À. — PRONOSTIC DE LA FORME LIQUIDIENNE
Nous étudierons le pronostic d’après :
a) la date d'apparition, b) le mode de début, c) l’évolution,
d) la nature de l'épanchement.
a) D’après la date d'apparition de l'épanchement.
Les épanchements idiopathiques, visibles seulement aux rayons, sont négligés, parce que n'ayant aucun intérêt pratique. Ils surviennent en général au début. Leur fréquence est extrémement grande. Leur durée est en général très courte, souvent ils n'existent que pendant quelques jours.
Pour ce qui est des épanchements importants, il ne faudra pas se laisser intimider et inquiéter outre mesure par un mode de début précoce. Notre observation ÏT est un bel exemple d'épanchement important dès le début de la cure et, cependant, à évolution très favorable. La malade est suivie depuis 7 ans et n’a pas eu de nouveaux accidents.
Nous adopterons donc les conclusions de J. Pis savy (123, p. 27) : «Il ne semble pas y avoir de
LE Ag
rapports très nets entre la gravité et la précocité de l'apparition. » Cela est utile à bien savoir, car un opérateur, même averti, est toujours fâcheusement impressionné par une pleurésie qui apparaît au début, alors qu'il a l'habitude, le plus souvent, de se trouver aux prises avec cette complication vers le deuxième mois de la cure. Non seulement le pronostic immédiat n’est pas plus grave, mais J. Pissavy, après l'étude de 144 cas de Dumarest et 67 tirés de sa propre statistique, arrive à déduire que le pourcentage des interruptions n’est pas plus considérable dans les épanchements précoces que dans les tardifs. Mais, si le pronostic de la pleurésie en ellemême nest pas plus grave, il faudra noter cependant que :
19 Plus la pleurésie aura été précoce, plus les symptômes généraux dont elle sera accompagnée auront tendance à prédisposer à une autre localisation bacillaire. Cette éventualité ne s’est pourtant pas produite dans notre observation II, malgré l'intensité des phénomènes généraux ;
20 Il ÿ aura à craindre une symphyse précoce, si elle permet la réexpansion pulmonaire avant que soit achevé le processus de sclérose et de rétraction du poumon sous-jacent, processus parfois à peine commencé (Dumarest, 68, p. 177). Le problème pronostic de la symphyse sera étudié dans son ensemble au chapitre des pleurésies adhésives. Notons, dès maintenant, que, quoique symphysée précocement, notre observation II eut une évolution favorable et
roi
que Pissavy (124) arrive à conclure que : « cette modalité d'interruption précoce du pneumothorax n’est pas aussi défavorable qu’on pourrait le croire»;
30 Enfin, il faudra redouter particulièrement, d'après Prévost (130, p. 117), dans les pleurésies à début précoce, Les perforations pleuro-pulmonaires qui se produiraient, chez les malades porteurs d’épanchements, d’une facon constante, dans les six premiers mois de l'installation du pneumothorax
9 fois dans les trois premiers mois ;
4 fois entre trois mois et six mois ;
4 fois au bout de dix mois.
Gette crainte ne nous paraît pas plus fondée pour les épanchements précoces que pour les tardifs, du moins d’après la statistique de Prévost, pour l’excellente raison que le maximum des cas de pleurésies étant vers les environs du deuxième mois de la cure, il est normal, sans avoir besoin d’invoquer la précocité, que le maximum des cas de perforation corresponde à cette période.
b) Le mode de début :
1° PreurÉésiIES À Dégur SURAIGU.
Devant l'intensité souvent dramatique du tableau
clinique (obs. II et XXII) le pronostic semble d'emblée très sombre.
Dans toutes les observations, la symptomatologie
US LUE est la même, et les mêmes mots s’y répètent : douleur thoracique violente, dyspnée intense, sensation d'angoisse, ascension brutale de la température à 3905 et plus, pouls petit et fréquent. Prenons comme type clinique une observation de MM. L. Bernard et Baron (10) qu’ils résument ainsi :
« La pleurésie du pneumothorax artificiel à forme liqui- « dienne débute rarement par des accidents suraigus. Une «seule fois, nous l'avons vue s'installer ainsi brusquement &le soir d’une insufffation ; un de nos malades se plaignit « d’un point de côté violent, avec dyspnée et sensation d’an- « goisse ; il fit une élévation de température rapide ; le lende- € main, à l'examen radioscopique, il présentait déjà une {quantité appréciable de liquide, à l'écran nous eñmes « l'explication de ces phénomènes : ce malade avait rompu «une bride reliant la partie moyenne de son poumon à la « paroi ; la pleurésie évolua d’une façon normale par la suite «et cette rupture de bride permit même un collapsus plus « complet avec suppression totale de l'expectoration. »
Ce même tableau peut survenir dans 4 cas diftérents quil faut bien mettre en valeur car le pronostic dépend essentiellement d’un bon diagnostic. Les mêmes symptômes rentreront dans le tableau clinique d’une :