‹ Rayons et reflets, par le chevalier de ChatelainChapitre 99 sur 116 · A LA CENDRE LA CENDRE · texte numérisé non relu

A LA CENDRE LA CENDRE

F.LETCHEB (J. W.) A i,\ Cenuhk la Ceîidee, À LA Terre la Terre, À r,A Poussière la Poussière.

A la cendre la cendre, à 1a terre la terre, A la poussière la poussièrel Dernier et triste iuIu-n du vivant .tu corceuil,

iuhith.' i't l'I.-i.m-iI. t"iil î 1 1 -i i n- 1' l^i > i.' jIi-iuI,

S'inffltnnt monotone Sous les parois du (empli-, nin-i iju'im vent d'automne. A la cendre la cendre, a la terre la terre,

A la poussif re, In poussière !

Approchez et voyez au lieu du long repos De L'homme les débris u tout jamais enclos,

Et fui tes -leur l'aumône I)a ce dom souvenir qui dans le coma rayonne. Le soleil de L'été, la brise printanniere

Tasseront sans Laisser traces de leur parcours, L.es étoiles des nuits fiiccédcmiLt aux jours

Périra sur ce tertre, ou grandira superbe.

Unis l'IiijinuLo il n passé comme un suiiulu érjliHMcie. Soûl il no revient pas sur terre ;

Son hdiuie [>o u...- A la cendre se mêle, ei se m.'le à la terre.

A la cendre la cendre, !i la terre La terre,

A la poussière 1a poussière !

Obi c'est triste à punser qna tout ce qo'ïei fut, Do la mort doit un jour acquitter le tribut;

Oui la plus belle chose, Le duvet do l'espoir, le bouton de la rose, l.e vassal opprimé, — le roi porte -couronne,

L'été, le printemps et l'automne.

La vive affection, le délire d'amour,

La gaîté, la folie, oui cliacun tour-à-tour

Eipire dans lu tombe Ile notre humanité, solennelle hécatombe I Sans de la mort partout voir la trace profonde,

Avec des pieds légers, des yem insoucieux, De.- pensera noncliuhmla, et Je- eiturs oublieux

Du cruel sort de rhaim Et ne s'occuper pas un peu du dernier soramoî Observe, réfléchis . . . d'une teinte légère

N'admets point pemée éphémère, Pour te distraire, enfant, du penser de In mort r Cet austère penser te suivra, c'est le sort

De toute créature Jusqu'en jour où paieras ta dette a la nature. Va demander aux morts, a la feuille qui tombe

La haute leçon de la tombe ; Ain siècle* égrènes demande leurs secrets,

Des jours qui ne sont plu.- refleurissant la llnjmilinuc tableau, tout ce qu'a vu le mo

Et que l'humanité l'écnnde A fait et supporté, sourt'ert et projeté, liipéré, savouré, contemplé. îm'-fli té, Se trouve

Dans ce clianip ili: repris recomvrt rie verdure. A la cendre la cendre, .X la terre la terre, A In poussière la poussière '■ Chaque heure, chaque tintant qui ]ki.<sc chaque jour A lamas général doucement fait retour

* U CENDRE LA OENDBE !

De eou gmin île poussière oui: Ii! Mjk'il iin'irit. ipie lu mort mut en terre. No recula jamais devant sombres pensées

Les heures sont bien dépensées A fie nourrir l'esprit que l'homme doit périr; Car il meurt pour revivre, et s'éteint pour surgir

Plus noble et plus vivaco Devers les régions an-délit de l'espace.

Quoique le grain semé fut mondaine semence,

Corruptible dans hou essence.

Les heureux rachetés, immortels, glorieux,

Dans un beau ciel d'azur h l'œil a'offrant sans voile!. Du juste le sentier c'est la noble lumière Qui sur sa trace tout éclaire,

Dans lequel il ses ye.ni tout so révèle beau,

Ijes astres sont brillants comme dans ta nuit noire. Du .juste le «entier ressemble à la comète

Près ilu soleil qui pirouette , De son orbe allongé chaque évolution Amène plus encor sa révolution,

Tant qu'enfin en spirale Elle se perd mu iVui île h sphère centrale.

A la coudre la cendre, ,\ In terre ln terre,

A la poussière la poussière 1 llniis i« moi-nr- ii.'i.Tiiîsoù jile-.trf la douleur L'homme trouve un émoi qui va droit a son cceur;

La tombe ouvre sa bouche lit l'homme de sa vuii s'émeut et s'effarouche ; De noires visions s'emparent do son être

A l'aspect de a: emnrl peut-être !

Puis cette fosse ouverte, et ce gouffre béant, Cette terre jetée autour de ce néant,

Tout vient lui dire en somme Le pouvoir de la mon. l'inanité de l'homme !

Cet adieu déchirant, de la mort cri moqueur Semble le demici- eri d'un imprudent nageur

Qui s'enfonce et qui sombre, Et ilont le» Ilots épais mu liionti'it couvert l'ombre. Le chrétien d'un ami déplore ainsi la perte.

Triste, laisse éL'hapjicr II' trd|i jiIi'LIL de ses pleura; Mais planant sur la tombe ulijcl do fi?s douleurs,

La fui lui montre un ange Avant quitte du ciel la cul este phalange :

" Pourquoi pleurer ainsi ? . . pour de values alarmes 1 Pourquoi," dit-il, » verser ces larmes,

Pour y chercher l'écrin qui ne s'y trouve pas?

Car la Heur immortelle Ne le savez-vous pas sur la tige mortelle " N'a pas durable sort ? Sur la terrestre tigo

Dieu permet que par un prodige Et fleurisse la (leur, el s'avance le fruit Jusqu'il maturité: l:i main qui tout conduit

Alors ilft mit la tige, lit tombe le fardeau ; niais mm pour mourir, dis-je, . " Comme une bulle d'air de couleur irisée Tout d'abord goutte de route Pris d'un lue lii'/n jiri.ifnn;! ayant tu son séjour 1 ."ti^toiops. k- quitti enfin pour s'élancer au jour,

lin quittant am ijininil s'en éohappe In rl&ttune ; '■ Sur des nuages d'or un instant balancée,

Et dans sa forme condensée, Elle monte an Très liant tonte ceinte de feu, Et va très humblement s'incliner devant Dieu ;

Puis daus son sein repose llcnreuso de la mur! qui la métamorphose !" Ne pleurai pas la mort ; la tombe a dans sa voie

Le germe inédit de la joie ;

Qui va s'éteindre enfin a» sein de Dieu le pire

HEDDEEWICK (JAMES).

L'Attbkih bu "Vaisseau.

Le vaisseau désire" dont il chcrcliait la trace.

Sitôt que naissait l'aube aui ailes d'Alcyon,

Planant sur la nature immobile et muette,

A travers l'océan pointait sa vision,

Son œil avait le dard perçant d'une mouette ;

Opoiul.iiit 'juo in>rci ; f par le Uni mollement

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