OBSERVATION III
(service du D' Hautefeuille, salle Huber, n° 98).
Blanche C...., 33 ans, a des antécédents chargés. Son père et une sœur sont morts de tuberculose. Elle-même a eu de nombreuses « bronchites » depuis son adolescence. Elle maigrit et tousse depuis longtemps sans se soigner. Elle entre à l’Hôtel-Dieu d'Amiens en mai 1928. La température oscille entre 380 et 39°. On constate des lésions de tuberculose fibreuse disséminées dans les deux poumons, en plus un foyer de condensation avec râles humides et souffle bronchique intense au sommet droit. Les espaces inter. Costaux sont presque immobiles de ce côté. La malade est très impressionnable et redoute les piqûres de Cinnozyl, faites par la surveillante.
On décide un pneumothorax. Crise de larmes le matin
du 17 juin par peur de l’'insufflation. Anesthésie locale à La
Scurocaïne. L’insufflation est douloureuse pendant toute
sa durée, la malade se plaignant de violents tiraillements dans le côté. On injecte péniblement 200 emc. sous une pression finale de — 9, La malade cesse tout à coup de se plaindre, On retire vivement l'aiguille, frappé par sa pâleur et son regard quelque peu hébété. Le pouls est filiforme. Cinq minutes se passent sans changement et enfin tout rentre lentement dans l’ordre.
Pour les insufflations suivantes, la malade recoit une injection de morphine. Le trocart est poussé avec précaution, plan par plan. On s’abstient pendant 1/2 heure de lever le flacon, l’appareil de Kuss. La malade ne souffre pas et 300 cmc. sort absorbés sous une pression finale de —3. Les autres insufilations sont pratiquées aussi lentement. Les accidents nerveux ne réapparaissent plus et la malade est traitée pendant 6 mois sans La moindre réaction liquidienne.
La malade sort malheureusement de l'hôpital, néglige de revenir aux insufflations et revient mourir un an plus tard,
par le fait d’une bilatéralisation.