‹ Réactions pleurales au cours du pneumothorax artificiel: Éléments du prognosticChapitre 16 sur 47 · B. — PRONOSTIC DE LA FORME ADHÉSIVE · texte numérisé non relu

B. — PRONOSTIC DE LA FORME ADHÉSIVE

Contrairement aux liquidiennes, elles rapprochent le moignon pulmonaire de la paroi par de nombreuses adhérences tendues entre les plèvres viscérale et pariétale et tendent ainsi à supprimer prématurément la poche gazeuse. :

MM. L. Bernard et Baron (10) et leur élève Lowys dans sathèse (103) ont isolé, du cadre confus des pleurésies du pneumothorax, celles qui ont une tendance invincible aux adhérences et, de là, à la symphyse. En donnant une individualité propre à cette forme adhésive, ils ont éclairé d’un jour nouveau le pronostic des pleurésies du pneumothorax et évité la confusion dans l’étude de leur évolution.

Il semblait difficile de mettre les pleurésies adhésives dans une classe à part, du fait que, le plus sou- : vent, elles coïncident ou succèdent à un épanchement et semblent ainsi sous la dépendance de la réaction liquidienne. Mais la pleurésie adhésive peut être sèche : elle n'est donc pas déterminée. forcément par la présence antérieure de liquide.

Cependant Dumarest, tout en admettant que l'existence d’un épanchement ne soit pas la condition indispensable à l’amorçage d’un processus

symphysaire, trouve qu'il est exceptionnel que ce processus se déclenche chez des malades qui n’ont jamais eu de liquide. Sa conclusion est que, le plus souvent, c'est au sein du liquide que commence la soudure des feuillets pleuraux. Remarqcons d’ailleurs que L. Bernard et ses élèves ne nient pas la présence de liquide dans la pleurésie adhésive. Ce qu'ils ont mis en valeur c'est que, même dans ces cas, la réaction liquidienne est secondaire, perd de son importance et que, seule, la tendance adhésive domine la scène clinique ; les cas les, plus purs étant évidemment ceux où la réaction adhésive existe seule. Ce qu'il ne faut pas oublier, et c’est là le point capital de cette différenciation morphologique entre les

pleurésies du pneumothorax, c’est que les deux formes cliniques, liquidienne et adhésive, s’indivi-

— dualisent du fait que « leur autonomie procède de la

nature des choses et dépend de la réaction même de la plèvre, différente dans les deux cas ». Donc, la réaction pleurale tuberculeuse peut prendre deux allures distinctes, autonomes : soit celle d’une réac- ‘tion liquidienne, soit celle d’une réaction adhésive, Ces deux processus peuvent coexister et s'intriquer (formes intermédiaires deL. Bernard) et chacun d’eux aura son évolution distincte indépendante de l’autre.

On pourra nous arrêter en nous objectant les travaux de Leuret et Caussimon (99). Ces auteurs ont étudié la résorption par le bas de certaines pleurésies, qui, en disparaissant, font place à une symphyse qui progresse de bas en haut : le liquide

| symphyse. En effet, les flocons fibrineux du liquide se sédimentent et se condensent dans le sinus costodiaphragmatique, Cette fibrine s ‘organise, tire sur le lobe inférieur, qui petit à petit viendra reprendre contact avec la paroi costale. Il faut dire aussi que pendant ce temps les plèvres s ‘épaississent et un processus de néoformation vasculaire se développe dans la fibrine sédimentée et ayant entraîné avec elle une grande quantité de globules blancs.

A première vue, il peut donc sembler anormal de distinguer et même d’opposer pleurésie liquidienne et pleurésie adhésive, puisque cette dernière semble sous la dépendance de l’autre. Cependant, nous répondrons, tout d’abord, que l’intéressant travail de Leuret et Caussimon ne rend compte que des cas où la pleurésie a précédé la symphyse (formes intermédiaires de L. Bernard). Si l’accolement des deux plèvres peut se faire à l’aide de la fibrine, cela tient à ce que la sécrétion pleurale s’est modifiée pour devenir « adhésive », La fibrine, en particulier, y subit une sédimentation, une condensation et une organisation nouvelle. Mais il est bien évident que si cette sécrétion pleurale est devenue adhésive c'est que la plèvre a manifesté sa souffrance d’une manière différente de celle étudiée dans les pleurésies liquidiennes pures.

La réaction ayant été autre dans sa nature et ses résultats, il était donc nécessaire de la distinguer

et de mettre en valeur son autonomie.

R. Lavoine 4

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