‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 83 sur 116 · LE HOBEREAU IT LA MASDUAHOIIE · texte numérisé non relu

LE HOBEREAU IT LA MASDUAHOIIE

Le fueQ sur l'Épaule, et le cœur a la joie, Da taillis en taillis il s'en va chercher proie.

Cependant l'herbage a l'entour Est humide des pleurs du jour, Pleure qui tomhant des baguenaude», Bientôt jonchent lo sol da perles, d'émeraudes ;

Ces fleurs ne devant rien a l'art, Qui tout simplement, sans culture, Naissent en liberté, comme il Co lin- Maillard Sur le plancher de la Nature, Vers le ciel souriant jettent un diras regard; Jusqu'au haut de l'azur l'alouette en goguette Va porter sa gento ariette, Mais tout l'éveil de ce bel idéal

Est perdu pour Mons do Grosval, Aveugle, il ne voit rien, ce chasseur matinal. De l'amour forestier la voi* mélodieuse Forme dans les bosquets une harmonie heureuse, Et du zéphir Le doui soupir Hors da son nid, tout gris de perle, Attire en sautillant le merle, Qui s'en vient humer la fraîcheur Et chanter son bonheur; Mais & Mous de Grosval que fait culte merveille I Mons de Grosval n'a pas d'oreille, Et la musique pour des sourds C'est comme de l'esprit qu'on jette a des balourds !

Tout à coup sur le sol laissant tomber sa vue

Avec le regard creii\, j ir-j-Oii-; li'unj :;nl[ji\

Une drôle de planta Éveilla chet Grosval

Cette espèce d'instinct qui tient lieu de pensée

Chen l'homme, alors qu'il n'est rien moins qu'un animal,

Et qu'obtuse il a la visée.

Or, ce Grosval était très friand do nouveau, 11 se baisse étonné, de la plante au niveau,

Et voilà des yeui qu'il dévore La Mandragore.

La Mandragore outrée, en fronçant le sourcil, Tança le Hobereau d'une verte manière,

El laissant il son ire ouverte la barrière, Ainsi sur ce chasseur fit feu île son fusil :

" Membre or^ueilhnn .le culte race errante Qui va de lieux en lieu* promener l'épouvante, Et dont le grand exploit digne en tout d'un badaud

Est d'assassiner un levraut !

Carde- toi du tirer ici loti espingole; Au large ! . . vi plot loin, porter ta gloriole. Bien que ton œil sur moi s'abaisse avec dédain.

Je vaux inieui que toi, c'est certain.

Nature en te marquant an coin du lu sottise

A pronostique) ta bêtise.

Quels sont tes soins ici? ConBanrar le gibier ! .

Et dans quel but? vilain avarel Sinon de par tes mains lu détruire en CBticr !

Pourquoi vis-tu? Mon Dieu, c'est avéré, Pour opprimer le pauvre, et flouer le curé,

Pour te vautrer trop souvent dans l'orgie, Et du vice en un mot Cire l'apologie.

Oui, voil.1 les limita faits de ta virilité 1 C'est curieux trouver, le dis en vérité, Sur le sol varié de l'immense nature.

Une plante, l'Orchis ('] il l'homme d'aventure liessemblar par plus d'un cSté ; Mais c'est honteux de voir de culbute en culbute L'homme tomber sî bas dans sa perversité, Qu'à la plante il ressemble en m;il lu pauvre brute I"

SOUTHET (ROBERT)." Le Fleuve.

Oh! fleuve! oh 1 charmant fleuve! oh ! charmant petit fleuve! Tu miroites gaiement en faisant ton chemin, Dansant sur les cailloux commo un malin nnmiii. Qui joue insouciant, sans soin du lendemain,

Et sans que rien jamais l'émouvel

( 1 i !,:i |ihm1e A.'.tii- Aiill:i':^i,].!i,j-.i. m:-i::i'

334 » MADAME FAULIHK DE " * *

Oh ! fleuve ! oh ! jeune fleuve ! oh ! capricieui fleuve I

Et rapide et strident, écrasant iout enfin Et la rose et le roc, le cytise et l'airain

Connue lu jeunesse trop neuve !

Fleuve! oh! fleuve îi bords pleins! oh! large ut profond Ik inv 1 Ainsi que le vieux Tt-inpH tranquille, et cependant Toujours en nmiiïiwiil. liniiiiLir.-. t.niiinu-s tendant Vers l'océan sans borne, y marchant tout ardent

Comme l'homme cherchant l'épreuve !

Oh! fleuve turbulent ! ch < li.ip rapide fleuve! Tu t'en vas maintenant, tu t'en vas h l'écuci!, Aussi vif, aussi prompt que le vif écureuil, Ainsi nue l'hointti.' :l'.l.-.-1 ™n .îprès le cercueil

En quête d'existence neuve !

"Oh! fleuve impétueux! oh! casse -cou de fleuve Tu t'en vas en courant, tu t'en vas a la mer, Un abime insondé, dont le flot est amer, Et que l'on peut nommer la porte de l'enfer . . .

Oii l'Ëspérauce même est veuve 1

Madame Pauliite de * * " En lui enToyint sa traduction du Toime do " l'Esprit" rie

Cusric. Surin.

Du charme de l'Esphit rien n'égale la grâce, ("est la beauté du i-ieiir, beauté que rien n'efface, Ni le malheur, ni l'âge, ni le temps,

Beauté toujours dans son printemps, Du vrai ^i-nie litincelle électrique,

Son feu sacre" se communique D'un pôle a l'autre ; il est plus d'un bon mot Qui sur l'aile du vent, qui sur l'aile du flot, Sans passeport aucun, s'en va faire la nique A l'abus qui grossit, et même à la critique:

rit va narguer les sots qui sous des noms divers Pullulent dans cet univers.

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