‹ Réaction de Bordet et Gengou dans les Déterminations rénales d'origine tuberculeuse: Essai de déductions pathogéniquesChapitre 16 sur 45 · USA · texte numérisé non relu

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ayant créé quelque chose de nouveau en utilisant toutefois une méthode existante proteste contre la tentative faite, à la Société de Biologie de Berlin de mettre en première place le nom de Bordet dans sa réaction où il transforme un antigène soluble dans l’eau en un antigène lipoide.

Enfin Nathan, se basant sur les résultats différents de Ja R. W. et de la réaction de floculation de Sachs Georgi admet dans le sérum syphilitique deux fonctions, l’une la thermolabile ne provoquerait que la fixation du complément, la spécifique thermostabile provoquerait en outre la floculabilité des sérums syphilitiques (1).

D'ailleurs, actuellement, la réaction de Wassermann jouit encore en France, à Paris particulièrement, d’une grande vogue et cependant elle est beaucoup plus discutable que la réaction de déviation du complément tuberculeux. Ici, en effet, on ne peut substituer à l’antigène les préparations les plus insolites, puisque tel malade qui a une réaction positive avec la pulpe, peut ne pas fixer le complément en présence de tuberceuline.

Les interprétations des faits varient, bien des obscurités persistent mais nous ne voyons aucun fait net, aucune preuve indiscutabie qui menace de faire crouler l'édifice, de ruiner cette ingénieuse méthode d’études qui résiste encore aux assauts et que nous emploierons selon la technique même des auteurs que nous avons décrite.

Nous admettons donc, avec R. Biot, que l’étude des divers cas cliniques de tuberculose permet de considérer

d'existence d'anticorps comme un signe de défense humo-

(1) Münchener Medizinische Wochenschrift, 31 décembre 1920, n° 53. Wassermann (Wolff-Eisner). Nathan (de Francfort) (Saathoff).

SAT RTS rale et celle des antigènes comme un témoin de l'imprénation bacillaire. Ces réactions fournissent ainsi un des éléments du pronostic.

D'ailleurs, la valeur défensive, microbicide, de certains anticorps tels que la Bactériolysine, a été expérimentalement démontrée à l’Institut Maragliano à Gênes, et l’observation clinique nous confirme dans notre conception sur la valeur défensive des anticorps.

Nous avons personnellement de nombreux exemples de malades chez lesquels l’absence d’anticorps dans le sérum constatée à plusieurs reprises en face d’antigènes abondants au cours de déterminations tuberculeuses viscérales nous avait fait craindre une évolution rapidement fatale et l’évolution de la maladie ne donnait que trop raison à nos légitimes craintes.

Le cas de Corm... atteint de « Symphyse péricardique avec pleurésie bilatérale et péritonite ascitique », cité par M. Teissier, en est un exemple des plus typiques. Notre maître, d’ailleurs, insiste depuis longtemps dans son remarquable petit livre sur les « Albuminuries curables » sur la défaillance des éléments de défense, sur l'absence d'anticorps expliquant dans certains cas d'albuminuries prétuberculeuses la victoire définitive du bacille sur les forces. de l'organisme.

Calmette, de son côté, ne dit-il point que « plus les anticorps sont abondants, plus le malade résiste à l’intoxication résultant des produits de la sécrétion bacil- . Jaire ». 2h ;

Letulle ne reconnaît-il pas que la richesse en anticorps coïncide avec une résistance satisfaisante à l’infection quand il dit que l’accumulation d'anticorps dans

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l'organisme joue un rôle favorable dans la défense contre: la tuberculose puisqu'ils existent en d'autant plus grande abondance dans le sérum des malades que ceux-ci résis-tent plus à la maladie. MM. F. Arloing, H. de Serbonne. et F. Besançon ont remarqué aussi l’apparition et la disparition brusque des anticorps d’un sérum et ils ont plusieurs fois constaté la coïncidence de cette disparition des sensibilisatrices avec les rechutes apparentes de la maladie. Enfin, MM. A. Besredka et F. Jupille, injectantà des lapins des bacilles tuberculeux et faisant la recher-che fréquente des anticorps constatent que la réaction est positive alors qu’on ne trouve pas de lésions macros-copiques des organes et qu’elle marche de pair avec læ résistance de l’animal (Laboratoire du Professeur Met-chnikoff). $

Des expériences et des constatations cliniques de même ordre conduisent à attribuer un pouvoir pathogène aux antigènes. R. Biot signale en effet dans sa thèse ses expgÿiences pour montrer que les sérums ou urines qui contiennent des antigènes ont les mêmes propriétés que des solutions de pulpe bacillaire ou de tuberculine, maïis,. dit-il, il est indispensable d’agir avec des humeurs ne: contenant que des antigènes et pas d’anticorps.

La pratique de la réaction de fixation qui nous ren-seigne sur la teneur des humeurs en antigènes et em anticorps nous paraît donc légitime.

| Inexpliquée quant à son mécanisme, sujette à erreur,. la réaction de Bordet-Gengou n'en est pas moins un moyen d'investigation précieuse qui nous permet desonder en quelque sorte les propriétés défensives de l’or-

ganisme. Ses résultats paraissent particulièrement inté-

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ressants dans l'étude des manifestations tuberculeuses au niveau du rein situé à la limite de deux milieux humoraux dans lesquels on opère la recherche « simultanée » -des divers éléments de la réaction.

Ici, comme dans tous les autres domaines de la pathologie, les réactions de laboratoire ont besoin d’être vérifiées, confirmées par l’étude clinique qui seule tranchera. Il manque à cette méthode le critérium que seule l’observation attentive et prolongée des malades pourra apporter. Déjà, nous avons des résultats difficiles à interpréter, mais certains faits paraissent acquis. La méthode est imporfaite, elle vaut cependant mieux que celles qu’on a voulu lui substituer. Elle est loin d’être définitivement jugée.

« Il suffit, dit CI. Bernard, d’avoir posé des questions et d’avoir donné quelques expériences qui serviront de point de départ à des études. nous n'avons qu’une

<hose à faire, c'est de continuer à chercher. »

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