‹ Réactions pleurales au cours du pneumothorax artificiel: Éléments du prognosticChapitre 15 sur 47 · RENE · texte numérisé non relu

RENE

nomène de Koch. Il se demande s’il ne s’agit pas plutôt de phénomènes de vieillissement analogues à ceux que l’on observe dans les cultures. C’est alors que récemment MM. Bezançon et Buc (33) affirment l'absence de propriétés bactériolytiques dans les liquides pleuraux. Le vieillissement seul est en cause pour expliquer la diminution de virulence des épanchements puisqu’une émulsion de bacilles de Koch faite dans l’eau salée, et mise dans l’étuve à 370 dans les mêmes conditions que des liquides pleuraux, perd également sa virulence.

Que conclure devant ces divergences ?

Les arguments de MM. Bezançon et Buc semblent impressionnants et il est peut-être difficile de continuer à croire à la réalité de substances inhibitrices. Pourtant, l’action bienfaisante de certaines pleurésies est incontestable, et faire jouer un rôle unique au facteur mécanique ne rend pas compte des modifications humorales constatées par plusieurs auteurs.

De plus, Coulaud (56) a observé la régression de lésions pulmonaires tuberculeuses à la suite de pleurésies contro-latérales. Le fait d’un épanchement contro-latéral élimine toute idée d'une amélioration due à un collapsus meilleur, puisque c’est du côté opposé au liquide qu'il a vu des lésions régresser. [l estime donc que cela démontre le rôle bienfaisant à distance de certaines pleurésies et se demande si ces phénomènes ne sont pas à rapprocher des poussées vaccinantes sur lesquelles ont récemment insisté Pignet et Giraud,

: bacilles ét Koch sous ee ou ordinaire, ou sous la forme filtrable, sur laquelle Veber (160) a ‘attiré l’ attention, les plèvres tenant accumulées des « réserves » de germes (96). Le vieillissement ë. vivo des bacilles de l’épanchement (69) Lo fait peut-être perdre de leur virulence.

L'influence de lépanchement dépendrait alors de la résorption plus ou moins importante, à travers

une plèvre plus ou moins épaisse, de bacilles plus :

ou moins vieillis. On peut supposer toute une gamme de surinfections ou mieux d’auto-infections, qui, légères, renforceront l’immunité, et massives seront néfastes. | | Peut-être s'agit-il, dans les cas heureux, d'une immunité locale, analogue à celle que Coulaud a montrée chez le lapin (55). Ainsi serait aussi expliquée l'influence heureuse d’une pleurésie purulente, où les bacilles y ont atténué leur virulence par vieillissement et sont résorbés en très petit nombre par une plèvre très épaissie. Le résultat final de cette surinfection dépendrait également aussi de l’état allergique du malade, qui devra pouvoir faire les frais des réactions imputables à cette auto-infection. Enfin, signalons que Westenrijk (163) a immunisé des chiens contre la tuberculose pulmonaire par injection intra-pleurale de B. C. G. (1). Belkevicius de

1. Notre ami Daniel Croizé, élève de l'Ecole vétérinaire d’Alfort, a constaté dans le laboratoire du professeur Panisset, que l'injection endo-pleurale de B. C. G. n’amène chez le chien

a te Lithuanie se sert également de cette séreuse, comme voie d’immunisation, de préférence à la voie endoveineuse pour obtenir des sérums thérapeutiques : on obtiendrait des anticorps en moins de temps et avec de plus petites quantités d’antigène.

Enfin, il faudra ne pas oublier qu'il n'y a là que de simples hypothèses, n’ayant pas recu le contrôle de l'expérience et continuer à faire au facteur mécanique une large place. Ce n’est pas parce qu'il s'impose immédiatement à l'esprit par sa simplicité, qu'il faille le tenir pour suspect. Ë

Quoi qu’il en soit, l’état anatomo-pathologique de la plèvre aura, quelle que soit l’hypothèse envisagée, son action certaine. Le facteur mécanique ne jouera pas si la plèvre est transformée en une coque épaisse et inextensible, de même le facteur humoral sera paralysé, si la plèvre, de par son épaississement pathologique, met un barrage aux échanges de nature indéterminée entre les exsudats et les humeurs de l'organisme QE

sain aucune réaction. Il se propose d'entreprendre une série d'expériences pour rechercher si une surinfection pleurale, à laide du B. C. G., modifie l’état de résistance de chiens porteurs de lésions pulmonaires. Ainsi se trouveront confirmées ou infirmées les hypothèses que nous venons d'émettre.

1. Par analogie, rappelons que dans les pleurésies séro-fibrineuses banales où la plèvre est. naturellement enflammée et épaissie, les auteurs sont d'accord pour admettre que les anti- Corps sanguins manquent fréquemment, et que, quand ils existent, ils correspondent à des pleurésies accompagnées de lésions pulmonaires manifestes (Courcoux). M. Bezançon (34) a groupé les résultats à ce sujet,

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