COMMENT RÉALISER MAINTENANT UN TEL PROGRAMME
Outre l’aide de l’Assistance publique, des ressources
importantes pourront être trouvées chez les : a) Organismes publics de lutte antituberculeuse ;
b) Collectivités d’assistance ;
tie
c) Œuvres privées de bienfaisance ;
d) Caisses d'assurances sociales.
Ces dernières pouvant apporter leur collaboration, soit par une subvention forfaitaire à l’'Œuvre, soit en considérant le malade comme hospitalisé.
En résumé, l’œuvre des logements-sanatoriums constitue un moyen d'assistance, de préservalion et d’éducation antituberculeuse, qui paraît avoir prouvé son utilité etson efficacité depuis 12 ans qu’il fonctionne réguièrement.
Ses méthodes pourraient être élargies par une entente des organismes d'œuvres intéressés à la lutte antituberculeuse.
Jl y aurait lieu de provoquer une réunion de ces divers organismes, par exemple :
1° Des représentants de l’œuvre des logements-sanatoriums, de l’Assistance publique ét de l'OS SE
2 Des offices publics d'habitations à bon marché de la ville de Paris et de la Seine ;
3° Des Caisses des Assurances sociales, pour examiner les possibilités d'extension de l’œuvre.
Nous avons cru intéressant de parler de l’œuvre des logements-sanatoriums, en reproduisant les renseignements contenus dans la notice qui nous a été remise.
Au point de vue spécial de l'assistance post-sanatoriale qui nous occupe, c’est un moyen de venir en aide aux malades et à leur famille, qui mérite d’être classé, mais que l’on pourrait heureusement compléter par une œuvre d'assistance par le travail, comme nous l’avons vu plus haut à propos des malades à capacité de travail réduite (Groupe Il),
ASSISTANCE AUX TUBERCULEUX TRAITÉS PAR PNEUMOTHORAX ARTIFICIEL.ORGANISATION DES CENTRES DE RÉINSUFFLATION
En remarquant, dans son rapport à Amsterdam, que par suite des progrès de la science médicale, les malades dont il s’agit à l'heure actuelle diffèrent de ceux dont il était question en 1922, à la Conférence de Bruxelles, M. Vos a offert l’occasion de parler d’un groupe de tuberculeux, parfaitement aptes à reprendre leur place dans la société, mais à la condition de trouver, hors du sanatorium ou des services où ils ont été soignés, le moyen de poursuivre, aussi longtemps qu'il le faut, le traitement qui leur a été appliqué, et auquel ils doivent leur stabilisation et leur récupération pour le travail.
Il s’agit des porteurs de pneumothorax thérapeutique pour lesquels doit s'organiser une {orme d’assistance post-sanatoriale qui soulève une question d’ordre médical, mais surtout social, intéressant lPavenir d’un nombre imposant de tuberculeux, parmi ceux qui sortent des sanatoriums populaires. Dans leurs rapports à Amsterdam, MM. BriGer et Bresxy ont fait allusion à
AURIACOMBE 7
la nécessité où l’on est de ne pas abandonner ces malades, mais c’est plus particulièrement M. Louis GUINARD qui à fait resSorlir toute l'importance de la question soulevée, par l'obligation où l’on est d'assurer, dans les meilleures conditions, l’entretien des pneumothorax artificiels, après la sortie des sanatoriums. È
A l’appui, il a rapporté qu’à Bligny, sur un effectif moyen de 545 pensionnaires, on comple environ 275 à 280 porteurs de pneumothorax artificiels,pneumothorax créés avant ou pendant leur séjour au sanatorium.
Or, ces pensionnaires étant de situation généralement peu aisée ou extrêmement modeste, sont incapables d'assurer par leurs moyens l'entretien de la collapsothérapie qui garantit leur stabilisation, l’innocuité de leurs expectorations, et leur possibilité de travailler.
De plus, s'ils doivent se déplacer, soit pour une villégiature, soit pour un changement de région ou de métier, la question de savoir où ils pourront se faire réinsuffler se pose comme un problème difficile à résoudre.
Pour ces malades qui, remarque M. L. GuinaRp, représentent plus de 51 % de l'effectif d’un grand établissement de cure,l’assistance post-sanatoriale,sur ce point particulier, est, actuellement, des plus insuffisante, au moins dans la plupart des départements français. Aussi croit-il que le caractère social de cette forme d’assistance autorise les dispensaires d'hygiène sociale à intervenir et à s’outiller pour réinsuffler les pneumothorax de tuberculeux ressortissant de l’assistance médicale et des Offices ou Comités départementaux d'hygiène sociale,
Par ailleurs, M. L. GunarD soutient que l’interventiou des dispensaires, qu’il préconise, doit se limiter exclusivement aux entreliens courants des pneumothorax arlificiels et non à leurs créations,qui doivent se faire dans les services hospitaliers ou dans les sanatoriums.
Dans son rapport, à Amsterdam, il émet le vœu que, comme on l’a fait dans la Seine et dans la Seine-et-Oise, par exemple, on organise dans les dispensaires des postes d'entretien de pneumothorax artificieis, bien outillés et suffisamment nombreux pour satisfaire à un besoin qui devient de plus en plus impérieux, en raison même du nombre de plus en plus grand des malades utilement soumis à un traitement qui doit être parfaitement surveillé et peut, aussi, être de longue durée.
L'utilisation des Dispensaires pour l'entretien du pneumothorax des malades incapables, par leurs moyens, d'assurer les frais de leur réinsufflation, paraît possible et désirable, car les conditions actuelles de la lutte antituberculeuse, depuis la généralisation de la collapsothérapie, ont apporté des changements notables dans les attributions des principaux organismes destinés aux tuberculeux et à la défense contre la tuberculose. Comme les autres organismes : sanaloriums, hôpitaux-sanatoriums, services hospitaliers pour tubercujeux, etc., les dispensaires doivent s'adapter aux conditions nouvelles et évoluer. Mais, certaines résistances ou oppositions se sont manifestées et se manifestent encore contre cetle évolution dans un sens qui, pour les opposants, est contraire au rôle que leur attribue la Loi du 15 avril 1916.
RS
Des syndicats médicaux, considérant que l'entretien des pneumothorax est un traitement, protestent et demandent que les Dispensaires restent exclusivement dans leur rôle de dépistageet de prophylaxie ; ils émettent des vœux exigeant que les réinsufflations soient seulement faites dans les hôpitaux ou dans des services dépendant des hôpitaux.
Mais, d’abord, d’après les termes mêmes de la Loi, il ne semble pas que l’intervention des dispensaires, pour l'entretien des pneumothorax, soit contraire aux dispositions de cette Loi.
L'article 1°, -en effét, dit ceci :
Art, |. — Pourront être institués, dans les conditions prévues par la présente Loi, des dispensaires publics d'hygiène sociale et de préservation antituberculeuse, qui seront spécialement chargés de faire l’éducation antituberculeuse, de donner des conseils de prophylaxie et d'hygiène, d'assurer et de faciliter aux malades, atteints de maladies transmissibles, l'admission dans les hospices, sanatoriums, maisons de cure, etc. Ces Dispensaires organiseront, pour les malades privés de ressources, d'accord avec les services locaux où régionaux d'hygiène et d'assistance, des consultations gratuites et des distributions de médicaments.
Le fait de stipuler que les dispensaires doivent organiser des consullations gratuites et des distributions de médicaments, pour les malades privés de ressources, autorise à penser qu'organiser des services gratuits d'entretien de pneumothorax n’est pas contraire à lPesprit de la loi et peut être admis comme parfaitement régulier,