua filez-vous ainsi ? . . . "Cb lont Je grandes voiles Pour un vaisaBau de gueiTa."— " Oli I c'est trop An croebet, Dites-inui, là, voyons pour qui tissez vos toiles?"
" Ma belle Moucbe, eli bien I si ne veui le trouver, C'est pour faire, «Titre nous, des ruleaui pour In lloltie Quand dans son lit d'bonncur elle tient son laver" . . . " Laissez! ... de me tromper pourquoi prendre la peine?
C'est beaucoup trop léger I" . . . "C'est trop léger, mon oteur ! tienni dît," repartit l'Araignée à la Mouche, " Je tisse tris serré, ma parole d'honneur I Allons voyez 1 triiez! ne (lt : fninls qu'on y touche!"
" Connu I Dama Araignée, il est connu 1b tour ! Mais ne m'y prendrez pas, malgré votre malice ; 1 h: vu-, atireiîï lilrn m;i im'iv ^raml un jour M'a fait voir la pourquoi, m'a montré l'artifice ! "
Le Tisseuand <jtti ne ohôkI miz.
Il est un petit vietii nuatire Qui toujours tissa gravement La roha de noce légÈre, Ou du tombeau le vêtement.
Toujours, toujours va sa navette, Sans s'arrêter, sans nuls relais, Hi lui dites: " Faisons causette!" Il vous répond: " Jamais ! jamais I" Guettons son ouvrage mystique, Et puisqu'il travadle pour nous.
Que notre dernière tonique Nuus préserva au moins de la toux !
C'est lui qui jette la navette De ci, de lu. — Nous le dessin Le fournissons ; c'est une dette Que nous impose lo destin.