LEB FC NÉ H AILLES DE J1COB
Etaient là les Anciens il blanche chevelure,
I<cs Juges sceptre en mains,— campés sous ta verdure;
Leurs tentes dans la plains offrait un beau coup d'oeil.
Tout à l'entcur nombre do chars de deuil ^c tninicni, linmarchés de blanche ciselure.
Les rites accomplis, avec gravo lenteur
Sa tristesse de plomb avait ne sais quel faste,
Des nombreui chars d'aïrain tant la suite était vaste ;
L« pu des fiera coursiers et monotone et lourd,
Le cri des eliair |irmluinifiii un bruit sourd De la procession accompagnement chaste.
Joseph eut pu l'avoir la musique du Roi,
Mais sans musique (tait mieux ce convoi !
De longs voiles do deuil ondoyaient sur la biire, Et comme défilait la marche mortuaire A travers les cités, leurs nombreui habitants
Do leur douleur n'épargnaient les accents, l'our Joseph leur sauveur s'élevait leur priÈrc, Sur sa tire appelant au jour d'adversité
Du Dieu du ciel l'inef&bla bonté.
Ils panèrent ainsi bien des villes fameuses Alors,— mais maintenant dormant silencieuses Dans la nuit du néant ; ils fouleront aussi
Bien du terrain alors inculte . . . dégrossi
l'eluaium, llubabte aujourd'hui le désert
Ou le cliaenl hurle 6eul son concert.
A travers le désert qui so prolonge immense, Maintenant épuisés, ils s'avancent vers l'anse, Du lac serbonien dans les sables jeté :
Que d'ossements sous son flot redouté Et parmi sea roseaui rediront l'endurance De ces guerriers nombreui, trouvant un lourd tomheati
Dans les bas fonda sous le froid de son eau.
Pendant longtemps, l(jn E ti'mp.. Inn-lniips loinaraia traître Devant eux s 'étendant ne cessa de paraître, Le sable sous leur pas, les humides vapeurs
Humectant l'air, enfantant dos douleurs
381 LES i'U NÉ HA IL LE S DE JiCOB.
Sans nom mais nul iIYtiIi-Viii uVut curte pu connaître 1*9 pensera de Joseph,— jadis indéfendu
Dans eu désert par ces frire* vendu.
Ce long chemin alors témoin, do ses alarmes
Est encore aujourd'hui tout mouillé de ses larmes,
Quand dans la vie il allait prendre essor ; [-es munis <le ChaMaaii lui ra^ieHent les charmes De ce toit paternel, alors qu'enfant rêveur,
Souvent le soir il humait le bonheur 1
C'était un rfive hélas ! que cette souvenance ! Revint lo sentiment plus vrai de l'ciisteuce, 1*1 douleur et la mort, lo vide, le désert,
L'ardent soleil sous un ciel découvert, Et les sables brillants égrenant leur semence ; I'il aii- épais, hrimiem, dans ta Inunle épaisseur
( iva:it ;m loin m] rniiM^i iiurs-trllr.
Mais lorsque du soleil la couleur irisée Se pcribiit diins l'éllicr iraprt'jnii 1 de rosée, Lorsque le firmament voilé devenait bleu,
Que de l'étoile en haut brillait le feu, Et que lo soir rendait la brise plus osée, Se sentant retrempés par ce temps do repos,
Nos voyageurs oubliaient tous leur maux.
Souvent h ce moment oil règne le silence
Partout ; où tout es: fraK irais imumo mie espérance,
Ils poursuivaient leur inarche; ayant dans In chaleur
[lo la lune gisait sur lo lac k distance ; L'étoile les guidait, et lo feu d'un fhlot
Pendant la nuit, aussi guidait lour flot.
Les hordes d'Ismaéi parcourant d'habitude
Des déserts de Paran la vaste solitude
l.fs n ■ 1 1 r r-ij c it île lui n, sans oser les traquer;
C'est là pourtant que vinrent s'embusquer Contre la ^enre humain et do façon fort rude, t'es Arabes, seigneurs nés du libre désert,
Pour rançonner chacun n ciel ouvert.
(Sans être inquiété, mais pu» le cortège, Jusqu'à ce ijlli' île luit] commu un l'Uni dp neigu Se produisit ; laissant bientôt voir îl leurs joui
Au pic d'un inont ces arbres plantureui Dont, dans lux jours d'été, la ^ramle «libre protège ; Puis enfin les chameaus (Inivêrtmt lu fraîcheur
Des puils profonds, de leur douce saveur.
11,'liiiem .'init apri-s si long voyage A l'u'il (lu pèlerin ce premier paysage Du ciel de Canaan fi l'aspect emlianteur;
Bien douce était la brise et ki fraîcheur; Qu'ils étaient beaux Il-.s ihi.uih. la pialac et le bocagol Iv tliaijin' buis tùiul'u i|in' l'air était exquis
Qui se glissait do taillis en taillis.
El maîntenanl sortant des collines ombreuses De ce pays élu sentinelle» nombreuses, i,m vuilà traversait! lus plaine-, li.-s plateaui
Qui [le Jacob virent len grands troupenui, l.i; silence y regnait ; mai.- des clameurs honteuses S'élevèrent lo soir des cités d'alentour
Oii de Molooh était l'infâme cour.
Ils alli'ijjtjelir i-nfin la maison solitaire Ou demeurait Jacob; son étape dernière A vaut 4'H- dan- Hébruii : on corps -ni: transporté;
Et dans l'enceinte avec solennité fie jii'L parent à rendre à la (erre la terre :
Brillaient ainsi que les Assyriens ; Des Princes le grand air et la magnificence, La foule des pleureurs, la foule des courriers
Des chars, des gens, In foule des guerriers.
Les rites accomplis le deuil du Patriarche Vers l'Orient tuuiour.- aumiant, reprit sa marche.
:I8<! i,es fuk lin ailles nr. jacoti.
Dn dernier monl duquel on découvrait Les prut'liainf murs il'IIvlinni, lu viiûti; île nui arche, It'Ili'bron "Il li 1 cyprès se balance dans l'»îr,
D'Hébron jadis 1 ce grand mori si cher!
Eïilé loin des lient oïl vécurent nés pères, A l'abri désormais des humaines misères, La maintenant Jacob rivant de vieux liens,
Dans le seigneur repose avec les siens ; Il est venu do loin des plaines étrangères Pour dormir dans le fond de ce sombre caveau
Où d'Esatl déjà gît le tombeau.
Prea de Lin ses fila ont déposé leur pire, Bien loin de ses cités Rachol qui lui fut chère, Lii bas, vers Bethlehom dort du dernier sommeil.
Oh ! si Lia pur un soudain réveil Pouvait voir à ses pieds son Eoubon en prière, Du haut de son repos sur ses fils a genoux
Que son regard aérait affable et doux !
Dors en paii, saint vieillard, cor in couche est U'nie.
Iji foi t'a fait passer en heureuse harmonie
A travers un nouveau Jourdain,— an doux repos,
lîenos sans tin, pour prix do tes travaux :
Ceux lit peuvent dormir do la vie infinie Dont le dernier penser fut ce penser du tteur:
"Je t'attendais,— vers toi je vais Seigneurl"
ih Uinu,-> jmirs r.a:;.-oront avant que ton silence
Sans en être empOchés s'étendront tes rameaux,
Lors, un aussi Grand deuil dans sa magnificence S ombre, s'avancera vers tes caveaux sacrés Y déposer des restes adorés !
CAPEBN (EDWAED).
" Dïs-moi quel fui IV'iiini de l'Aine douce cl tendre
Qui t'apporta faible arbrisseau, l'rè. il..- ci; petit tenre. uu ('..lit élrt la cendre
'■ lis-tu le souvenir do quelque pauv
" Arbre patriarchal I réponds 'i ma requête :
Pus-tu placi! dans ce terrain Tour noua symboliser l'affection honnête,
Ou pleurer sur le genre humain ? " t'emuie disais ces n;ii!s, mi limil -oiird bien Étrange
Sembla surgir du Ironc noueux, L'If agita sa feuille, et comme un soupir (Fange
Sortit de son flanc caverneux.
" Voyageur!" gémit l'If, "je suis sur cette terre Pour veiller sur celui qui dort,
J'enregistre les vœux de tout ce cimetière, Et je trône ici sur 1b mort.
" Que si tu veux savoir du pissé les arcanes, Et quels en furent les acteurs,
El sonder ces secrets ignorés dus profanes,
Qui dorment (hnis îles iirrifumlciivs :