MADAME PAÏI.INE DE
Qui de l'axis sortira quelque jour Pour prouver ce que peut uu maternel amour,
Et faire honneur il la manière Dont voua savez sur tons épaniirc la lumière.
A voua donc ce livra: "l'Esprit" Ecrit par Charles Swnin, écrit sur du granit Bi™ plus dur que l'airain fabriqué par Horace,
Et qui, dans ce monde oh tout passe,
Qui îles siècles passes ont bravé les autans.
En vous adressant cet ouvrage Faible rayon d'un soleil sans nuagn, Je veuivous créer un désir, Désir qu'on réalise est toujours un plaisir : C'est do lire "Tbe Mrsn" dans sa langue natale,
OÙ l'éclair resplendit. Gi: Tilv.iMLr l'i'[ .-.11-,
OS glorieusement L'EsrniT
Monte jttsiiii'riic zûiith :
Une traduction, sachez-le bien, Madame, N'est que le feu follet qui jaillit de la flamme, Et non le feu lui-même: et maintenant j'ai dit : La terre retourne a ta terre Et La lumière à la lumière . . .
A vous l'Esprit I
SWAIN (CHAELES).
L'Ebpeit. [Fragment]. Et)
O voix du cœur humain I suinte et divine voii Noble enfant de l'amour, do la beauté (parfois, De nouveau me prosterne a tes pieds, Poi'sie, De nouveau viens gofiter ta céleste ambroisie ; Je ta dédie H toi les couronnes île fleurs Que, sauvages, j'emprunte il la nature en pleura Ce livre eet un herbier où je les emprisonne. Afin que conservant «jamais leurs couleura
Comme ébloui devant l'astre éclatant du jour L'œil aveuglé s'éteint,— je m'incline à mon tour Devant ta majesté, ton sublime mystère, Esprit Omnipotent, Immortelle I.umiÈrol J'ai l'espoir cependant que l'Etre grand et fort Qui peut de sa clarté m'inonder sans effort, A la hauteur du thème élèvera mon Stue, Qu'à ma langue inapiréc il prêtera l'accord Qui des chanta immortels éternise la flamme.
Pour chanter de l'Esprit l'étemelle beauté,
Tour chanter sa puissance et sa divinité,
Sa sublime graudeur, sa grâce, sa finesse,
Sa simplicité noble, et sa délicatesse ;
Pour chanter son triomphe, et dire ces succès
Qu'ilgautie a chaque instant dans les champs dup
Jusqu'à ce jour fiié du par l'Omnipotence,
Où devant l'Eternel ayant enfin accès,
H viendra des vieui temps raconter l'existence.
Nous savons nue l'Esprit ilu céle*tc flambeau
Tient son essence, mais soulever le rideau
Qui le cache a nos sens, est acte de folie,
Sur les choses d'en haut Dieu mit un lourd manteau
Mais si nous remariions la Nature en tout lieu, L>o quel merveillcui monde il nous a dote Dieu I
Pour les nombreui bienfaits de sa vaste puissance )
Sans les obstructions, noble investigateur
Le poète saura découvrir en son cœur
l'um piiur iii!|)iiitrr n :> jilus 1 liataio rivage
L'Esprit intelligent, ect fi cruel coureur
Après la vérité, de Dieu le témoignage.
Aimes la I'ocaio, au ciel elle a puisé 1
De la sagesse c'est l'Esprit sublimisé,
Elle est faite pour l'homme et l'homme est fait pour elle,
De la nature c'est la brillante étincelle:
L'affection lui fait un trône dans son eosur,
La beauté sur sa leiro y boit filtre enchanteur,
Sa voir parle, et voilïi la pensée immortelle :
Aimez la l'oi^ii', en elli! est le bonbeur,
C'eat pour voua rendre heurcui que Dieu la fit ai belle 1
Devenus immortels par ton art, o Sculpture!
Aiinea la l'oijaie,— ange et femme il la fois, Elle épand ses bienfaits sur tonte la nature I Soutien de la vertu, de la Religion Elle foule le sol, liait la dévotion I C'eat sur nés ailes que les hymnes du Dimanche Montent jusqu'au Seigneur! Ame candide et blanche
iips tu put jjiniiiif ili'trniri! ;
Où parle le géule, oil Elle vous fora voir ee
plus est un dictante I
Rayon du Dieu vivant, et du ciel émané,
De la Divinité pouvoir déterminé,
Esprit ! par linéique iinm ipi'on puisse te ilwrire,
A vouloir te ebanter ma jeune lyre aspire!
Et parcelle et svuipliune eu loi rien n'est liumain,
lie l'itriiii. .! t i.-l aiUciii' lu [unis mulilres la main,
Aui pieds [lu In'nn; mi juur où s'inclinent les aui;(-s
l'in: i.-]iiire peut-être ... ou las! cruel destin!
A pourrir uuiuliirnm : diiii-, des douleur.- étranges !
Ton empire s'étend sur l'Espace et le Temps I
[jl'S ]ii:upli:.. Ii :i[s r 1- 1' — ■: ^ i ^ liliiiui:.. aboilli-.^diK
Sont il lui ; clirtipie objet «sic, noble, ou sublime Suit ilalis r.milue ('tendu, -u:l gisant mjIis ]'abiiue Est à lui seul :—\ lui 1 puut toujours, Il jamais! Ile* mondes le desiin dans la guerre ou la paii, Il ne t'importe mis, et si tré-ne ou monarque Sont renversés, que tombe ou cabane ou palais, Toi tu survis h tout en dépit de la parque!
D'un patriote cteur la force et le flambeau Toi Je la liberté tu soutiens le drapant, Des civiques vertus en prenant la défense Des traîtres au pays tu flétris l';UTOganco ! Sur tes ailos soudain noble et majestueux Lo poète s'élanco, ot va toucher les deux ; Jalon! d'inscriro un jour aux fastes de son lie Un nom pur, à jamais entouré, glorieux De cette exergue : " 11 fut uu citoyen utile I " Si Rouie avait perdu diadème et fleuron, Pour garder la splendeur du nom de Cicéron La parole devrait se dissoudre en fuméo Avant que s'éteignît sa grande renommée :
Et toi ville sacrée au sacré Partbenon, Au poète il est cher ton grand et noble nom,
l-Llle du lier ISru:
Ci! fut dana ton enceinte, B magnifique Athènes I
Que Philippe tomba sous l'immense renom
Et hous l'or des discours du imitant Démcsthw.
L'esprit de Shéridnn périra-t-il un jour?
Et In voix do Cliathain m ou ira- 1 -elle à son tour?
Oh ! non : car du génio i! est une parcelle
fjui plane sur l'oubli, lumineuse étincelle.
Et qui vient le sauver d'un trépas sans écho 1
Oui tant qu'il restera dans l'âme un mémento
De ses beaux sentiments qu'inspire lu nature,
La vertu, le génie auront pont stu Clin,
Et du poète aussi la noble investiture 1
Oh 1 ma noble Patrie ! oh ! sol aimé des Dieut !
Mère des braves la ïus, des esprits généreux,
J'aime jusqu'aux caillou q;ii pnillètcnt ta plage,
Avec orgueil jp ïuis tes vague?, ton rivage:
Quand au-dessus do moi mugiraient les autans,
Ainsi jo saluerais l'ire des éléments;
" Frappe et sévis toujours, si sur le sol des braves
Tu peux trouver un coeur flatteur des vils tyrans;
Devant Dieu nous plions; no sommes point eselaves I"
Cette poussière que nous foulons aujourd'hui
(."est la cendre des morts autrefois notre appui ;
De ces morts glorieux qui dans les temps antiques
Ils bravèrent In mort cos cœurs grands et loyaux- "' Et savox-vons pourquoi ? . . Pour les nobles drapeaux Dp la vieille Angleterre, et non par égoîsme; De la guerre c'était pour effacer les maux, C'était pour conquérir nos droits, notre civisme. Oh I ce sont tes couleurs qui ravissent, Esprit, L'artiste, et qui le font s'élover au zénith ! Noble inspiration, toi, tu sais par l'étude Dissiper ses ennuis, peupler sa solitude I Oui, c'est au moment même ou le silence dort, Ou les monts sur les monts s'entassent sans effort, Que l'on peut évoquer ton sublime mystère, Tout eo qui resplendit le «rand, le Hont|, le Fort, A nos sens éblouis révèle ta lumière.
340 l'esprit.
Ce suprême pouvoir,— énergiq ne, immortel, 11 dota Michel -Ange— ange tombe du ciel ; Il imbut nen esprit de ces teintes mystiques Du jugement dernier créations épiques ; Il lui donna ces goûts, ces grandes («issions, Ces nobles sentiments, ces admirations, Qui vont chercher un ciel un rayon du ciel même, Enfin il lui donna ces aspirations Qui pour l'liuiiuniu : 'ont h- plu.- saint, baptême I Qui donc peut regarder l'œuvre d'un Raplia<;l Sans sentir se» pensers s'élever vers le ciel ; Sans sentir s'élargir do son esprit la sphère, Sans le voir ébloui de splendide lumière; Sans sentir ton! son être imbibé de douceur, Sans sentir â nouveau vivifier son cœur D'une sainte clarté, niajostuoui symbole D'une murale pure— incrustée en couleur, Plue éloquente encor que ue l'est la parole?
D'immortelles couleurs I . . car le Temps destructeur Qui dessirha la mnin de leur divin auteur, Le Temps qui sans égard von? ji:llc .'i la poutïièrc Le Peintre et le Faute, cl leur vie éphémère, Il no fait qu'augmenter leur gloire et leur valeur. Oh I ce sont la des dons qui rehaussent lo cœur, Qui font lo mieux vibrer les cordes de la lyro, Qui sont pour le chagrin baume consolateur, Qui font que l'Espérance a pour nous un sourire. Bien que la Pauvreté comme un loup dévorant Rôdo autour du bereeau du génie aspirant ; Les trûneH en durée, on éï-lat, sont de neige, Tandis qu'à tout jamais vit ot vivra Corrfge, Oh gisent-ils ces (Irands au mérite fait d'or? Dans un tombeau sculpté. Riche était leur trésor, Il n'a pu de l'oubli sauver leur gloriole ; Mais il est de ces morts qui revivent encor Quand As ont l'uiiivri-.- jiuiir dOnie ot pour coupole.
West, Lawrence, Haynolds, Wilson, Hogarth, Martin, Voila de nobles noms pour orner ton écrin
O ma belle Patrie, o ma vieille Angleterre I
Ce sont 1H des joyau dent lu peu* £irc Hère I
Illustres ci t avens de l' Ira mortalité,
Ils vivront éternels pour ta célébrité !
CVraicnt de griiiiiln i -j'rlif, touii à lurjrc faconde,
Dont la devise était : " Universalité I "
Ils légueront ton nom aiu dernier? jours du inonde.
Ce n'est pas seulement la forme et la conleur,
La charme de l'aspect, des lèvres la rougeur,
Ces beaui yeui dérobés à la voilte céleste,
Et le vif incarnat, et la pudeur du geste,
Ni ces grâces qui font plus belle la beauté ;
Mais c'est la ressemblance ÏL l'objet portntité,
Qui sait rendre aui amours leur premiïre espérance,
Qui sait rendre à l'hiver les mies de l'été,
Ces lèvres de baisers inondant notre enfnnen ; Ce tout que nous avons perdu, quand le cercueil Laissait notre finie froide, et sans un pleur notre oeil ; Alors que nos foyers rataient une priirc ; — Cœur!— tu devais trop lût e.jiuiaîtrc te st.™ il deuil Que renferme ici bas 1» tombe d'un bon pÈrel
Qu'il soit donc a jamais sacré pour nous cet art Qui nous rend nos aimés. le;ir bienveillant re^'.nl ! Quand mon ceil d'un portrait caresse chaque iniictie. Il nie semble qu'il vil. et 'jtt! sourit la bouche;
Et qui n'a rien d'humain, ce don surnaturel, Oui de ui)b c tiers dé nuits nous redit la figure; Qui vient noua parler d'eui, ainsi que l'are-en-eiel Vient nous parler d'espoir quand pleure lu nature. A travers tes longs jours de mon deuil d'orphelin, La lyre fut la seule à aharmer mon chemin ; Mettant ma nuit eu fuite ainsi que fait l'aurore, Elle me dit : Espère, Enfant, espère encore !
La nature on m. m cœur éveilla son vouloir, Et me pris à chanter sa puissance infinie.
0 de la Poésie Esprit de vérité
Toi que trouva l'amour en cherchant la beauté ; Mobile d'espérance,- -Sme do la pensée, Des main du genre Iiuinaiu sublime panacée, Des anges ont orné tes ailes de splendeur, Ils ont dote" ta voit d'admirable grandeur, Ils t'ont enguirlandé d'oûrandes immortelles, Ils ont rais devant toi des cieui la profondeur, Et puis à l'univers ont jeté tes dentelles.
Bas merveilles du monde invisible témoin,
1 .a première, tu via la mer lancée au loin ; Du sein de Jébovah toi tu vis la lumière Jet brillant, envahir, transfigurer la terre ; Tu l'entendis lo Verbe alors qu'il fit les oieui, Et qu'il créa d'un mot les astres lumincur Sur les figes futurs peur veilk-r sentinelle* ; Taudis que le soleil surgissait radieux
Et que des voii (l'amour vers Dieu montaient si belles !
Car toi depuis la longue éternité des jours
Fus un don ; une voit de lumiiro toujours ;
Une présence, un fait duns la vue étemelle,
Jusqu'au plus haut dos ciinu laiii;;ui! lui ttirittlli; :
Allant puiser au eicl ton immense pouvoir,
ilmnilissant le tonnerre, et sans l'en émouvoir ;
La main qui te forma peut seule on sa puissance
Arrêter ton élan, arrêter ton vouloir,
Et par sa volonté te réduire au silence.
De nos illustres morts en voyant les tombeaux
Sous la garde du Temps sommeiller en repos,
Qui n'a senti vibrer en soi la Poésie,
Qui n'en a savouré la divine ambroisie?
Evoquez uu Shakespeare, et restez sans émui
Soit aus chauts d'Aria), soit devant le convoi