LE SOBQE D'USE DRUIDE DAME
Et lu Iraïn (min de sa navette
Ne cesser» «es goeL-apeiu
Que quand sonnera In trompette ! . . .
Ce vieux Tisserand, c'est le Temps l
Le Sonde d'une Gillnde Dame.
Dans un beau lit la Grande Dame finit. — Couchette bien chaude ot bien molle,
Mais dnn» ce lit, do repos point n'avait Car snn sommeil, sur mn parole !
Etait trouble*, ai qu'elle gémissait
Et s'agitait comme une folle.
fuis en sursaut se levant à la fi»,
Elle projeta dans le vide I " ■■ «'il rempli d'un elïrui surhumain,
Comme ni fantûme livide En jaillissait, puis sous son traversin
Et la lueur qui sur le lit fila '
Fut une lueur tremblotante,
Aussi sa voii, alors qu'elle râla:
"Quelle vision effrayante!
" Co long parcours dans l'asvle où tout dort
M'i'cLiboussant de leur imi^-iirrf, La mort partout, In mort rien que la mort Aie montrant sa fnuk iiu-iii'lnèrc !
" fuis inita-.é dans un triste atelier
Ce jeune essaim do pauvres filles,
Penlont leur teint a l'horrible métier Déjouer toujours des aiguilles,
Criant au eiel : ' Dans ee vilain i ; 1 1 ; ■ 1 1 ; i ■ i- Nous BUlre> aulrefi>i> gemiUr.".
LE SONGE D'UNB OBAHDE DAME.
" Vite courons vers un prochain cercueil
Pour la pompe, oh I c'est bien inique !
Et les ébats des suppôts de l'orgueil I Cuinino des esclaves d'Afrique
Nous travaillons— pourquoi ï — pour un lioceuil Souvent encor problématique!'
"No vis jamais tant de tombeaux, jo crois, Et les cercueils suivaient sans cesse,
Mornes et lents, — tous du plus mince bois Spectacle écœurant de tristesse ;
.M - 1\ i î "i 1 L j^iinii.- !:'■.■] in mvat durs éruois N'imaginais, je le confesse,
" Autant de inani liris:int journellement
Tant de soucis, affligeant constamment
Les parias voués aui larmes.
Mais j'ai rêvé .. .je sais pertinemment
Le prix dont te pavent nos charmes 1 . . .
Qui: ili-i-ie ? aidant ,\ fouler, — c'est péché 1 lies sa-urs de plus humble nalssanei
Et pourtant Dieu ne fait si bon marché Du moineau,— de son existence !
" Je în'liubillni de drap d'or et d'argent, Comme les nobles de la terre,
Avec un lu\e ri lu fois outrageant Et le bon sens et la misère,
Ne pensant mie hélas < à l'indigent
Mourant de froid le pauvre heret
■'Oh! que de maux j'eusse pu soulager, Ohl que de bien j'eusse pu faire?
Et cependant quand j'y viens il songer,
Mon coeur est humain, débonnaire :
Faute de soins, mais souvent le lierger Des loups aflumés fait l'affaire ! "
Ello joignit les mains si El pleura des Inr Tant le remords lui bou
En pensant ii tain de ruisère^.
Oh! que le ciel envoie à la Grandeur Des songes louai salutaires !
L'ÉciIO ET LE SlLESOE.
CoMSir, la lune dort dans le brouillard intense, lui don-tri, frire Silence
Que pour un saint abbé tu passerais tans peine, Quanti du sommeil de murt il duri dnus ton liiiecuil.
Co n'est pas fltre mort que penser et se taire ; —
Il est plus d'un penser nustiro Qui non.. ! .ris.- le fn'nr nui* eu iVanitiir le «jllil ■ Il existe un Esprit qui vit en quiétude Dans le désert, dans l'air et dans la solitude Du sauvage repaire où se tient le chevreuil.
Suai bus! re veille- toi ; suai susl voilà la chasse
Le cor retentit dans l'espace, Les chiens ont traversé le ruisseau, la fort! ; Entends-tu pas leurs cris par de là la vallée, Réveille-toi, sus! suai réveille-toi d'emblée De ce songe enclianleur, du Sun magique effet
Loin de moi, loin île moi cr bruit qui me harasse
Et de meule et de cor de chasse, Mais il est une voii que j'aime toutefois, Une vois qu'on entend le suir au en'pusculo, Lorsque la lune aux cïoui eouiim une Mjiminmlnili' Diiuce^emeal juirail uiuir :i'ûner *nr les bois.
Frite repose alors : autour de ta couchette
Tiens, déjà la briso est muette, Moi je Tais y répandre une sainte terreur, Afin ilcn éloigner la foule curieuse, Et Danio Médisance à la longue envieuse .
Frère rcplou;
Le temps a fait i
Et râffTetkjeu
Mon casque désormais voila pour les abeilles
Hue ruclio ; et mes chants tournent aui chants sacrés ;
Le iior-à-brns rl'liii-r qui tentait des merveilles
11 lui faut aujourd'hui des soins plus modérés ;
Et de la cour ainsi vers une humble chauminc,
Et le cteur insouillé, tidOIe m'achemine.
Et quand je m'assoyerai tristement sous mon toit, En guiBo de chausou dirai : " Ma Souveraine Maudit qui te veut mal I . . . Mais aussi béni soit I.c m ur qui veut du bien à mon illustre Reine I Déesse a ce vieillard qui fut ton chevalier Daigne accorder sou droit :— Toujours pour toi prier !"
Bien au-dessus du fleuve, ot loin nu haut du mont
Calmo et tranquille est un ïilkgo, La arbres d'alentour son! d'un vert bien profond,
A peine se meut leur feuillage, Au-dessus du village eu vuït sonventefois
Planer le sombre oiseau de pniie, Et dans toute saison un heau gazon de choii
PonstC nu milieu île chaque voie.
Bien au-dessus du fleuve, et tout nu bns du mont
Où l'on voit dès bi nuit se doucher du fond Les phares de chaque méu:u.-.i ;
Iji forge Peinte alors de foin élincelnuts,
Les brumes s'élèvent du lleuve,
L'herbe ... on ne ht voit jamais neuve.
Dans eo village lilniic qui couronne le mont
One on n'entend moulin ni forge, Les maisons mit pour chaume, ou plutôt pour plafond
L'herbe ou la fleur nul se rengorge.
Vous n'entendez jamais le moindre carillon,
Ni s'ouvrir les portes de marbre, Tous les villageois là gisent dans un tillon,
Ou bien encore au pied d'un arbre, Silencieux, oisifs dans un profond sommeil ;
Sur ce sol jamais on ne sème, Le grain n'attend pas là les ardeurs du soleil
Pour s'offrir k celui qui l'aime.
Dana ee village noir et tout au bas du mont
Lorsque la nuit est étodéo, Et que le fleuve dort dans son liuccuil sans fond
Oh 1 plus d'une une désolée Eu fnisnnt sa prière a des élans parfois
Vers le mont et son blanc village.
Et tout en soupirant, dans ses tristes émois,
Demande A bâter son voyage