I. — Pleurésie tuberculeuse séro-fibrineuse à début suraigu
Cette forme clinique semble rare. La pathogénie est souvent difficile à préciser, mais, vraisemblablement, en rapport avec la rupture d’une adhérence. L'observation de M. L. Bernard que nous venons de citer en est un bel exemple et en résume le tableau clinique.
Dans cette observation, l’évolution fut favorable. Dans notre observation II et dans celles que l’on trouve dans la thèse de Valette (156) l’évolution fut également heureuse. ”
Le fait mérite que l’on y insiste, d'autant plus que, devant l'intensité des symptômes, on aurait pu s'attendre au contraire, à la faveur de la réaction fébrile concomitante, à une autre localisation pulmonaire au poumon opposé et même à l'intestin. À signaler, cependant, que c’est dans les cas à début suraigu qu'il arrive surtout que l’épanchement persiste indéfiniment. De plus, la dyspnée y est plus accusée, du fait de la production rapide du liquide, et peut conduire à des ponctions répétées ou à l'évacuation du gaz se trouvant sous tension dans la poche gazeuse sus-jacente.
€ omment expliquer c+ cette action jairable à Vraisemblablement, l’ épanchement abondant a une action mécanique bienfaisante en assurant, par son poids, une meilleure compression des lésions, surtout si celle-ci n’est pas gênée par la pachypleurite. La symptomatologie brutale et bruyante du début peut sembler provenir d'une résorption brusque des substances de l’épanchement à travers une plèvre où la sclérose n'y a pas encore mis de barrage (voir chapitres suivants).
Il. — Pleurésie tuberculeuse purulente d'emblée.
C'est la pleurésie grave de Dumarest, le pyothorax malin de Burnand et Jacod. On peut la considérer comme une pleurésie tuberculeuse, à début suraigu, où l’infection de la plèvre a été massive. Les symptômes fonctionnels pourront être les mêmes que dans la forme précédente, mais les symptômes généraux d'infection seront plus alarmants. Les frissons et les vomissements seront plus habituels. Enfin une ponction exploratrice ramène du pus.
Le pronostic est toujours grave, autant par luimême que par les processus de généralisation et de perforation pulmonaire qui peuvent le compliquer.