OBSERVATION XXIII
E..., cultivateur, 32 ans, salle B. Teissier Non5 Entré le 16 décembre 1918.
Tuberculose rénale
Pas d'antécédents à signaler. |
Mobilisé en août 1914, le malade part au front en 1916. ÆEn 1917 apparaissent des céphalées fréquentes avec douleurs lombaires. Pollakiurie. Les urines sont légèrement albumineuses. Le malade, qui à un peu de fièvre, est évacué. Son ‘état s'améliore. En janvier 1918, il contracte les oreillons, fait un poussée de rhumatismes suspects. Malgré un repos prolongé, le malade sent réapparaître ef augmenter ses douleurs lombaires, une pollakiurie douloureuse s’installe. Mais l'état général est bon à tel point qu'il reprend son service. Enfin, quelques mois plus tard, au cours d’une grippe, les troubles urinaires s’aggravent et le malade entre à l'Hôtel-Dieu avec une fièvre légère et exacerbation vespérale. Les urines sont troubles et abondantes : 5 litres par jour. Urée : 18 gr. ;
EU Chlorures : 11 gr. ; Phosphates : 4 gr. 50 ; Albumine : 2 gr. 25
AV TA (pyurie ?) ; p-— 2.800 QU 1,87.
‘Dans le sédiment urinaire, nombreux leucocytes dégénérés, mais absence de toute flore microbienne.
Le rein droit est palpable et douloureux. Point de Bazy. Le malade fait des crises de rétention urinaire suivies de débâcles àvec élimination de petits graviers.
Examen du sang. Hématies : 3.155.600 ; leucocytes : 8.715 ;. valeur globulaire, 0,76 ; urée du sang : 0 gr. 38. Tension artérielle : 10 1/2 — 7 au Riva-Rocci.
En janvier, M. le docteur Gauthier fait une cystoscopie. On ne peut cathétériser l’uretère droit dont l’orifice, caché par : de grosses végétations, laisse sourdre un pus épais, .crémeux. On recueille séparément les urines pendant une heure en introduisant une sonde dans l’uretère gauche.
Rein droit : urée (par litre), 4 gr. 20 ; chlorures : 4 gr. 32 ;
albumine : 4 gr. 20 ; A = — 0,44; 5 — — 0,18. Rein gauche : urée, 12 gr. 68 ; chlorures, 5 gr. 55 albumine, 0,55 ; À. = — 1,40 ; 5 — — 1,06.
Un cobaye inoculé montre des lésions caséeuses nettes.
Réaction de fixation du complément :
Ç Sérum Urines
P. Anticorps bacillaires ..... RATE De T. Anticorps antituberculineux .. — + B. Antigène endobacillaire ...... + 3b +- M. Antigène tuberculineux ...... + +
Le rein droit est enlevé en février, par M. Gauthier. Sa. par tie supérieure, pâle et bosselée, grosse comme le poing, contient de nombreuses cavernes pleines de pus. | M. Teissier, commentant cette observation, insiste sur la pré-" sence exclusive des antigènes dans le sérum. Leur virulence non atténuée par le jeu des anticorps parallèles explique l’évolution de la lésion. Dans l'urine, au contraire, la nocivité des germes s’est trouvée relativement. atténuée au point de les rendre moins vulnérants, de ménager le rein opposé et de permettre le rétablissement du malade. que nous avons vu bien portant plusieurs mois après l'intervention.
Ep
Il semble bien que ces dernières observations forcent la conviction tant par la constance des résultats obtenus. dans plusieurs examens que par leur concordance parfaite avec les manifestations cliniques révélées. Si, dans. certains cas, nos conclusions ne s’imposent pas avec une évidence absolue, il apparaît bien qu'ici les résultats de l'épreuve de fixation ont eu toute la valeur d’un symptôme objectif et précis (antigénurie prémonitoire de bacillose rénale survenant plusieurs mois après, présence cons-tante à plusieurs reprises des éléments de la réaction dans l’urine seulement et même dans l’urine isolée du rein Iésé). Ce ne sont pas là des coïincidences fortuites. et il est bien probable que si dans les toutes premières. manifestations des maladies nos réactions s'imposent avec moins de force, c’est que nous ne savons pas recon-naître et que souvent nous ne cherchons pas les petits signes du début qu’il serait si important de reconnaître.
A cette époque, la défense organique peu atteinte permet à l’organisme de triompher temporairement ou définitivement de l'atteinte morbide, de là des fluctuations. dans l’état général, dans les petits symptômes, dans nos réactions qui manquent évidemment de la fixité absolue: des signes classiques de l’atteinte avancée et souvent définitive des malades, mais souvent il est alors trop: terd.