CHAPITRE PREMIER La réaction de Bordet et Gengou
Nous n’insisterons pas sur les détails d'exécution et le mécanisme même de la réaction de Bordet-Gengou qui sont longuement expliqués dans des travaux originaux. (1)
PRINCIPES GÉNÉRAUX. — Quand on injecte à un animal une substance étiangère qui peut être figurée ou non figurée, que nous appellerons antigène, on voit dans certains cas l’organisme s’immuniser progressivement con-
tre elle. On peut, dès lors, dans les humeurs de cet ani-
(4) Recherche des antigènes et des anticorps dans le sérum et dans l'urine des Tuberculeux (Thèse ‘de R. Biot, Lyon, 1914).°
Sur l'existence de substances sensibilisatrices dans la plupart des sérums antimicrobiens (Ann. de l’Institut Pasteur, mai 1901),
mal, distinguer deux substances, l’alexine ou complément, d’une part, les anticorps ou sensibilisatrices, d’autre part. Ces substances ne peuvent être isolées, elles répondent surtout à des propriétés humorales spéciales el opposables.
En effet, l’alexine est banale, naturelle, préexiste à l'immunisation, se trouve dans tous les sérums alors que les anticorps sont spécifiques, dirigés contre les antigènes introduits dans l'organisme et contre eux seuls. L'alexine disparaît par chauffage pendant une demi-heure à 55° ; elle est donc thermolabile, alors que les anticorps résistent et.sont dits pour cela thermostabiles. Cette propriété nous permettra d'éliminer très simplement l’alexine des sérums. Enfin, l’alexine seule ou les anticorps seuls sont impuissants à détruire, à faire la «lyse » de l’antigène, ‘il faut leur union pour entraîner la destruction de l’antigène.
Ainsi, le sérum d’un lapin inoculé avec des hématies de bœuf contient de l’alexine et des anticorps hémolytiques. C’est un sérum de lapin antibœuf. Chauffé à 55°, ce sérum perd sa propriété hémolytique car l’alexine a disparu et seuls les anticorps persistent. C’est un sérum
inactivé ». Mais si on ajoute du sérum frais quelconque qui, comme tout sérum, contient de l’alexine, l’hénolyse se produira de nouveau. Ce sérum est « réaclipé ». |
Ces principes indispensables nous serviront à comprendre la réaction de Bordet-Gengou qui consiste, d’une façon générale, en la recherche, dans un sérum, des anticorps ou sensibilatrices vis-à-vis d’un antigène donné.
Dès lors, on met en présence cet antigène, plus le
roy
sérum chauffé à 55° (Ginactivé), et du sérum frais de cobaye qui apporte le complément,
Deux cas se présentent :
1° Le sérum à examiner contient des anticorps. Le complément est alors fixé sur l’antigène.
2° Le sérum à examiner ne contient pas d'anticorps. Le complément reste libre.
Rien ne décelant à la vue la fixation ou l’absence de fixation du complément, nous introduisons dans un second temps de la réaction un réactif, appelé système Rémolysable. Il est constitué par des globules rouges lraités par un sérum riche en anticorps hémolytiques, mais privé de son complément par chauffage à 55°. ;
Dans ces conditions, si dans le premier temps de la’ réaction le complément a été fixé sur l'antigène, il n’y aura pas d’hémolyse, le système hémolysable reste intact, la réaction est dite positive. Si, au contraire, le complément est resté libre (absence d’anticorps dans le sérum à examiner), il s’unira aux anticorps hémolytiques, l’hémolyse se produira, le tube sera limpide et clair, la réaction est négative.
Nous schématiserons ainsi cette réaction de fixation ou de déviation du complément.
Antigène + anticorps spécifique — complément fixé — pas d'hémolyse (réaction positive).
Antigène + anticorps non spécifique — complément non fixé — hémolyse (réaction négative).
Telle est, dans son principe, la réaction de Bordet et Gengou. La simplicité est cependant plus apparente que réelle quand on passe du domaine théorique dans la
® DEA réalisation pratique. Nous n’insisterons pas, renvoyant